Alexandra David-Néel, pionnière exploratrice du bouddhisme.

Elle fut exploratrice érudite, mais aussi bouddhiste franc-maçonne, cantatrice anarchiste, et féministe tibétologue. Mais Alexandra David-Neel est surtout la première femme occidentale à entrer au Tibet, en 1924. Il y a 50 ans, elle mourait, à 101 ans.


Alexandra David-Neel sur l’ORTF, en 1954 :

“Je vous dis que j’ai quitté ma famille à 5 ans parce que je voulais voir ce qu’il y avait dans le bois de Vincennes. Voilà. Je me suis sauvée. Et puis quand j’ai été plus grande, je me suis sauvée davantage. Quand mes parents étaient en vacances à la mer, à Ostende, je me suis sauvée pour aller en Angleterre. Et puis après ça, je me suis sauvée, à 18 ans j’ai traversé le Saint-Gothard à pied. Pour voir ce qu’il y avait plus loin.”

Dès ses 15 ans, cette fille d’un instituteur ami de Hugo et d’Elisée Reclus, le géographe anarchiste, habituée aux jeûnes et à l’ascèse qu’elle s’inflige, férue de Jules Verne, fugue en Angleterre.

À 21 ans, inconditionnelle du musée Guimet, le musée des arts asiatiques de Paris, elle se convertit au bouddhisme. Elle apprend le sanskrit et le tibétain.

À 27 ans, elle découvre l’Asie en tant que cantatrice en tenant le titre de première chanteuse à l’opéra d’Hanoï. À 30 ans, entre Paris et Bruxelles, elle publie un essai féministe, “Pour la vie”.

Puis à Tunis, elle abandonne le chant et l’idée d’avoir un enfant pour se consacrer à ses travaux intellectuels. À 36 ans, elle finit par se marier avec son amant. À 43 ans, elle publie dans la foulée son premier essai consacré au bouddhisme et quitte son mari pour explorer l’Asie. Il continuera à financer en partie ses expéditions et à lui écrire jusqu’à la fin de sa vie. Ce voyage initiatique durera pour elle 14 années.

Alexandra David-Néel, carte maximum, Digne, 16/09/2000.

À 56 ans, elle franchit clandestinement la frontière du Tibet, déguisée en mendiante, un acte audacieux qui la rendra célèbre partout dans le monde.

Alexandra David-Neel confiait à l’ORTF, en 1968 :

“Sitôt que je suis revenue de Lhassa, on m’a décerné ce prix : 1er prix d’athlétisme féminin. Et j’ai cru qu’on se moquait de moi, j’ai été très fâchée. Et puis on m’a dit “mais pas du tout, on se moque pas.” Parce qu’ils ont trouvé que faire ce voyage-là à pied, des milliers et des milliers de kilomètres dans des conditions pareilles, à travers des montagnes, c’était un exploit féminin.”

Elle rencontre le Dalaï-Lama suit des enseignements ésotériques parcourt l’Himalaya sur les traces de Bouddha, elle se retire dans des ermitages à 5 000 mètres d’altitude et fait du jeune Tibétain qui l’accompagnera sa vie durant son fils adoptif. Son maître yogi lui donne le titre religieux de “Lampe de la sagesse”.

À 64 ans, de retour en Provence, à Digne-les-Bains, elle fonde le premier ermitage lamaïste de France et y écrit une dizaine d’essais.

À 69 ans, le Transsibérien la conduit en Chine pour étudier le tao. À 100 ans, infatigable exploratrice, elle demande le renouvellement de son passeport avant de s’éteindre quelques mois plus tard.

Ses cendres seront éparpillées dans le Gange.

Alexandra David-Neel :

“Une âme, ça n’existe pas pour les bouddhistes. Une personnalité, pour les bouddhistes, c’est un amalgame, une composition de différentes choses : des idées, des sensations, etc.”

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Sources : France Culture, YouTube.

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