Ville de Limoges (Haute-Vienne).

Limoges est une commune en Nouvelle-Aquitaine située dans le Sud-Ouest de la France, préfecture du département de la Haute-Vienne et chef-lieu de la région historique et culturelle Limousin.

La ville est fondée par l’Empire romain, qui donne une nouvelle capitale aux Lémovices, sous le nom d’Augustoritum et devient une importante cité de la Gaule romaine. À la chute de l’Empire, au Moyen Âge, elle prend le nom du peuple gaulois qui a constitué sa région, le Limousin, et est une

grande ville, fortement marquée par le rayonnement culturel de l’abbaye Saint-Martial, au sein du duché d’Aquitaine dont les ducs sont sacrés dans cette ville. En 1765, à la révolution industrielle, la découverte d’un gisement de kaolin lance l’industrie de la porcelaine de Limoges qui fera sa renommée mondiale. Celle qui reste attachée à ses ostensions, fut pourtant parfois surnommée « la ville rouge » ou « la Rome du socialisme » du fait de sa tradition de vote à gauche et des événements ouvriers qu’elle connut du XIXe jusqu’au début du XXe siècle. Depuis les années 1990, le nom de Limoges est aussi associé à son club de basket-ball, le Limoges CSP, plusieurs fois champion de France et champion d’Europe en 1993. Il évolue en Pro A et demeure toujours le club ayant l’un des plus important palmarès européen. Du fait de sa politique patrimoniale, elle possède le label « Ville d’art et d’histoire » depuis 2008.


Deuxième commune la plus peuplée de la région Nouvelle-Aquitaine après Bordeaux, ville universitaire, troisième régionale par son importance après Poitiers mais avant Pau et La Rochelle, centre administratif et de services intermédiaires doté de tous les équipements d’une métropole régionale, son aire urbaine rassemble 283 557 habitants en 2016, ce qui en fait la sixième du Grand Sud-Ouest après Toulouse, Bordeaux, Montpellier, Perpignan et Bayonne et la 38e en France. Enfin, la capitale limousine est la 28e commune la plus peuplée en France. Les habitants de la ville sont appelés les Limougeauds.

Limoges, épreuve de présentation.

Ville de tradition bouchère, siège d’un des leaders mondiaux des équipements électriques pour le bâtiment, elle est également bien positionnée dans l’industrie du luxe. Connue et reconnue en tant que « capitale des arts du feu » en raison de l’implantation toujours présente des grandes maisons de porcelaine, de ses ateliers d’art travaillant l’émail ou les vitraux, mais aussi en raison du développement de son pôle de compétitivité spécialisé dans la céramique technique et industrielle. Cette spécificité lui a valu d’intégrer en 2017 le réseau des villes créatives UNESCO dans la catégorie thématique « Artisanat et Arts populaires ».

Posée sur les premiers contreforts ouest du Massif central, Limoges est traversée par la Vienne, dont elle fut, à l’origine, le premier point de passage à gué. Entourée d’une ruralité limousine préservée de toute culture ou élevage intensifs, la « ville qui entre en campagne » s’étend sur une superficie de 78 km2.

Au début du VIe siècle, Augustoritum devient Limoges et le second pôle urbain, le futur Castellum Sanctis Martialis (le Château), émerge autour de la nécropole située à proximité, au nord-ouest, qui accueille le tombeau de Martial, le premier évêque, que saint Loup de Limoges est chargé de conserver.

Limoges, carte maximum du 26/03/1955.

Dans la première moitié du VIIIe siècle, Limoges et le Limousin font partie du duché d’Aquitaine successivement tenu par les ducs Eudes, Hunald et Waïffre, ayant acquis une large autonomie au sein du Royaume des Francs. Ils semblent très liés à la ville de Limoges et notamment au site de Saint-Martial. Dans les années 760, le nouveau roi carolingien Pépin le Bref mène de dures campagnes pour mettre l’Aquitaine au pas. Limoges et le Limousin sont frappés à plusieurs reprises lors de ces campagnes. Le dernier duc Waïfre est assassiné en 768 en Périgord. L’ensemble de l’Aquitaine, dont Limoges, est alors soumise au nouveau pouvoir franc. En 781, Charlemagne fonde le Royaume d’Aquitaine qu’il confie à son jeune fils Louis, futur Louis le Pieux. À la fin du IXe siècle, un palais royal est attesté aux portes de Limoges à Jocundiac (Le Palais-sur-Vienne). En septembre 832, l’empereur Louis le Pieux, fils de Charlemagne, fait acclamer son fils Charles (futur Charles le Chauve) âgé de neuf ans seulement, par les Grands d’Aquitaine, lors d’une assemblée générale tenue dans ce palais suburbain ; l’empereur souhaitait alors punir son fils Pépin Ier, roi d’Aquitaine. Les luttes entre Charles le Chauve et Pépin Ier, puis le fils de celui-ci Pépin II, se poursuivront jusque dans les années 850. En 855, Charles le Chauve, décide de donner un roi aux Aquitains en la personne de son fils Charles l’Enfant. La cérémonie de sacre et couronnement a lieu dans la basilique du Sauveur à proximité du Sépulcre de saint Martial.

Bien que pillée en 862 par les Vikings du chef Hasting, Limoges se développe toujours en ville double, partagée entre la Cité, qui relève du pouvoir de l’évêque, et le Château, qui relève des moines gardiens du tombeau de saint Martial, puis des vicomtes.

Invoqué à l’occasion du Mal des Ardents lors des ostensions de l’an 994, Martial obtient l’apostolicité par l’action du prédicateur Adémar de Chabannes, lors des conciles de Limoges de 1029 et 1031. Placé au rang des apôtres, saint Martial draine un courant de pèlerinages fructueux pour l’abbaye et la ville. Dénoncée dès le XVIIe siècle, cette apostolicité plaidée par Adémar de Chabannes est définitivement abandonnée au début du XXe siècle, Martial de Limoges n’étant pas inclus dans le groupe des douze Apôtres.

Limoges accueille le troisième des Lemovicensia concilia, le concile de Noël 1095. C’est au cours de ce concile de Noël qu’après son appel de Clermont, Urbain II prêche pour la première fois pour la première croisade en vue de la libération de la Terre sainte.

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À la fin du XIe siècle, et durant la première moitié du XIIe siècle, la notoriété de Limoges est à son apogée. Elle est portée par le rayonnement de l’abbaye Saint-Martial, qui est alors le plus important centre de production intellectuelle, littéraire, poétique, artistique et musical du monde médio-latin. Les chants grégoriens y connaissent leur premier apogée, avec les productions de l’École de Saint-Martial. La ville bénéficie également du rayonnement des troubadours limousins, qui font de la langue limousine la langue de la culture du monde roman. Limoges est également renommée pour la qualité de sa production d’émaux ou de sa production textile de limogiatures.

À partir du XIIe siècle, Limoges, lieu de couronnement traditionnel des ducs d’Aquitaine, est l’une des principales villes de la dot d’Aliénor d’Aquitaine. La majeure partie de son histoire médiévale se calque sur celle des guerres entre Plantagenêts et Capétiens. Richard Cœur de Lion est couronné duc d’Aquitaine lors de deux cérémonies tenues successivement à Poitiers, puis, dans la grande tradition des monarques d’Aquitaine, à Limoges en 1172. À la tête de l’empire Plantagenêt, le roi-chevalier meurt en avril 1199 à Châlus, place-forte défendant l’accès sud-ouest de Limoges, lors d’une expédition punitive contre son vicomte, Adémar V de Limoges.

Au XIVe siècle, les affrontements entre rois de France et rois d’Angleterre, détenteurs du duché d’Aquitaine dont relève Limoges, culminent à l’occasion de la guerre de Cent Ans. Entre deux événements guerriers, Limoges doit faire face aux pillages des routiers et brabançons désœuvrés. Constituant toujours une « ville double », partagée entre la Cité et le Château, les bourgeois (par leurs consuls), évêques et vicomtes de Limoges jouent des alliances et protections, chacun selon les opportunités du moment. Ainsi, en 1370, la Cité ouvre ses portes aux troupes du roi de France, alors que le Château reste fidèle au roi anglais. Cet événement sera d’ailleurs l’occasion, pour le Prince Noir, de mettre à sac la Cité.

En 1463, le roi Louis XI passe à Limoges le vendredi 1er juillet, et confirme, par lettres patentes, les privilèges accordés par ses prédécesseurs afin que la ville s’accroisse.

Au XVIe siècle, Limoges tourne, avec la fin du Moyen Âge, l’une des plus riches pages de son histoire et intègre définitivement le royaume de France sous Henri IV, lors du rattachement en 1589, à la couronne de France de sa vicomté, passée par héritage à la maison d’Albret.

La Réforme qui gagne le pays affecte peu Limoges. L’activité missionnaire est faible et les conversions à l’Église réformée, estimées à 10 % de la population seulement. De même, les troubles sous les guerres de Religion sont limités. Grâce à l’action des consuls, la Saint-Barthélemy n’a aucune répercussion à Limoges. La ville ressent cependant quelques contrecoups des batailles incessantes que se livrent les nobles catholiques et protestants dans le reste de la province et qui, épuisant récoltes et paysans, donnent lieu, dans le sud du département, à Châlus, Oradour, Saint-Yrieix, Nexon et Saint-Léonard de Noblat, à l’émergence de la révolte dite jacquerie des croquants.

Au XVIIe siècle, la Contre-Réforme a une grande importance dans la ville. Six compagnies de pénitents sont créées (noirs, rouges ou pourpres, et blancs, qui ont laissé leurs noms à des rues de la ville, mais aussi gris, bleus et feuille-morte, d’après la couleur de leur tenue). De nombreux couvents sont fondés (Visitation, ursulines, etc.), d’autres réformés (bénédictins, Saint-Martin des feuillants, etc.). Le collège des jésuites oriente la formation des élites limougeaudes, alors que les ostensions et processions à grand spectacle (procession de l’octave de la fête du Saint-Sacrement, en particulier) connaissent un important renouveau. Selon Jean Levet, Limoges y gagne le surnom de ville sainte. Cependant, dès cette époque, des voyageurs commencent à relater une certaine évolution urbanistique de la ville ; l’abbé Louis Coulon voit Limoges comme une ville, certes marchande et populaire, mais qui paraît sale et mal bâtie, et dont « les bâtiments n’y sont que de bois et de terre ».

Au XVIIIe siècle, l’intendant Turgot améliore considérablement le réseau routier limousin, relance l’économie limougeaude, favorise la création et le développement d’industries, dont celles du textile et du cuir. Mais le véritable tournant est celui de 1765 : un gisement de kaolin est découvert à Saint-Yrieix-la-Perche, à 40 km au sud de Limoges. L’industrie de la porcelaine est lancée.

La Révolution engendre des événements tragiques à Limoges. Un bref épisode de la Grande Peur y est signalé. Comme partout, les biens de l’Église sont vendus comme biens nationaux, et la politique de Déchristianisation fait fermer la plupart des églises et la totalité des monastères. Un prêtre, l’abbé Chabrol, est tué dans une émeute plus ou moins spontanée, et quelques autres prêtres sont guillotinés.

L’un des effets majeurs de la Révolution à Limoges sera territorial puisqu’en 1792, la Cité de Limoges et le Château de Limoges sont enfin réunis. Juridiquement, le Château absorbe la Cité et l’ensemble forme officiellement une seule et unique commune, qui intègre, en outre, les territoires de La Brugère, de Saint-Christophe et de Sainte-Claire-Soubrevas.

Au XIXe siècle, avec la révolution industrielle, et l’essor des ateliers et des manufactures de textile, cuir, chapeau, chaussures ou porcelaine, Limoges se peuple, au préjudice de sa campagne, d’une population ouvrière, jeune, féminisée, et qui embrasse massivement la cause syndicale. Limoges doit son surnom de « Ville rouge » (Pauline Roland parle de la Rome du socialisme) aux événements ouvriers de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Ainsi, en 1848, des émeutes très graves marquent les élections législatives98. En 1851, Limoges tente de s’opposer au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, avant de connaître, en 1871, un très éphémère, mais tragique, épisode de Commune. La CGT est créée à Limoges en 1895. Enfin et surtout, en avril 1905, une protestation contre les pouvoirs des contremaîtres, jugés exorbitants dans le milieu ouvrier de la porcelaine (usine Théodore Haviland, notamment) et de la chapellerie (usine Beaulieu) va donner naissance à d’importants événements ouvriers qui tournent à la révolte sociale et causent la mort d’un jeune ouvrier, Camille Vardelle.

Le secteur industriel est à son apogée entre 1850 et les années 1930, comme en témoigne la création des grandes usines porcelainières Haviland, en 1892, dans le quartier du Mas-Loubier et dès 1852 sur le site de l’actuel Centre commercial Saint-Martial. La première de ces usines devient rapidement la plus grande de la ville avec, en 1907, huit cents ouvriers pour dix-sept fours. Parallèlement à ces structures imposantes, la micro-industrie porcelainière, dont l’usine Labesse qui emploie quatre-vingt-dix personnes entre 1873 et 1938, perdure.

L’essor de l’industrie est le moteur de l’expansion urbaine de la ville, qui au milieu du siècle dépasse à peine ses limites de l’Ancien régime, mais qui passant de 30 000 habitants en 1841 à 98 000 en 1926, s’étend en faubourgs résidentiels. Cette croissance se fait de façon plutôt anarchique, sans réelle réflexion urbanistique globale, exception faite de petites opérations localisées pilotées par des bourgeois locaux tels l’entrepreneur et mécène Ernest Ruben.

En 1914, Limoges est la ville de casernement des 63e et 263e régiments d’infanterie. Après les premiers revers militaires de la France au début de la Grande Guerre, Joseph Joffre estime que de nombreux officiers font preuve d’incompétence ou d’apathie. Il décide de les écarter du front et les assigne à résidence dans la 12e région militaire, dont la capitale est Limoges. Un nouveau terme apparaît : le limogeage. S’il demeure dans le vocabulaire actuel, le lien avec la ville de Limoges est à relativiser : sur cent-cinquante à deux cents hauts gradés (soit près de 40 % du total) limogés, moins d’une vingtaine sont effectivement envoyés dans la région.

Le 22 juin 1940, l’armée allemande se trouve à 30 km de Limoges lorsque le gouvernement du Maréchal Philippe Pétain demande l’armistice.

En mai 1941, le conseil municipal de Léon Betoulle est destitué par le régime de Vichy : André Faure devient maire.

Limoges et sa région, en zone libre jusqu’en 1942, accueillent de nombreux enfants retirés des zones de combats par leurs familles, puis des familles entières jetées sur les routes de l’exode. Limoges voit jusqu’à 200 000 réfugiés errer dans ses rues.

Malgré les multiples maquis limousins qui organisent la résistance en campagne, la ville apparaît comme relativement calme, bien que les juifs (dont la communauté “Strasbourg-Limoges” passe pour l’une des rares véritablement organisées en France, avec le rabbin alsacien Deutsch qui s’installe à Limoges en 1939), connaissent dès février 1943 les rafles de la Gestapo.

Des fonctionnaires de la mairie de Limoges organisent la falsification du recensement des israélites, du recensement du S.T.O. : faux laissez passer, faux actes de naissance pour obtenir des papiers d’identité.

Dans la nuit du 23 au 24 juin 1944, la gare de triage de Puy Imbert est bombardée : sept-cents wagons sont détruits et la circulation ferroviaire est interrompue pendant huit jours.

Traumatisée par le massacre d’Oradour-sur-Glane et appelée « capitale du Maquis » par le général de Gaulle lors de son discours du 4 mars 1945, Limoges sort de la Seconde Guerre mondiale le 21 août 1944, libérée par les résistants des maquis F.F.I. dirigés par le colonel Georges Guingouin, sans aucun combat.

Dès le 12 août, la ville fut partiellement encerclée par les résistants. Le 17 août, le chef milicien Vaugelas prend la fuite à la tête d’une colonne de 95 véhicules, 350 miliciens et leur famille, en direction de Guéret puis Moulins, harcelé sur son parcours par les maquisards. Capturé par l’Armée rouge sur le front de l’Est, Vaugelas s’évade et meurt en Amérique du Sud en 1954.

Le 19 août 1944 se produit une grève générale des travailleurs à Limoges. Des membres des G.M.R. passent à la résistance.

Le 21 août 1944 dans l’après midi, des pourparlers se déroulent avec le général de la Wehrmacht Walter Gleiniger, sous la médiation du représentant du consul de Suisse, M. d’Albis. La reddition est prévue pour 20h mais la délégation alliée ne trouve à la Kommandantur que le capitaine Noll, qui est fait prisonnier avec douze officiers et 350 soldats, dont de nombreux géorgiens115. Ils seront internés au camp de St Paul d’Eyjeaux.

Les autres Allemands fuient avec le capitaine Engelbrecht en direction de Guéret via Saint-Léonard-de-Noblat, avec le général Gleiniger, qui est arrêté sur ordre par des SS.

Un nombre important de prisonniers civils sont libérés de prison, et des exécutions sommaires ont lieu lors de l’« épuration » (notamment à la carrière du Malabre).

Henri Chadourne devient maire le 5 septembre 1944. La fête de la Libération se déroulea le 12 septembre 1944, avec défilé des FFI, avec Georges Guingouin, et intronisation du nouveau préfet de la Haute-Vienne, le communiste Jean Chaintron (résistant à Lyon dès juillet 1940, ce malgré le Pacte Molotov-Ribbentrop, arrêté en 1941 et condamné aux travaux forcés à perpétuité, interné à Nontron, libéré par la résistance le 10 juin 1944).

De 1945 à 1947, Georges Guingouin est élu maire.

Depuis 1945, la ville n’est marquée par aucun événement historique ou politique notable, son histoire se fondant dans celle, plus générale, de la France.

Sources : Wikipédia, Ville de Limoges.

 

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