Maria Callas, cantatrice.

Sophia Cecelia Kalogeropoulos dite Maria Callas est une cantatrice grecque née le 2 décembre 1923 à New York et morte le 16 septembre 1977 à Paris.

Surnommée « la Bible de l’opéra » par Leonard Bernstein, « la Callas », telle qu’elle est couramment appelée, a bouleversé l’art lyrique du XXe siècle en valorisant l’approche du jeu d’acteur, jusqu’alors relégué au second plan. Entourée des meilleurs artistes de son époque (Boris Christoff, Giulietta Simionato, Giuseppe Di Stefano, Mario del Monaco, Tito Gobbi, etc.) et s’étant produite sur les principales scènes d’opéra du monde (Venise, Rome, Paris, New York, Milan, Mexico, Londres, Buenos Aires, etc.), Callas demeure encore au xxie siècle l’une des cantatrices les plus célèbres, à la fois par le timbre très particulier de sa voix, son registre étendu de près de trois octaves, sa grande virtuosité alliée à un phrasé unique et, enfin, son talent de tragédienne lui permettant d’incarner ses personnages avec une grande intensité dramatique (Lucia, Médée, Norma, Tosca, Violetta).

Suscitant les passions — ce qui lui valut d’être autant adulée que décriée — Maria Callas reste, tant par la réussite exceptionnelle de sa vie professionnelle que par sa vie privée mouvementée, l’icône même de la « diva ».


Sophie Cecilia Kalos naît au Flower Hospital de New York, à Manhattan, le 2 décembre 1923 de George Kaloyeropoulosb et d’Evangelia (dite Litsa) Dimitriadou. On ignore la date exacte à laquelle le nom de Callas remplaça Kalos, qui lui-même avait remplacé Kaloyeropoulos, ni même s’il l’a réellement remplacé. On sait surtout que ce fut un nom d’artiste. Au moment de quitter la Grèce pour les États-Unis, le 30 mars 1945, Maria indique que son nom de scène est « Mary Callas » ; quand elle part pour l’Italie en 1947, son nom de scène mentionné sur sa demande de passeport est cette fois « Maria Callas ». Quoi qu’il en soit, « Kalos » reste le seul nom sous lequel Maria Callas a été enregistrée sur le sol américaind. Elle conserve ce nom, inscrit sur toutes les pièces d’administration et passeports, toute sa vie active jusqu’en 1966, année où elle renoncera officiellement à la nationalité américaine à l’ambassade des États-Unis de Paris.

Elle fut baptisée le 26 février 1926 selon le rite orthodoxe et reçut les deux prénoms choisis par ses parrains : Anna et Maria. Pour le pays d’origine de sa famille – où la religion orthodoxe est une religion d’État – elle sera ainsi Anna Maria Sophia Cecilia Kaloyeropoulou (en grec moderne : Άννα Μαρία Καλογεροπούλου). Pendant sa scolarité à New York, elle se fait prénommer régulièrement Marianna ou Mary Anna, Mary étant le prénom que lui conservent jusqu’à la fin tous ses intimes.

George Kaloyeropoulos, fils de paysan, tient une pharmacie à Meligalas, une bourgade de Messénie tandis que sa femme Evangelia, est fille de colonel. Le couple a une fille, Yakinthi (dite Jackie), née en juin 1917, et un garçon, Vassilis, né en 1920 mais qui ne survit pas à une méningite au cours de l’été 1922. Le commerce de George fait vivre très honnêtement la petite famille et lui attire une certaine reconnaissance sociale. Mais le ménage est mal assorti. Passés les premiers temps, l’incompatibilité d’humeur des époux se révèle rapidement et les incartades du pharmacien conduisent régulièrement à une situation explosive. Le chef de famille décide brusquement de partir pour l’étranger afin de trouver, déclare-t-il, de meilleures conditions de vie. Mais probablement aussi avec le secret espoir qu’un changement de décor ramène son couple à une meilleure entente. Évangélia doit accepter contre son gré ce départ : elle est enceinte de cinq mois lorsqu’ils embarquent pour les États-Unis en 1923.

Maria Callas, carte maximum, Belgique, 2000.

Leur nouvelle vie commence dans le quartier grec de New York, surnommé la « petite Athènes », où le docteur Lantzounis, un ami précédemment émigré et futur parrain de Maria, a prévu de les loger. L’appartement est situé à Astoria, au nord du Queens, face à l’île de Manhattan où naîtra Maria. La venue au monde d’une fille est une très grande déception pour sa mère qui espérait un garçon pour compenser la perte du regretté Vassilis, aussi refuse-t-elle de la prendre dans ses bras pendant les quatre premiers jours qui suivent sa naissance. Son caractère s’aigrit et pèse lourdement sur l’ambiance familiale durant les années suivantes. Déçue par son mariage, elle va reporter toute son ambition sur sa fille : alors qu’elle rêvait d’être une actrice riche et célèbre, elle s’accomplira à travers Maria.

George était parti de Grèce avec un pécule suffisant pour monter un nouveau commerce. Mais l’adaptation à une nouvelle vie, les petits métiers provisoires, l’assimilation préalable de la langue, l’attente de l’obtention d’un diplôme pour exercer sa profession de pharmacien vont longtemps différer le projet. Aux dires de Lantzounis, l’insouciant pharmacien « se comporte comme un banquier » dès le début et fait vivre sa famille au-dessus de ses moyens. Au bout de cinq ans, le ménage n’a plus d’économies et quand George ouvre enfin la « Splendid Pharmacy » à Manhattan en 1929, il doit emprunter en grande partie auprès de son fidèle ami. Le commerce — qui est en fait un « drugstore » au sens américain du terme — est fréquenté par une clientèle en majorité grecque et prospère jusqu’au krach boursier de l’automne 1929. Si George Kaloyeropoulos a à cette époque raccourci son nom pour l’« américaniser », on ignore à quelle date le nom de Maria Callas a remplacé celui de Kalos.

Le seul événement notable de l’enfance de Maria avant l’âge de 5 ans est son accident en juillet 1928, quand elle traverse une rue imprudemment pour rejoindre sa sœur jouant sur le trottoir d’en face, et se fait accrocher par une voiture. Elle s’en sort avec une commotion cérébrale qui l’aurait laissée inconsciente pendant une douzaine de jours pour le moins et près de trois semaines en hôpital dans un état fiévreux et « nébuleux » (selon le mot de la victime en 1956). Sa mère ajouta à cette aventure, reprise généralement dans les biographies, que son humeur en avait été assombrie et plus agitée. L’événement n’a cependant pas marqué pareillement tous les esprits. À cet endroit, Petsalis-Diomidis relate un effort de mémoire de Jackie : « Je m’en souviens à peine. Elle n’est pas restée longtemps à l’hôpital et je ne crois pas que cet accident lui ait fait le moindre mal. ».

Les Kaloyeropoulos déménagent neuf fois en huit ans, d’abord pour des appartements plus confortables puis vers de plus modestes. Cette dégradation de situation n’est pas faite pour atténuer l’irascibilité de la mère, soucieuse de paraître. George multiplie les aventures, ce qui n’aide pas Evangelia à aller mieux. Les deux filles changent cinq fois d’école. Celles-ci, qui ne peuvent compter sur la tendresse maternelle et plaignent la faiblesse de leur père, font front pour résister à une mère naviguant entre crises d’hystérie et profondes dépressions. Après une tentative de suicide d’Évangélia, George ne s’émeut pas, les relations entre époux sont définitivement rompues. La pharmacie est fermée et Georges prend un emploi de représentant itinérant, afin de rentrer au foyer le moins souvent possible.

Si jusque-là les enfants avaient été les témoins forcés des affrontements conjugaux, l’éloignement du mari allait justement rapprocher la mère de ses filles et Evangelia allait être plus attentive à leur éducation. Les deux sœurs sont de bonnes élèves et Maria est toujours dans les premières. Assiduité, intelligence vive, capacité de concentration et facilité d’assimilation sont déjà les qualités qui lui serviront durant toute sa carrière. Leur mère les initie à la vie quotidienne et en fait de « bonnes cuisinières et de bonnes ménagères ». Cordon bleu elle-même, elle passe beaucoup de temps à confectionner des petits plats comme pour mieux se concilier sa progéniture. Maria, très gourmande, qui semblait compenser un excès de nervosité ou un manque d’affection, était certes bonne mangeuse mais elle était déjà à cette époque bien charpentée et plutôt ronde que vraiment épaisse, en a gardé un sentiment de culpabilité qui a dû accentuer son ressentiment contre sa mère.

Evangelia sent surtout l’occasion de revenir à ses penchants artistiques. Elle achète un phonographe et la musique envahit la vie familiale. La radio transmettait à cette époque de nombreux opéras du MET. La maison résonne de variétés musicales, mais aussi d’arias des grands chanteurs contemporains, à l’époque fréquemment retransmises ou enregistrées. Les filles écoutent, retiennent et reprennent les mélodies en rivalisant entre elles dans le salon. La mère les encourage à ces loisirs. Avec le peu d’économies – et aussi en forçant la main de Georges – elle parvient à remplacer le piano mécanique par un piano droit et paie quelques leçons à domicile. Les deux filles se disputent le piano. Les promenades en ville et dans les parcs, les visites des musées et des bibliothèques, les auditions de concerts ne sont pas oubliées. Si Jackie, l’aînée, est d’abord celle qui surclasse et entraîne la cadette, cette dernière fait des progrès rapides et montre bientôt un beau brin de voix dont la puissance et la maturité étonnent. « D’une simple jolie voix comme une autre, apparurent alors les premiers signes de quelque chose de spécial. ».

Le développement vocal de Maria se distingue dès l’âge de 8 ans, c’est-à-dire vers 1931. Pour cette période, les mémoires d’Evangelia sont encore la source principale des biographes. Maria fait l’apprentissage de la musique et du chant à l‘école publique de Washington Heights, quartier de leur domicile. Dès l’année 1933, elle participe à des concerts organisés par son école. Elle chante aux remises des prix. La fille « à la voix d’or », qui d’après un de ses professeurs avait « un rossignol dans la gorge » prend de l’assurance en s’y faisant régulièrement remarquer et collectionne les compliments flatteurs dans un livre d’autographes qu’elle a conservé toute sa vie. Si Callas n’a jamais évoqué son plaisir de chanter à cet âge, elle ne l’a pas nié non plus. En revanche, elle avoua avoir éprouvé une satisfaction personnelle certaine lors d’une interview : « Quand je chantais, je sentais que j’étais vraiment aimée. […] Alors chanter est progressivement devenu le remède à mon complexe d’infériorité. ».

Douée d’une excellente oreille et d’une mémoire infaillible, la fillette peut reproduire une chanson « dans le ton original en l’ayant seulement entendue une fois ou deux. ». D’abord des morceaux légers de variétés – La Paloma est sa chanson de prédilection, qu’elle chanta des centaines de fois – des airs d’opérettes et des airs lyriques. Lily Pons est, toujours selon Jackie, la cantatrice préférée de Maria qui s’entraîne à chanter par-dessus ses enregistrements. Ce répertoire « lyrique léger » constitue une première période. « Maria avait une voix douce, une voix d’enfant. […] Elle commença à être reconnaissable (adjectif fameux qui a globalement qualifié la voix de Callas) seulement quand elle se mit à prendre des cours en Grèce. » Qu’elle ait donc chanté à dix ans la « Habanera » de Carmen qu’elle reprenait, dit-elle, « jusqu’à lasser son entourage » et qu’elle enchaînait pour changer avec la polonaise brillante de Philine (« Je suis Titania ») de l’opéra Mignon d’Ambroise Thomas, laisse Petsalis-Diomidis incrédule. Les confidences de Callas, jetées, souvent avec exaspération, en pâture aux microphones tendus en toutes circonstances et en tous lieux, ont été entachées parfois de contradictions. De plus, Callas est brouillée avec la chronologie et ne situe jamais les épisodes avec précision. Elle ne se rappelle pas tout à fait non plus – ou ne veut pas se rappeler – certains événements, telle l’intervention d’un maître de chant suédois « voisin d’en face » qui pendant un temps lui donna des rudiments. Il est dit que Maria arriva au Conservatoire d’Athènes, à 15 ans, avec un registre qu’elle pensait de mezzo-soprano. Il est donc permis de penser qu’elle ait mêlé pendant ces années des airs de tessitures très éloignées sans précaution en s’appuyant sur une technique instinctive mais, à l’appréciation d’un professeur de chant, forcément sommaire et vocalement dangereuse. Il semble ainsi que ces écarts vocaux aient été à l’origine de son vibrato dans les aigus, déjà remarqué à ses débuts au Conservatoire15, dont elle peinera à se débarrasser et qui finira par s’installer vers la fin d’une carrière intense et démesurée.

Comme le fait remarquer Petsalis-Diomidis, aux États-Unis, c’est l’époque des enfants surdoués comme Shirley Temple mais surtout Judy Garland et Deanna Durbin qui chantent ensemble à 15 ans à peine dans Every Sunday en 1936. Evangelia met toute sa volonté pour transformer le « vilain petit canard », selon les propres mots de Maria, en un cygne au chant ensorcelant. Son appétit de considération sociale et d’aisance bourgeoise qu’a trompé un mariage raté avec un homme qu’elle considérait sans ambition et sans culture, a enfin trouvé l’occasion unique de se satisfaire par délégation. En effet, rien a priori ne force Maria, qui a découvert le chant par imitation et en fait au début une simple occupation ludique, à s’engager dans cette voie. Curieuse et avide de connaissances, elle ne pense qu’à s’instruire et se préparer à un bon métier. Elle aurait très bien pu s’en tenir, à l’instar de beaucoup de ses compatriotes grecs, à être chantre de fin d’agapes ou de banquets. Comme le souligne Jacques Lorcey, les jolies voix y sont légion et n’étonnent pas outre mesure. Sa sœur Jackie avait elle-même une belle prédisposition au chant. L’audace d’Evangelia est d’avoir seule misé sur ce don singulier, non sans inconscience puisqu’elle y risque aussi l’avenir de sa fille :« Ma mère me l’a bien fait comprendre. On m’a depuis toujours enfoncé dans le crâne que j’avais ce talent et que j’avais intérêt à ne pas le perdre ! […] Vu la tournure des choses, bien sûr, je n’ai pas à me plaindre. ».

La sévérité de Callas à l’égard d’Evangelia fut surtout rétrospective car, d’après sa sœur, la jeune écolière ne fut pas si malheureuse qu’elle voulut le faire croire. Il était dans la nature de Maria de mettre toutes ses capacités dans chaque chose qu’elle faisait; et les bons résultats qu’elle aura obtenus de son apprentissage musical seront des motifs de fierté et de vanité autant pour l’une que pour l’autre. Elle aimait à donner satisfaction à son entourage, et à plus forte raison, cela lui servait à amadouer sa mère. Jackie témoin privilégié fit remarquer : « Oui d’accord, peut-être que [notre mère] forçait Maria à chanter parfois, mais Maria le voulait aussi. » Cependant, on ne peut nier que le zèle maternel a été envahissant et n’a laissé que peu de répit à la jeune fille. De plus, Evangelia surveillait tout, limitait toutes relations de proximité et empêchait même ses enfants d’avoir une simple liaison amicale ou sentimentale. La petite famille vivait en vase clos. Maria était à ce moment-là une fille plutôt introvertie mais son travail de perfectionnement et l’exécution publique du chant comblera peu à peu son manque d’assurance.

Les diverses manifestations scolaires où l’on faisait appel au jeune prodige lui avaient acquis une certaine notoriété de voisinage. « J’étais la petite chanteuse de l’école. Je chantais des opérettes, je jouais un prince chinois, un marin, et d’autres rôles comme ça. »s. C’est à l’école qu’elle connut les premiers tracs en public mais aussi l’ivresse du succès. Georgette Kokkinaki, une camarade, se souvient :« Elle n’était pas très ouverte mais quand elle chantait ses yeux noirs expressifs étincelaient. […] Cela lui plaisait beaucoup, on le voyait bien. Même quand le chœur chantait, sa voix se détachait. Nous étions fascinés par sa voix. »17 On doit rendre encore justice à Evangelia : elle fut un impresario infatigable qui ne manqua guère d’opportunité pour promouvoir sa jeune vedette et la faire chanter en toute occasion, et qui finira par lui faire ouvrir, avant l’âge requis, les conservatoires athéniens. La faisant concourir dans des compétitions miteuses, elle bourre sa fille de sucreries, « parce qu’une bonne voix ne s’épanouit bien que dans la graisse », si bien que Maria devient grassouillette.

On a situé vers la fin de 1934, à New York, la première audition radiophonique de Maria et de Jackie qui se présentèrent ensemble à un concours de jeunes talents, où elles chantèrent en duo Heat that’s free. Maria aurait gagné selon sa mère et sa sœur le premier prix dont la récompense aurait été une montre. Ce concours demeure le seul fait qui soit certain car cette période est même encore aujourd’hui très embrouillée. Maria a toujours maintenu que c’était seulement un lot de consolation et a également répété s’être présentée à d’autres concours. Pour cela, il aurait fallu qu’elle le fît à l’insu de sa sœur et de sa mère qui ne les ont jamais mentionnés ; surtout d’Evangelia pourtant prompte à enrichir sa mythologie personnelle.

John Ardoin, consultant les archives, pensa avoir trouvé une possible prestation de Maria à l’émission L’Heure des amateurs du commandant Bowles du 7 avril 1935. Une jeune fille, dont la voix fait « 16 ans au moins » et dont le père est pharmacien, du nom de Nina Foresti et inscrite sous le nom d’« Anita Duval », y chanta Un bel dì, vedremo (extrait de Madame Butterfly de Puccini. Cette histoire eut sa publicité quand cette aria fut incorporée dans un disque lyrique de 1966. Les informations et les écritures de l’inscription ne correspondant pas, le doute avait prévalu chez la majorité des commentateurs. Nadia Stancioff, vingt ans après, reprit l’événement soi-disant à partir d’une ancienne confidence de la diva. Mais Callas n’a jamais confirmé ni un tel pseudonyme ni une quelconque connivence avec sa mère, et Jackie fut catégorique sur l’impossibilité de ce subterfuge.

En 1937, le couple Kaloyeropoulos se sépare officiellement et Evangelia retourne à Athènes avec ses deux filles. Evangelia tente dans un premier temps de faire admettre Maria au Conservatoire d’Athènes mais est refusée aux motifs que sa voix n’est pas assez travaillée et qu’elle ne connaît pas le solfège. Elle apprendra ce dernier au piano.

Au cours de l’été 1937, Evangelia contacte Maria Trivella qui dirige le tout récent Conservatoire national à Athènes. Maria est trop jeune (elle n’a que 13 ans et demi à l’époque) mais qu’importe. Evangelia ment sur l’âge de sa fille et demande à Trivella de lui enseigner le chant moyennant une somme modeste car la famille est désargentée. Trivella se souvient de cette jeune adolescente grassouillette et extrêmement myope, voire quasiment aveugle lorsqu’elle ne portait pas d’énormes verrest : « Sa voix avait un timbre chaud, lyrique, intense qui tournoyait, brillant de mille feux, emplissant l’air d’échos mélodieux, cristallins, comme un carillon. Elle était, à plusieurs points de vue, étonnante. Un futur grand talent qu’il fallait contrôler, entraîner, discipliner pour qu’elle jaillisse avec toute sa brillance. ».

Dès les premières leçons, le professeur se rend compte que la tessiture de son élève est celle d’un soprano lyrique et non pas d’un contralto comme on le lui avait annoncé. Callas travaillera pendant deux ans avec Trivella. « [C’était] une élève modèle. Fanatique, exigeante avec elle-même, dévouée à ses études corps et âme. Ses progrès étaient phénoménaux. Elle travaillait cinq à six heures par jour… En six mois, elle était capable de chanter les arias les plus difficiles du répertoire. »1 Quant à Callas, elle dit de son professeur : « Trivella avait des méthodes françaises [d’enseignement du chant] qui consistaient à expirer le chant plutôt par le nez… Je n’avais pas de sons graves venant de la poitrine, ce qui est essentiel pour le bel canto. ».

Maria travaille sans discontinuer, voulant être la meilleure. Elle n’a pas d’argent pour s’acheter des chaussures. Qu’importe, elle se rend à ses cours pieds nus dans la neige, comme le raconte (ou affabule ?) sa mère. Pour le gala de fin d’études, elle interprète un duo de Tosca au music-hall Parnasse. Nous sommes le 11 avril 1938. Evangelia sollicite une nouvelle audition pour sa fille au Conservatoire d’Athènes. Maria interprète à cette occasion Ocean, Thou Mighty Monster (Ozean, du ungeheuer) de ‘’Oberon’’ de Weber. Elvira de Hidalgo se souvient d’avoir « entendu une cascade de sons tempétueux et exagérés mais pleine de rêve et d’émotion. »1 Enthousiaste, elle l’admet immédiatement dans sa classe mais Evangelia demande à Hidalgo un délai d’un an pour permettre à sa fille d’être diplômée du Conservatoire national grec et de pouvoir alors travailler et gagner quelque argent. À la fin de l’année 1939, Maria intègre le Conservatoire d’Athènes dans la classe d’Elvira de Hidalgo, qui deviendra également sa confidente.

Maria Callas, entier postal, Portugal.

Hidalgo parle de son élève comme « d’un phénomène… Elle écoute tous mes élèves : sopranos, mezzos, ténors… Elle pouvait tout entendre ». Callas dit d’elle-même « qu’elle se rend au Conservatoire à dix heures du matin et en repart avec le dernier élève… dévorant la musique »1 parce que « le moins doué des élèves peut toujours vous apprendre quelque chose que vous, plus doué, n’êtes pas capable de réaliser ». Après plusieurs représentations avec le statut d’étudiante, Hidalgo lui trouve des rôles qui lui permettent de gagner sa vie et de subvenir aux besoins de la famille en ces temps de guerre. Ce sont, pour la plupart des seconds rôles à l’Opéra national de Grèce.

Dotée désormais d’une voix de soprano dramatique, Maria Callas commence une carrière professionnelle à l’âge de 17 ans avec l’opérette Boccaccio de Franz von Suppé. « L’interprétation fantastique de Maria Callas était si évidente, qu’à partir de ce moment-là, les autres tentèrent de lui barrer la route »1. La Grèce occupée par les Allemands et les Italiens, sa mère prend pour amant le colonel italien Mario Bonalti et impose à sa fille de chanter pour les envahisseurs, l’officier italien accompagnant régulièrement Maria au piano et apportant à la famille des vivres supplémentaires en ces temps de marché noir23. Elle fait ses débuts dans le rôle de Tosca au mois d’août 1942, puis elle est Marta dans l’opéra d’Eugen d’Albert, Tiefland, monté spécialement pour les allemands au théâtre d’Olympie. La critique est unanime : « Artiste extrêmement dynamique possédant les dons lyriques et musicaux les plus rares » (Spanoudi), « La cantatrice qui a tenu le rôle de Marta avec une sensibilité sans égale, cette nouvelle étoile du firmament grec, a donné un exemple magistral de ce que devait être une actrice de tragédie. À sa voix exceptionnelle de fluidité naturelle, je ne souhaite pas ajouter d’autres mots que ceux d’Alexandra Lalaouni : Kaloyeropoúlou est l’un de ces talents bénis des Dieux dont on ne peut que s’émerveiller. » (Vangelis Mangliveras, journaliste à l’hebdomadaire o Radiophon).

Durant les mois d’août et septembre 1944, la cantatrice est Léonore dans l’opéra de Beethoven, Fidelio qu’elle chante en grec et qu’elle interprète de nouveau au théâtre antique de l’Odéon à Athènes. À cette occasion, le critique allemand Friedrich Herzog témoigne : « Lorsque la Léonor-Maria Kaloyeropoúlou monta brillamment dans le duo, elle atteignit les plus sublimes hauteurs [du chant]… Elle donna le bourgeon, la fleur et le fruit de cette harmonie de sons qui anoblit l’art d’une prima donna »1. La prima donna, c’est enfin elle : Maria Callas. À la suite de ces représentations, les détracteurs de Callas admettent enfin qu’elle est « un don du Ciel ». Sa rivale, Remoundou, l’écoutant répéter Fidelio, s’exclame : « Se pourrait-il qu’elle ait quelque chose de divin et que nous ne l’ayons pas réalisé ? ».

Callas considère que la Grèce est à l’origine de son extraordinaire ascension en portant son art de dramaturge à des sommets : « Lorsque j’ai abordé une grande carrière, je n’ai pas été surprise. ».

Après la libération de la Grèce, elle donne une série de récitals un peu partout dans le pays. Elle se produit cinquante-six fois dans sept opéras différents et donne vingt récitals. Une fois cette liesse générale retombée, sa mère est soupçonnée de collaboration avec l’occupant25 : Maria, exclue de l’opéra d’Athènes et ayant perdu la bourse du Conservatoire (les autorités lui reprochant finalement d’avoir trop chanté pour les occupants)26, retourne aux États-Unis le 14 septembre 1945 pour renouer avec son père, contre le gré de sa mère. Elle y poursuit sa carrière contre l’avis aussi d’Elvira de Hidalgo, qui lui a conseillé de s’établir en Italie. Elle prend surtout ses distances avec sa mère, qui ne travaille pas et à laquelle elle reproche de l’avoir poussée à « aller avec les soldats » pour de l’argent lors de la Seconde Guerre mondiale. Callas ne lui pardonne jamais ce qu’elle considère comme une forme de prostitution.

Bien qu’ayant remplacé en 1950 Renata Tebaldi dans Aida, Callas fait ses débuts officiels à la Scala de Milan en « ouvrant » la saison d’opéra le 7 décembre 1951 dans Les Vêpres siciliennes. Ce temple de l’opéra devient son repaire artistique durant les années 1950. L’illustre maison monte de nouvelles productions spécialement pour la cantatrice avec des réalisateurs ou des personnalités prestigieuses du monde de la musique : Victor de Sabata, Herbert von Karajan, Carlo Maria Giulini, Margherita Wallmann, Luchino Visconti, Franco Zeffirelli, entre autres.

En 1952, après un concert à la Rai au cours duquel elle interprète Macbeth, Lucia di Lammermoor, Nabucco et Lakmé, elle se produit pour la première fois au Royal Opera House de Londres (Covent Garden). Elle y incarne Norma aux côtés de la mezzo-soprano Ebe Stignani, dans le rôle d’Adalgisa et de la jeune Joan Sutherland dans le rôle de Clotilde. Elle noue à cette occasion « une longue histoire d’amour » avec son public. Elle revient devant « son parterre » en 1953, 1957, 1958, 1959, 1964 et 1965. C’est enfin au Royal Opera House que, le 5 juillet 1965, Callas fait ses adieux à la scène dans Tosca, mise en scène et réalisée spécialement pour elle par Franco Zeffirelli. Son vieil ami, Tito Gobbi lui donne la réplique en interprétant Scarpia.

En 1954, l’Amérique, qui avait « boudé » Callas quelques années auparavant, est conquise à son tour avec Norma, rôle-fétiche de la cantatricex, interprété devant le public de l’Opéra de Chicago qui a enfin pu ouvrir ses portes. À la fin de la représentation, les spectateurs l’ovationnent longuement.

Malgré un reportage peu flatteur de Time Magazine, fait de vieux clichés concernant son caractère jugé « capricieux » qui l’aurait fâchée avec plusieurs directeurs d’opéray, sa supposée rivalité avec Renata Tebaldiz et même ses difficultés relationnelles avec sa mère avec laquelle elle a définitivement rompu tout contact à la suite de sa première tournée lyrique à Mexico en 1950, elle triomphe au Metropolitan Opera de New York en novembre 1956.

L’image de la cantatrice s’est profondément modifiée : de constitution plutôt forte (plus de 92 kg en 1952), elle a perdu, entre le début de l’année 1953 et la fin de l’année 1954, plus de trente kilos grâce à un régime (et, selon certaines sources, la contraction d’un ténia). Sa nouvelle silhouette longiligne attire l’intérêt des grands couturiers (notamment de la créatrice milanaise Elvira Leonardi Bouyeure dite Biki  qui lui dessine aussi bien ses costumes de scène que ses vêtements de tous les jours38), passant du statut de « paysanne endimanchée », selon les mots de sa couturière, au titre de « femme la plus élégante du monde » en 1957. Désormais, les magazines s’intéressent autant à sa vie privée qu’à ses prestations scéniques. C’est à cette époque qu’elle rencontre Aristote Onassis, armateur grec milliardaire et séducteur aux multiples aventures.

Le 21 novembre 1958, elle offre un récital pour l’inauguration de l’Opéra de Dallas, à la réputation duquel elle contribue avec ses amis de Chicago, Lawrence Kelly et le chef d’orchestre Nicola Rescigno40, puis interprète Violetta, l’héroïne de La traviata de Giuseppe Verdi, ainsi que la seule représentation américaine de Medea de Luigi Cherubini.

Callas est présentée à Aristote Onassis lors d’une fête donnée en l’honneur de celui-ci par Elsa Maxwell. C’est au mois de juillet 1959, au cours d’une croisière sur le yacht Christina O de l’armateur que, selon la presse de l’époque, elle devient sa maîtresse.

En novembre 1959, elle emménage avec Onassis. Le 25 novembre, elle entame au tribunal de Brescia une procédure de séparation d’avec Meneghini mais ce divorce n’est pas reconnu aux États-Unis et les deux parties achoppent sur les règlements de répartition financière.

D’après un de ses biographes, enceinte de son amant, elle aurait accouché dans une clinique milanaise d’un enfant, Omerio Langrini qui, né prématurément à Milan, le 30 mars 1960, meurt quelques heures après sa naissance. Mais dans le livre que lui consacre son ex-mari, Meneghini prétend que Callas ne peut pas avoir d’enfant du fait d’une ménopause précoce. Plusieurs biographes contestent également cette affirmation en faisant remarquer que le certificat de naissance utilisé pour attester cette « naissance secrète » date de 1998, soit 21 ans après le décès de la cantatrice. Certains évoquent le fait que Callas aurait eu au moins un autre enfant d’Onassis et qu’elle aurait eu recours à un avortement. Quoi qu’il en soit, la Diva ralentit sa carrière pour se consacrer à Onassis et jouir de la vie de jet set.

Au début de 1961, elle quitte Monte-Carlo pour s’installer à Paris, dans l’appartement du 44 avenue Foch acheté par Onassis, et qu’elle quitte sept ans plus tard pour l’appartement au no 36 de l’avenue Georges-Mandel. Les années 1960 sont marquées par un certain déclin. Callas ne donne plus que quelques représentations par an, sacrifiant sa carrière pour privilégier sa relation avec Onassis qu’elle passe son temps à attendre à Paris.

En juin 1963, Maria Callas découvre par la presse des photos compromettantes sur le Christina entre Onassis et la sœur de Jackie Kennedy, Lee, qui est devenue sa maîtresse. En octobre 1963, Jackie accepte la proposition d’Onassis de faire une croisière sur la mer Égée à bord du yacht. La femme du président des États-Unis John F. Kennedy vient en effet de perdre son fils Patrick et a besoin de repos. Les échotiers dépeignent alors Maria comme désarmée et pitoyable face à cette nouvelle idylle qui naît après l’assassinat de JFK, mais l’armateur grec parvient à se faire à nouveau pardonner. En avril 1966, Maria renonce à sa nationalité américaine et redevient grecque pour exciper d’une loi hellène qui annule un mariage non célébré selon les rites orthodoxes, pouvant ainsi officialiser sa relation. Mais Onassis épouse finalement Jacqueline Kennedy sur l’île de Skorpios le 20 octobre 1968.

Blessée dans son orgueil, mais toujours profondément amoureuse, Maria Callas lui reste néanmoins fidèle jusqu’au bout : durant le séjour d’Onassis à l’hôpital américain de Neuilly pour la pneumonie qui lui est fatale, elle seule va le voir régulièrement, lui apportant soutien et réconfortac,.

Le dernier domicile de Maria Callas au no 36 de l’avenue Georges-Mandel
Parallèlement à sa liaison, Callas abandonne progressivement sa carrière, ayant donné entre 1947 et 1965 595 représentations et concerts, tenu 42 rôles et enregistré, notamment, 26 intégrales d’opéras. Pour le directeur artistique Michel Glotz, ce n’est pas Onassis qui lui fait prendre de la distance vis-à-vis de la musique, mais la femme amoureuse qui souhaite ainsi se consacrer pleinement à son amant. À la question que lui pose Franco Zeffirelli au sujet de cette liaison en 1963, Callas répond évasivement : « J’ai tenté de réaliser ma vie de femme ». En fait, pour cette femme dont le premier mariage est un mariage de raison, Onassis est et restera pour toujours son seul grand amour. De plus, sa carrière est de plus en plus compromise par les multiples scandales qui l’émaillent et par une baisse considérable de ses possibilités vocales qui atteint un point inquiétant. Enfin, elle est lassée de jouer toujours dans les mêmes mises en scène et s’adapte mal aux impératifs de la diffusion télévisée.

Entre janvier 1964 et mai 1965, la Diva chante Médea, Norma et surtout Tosca à Paris, New York et Londres devant « son » public de Covent Garden pour sa dernière apparition sur scène le 5 juillet 1965.

Retirée de la scène à partir de 1965 après quelques derniers concerts à Londres et Paris, elle se consacre à l’enseignement et aux récitals. En 1969, le cinéaste Pier Paolo Pasolini tourne Médée, un film non-musical avec Callas dans le rôle-titre, sa seule prestation dramatique en dehors du monde de l’opéra. Le tournage est éprouvant pour la cantatrice. Elle se trouve mal après une journée exténuante d’allers et retours dans la boue et sous le soleil53. Le film n’est pas un succès commercial, mais c’est le seul document sur Callas, actrice de cinéma.

D’octobre 1971 à mars 1972, à la Juilliard School de New York, elle donne des cours d’interprétation (ou master classes)af. Elle y prend soin d’expliquer, de détailler et de raisonner les rôles abordés par ses étudiants. C’est à cette époque qu’elle noue une liaison avec le ténor Giuseppe Di Stefano. Elle connaît également des problèmes de santé.

En 1973, Di Stefano lui propose de faire en sa compagnie une tournée internationale de récitals, afin de collecter de l’argent pour financer le traitement médical de sa fille. Ces concerts les conduiront à travers l’Europe, puis, à partir de 1974, aux États-Unis, en Corée du Sud et au Japon. Pour Maria Callas, c’est un succès sur le plan personnel (les auditeurs affluant pour écouter les deux chanteurs souvent apparus conjointement à leurs débuts) mais un échec sur le plan artistique, sa voix étant désormais irrémédiablement abîmée par les prises de rôles trop extrêmes effectuées vingt ans plus tôt. La dernière prestation publique de Maria Callas a lieu le 11 novembre 1974 au Hokkaido Koseinenkin Kaikan à Sapporo (Japon).

La cantatrice se retire du monde dans son appartement parisien au troisième étage du 36 avenue Georges-Mandel où ses seules occupations sont d’écouter ses vieux enregistrements et de promener ses caniches en empruntant chaque jour le même itinéraire : rue de la Pompe, rue de Longchamp et rue des Sablons. Elle tente de se suicider aux somnifères. La mort d’Onassis, qu’elle a accompagné jusqu’à sa fin, en 1975 achève de la murer dans sa solitude. Épuisée moralement et physiquement, prenant alternativement des barbituriques pour dormir et des excitants dans la journée, se soignant à la coramine pour ses brusques chutes de tension, elle meurt brutalement d’une embolie pulmonaire le 16 septembre 1977, à l’âge de 53 ans. Sur sa table de chevet sont retrouvés des comprimés d’un hypnotique, le Mandrax (méthaqualone), dont elle aurait pu, par accident, absorber une trop forte dose.

Une cérémonie funèbre a lieu à l’église grecque orthodoxe d’Agio Stephanos (Saint-Stéphane ou Saint-Étienne), rue Georges-Bizet, le 20 septembre 1977. Parmi les personnes en deuil étaient la princesse Grace de Monaco, sa fille la princesse Caroline, Tito Gobbi et le producteur de films italien Franco Rossellini. Maria Callas est incinérée au cimetière du Père-Lachaise où une plaque (division 87) lui rend hommage mais dès le premier jour, l’urne funéraire disparut puis fut retrouvée miraculeusement deux jours plus tard. Ses cendres (ou ce que l’on pense être comme telles) seront dispersées en 1980 en mer Égée, au large des côtes grecques, selon de prétendues dernières volontés, jamais retrouvées. Ses biens sont vendus aux enchères, notamment ses effets les plus intimes tandis qu’une bataille juridique s’entame sur sa succession. Son ex-mari Giovanni Battista Meneghini allègue qu’il est l’héritier de son dernier testament rédigé en 1954 tandis que sa sœur se bat au nom de la famille Kalos. Finalement, un accord à l’amiable est trouvé et sa fortune, estimée à plus de 12 millions de dollars, est partagée entre Meneghini et sa mère Evangelia.

À la fin de l’année 2004, Franco Zeffirelli fait courir le bruit que Maria Callas aurait été assassinée par la pianiste grecque Vasso Devetzi pour s’approprier les avoirs de la cantatrice, qui se monteraient à quelque 9 000 000 US$. D’après le biographe de la cantatrice, Stelios Galatopoulos, Devetzi s’insinue dans les affaires de Callas et agit comme si elle était son impresario. Cette assertion est confirmée par Jackie Callas dans le livre qu’elle a écrit sur sa sœur. Elle affirme que Devetzi réussit à détourner la moitié de la fortune de Callas en lui proposant de créer la Fondation Maria Callas destinée à payer les frais de scolarité de jeunes chanteurs. Après que des milliers de dollars eurent ainsi été détournés, Devetzi est finalement contrainte de déposer les statuts de la Fondation.

En 2010, deux médecins italiens spécialistes en orthophonie prétendent, d’après des enregistrements de la cantatrice, que le déclin de sa voix et sa mort seraient dus à une dermatomyosite des cordes vocales et du larynx. Cette maladie dégénérative provoque en effet une trachéite affectant la voix. Traitée avec de la cortisone et des immunodépresseurs, ce qui peut entraîner à long terme une insuffisance cardiaque, cette connectivite, contractée à l’époque de sa forte perte de poids au milieu des années 1950, serait ainsi la cause de son décès.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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