Le lac des cygnes (ballet).

Le Lac des cygnes (en russe : Лебединое озеро / Lebedinoïe ozero) est un ballet en quatre actes sur une musique de Piotr Ilitch Tchaïkovski (opus 20) et un livret de Vladimir Begitchev inspiré d’une légende allemande.


En 1871, Tchaïkovski profite de ses vacances pour composer un petit ballet, Lebedinoïe ozero, destiné aux enfants de sa sœur.

Lorsque, au cours de l’été 1875, l’Intendant du grand théâtre de Moscou, Vladimir Pétrovitch Begitchev, lui demande de composer un ballet, Tchaikovski accepte immédiatement d’autant que la proposition est lucrative (Tchaïkovski touchera 5 000 roubles pour sa peine) et que le compositeur confie, dans une lettre à son ami Rimski-Korsakov, rêver depuis longtemps

de « [s’]essayer à ce genre de musique ». Bégitchev, en collaboration avec son danseur étoile du Théâtre Impérial Bolchoï Vassili Fiodorovitch Gelzer, a personnellement préparé le livret à partir de légendes et contes divers — dont le Voile dérobé tiré des « contes populaires des Allemands » de Johann Karl August Musäus. Tchaikovski a à l’esprit les ballets de Léo Delibes et plus particulièrement Coppélia.

Lac des cygnes, carte maximum, Melun, 2016.

À la différence du mode de travail qui caractérisera plus tard La Belle au bois dormant et Casse-Noisette, le compositeur ne collabore pas directement avec le chorégraphe pressenti, Julius Reisinger. Ce dernier, maître de ballet traditionaliste, se trouve dépassé par les ambitions « symphoniques » de la musique de Tchaïkovski. Il triture la partition, coupant ici, arrangeant là, si bien que lors de la création, le 4 mars 1877 au Théâtre Impérial Bolchoï, l’œuvre, sous la direction de Semen Riabov et chorégraphiée par Julius Reisinger, sans être un échec cuisant comme certains historiens du ballet l’ont prétendu, est une « déconvenue humiliante » (Tchaïkovski). Au cours des cinq années suivantes, Lebedinoïe ozero est monté deux fois et connaît plus de quarante représentations, chiffre exceptionnel pour l’époque.

Tchaïkovski ne vivra pas assez longtemps pour voir la version qu’il a composée, Lebedinoïe ozero, dansée sur toutes les scènes du monde sous des formes et des titres divers : Lebedinoïe ozero bien sûr, mais aussi Swan Lake, Le lac des cygnes, Schwanensee, Lago dei cigni, etc. C’est très exactement le 12 mars 1894 que le ballet entreprend sa longue marche triomphale d’une façon modeste : seul le deuxième acte est représenté au Théâtre Impérial Mariinski à la mémoire du compositeur décédé le 6 novembre 1893. Cette réalisation est confiée à Ivanov, deuxième maître de ballet et adjoint du célèbre Petipa. Ce dernier remarque immédiatement les possibilités inhérentes à la partition de Tchaïkovski et persuade le

Théâtre Mariinski de monter une production intégrale du ballet dont il se chargerait de la chorégraphie en partenariat avec Ivanov. Sur la demande de Petipa, le maître de chapelle de la cour et chef d’orchestre Riccardo Drigo, pratique quelques interventions dans la partition originale. Petipa se charge alors de chorégraphier le premier et le troisième acte, laissant à Ivanov les deuxième et quatrième qui se déroulent sur les bords du lac des cygnes. Cette version est présentée au public pour la première fois le 15 janvier 1895.

Au cours des cinquante années qui ont suivi la création de la version Petipa/Ivanov à Saint-Pétersbourg le ballet subit tant de remaniements que la version réalisée en 1953 au théâtre Stanislavski et Nemirovitch-Dantchenko de Moscou fit l’effet d’une bombe. On la devait à Vladimir Pavlovitch Bourmeister2 (1904-1971), premier maître de ballet du théâtre, et reprenait l’ordre des numéros tels que publiés dans la partition originale de Tchaïkovski. Burmeister simplifie la dramaturgie du livret et rajoute un prologue qui présente la transformation de la princesse Odette en cygne par le sorcier Rotbarth. Cela le conduit, après la victoire finale du prince Siegfried sur Rotbarth à l’issue d’une lutte sans merci, à montrer le retour d’Odette à sa forme première. Plus rien ne fait alors obstacle à la fin heureuse du ballet bien que la version de 1895 ne faisait qu’esquisser la réunion des deux amants dans une apothéose finale. Les autres modifications intéressent la disparition du fou (qui n’amène rien à l’intrigue) au profit de l’ami de Sigfried et l’arrangement des danses nationales du Divertissement de l’Acte III en intermèdes magiques de Rotbarth qui apparaît dès lors comme une sorte d’artiste du music-hall.

Cette version du Lac des cygnes a été montée pour la première fois à l’Ouest par l’Opéra de Paris en 1950. Elle a été reprise par plusieurs compagnies dont, récemment, le 14 avril 2004, au Théâtre de la Scala avec Svetlana Zakharova dans le rôle d’Odette/Odile et Roberto Bolle dans celui de Siegfried.

Le mythe du cygne, avec ses prémices antiques où Zeus, sous les traits d’un cygne, comble Léda, l’épouse du roi de Sparte, offre de nombreuses possibilités d’adaptation. On y voit déjà apparaître le caractère androgyne de l’animal qui a conduit, dans les mises en scène de Matthew Bourne (Swan Lake, Londres 1995) et Stephan Thoss (Zwischen Mitternacht und Morgen, Hanovre 2004), à confier la figure des cygnes à un corps de ballet masculin.

Enfin, à la suite de l’étude psychanalytique de l’argument par Mats Ek en 1986 et de l’interprétation par le biais de la Modern Dance qu’il en a donné avec le Ballet Cullberg de Suède, de nouvelles versions dramaturgiques et chorégraphiques ont vu le jour dont celle de Neumeier, Illusionen – wie Schwanensee avec sa référence historique à Louis II de Bavière.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.