Henri Queuille, homme d’état.

Henri Queuille est un homme d’État français, né le 31 mars 1884 à Neuvic (Corrèze) et mort le 15 juin 1970 à Paris. Membre du parti radical-socialiste, plusieurs fois ministre sous la Troisième République, notamment à l’Agriculture, il fut trois fois président du Conseil sous la Quatrième République.


Henri Queuille naît à Neuvic où son père est pharmacien et maire adjoint. Orphelin de père à l’âge de 11 ans, il est élève boursier au lycée de Tulle et décroche son baccalauréat à 18 ans. Il fait ensuite ses études de médecine à Paris, où il se lie d’amitié avec Georges Duhamel, également médecin. À 20 ans, il fonde le syndicat des gorges de la Dordogne QEB qui édite des cartes postales et des brochures pour le tourisme.

À 24 ans, après la mort de sa mère en 1908, il s’installe comme médecin généraliste à Neuvic. Il devient un acteur politique local très engagé dans le parti radical-socialiste et fait figure de « rouge » pour ses détracteurs.

Il est élu maire de Neuvic en 1912, conseiller général du canton de Neuvic en 1913 et député de la circonscription d’Ussel en 1914.

Volontaire, dès le début de la Première Guerre mondiale, il est affecté comme médecin aide-major à l’hôpital de Baccarat. En septembre 1916 lui est décernée la Croix de guerre avec citation, seule décoration qu’il portera. Il participe à la bataille de Verdun et à bataille de la Somme.

Henri Queuille, carte maximum, 17/02/2012.

Avant la Seconde Guerre mondiale, ses mandats électifs sont député radical-socialiste de la Corrèze de 1914 à 1935 et sénateur de 1935 à 1940. Aux élections législatives qui donnent en 1936 la victoire au Front populaire, il refuse de se présenter. Les élections donnent alors Marius Vazeilles, membre du Parti communiste français, gagnant dans la circonscription d’Ussel. Depuis 1921, il est président du conseil général de la Corrèze, poste qu’il occupe jusqu’en 1940.

Queuille est sous-secrétaire à l’Agriculture en 1920, puis nommé secrétaire d’État ou ministre à plusieurs reprises : Agriculture en 1924-1925, 1926-1928, 1930, 1932-1933, 1933 (1), 1933 (2), 1933-1934, 1934 (1), 1934 (2), 1938-1940, Santé publique en 1930-1931, 1934-1935, PTT en 1932, Travaux publics en 1937-1938. Au titre de cette dernière fonction, il met en œuvre et applique la nationalisation des chemins de fer amorcée antérieurement. La création sans heurt de la SNCF, dans des délais très courts, à l’issue de négociations délicates avec les compagnies, vaut à Queuille l’hommage public du président du Conseil, Camille Chautemps, et les félicitations de Léon Blum. Il est président de la Confédération nationale de la mutualité, de la coopération et du crédit agricole de 1935 à 1959.

L’inamovible ministre de l’Agriculture durant l’entre-deux-guerres n’en est pas moins pris dans la tourmente, en 1933, de l’un des plus gros scandales politico-financiers de l’époque : « l’affaire Stavisky ».

Ministre du Ravitaillement en 1940 dans le gouvernement Paul Reynaud, il participe comme sénateur au congrès de Vichy le 10 juillet 1940. Il s’abstient lors de l’octroi des pleins pouvoirs constituants à Philippe Pétain et se retire à Neuvic, où il fonde une entreprise de charbon de bois, destinée à alimenter les gazogènes.

Le 16 juillet 1941, il est révoqué de sa fonction de maire de Neuvic par le régime de Vichy. Lors d’une visite à Neuvic, Claude Hettier de Boislambert l’informe que le général Charles de Gaulle attache une grande importance à son ralliement. Après l’échec d’une première tentative d’exfiltration, il réussit, en avril 1943, à gagner Londres à bord d’un avion Lysander de la RAF. Quelques jours après son arrivée, il lance à la BBC un appel à la Résistance destiné aux paysans de France.

En novembre 1943, Queuille est nommé commissaire d’État du Comité français de libération nationale. Il en assume également la vice-présidence. En juin 1944, il devient ministre d’État du premier gouvernement provisoire de la République et, à ce titre, assure l’intérim de la présidence pendant les absences du général de Gaulle. Après la Libération, il se retire en Corrèze et refuse de continuer aux côtés de Charles de Gaulle, signe d’une faille entre les deux hommes. Il est battu aux élections législatives de 1945 pour la première et seule fois de sa carrière, mais il redevient maire de Neuvic.

Favorable au rétablissement des institutions républicaines, Queuille se consacre, dans les mois qui suivent la Libération, au relèvement et à la réorganisation du parti radical, durement éprouvé par la guerre et l’occupation.

Président du Conseil pendant la IVe République[modifier | modifier le code]
Il retrouve son siège au palais Bourbon de 1946 à 1958. Il fait partie des gouvernements successifs de 1948 à 1954 en tant que Président du conseil ou bien ministre d’État en 1948 (cabinet Marie) et en 1951-1952 (cabinet Pleven), ministre des Travaux publics en 1948 (cabinet Schuman), ministre de l’Intérieur en 1950-1951 (cabinet Pleven puis dans son propre gouvernement), vice-président du Conseil en 1949-1950 (cabinet Bidault) et en 1952-1954 (cabinets Pinay, Mayer, Laniel).

Il exerce les fonctions de président du Conseil des ministres à trois reprises :

  • du 11 septembre 1948 au 5 octobre 1949 : voir gouvernement Henri Queuille (1), succédant à Robert Schuman (2e gouvernement), et étant à son tour remplacé par Georges Bidault (2e gouvernement) ;
  • du 2 juillet 1950 au 4 juillet 1950 : voir gouvernement Henri Queuille (2),
    succédant à Georges Bidault (3e gouvernement), et étant à son tour remplacé par René Pleven (1er gouvernement) ;
  • du 10 mars 1951 au 10 juillet 1951 : voir gouvernement Henri Queuille (3),
    succédant à René Pleven (1er gouvernement), et étant à son tour remplacé par René Pleven (2 gouvernement).

Alors qu’il est chef du gouvernement, la France signe le traité de l’Atlantique nord. Comme ministre de l’Intérieur, il fait voter la loi des apparentements destinée à freiner l’essor du Rassemblement du peuple français et à réduire l’influence des communistes. Il est aussi ministre du Tourisme.

Ses problèmes de santé ont pratiquement mis fin à sa carrière ministérielle à la fin des années 1950. Mieux portant, il aurait facilement succédé à Vincent Auriol à la présidence de la République. En décembre 1953, alors qu’à Versailles l’élection du nouveau chef de l’État s’éternisait, beaucoup espéraient qu’il finirait par se présenter pour sortir l’Assemblée de l’impasse. Il préfère s’abstenir et vivra encore plus de 16 ans.

En 1956, en désaccord avec Pierre Mendès France, il quitte le parti radical-socialiste et fonde, avec l’aile droite de ce dernier, le Centre républicain, dirigé par le maire de Nantes, André Morice. En mai 1958, il s’oppose au retour de De Gaulle et appelle à voter contre le projet de constitution de la Ve République en septembre 1958. Il ne se représente pas aux élections législatives qui suivent et soutient le candidat socialiste SFIO, François Var, qui sera élu à son siège. Queuille, qui avait distribué tellement de médailles, refuse la Légion d’honneur pour lui-même, et à part la Croix de guerre, il n’accepte que celle de la Société nationale d’horticulture de France.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

 

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