Le Kremlin de Moscou (Russie).

Le kremlin de Moscou (russe : Московский Кремль, Moskovskiy Kremlʹ), souvent appelé simplement le Kremlin, est une forteresse située au cœur de Moscou, capitale de la Russie.

Après avoir été la résidence officielle des tsars, puis des dirigeants de l’Union soviétique, il devient le centre politique de la fédération de Russie, puisqu’il est aujourd’hui la résidence officielle et le lieu de travail du président de la fédération de Russie. Par métonymie, l’expression « le Kremlin » désigne souvent, dans la presse et les médias, le pouvoir russe ou, naguère, le pouvoir soviétique.

Cet ensemble prestigieux est le plus célèbre kremlin, mot adapté du russe Кремль, qui désigne une forteresse urbaine. La forme est à peu près triangulaire. Il rassemble à l’intérieur de son enceinte extérieure, dominant la place Rouge et la Moskova, des palais et des cathédrales dont le Grand Palais du Kremlin.


Kremlin, carte maximum, Russie.

Comme l’ont montré des recherches archéologiques, les premiers  établissements humains de Moscou, remontant à la préhistoire, furent fondés sur une éminence dominant la rivière Neglinnaïa à l’endroit où celle-ci rejoint la Moskova, et que l’on nomme colline Borovitskaïa. On n’y a pas trouvé, cependant, de traces de fortifications antérieures au XIe siècle ; la cité naissante fut agrandie sous le prince Iouri Dolgorouki, Grand-Duc de Kiev, au XIIe siècle. La forteresse, constituée d’un talus de terre de huit mètres de haut surmonté d’une palissade de trois mètres est signalée comme kremlin pour la première fois en 1331, lorsque le prince Ivan Kalita (1325-1340) la fait donc entourer d’une enceinte de pieux de chêne.

Après plusieurs sièges et destructions, une nouvelle palissade fut construite de 1339 à 1340 et incendiée en 1365. Entre 1366 et 1368, sous le règne de Dimitri Donskoï on construisit une forteresse en pierre blanche, ce qui permit de repousser, en 1368 et 1370, les attaques des princes Michel de Tver et Olgierd Grand-duc de Lituanie. La forteresse comportait cinq portes monumentales, trois d’entre elles étant situées sur le côté nord-est (vers l’actuelle place Rouge). Les murailles reprirent le plan de l’ancienne forteresse en bois.

Le Kremlin bénéficie dès lors de la réputation d’une citadelle imprenable mais, en 1382, le khan Tokhtamych parvient à s’en emparer et massacre tous les assiégés. Des incendies dévastateurs, puis un tremblement de terre survenu en 1446, ruinèrent de nouveau la citadelle, que l’on décida de reconstruire en brique. La reconstruction s’effectua de 1485 à 1495 sous la direction d’architectes italiens.

Au XVe siècle, les principautés de Russie sont unifiées sous le grand-prince de Moscovie Ivan III, qui devient ainsi grand-prince de toutes les Russies. Pour disposer d’une résidence digne de son nouveau prestige, il ordonne de reconstruire le Kremlin. Plusieurs campagnes de travaux se succèdent, et l’on fait venir d’Italie les meilleurs experts en fortifications de l’époque, et parmi eux les architectes Aristotile Fioravanti et Pietro Antonio Solari et Marco Ruffo. Les nombreux architectes italiens qui ont travaillé en Russie au xve et au xvie siècle reçoivent souvent le titre de Friazine (du russe Fryaz, l’Italien), entraînant éventuellement des confusions avec leur nom de famille.

Pour mener à bien ce projet de reconstruction, Aristotile Fioravanti, qui est déjà un ingénieur reconnu d’une soixantaine d’années, est payé 10 roubles par mois, ce qui en fait certainement le salaire le plus élevé de Moscou à cette date. Arrivé à Moscou en 1475, il conçoit un four à brique, pour installer une briqueterie de style italien, puis reconstruit la cathédrale de la Dormition. Le chantier dure deux ans, puis la décoration deux années supplémentaires. Après cette reconstruction, selon les sources, il est soit jeté en prison lorsqu’il demande à retourner en Italie, soit il conserve son rôle de conseiller auprès d’Ivan III, notamment en établissant une fabrique d’armes à feux puis en commandant une unité d’artillerie.

En 1485, Anton Friazine construit la première tour en brique, la tour Taïnitskaïa, puis en 1488, la tour d’angle Vodovzvodnaïa. En 1487 est également construite la tour Beklemichevskaïa.

De 1490 à 1493, l’ingénieur Milanais Pietro Antonio Solari, surnommé Pyotr Friazine, est l’architecte principal du Palais à Facettes. Avec son compatriote Marco Ruffo dit également Marco Friazine, présent à Moscou de 1491 à 1495, ils initient de nombreux chantiers sur le Kremlin, notamment la muraille et les autres tours. Ils aménagent, pour protéger la muraille, deux fossés remplis d’eau et un abrupt. Le territoire du Kremlin présentait ainsi, au début du XVIe siècle, l’aspect d’une île protégée par les eaux de la Neglinnaïa et de la Moskova, réunies par un fossé d’une profondeur de treize mètres. La muraille du Kremlin dessine alors un espace triangulaire d’environ vingt-huit hectares. La longueur du rempart est de 2,235 km et son épaisseur varie de 3,5 à 6,5 m. Les murs sont couronnés par plus d’un millier de merlons dont l’aspect rappelle celui des merlons italiens2. La hauteur du rempart jusqu’aux merlons varie de cinq mètres à dix-neuf mètres, selon la configuration du sol.

Vingt tours en saillie sont construites pour permettre des feux croisés contre les éventuels assaillants. Trois imposantes tours rondes sont édifiées aux angles de la forteresse, complétées par de puissantes tours d’entrée, les tours du Sauveur (Spasskaïa) (Спасская) et Nikolskaïa du côté de la place Rouge, les tours de la Trinité Troïtskaïa (Троицкая башня) et la Tour Borovitskaïa (Боровицкая башня), tour comportant l’une des entrées vers le Kremlin, côté du jardin Alexandre. D’énormes horloges à carillon furent installées au XVIIe siècle au sommet de la tour du Sauveur. Au XIXe siècle, le carillon jouait toutes les trois heures l’hymne « Dieu protège le Tsar » (Боже, Царя храни!), remplacé après la révolution d’Octobre par L’Internationale. Vers 1500, les murailles et les tours du côté nord-est sont terminées. Ces murs suivent à nouveau de manière approchée la forme de l’ancien Kremlin en pierre, mais en retrait entre les tours, de manière à améliorer la défense. Les tours elles-mêmes sont construites à distance respective étudiée avec soin. De 1508 à 1516, on creuse des douves larges de 30 mètres et profondes de 13 mètres ; remplies d’eau en utilisant la rivière Neglinnaïa. Des ponts-levis donnent accès aux portes monumentales, protégées par des redoutes.

Après la Bataille de Klouchino opposant les troupes de la république des Deux Nations à celles du tsarat de Russie dans le cadre de la guerre polono-russe (1605-1618), durant les temps des troubles, le 9 octobre 1610 le hetman Stanisław Żółkiewski entre à Moscou. Pendant plus de deux ans, jusqu’au 7 novembre 1612 le Kremlin est occupé par les troupes polonaises sous le commandement de Alekandre Korwin Gosiewski et Mikolaj Strus.

Le couronnement spectaculaire des tours telles que nous les voyons aujourd’hui date du XVIIe siècle, à une époque où le Kremlin abandonna son rôle de forteresse pour devenir une résidence d’apparat.

En septembre et octobre 1812, le Kremlin servit de résidence à Napoléon Ier, dont les troupes occupaient Moscou. Lorsque l’armée française quitta la ville entre le 14 et le 19 octobre, elle laissa une arrière-garde commandée par le maréchal Mortier, qui fit sauter la forteresse.

Au cours des siècles, le Kremlin a donc subi de nombreuses destructions : il fut attaqué en 1571 par les Tatars de Crimée, en 1610 – pendant le Temps des troubles – par les Polonais, en 1812 par les Français. Ces dégâts furent toujours suivis d’une restauration. Le Palais patriarcal édifié en 1656, à l’époque du patriarche Nikon, accueille aujourd’hui un musée consacré à la vie quotidienne dans la Russie d’Ancien Régime. L’Arsenal, construit sur ordre de Pierre le Grand entre 1702 et 1736, à l’emplacement d’un bâtiment qui avait brûlé en 1701. Des transformations importantes sont apportées pendant la première moitié du XIXe siècle, notamment les douves qui furent comblées. De cette époque date l’aspect extérieur actuel. À l’intérieur se trouvent des bâtiments civils et religieux témoignant de son histoire du xiie jusqu’au XXe siècle. Les Soviétiques, notamment, en ont démoli une partie et édifié des bâtiments modernes, en particulier un énorme palais des congrès construit en 1961.

En 2016, la démolition sur l’ordre de Vladimir Poutine du bâtiment 14, qui avait abrité le secrétariat du Soviet suprême de l’Union soviétique et qui avait été érigé sur les emplacements du couvent de l’Ascension et du monastère Tchoudov, a donné aux archéologues l’occasion de procéder à des fouilles qui leur ont permis de mettre au jour de nombreux vestiges remontant jusqu’au xiie siècle. Il est prévu la création d’un musée d’archéologie sur le site des fouilles.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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