Le figuier de barbarie.

Le Figuier de Barbarie (Opuntia ficus-indica) est une espèce de plante de la famille des Cactaceae, originaire du Mexique, qui s’est naturalisée dans d’autres continents, notamment le bassin méditerranéen et en Afrique du Sud et Afrique du Nord. Il s’agit d’une des deux espèces produisant le fruit comestible appelé figue de Barbarie.

Cette espèce appartient à la sous-famille des Opuntioideae, tribu des Opuntieae.

Noms vernaculaires : figuier d’Inde, nopal.


Le nom figuier de Barbarie trouve son origine dans le nom donné depuis le Moyen Âge aux côtes du Maghreb, où le figuier s’est particulièrement bien implanté. Il est aussi connu sous son nom nahuatl de nopal. En Afrique du Nord, le fruit porte le nom de karmouss nssara, qui signifie « la figue des Chrétiens », ou simplement karmous ou akaṛmus. Lhendi, est aussi un nom répandu en Afrique du Nord signifiant « [la figue] indienne ».

C’est une plante arborescente qui peut atteindre de 3 à 5 mètres de haut. Son organisation en cladodes, couramment appelés « raquettes », est particulière. Les cladodes sont des tiges modifiées de forme aplatie, de 30 à 40 cm de long sur 15 à 25 cm de large et de 1,5 à 3 cm d’épaisseur. Unis les uns aux autres, ils tendent à former des branches. Ceux de la base se lignifient pour former au-delà de la quatrième année de croissance un véritable tronc.

Ces cladodes assurent la fonction chlorophyllienne à la place des feuilles, et sont recouvertes d’une cuticule céreuse (la cutine), qui limite la transpiration et les protège contre les prédateurs.

Les feuilles ont une forme conique et ont seulement quelques millimètres de long. Elles apparaissent sur les cladodes jeunes et sont éphémères.

À la base des feuilles se trouvent les aréoles (environ 150 par cladode) qui sont des bourgeons axillaires modifiés, typiques des Cactacées. Leur méristème, selon les cas, produit des épines et des glochides, ou bien émet des racines adventives, de nouveaux cladodes ou des fleurs. À noter que même l’ovaire et donc le fruit est couvert d’aréoles susceptibles d’émettre à nouveau des fleurs ou des racines.

Les épines proprement dites, blanchâtres, sclérifiées, solidement implantées, sont longues de 1 à 2 cm. Il existe des variétés inermes, sans épines.

Les glochides, fines épines de quelques millimètres, de couleur brunâtre, se décrochent facilement, mais munis de minuscules écailles en forme d’hameçons s’implantent solidement dans la peau et sont très difficiles à retirer. Ils se cassent facilement quand on cherche à les enlever. Ils sont toujours présents y compris dans les variétés inermes.

L’appareil racinaire est superficiel, se concentrant dans les 30 premiers centimètres du sol, mais en revanche très étendu.

Les fleurs sont à ovaire infère, uniloculaire. Le pistil est surmonté d’un stigmate multiple. Les étamines sont très nombreuses. Les sépales peu apparents et les pétales bien visibles de couleur jaune orange.

Les fleurs se différencient en général sur des cladodes âgés d’un an, le plus souvent sur les aréoles situées au sommet du cladode ou sur la face la plus exposée au soleil. En principe, une seule fleur apparaît dans chaque aréole. Les jeunes fleurs portent des feuilles éphémères caractéristiques de l’espèce. Un cladode fertile peut porter jusqu’à une trentaine de fleurs, mais ce nombre varie énormément selon la position du cladode sur la plante, son exposition, et aussi selon des facteurs physiologiques (nutrition).

Le fruit, ou figue de Barbarie, est une baie charnue, uniloculaire, à nombreuses graines (polyspermique) dont le poids peut varier de 150 à 400 g. Il dérive de l’ovaire infère adhérent au réceptacle floral. Certains auteurs le considèrent comme une fausse arille. Sa couleur est variable selon les variétés : jaune, rouge, blanc… La forme est également très variable, non seulement selon les variétés mais aussi selon l’époque de formation : les premiers sont arrondis, les plus tardifs ont davantage une forme allongée de pédoncule. Le nombre de graines est très élevé ; de l’ordre de 300 pour un fruit de 160 g.

L’espèce est originaire du Mexique, où elle est appelée nopal et figure dans les armoiries du drapeau mexicain. Le figuier de Barbarie était inconnu en Europe avant les voyages de Christophe Colomb. Il fut décrit de façon précise pour la première fois en 1535 par l’Espagnol Gonzalo Fernández de Oviedo y Valdés dans son Histoire des Indes occidentales. Sa morphologie insolite frappa les premiers conquistadors. Outre les fruits, c’est l’élevage de la cochenille qui attira surtout leur attention, mais l’élevage de cette dernière aux îles Canaries ne fut réussi qu’au XIXe siècle. La plante se répandit d’abord dans les jardins botaniques comme curiosité. Naturellement, le figuier de Barbarie se reproduit par multiplication végétative (versus reproduction sexuée).

Le figuier de Barbarie s’est diffusé rapidement dans le bassin de la Méditerranée et s’y est naturalisé au point de devenir un élément caractéristique du paysage, notamment en région PACA et en Corse. Sa diffusion est due autant à l’homme (qui embarquait des cladodes comme aliment anti-scorbutique) qu’aux oiseaux qui en mangeant les fruits assurent la dispersion des graines. Il s’est répandu également dans l’hémisphère sud, notamment en Afrique du Sud, à Madagascar, à La Réunion et à l’île Maurice, en Inde et au Sri Lanka, ainsi qu’en Australie et en Nouvelle-Calédonie.

Dans la plupart de ces pays, ce fut véritablement un fléau, l’espèce devenant volontiers invasive. Seule la lutte biologique, par l’introduction d’insectes parasites comme le papillon Cactoblastis cactorum et la cochenille Dactylopius opuntiae, put en venir à bout dans les années 1920-1925. Elle est encore invasive dans certains pays africains, notamment en Namibie, où on a utilisé un composé d’arsenic (le méthanearséniate monosodique, désherbant et fongicide sur les cultures de coton et les terrains de golf), qui semblait plus efficace que le glyphosate. Elle figure dans la liste d’espèces invasives classées parmi les plus nuisibles au XXIe siècle en Europe.

De nos jours la plante est cultivée dans de nombreux pays, notamment au Maroc, au Mexique, en Algérie, en Tunisie, aux États-Unis, au Chili, en Afrique du Sud, en Grèce, en Israël, en Turquie, en Italie (Sicile, Sardaigne, Pouilles), au Portugal… Dans nombre de ces pays, elle est appelée “figue du diable” ou plus souvent “figue d’Inde” (karmous l’hendi ou l’hendia, en arabe).

Le figuier de Barbarie est cultivé principalement pour la production de fruits. On le cultive aussi pour la production de nopalitos (jeunes cladodes consommés comme légumes au Mexique) ou marginalement pour l’élevage de la cochenille Dactylopius coccus, pour la production d’un colorant rouge, aux îles Canaries.

Il nécessite un climat chaud et une exposition bien ensoleillée. Il préfère un sol filtrant et bien drainé, de pH neutre.

La multiplication peut se faire soit par semis, soit par bouture, en partant de cladodes âgés de un à deux ans.

La taille, à exécuter au printemps ou en fin d’été, sert à empêcher le contact entre les cladodes, ainsi qu’à éliminer ceux qui sont malformés ou endommagés.

Pour améliorer le rendement, il est opportun d’apporter une fertilisation phospho-potassique, de préférence organique.

En culture irriguée, on peut obtenir un rendement de 250 à 300 quintaux de fruits à l’hectare.

La gamme des variétés en culture se limite en substance à trois cultivars qui diffèrent par la coloration du fruit : jaune (Sulfarina), blanche (Muscaredda) et rouge (Sanguigna, cultivar le plus épineux aussi utilisé en barrière défensive).

Le cultivar Sulfarina est le plus répandu en Italie pour sa plus grande capacité productive aux méthodes de culture intensive et pour son caractère presque inerme. La tendance en général est d’intégrer la culture des trois cultivars, de manière à fournir au marché un produit caractérisé par sa diversité chromatique.

Sa rusticité peut être qualifiée de moyenne (idéalement Zone USDA 9) ; bien exposé et en sol drainant, il peut être cultivé au nord de la Loire en France. Certains cultivars pourraient supporter des températures allant jusqu’à -10° C mais mieux vaut éviter de trop longues périodes sous les -5° C surtout en zone humide et/ou sur de jeunes plants.

On veillera à le planter de manière isolée (comme plante d’ornement), voire inaccessible, notamment en présence d’enfants car les épines sont de véritables harpons et les blessures peuvent être très douloureuses.

Voir aussi cette vidéo

Sources :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.