La carotte.

La Carotte (Daucus carota subsp. sativus) est une plante bisannuelle de la famille des Apiacées (aussi appelées Ombellifères), largement cultivée pour sa racine pivotante charnue, comestible, de couleur généralement orangée, consommée comme légume. La carotte représente, après la pomme de terre, le principal légume-racine cultivé dans le monde. C’est une racine riche en carotène.


La Carotte cultivée est une plante herbacée annuelle ou bisannuelle, à longue racine pivotante, le plus souvent blanchâtre ou orange, épaisse et allongée, charnue, douce et comestible. La tige haute de 30 à 80 cm est rigide et couverte de poils raides.

Les feuilles radicales sont en rosette à la base, ressemblant à celles de la Carotte sauvage mais un peu plus larges dans leur pourtour. Les feuilles caulinaires couvertes de poils sont profondément découpées en segments allongés, deux ou trois fois divisées en lanières élargies vers le milieu, aiguës au sommet, glauques, et dégagent une odeur aromatique de carotte. Elles sont nettement triangulaires, leurs lobes un peu élargis au milieu, se rapprochant de la forme rhomboïdale, moins finement disséquées que chez la Carotte sauvage.

Les fleurs blanches, de petite taille, sont regroupées en ombelles d’ombellules, inflorescence typique de la famille. Ces ombelles ont de 20 à 30 rayons qui sont généralement incurvés vers le sommet et pourvus à leur base d’un involucre de bractées divisées en segments allongés ; chaque rayon porte une ombellule accompagnée d’un involucelle de courtes bractées. Les ombellules réunissent de petites fleurs blanches, avec parfois une fleur centrale stérile rouge pourpre foncé, relativement plus grande, ce qui distingue ces ombelles de carottes au premier coup d’œil. Les fleurs extérieures ont des pétales inégaux, ceux situés vers l’extérieur relativement plus grands attirent les insectes pollinisateurs. Pendant la floraison, qui a lieu de mai à octobre, les ombelles sont fortement convexes.

Les ombelles très grandes, les pédoncules fortement élargis au sommet et les glochides plus nombreuses rapprochent la Carotte cultivée de la Grande Carotte (Daucus carota subsp. maximus). Les fleurs sont néanmoins plus petites.

Les fruits sont des diakènes incurvés, formés de deux graines striées aromatiques19. Ces graines épineuses portent des côtes munies de huit à dix aiguillons qui permettent aux graines de s’accrocher aux animaux et d’être ainsi disséminées (épizoochorie). Elles sont petites, brun verdâtre ou grises, convexes d’un côté, aplaties de l’autre. Il faut compter 700 à 800 graines par gramme. La faculté germinative est d’environ quatre ans.

La partie supérieure du tubercule charnu provient de l’hypocotyle, c’est-à-dire le tissu embryonnaire situé entre la vraie racine et la vraie tige, et la partie inférieure provient de la racine séminale. Par conséquent, le légume appelé Carotte n’est pas à proprement parler une racine, car sa partie supérieure n’en est pas une.

L’époque et la ou les régions géographiques d’origine de la Carotte cultivée ne sont pas clairement identifiées. Vavilov propose en 1992 l’Asie mineure et les régions d’Asie centrale. Comme le montre la présence de graines de carotte dans les habitations humaines préhistoriques datant de 4 000 à 5 000 ans, les graines de carotte sauvage pouvaient être utilisées à des fins médicinales ou comme épice. La carotte a été cultivée et utilisée de façon similaire aux carottes modernes en Afghanistan, en Iran, en Irak et peut-être en Anatolie à partir du Xe siècle. Les premières racines de carottes domestiquées étaient violettes et jaunes et ont été enregistrées en Asie centrale, en Asie mineure, puis en Europe occidentale et finalement en Angleterre entre les XIe siècle et XVe siècle. Les carottes orange n’ont pas été bien documentées avant les XVe siècle et XVIe siècle en Europe, ce qui indique que l’accumulation de caroténoïdes orange peut avoir résulté d’un événement de domestication secondaire.

On peut distinguer deux grandes variétés de carottes : la carotte de l’Est (généralement jaune ou violette) et la carotte de l’Ouest (initialement blanche) ; les circonstances de leur domestication font débat chez les spécialistes. La carotte de l’Est aurait été domestiquée au Xe siècle et peut-être plus tôt en Asie centrale, dans ce qui est l’Afghanistan actuel. Cette variété est introduite en Espagne musulmane avant le XIIe siècle. Les carottes de l’Est, encore présentes aujourd’hui, sont souvent violettes ou jaunes et ont parfois une racine branchée. La couleur violette est due à la présence d’anthocyanes.

La carotte de l’Ouest était probablement connue dans la Rome antique, bien qu’il soit possible que ses mentions écrites, notamment par l’Art Culinaire d’Apicius sous le nom carota, ou picturales, notamment à Herculanum, désignent en fait des panais.

La carotte fait partie des plantes dont la culture est recommandée dans les domaines royaux par Charlemagne dans le capitulaire De Villis (fin du VIIIe ou début du IXe siècle).

La carotte orange est apparue à la suite de culture sélective à la Renaissance, au XVIIe siècle, en Hollande. C’est la première carotte charnue, dite « carotte longue orange ». Sa première représentation dans la peinture flamande remonte à 1618, tandis que la première mention écrite de carottes orange date de 1721 ; le choix de la couleur — la couleur carotte — probablement obtenue par croisement de variétés blanches ou jaunes avec des carottes de Syrie de couleur rouge, est un hommage des horticulteurs locaux à la maison d’Orange-Nassau ; plus tendre et plus sucrée, elle a éclipsé les autres variétés, au point de les faire apparaitre comme des nouveautés lors de leur récent retour sur les marchés. Les nouvelles carottes s’imposent d’abord dans le Nord de l’Europe puis en Amérique, mais ne gagnent la France qu’au XIXe siècle.

Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer l’origine des carottes orange. Vilmorin conclut en 1859 que les carottes orange sont sélectionnées en Europe directement à partir de carottes sauvages. Selon Albert Thellung (1927), la Carotte orange est issue du croisement entre les sous-espèces carota et maximus. Deux caractères ne sont pas intermédiaires entre ceux des parents supposés, à savoir la racine charnue et les petites fleurs. Cependant, selon Thellung, « un fort développement des organes souterrains et une réduction de la fertilité sexuelle sont souvent des caractères secondaires et accessoires des hybrides ». Banga en 1957 estime que les carottes orange sont sélectionnées à partir de carottes cultivées jaunes. Heywood en 1983 avance que les carottes orange sont des hybrides entre des carottes cultivées européennes et des carottes sauvages. Aucune de ces hypothèses n’est alors fondée sur une analyse génétique, mais plutôt sur des interprétations taxonomiques, des documents historiques et la répartition géographique de la carotte sauvage et de la carotte cultivée orange. Ainsi, une étude phylogénétique de 2013 montre que la couleur orange de la racine a été sélectionnée parmi les carottes jaunes domestiquées, ce qui confirme la thèse de Banga.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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