Le Cœlacanthe.

Les Coelacanthiformes (nom scientifique), Cœlacanthiformes (nom scientifique francisé), ou Cœlacanthes sont un ordre de poissons sarcoptérygiens. Il en existe de nombreux fossiles et deux espèces vivantes connues du genre Latimeria (Latimeria chalumnae et Latimeria menadoensis). Ils n’ont que peu évolué morphologiquement depuis 350 millions d’années et ressemblent aux ancêtres aquatiques des vertébrés terrestres (dont ils sont d’ailleurs proches car ils appartiennent à la même classe). Ils possèdent une poche de gaz avec des parois épaisses qui est le vestige d’un poumon ancestral utilisée quand ils vivaient proche de la surface, tant dans les eaux marines que douces ; elle subsiste à l’état de relique chez les espèces contemporaines, cantonnées aux grandes profondeurs. Cette caractéristique, ainsi que la forme et le mouvement de leurs nageoires ont souvent vu qualifier les deux espèces actuelles — à tort — de « fossile vivant » ; il est à noter que les appellations, plus techniques, de forme panchronique ou forme transitionnelle, sont tout aussi fautives : il est plus correct de parler d’« espèce-relique ».

Les espèces encore existantes de ces poissons sont menacées d’extinction. Le premier cœlacanthe (Latimeria chalumnae) a été pêché le long de la côte est-africaine en 1938. Le groupe le plus important — environ 300 individus — vit seulement aux Comores.


Coelacanthe, carte maximum, Afrique du sud, 2009.

Les cœlacanthes, bien qu’ils soient représentés par deux espèces vivantes, ne furent longtemps connus que comme un groupe de spécimens fossiles largement représentés dans les sédiments du Dévonien au Crétacé, avec une apparente extinction à la fin de l’ère secondaire. La découverte des premiers fossiles fut l’œuvre de l’ichtyologue Louis Agassiz, alors professeur à l’université de Neuchâtel, en 1832. Agassiz avait su le premier tirer parti des schistes ardoisiers du canton de Glaris et des calcaires fossilifères de Monte Bolca : dès 1829, il projeta de publier ses conclusions dans Recherches sur les poissons fossiles (paru en cinq volumes entre 1833 et 1843), où les cœlacanthérés sont mentionnés pour la première fois.

Aussi la surprise ne fut-elle pas mince lorsqu’en 1938 l’ornithologue sud-africaine Marjorie Courtenay-Latimer (1907 – 2004) annonça la découverte d’un cœlacanthe vivant, cet ordre étant réputé éteint depuis la fin du Crétacé. Le 22 décembre 1938, elle avait reçu un appel téléphonique d’Afrique du Sud lui indiquant qu’un pêcheur actif dans l’estuaire de la Chalumna River, Hendrik Goosen, venait de remonter dans ses filets un poisson de type inconnu. Elle emporta la prise au musée d’East London afin de l’étudier et de l’identifier mais, ne le trouvant dans aucun de ses ouvrages, elle fit naturaliser l’animal et contacta l’ichthyologue James L. Brierley-Smith (1897-1968) qui y vit un cœlacanthe, c’est-à-dire le représentant d’un groupe connu alors uniquement à l’état de fossile. L’espèce est depuis baptisée Latimeria chalumnæ en l’honneur de Marjorie Courtenay-Latimer et des eaux dans lesquelles elle a été retrouvée. Il faudra attendre quatorze ans pour qu’un nouveau spécimen soit découvert. Les cœlacanthes sont peut-être l’exemple le plus fameux de « taxon Lazare ».

On lit souvent que les cœlacanthes ont subsisté sans modification biologique pendant des millions d’années, mais à vrai dire les deux espèces modernes (et même leur genre) ne sont pas représentées dans les strates fossiles de l’ère secondaire. Cela dit, il est bien exact que certaines espèces disparues, particulièrement celles des fossiles de cœlacanthes les plus tardifs, à savoir le genre Macropoma du Crétacé, ressemblent beaucoup extérieurement aux espèces modernes. L’explication la plus plausible de cette lacune évolutive est la disparition de ce poisson des lagunes. D’autre part, les fossiles des grands fonds marins sont rarement formés dans les strates où les paléontologues peuvent les mettre au jour, ce qui donne l’illusion que ces espèces des grandes profondeurs n’existaient pas autrefois : cette hypothèse d’Edward Forbes, toujours à l’étude, est nommée théorie abyssale azoïque.

Le séquençage du génome du cœlacanthe africain en 2013 met en évidence qu’il contient environ 25 % d’éléments transposables qui ont eu un impact faible sur son évolution morphologique, mais fort sur son évolution anatomique afin de s’adapter à ses différents milieux aquatiques, à l’instar de ses cousins tétrapodes qui ont colonisé le milieu terrestre (évolution anatomique par des gènes impliqués dans l’immunité, l’excrétion d’azote, le développement de nageoires et de membres).

En 1987, l’Allemand Hans Fricke, de l’Institut Max-Planck, et le Français Raphaël Plante, de l’université de Marseille, ont été les premiers à observer le poisson in vivo, à étudier ses comportements, à le filmer depuis leur sous-marin Jago. C’est à partir de ce moment qu’ils communiquent sur le Cœlacanthe, notamment à la télévision. Les scientifiques recensent la population de l’espèce, montrent son déclin, tentent de comprendre les relations historiques entre les hommes, populations locales ou scientifiques, et le poisson. Fricke et Plante analysent les méthodes et impacts de la pêche, ainsi que de la recherche scientifique passée, sur les populations de cœlacanthes, sur les populations humaines locales. Puis ils proposent la création d’un parc marin afin de protéger le Coelacanthe.

Au printemps 2013, le biologiste et photographe Laurent Ballesta a mené une expédition scientifique pour filmer et étudier le cœlacanthe en Afrique du Sud.

En septembre 2015, une équipe scientifique franco-brésilienne publie dans la revue britannique Nature Communications, une découverte sur le cœlacanthe. L’examen à l’European Synchrotron Radiation Facility d’un échantillon de ce poisson à l’aspect préhistorique et en voie de disparition a permis de mettre en évidence la présence d’un poumon caché, non fonctionnel, jouant un rôle de ballast rempli de graisse lui permettant d’évoluer jusqu’à huit-cents mètres de profondeur. D’autre part, l’examen d’individus au stade embryonnaire a mis en évidence le développement d’un poumon comme de nombreux mammifères marins, mais qui voit son développement s’arrêter au profit de l’organe graisseux dans le cas de ce poisson. Les signataires de l’étude pensent que le cœlacanthe en vivant du Dévonien jusqu’au Crétacé proche de la surface de l’océan a pu trouver par la suite les ressources pour s’adapter aux crises environnementales du Crétacé et du Paléogène en allant désormais vivre en plus grande profondeur jusqu’à nos jours.

Le groupe des actinistiens qui compte les cœlacanthes, est apparu au Dévonien (416 à 359 Ma), pendant l’ère primaire.

Les premiers cœlacanthes connus datent de –410 millions d’années12, et sont regroupés au sein du genre Euporosteus. Ce groupe s’est diversifié dans de nombreux milieux aquatiques très différents (marin, d’eau douce, euryhalin, et lacustre). C’est au Trias que les paléontologues ont répertorié la plus grande diversité d’espèces. Les coelacanthes fossiles les plus récents appartiennent à deux lignées distinctes : le latimériidé Megalocoelacanthus dobiei, dont les restes désarticulés ont été trouvés dans des sédiments marins d’âge Santonien supérieur à Campanien moyen (avec une possible occurrence au Maastrichtien inférieur) de l’est et du centre des Etats-Unis, et le mawsoniidé Axelrodichthys megadromos trouvé dans les dépôts continentaux du Campanien inférieur au Maastrichtien inférieur du sud de la France. Ces deux espèces furent donc contemporaines l’une de l’autre il y a 84 à 70 millions d’années environ. Le premier vivait dans la Voie maritime intérieure de l’Ouest, tandis que le second vivait dans les lacs et rivières de l’île Ibéro-Armoricaine, une masse continentale insulaire composée d’une grande partie de la France et de la péninsule Ibérique.

Certains genres se sont développés jusqu’à atteindre des longueurs comprises entre 3,50 m et 6,30 m, tel Trachymetopon durant le Jurassique18, et Mawsonia19 et Megalocoelacanthus au Crétacé.

Depuis leur apparition jusqu’à aujourd’hui, la morphologie et l’aspect externe des actinistiens n’a que relativement peu changé.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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