Le canon (artillerie).

Un canon (du latin canna, « tube ») définit toute pièce d’artillerie utilisant de la poudre à canon ou d’autres carburants propulseurs pour lancer un projectile, qu’il soit explosif ou non. Les canons varient par leur calibre, leur portée, leur mobilité, leur vitesse de tir, leur angle de tir, et leur puissance de feu ; différents types de canons combinent et équilibrent ces attributs à

plusieurs échelles, dépendant de leur utilité sur le champ de bataille. Le mot « canon » est dérivé de plusieurs langues, dont la définition originale peut être traduite par « tube », « canne » ou « roseau ». Dans l’ère moderne, le terme « canon » est tombé en désuétude, remplacé par les « armes à feu » ou « artillerie », sinon un terme plus spécifique comme « fusil », « mortier » ou « howitzer », à l’exception des combats aériens où il est souvent utilisé en raccourci pour les canons automatiques.

Canon, carte maximum, Norvège.

Créés en Chine pendant la dynastie Song, les canons furent une des premières formes d’artillerie utilisant la poudre à canon et remplacèrent par la suite les engins de siège (ainsi que d’autres types d’armements obsolescents) sur le champ de bataille. Au Moyen-Orient, la première utilisation d’un canon à main se situerait en 1260 pendant la bataille d’Ain Jalut entre le Sultanat mamelouk et l’Empire mongol. Le premier canon d’Europe fut utilisé dans la péninsule Ibérique, vers le milieu du xiiie siècle. C’est pendant cette période, le Moyen Âge, que le canon devint habituel, ainsi que plus efficace dans les rôles d’anti-infanterie et d’armes de siège. Après le Moyen Âge, la plupart des canons larges furent abandonnés en faveur d’un nombre croissants d’engins plus petits et manœuvrables. En plus de cela, de nouvelles technologies et tactiques se sont développées, rendant obsolètes la plupart des défenses ; cela mena à la construction de bastions, construits de façon à soutenir des bombardements d’artillerie. Malgré tout, ceux-ci, ainsi que les tours Martello, se trouvèrent également dépassés quand les munitions explosives et perçantes rendirent vulnérables ces fortifications.

Les canons transformèrent aussi les batailles navales pendant le début de la période moderne, avec les Européens profitant de leur puissance de feu. Avec le perfectionnement des canons, leur précision et leur puissance destructrice s’améliorèrent considérablement et devinrent plus mortels que jamais, autant pour l’infanterie qui devaient créer de nouvelles tactiques, que pour les navires qui devaient se renforcer. Durant la Première Guerre mondiale, la majorité des victimes furent causées par l’artillerie ; elle fut aussi grandement utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale, même si l’utilité des armes à gros calibres a diminué avec le développement des missiles.

Les canons sont largement connus comme l’ancêtre du pistolet et de l’artillerie, avant que les premières armes à feu ne soient inventées.


L’artillerie connaît un progrès important avec la découverte d’une énergie propulsive, rapidement et directement utilisable, la poudre noire. La poudre à canon elle-même est généralement reconnue pour avoir été découverte en Chine vers le ixe siècle, durant la dynastie Tang (618-907). La première mention de la formule date de 1044, dans le Wǔjīng zǒngyào 武經總要. La première utilisation semble avoir été faite le 28 janvier 1132, utilisée par le général Han Shizhong pour prendre une ville dans le Fujian.

Lors du siège de Séville entre l’été 1247 et novembre 1248, des écrits attestent que des canons ont été utilisés contre le royaume de Castille par les défenseurs maures durant le siège, ce qui serait la première utilisation de poudre à canon en Occident.

Les premières descriptions de la poudre noire en Europe datent du milieu du xiiie siècle, dans un ouvrage daté de 1249, attribué à un moine franciscain britannique, Roger Bacon. Simultanément, on retrouve une description à Cologne chez un certain Albertus Magnus (Albert le grand). Après quelques essais décevants de fusées incendiaires, on imagina d’utiliser les gaz produits par la déflagration comme propulseur dans un tube pour lancer un boulet :la bombarde était née.

Contrairement à la légende, le moine Berthold Schwartz (1310-1384) n’a pas inventé la poudre mais il aurait conçu et développé les premiers tubes en bronze. Toutefois, certains auteurs mettent son existence en doute.

L’artillerie consiste en la réunion de la poudre comme agent de propulsion et le tube comme agent de lancement et de guidage. Sa première apparition notable a lieu à Metz, de 1324 à 1326, pendant ce que l’on a appelé la guerre des quatre seigneurs. Une couleuvrine et une serpentine ont été utilisées. Les canons de cette époque n’étaient guère puissants, et leur emploi le plus utile était la défense des places fortifiées, comme pour Breteuil où, en 1356, les Anglais assiégés utilisèrent un canon pour détruire une tour d’assaut française. À la fin du xive siècle, les canons pouvaient défoncer les toits d’un château, mais restaient impuissants devant ses murailles.

Canon, carte maximum, Gibraltar, 2018.

Après une utilisation anecdotique de tubes en bois, les premiers tubes en métal sont construits au début du XIVe siècle en Angleterre, ainsi qu’en Italie, en France, en Allemagne et en Espagne. La première image d’un canon date de 1326, sur un manuscrit anglais.

La métallurgie médiévale ne permet pas de fondre des canons d’un seul bloc, ils sont dans un premier temps réalisés d’une manière analogue aux tonneaux, avec des pièces de fer forgé (les douelles) ou même de bois, tenues ensemble par des cerclages en fer ou même en cuir (en Italie par exemple), dans les cas de tubes à douelles. Par la suite, les tubes à douelles sont remplacés par des tubes à spirales, constitués d’un fin feuillet de fer entouré autour d’une âme en bois dur, renforcé en l’entourant à chaud de plusieurs fines barres de fer de section carrée, entourées en sens contraire.

Dans ces conditions, les tubes sont très souvent sujets à des éclatements inopinés, dangereux, voire fatals pour leurs utilisateurs au-delà d’une dizaine de coups. Les tubes étaient testés huit fois devant l’acheteur et étaient garantis pour 400 coups, d’où l’expression « faire les 400 coups ». En raison de cette fragilité, les charges de poudre propulsive sont nécessairement limitées, réduisant ainsi la portée et la puissance à l’impact. De plus, les charges perdent beaucoup d’efficacité du fait de l’importante traînée des projectiles, le vent de boulet étant difficile à maîtriser en raison du manque de régularité dans leur fabrication.

Un autre problème pour l’artillerie de siège est lié à la nature des projectiles. En pierre dans un premier temps, ils ont tendance à éclater lors de l’impact contre un objectif solide, comme une muraille d’enceinte.

À la fin du Moyen Âge, l’artillerie est pleinement entrée dans les modes de guerre. Elle est difficile à employer sur le champ de bataille en raison de son manque de mobilité. Toutefois, elle a un effet indéniable, elle tue et a un effet psychologique majeur. Elle a été utilisée par les frères Bureau à la bataille de Castillon (fin de la guerre de Cent Ans) et il en est fait mention par le Florentin Giovanni Villani dans son récit de la bataille de Crécy (1346), même si aucun autre élément ne corrobore ce seul texte (aucun chroniqueur anglais, entre autres, n’en faisant état).

Les frères Bureau, au service du roi de France, participent à une rationalisation de l’arme qui sera un élément déterminant de la victoire française à la fin de la guerre de Cent Ans.

En matière maritime, l’artillerie navale revêt une importance spéciale, entre les XVIe et XIXe siècles. Les navires à voile (puis à vapeur) avaient comme artillerie des canons de calibre plus ou moins important. Les canons sont organisés en batteries, sur un pont principal et éventuellement un pont de batterie. Les différents calibres des canons embarqués se mesurent suivant le poids du boulet envoyé : 6 livres, 8, 9, 12, 18, 24, 32 et enfin 36 livres, plus gros calibre à être embarqué sur des navires à voile. Les canons sont retenus au navire pour compenser le recul par des sortes de cordes, appelées  bragues, qui les maintiennent contre le bordé du navire.

Articles détaillés : canon de 36 livres, canon de 24 livres, canon de 18 livres et canon de 12 livres. À partir du XVIIe, les canons de marine sont en alliage de fer et non plus en bronze : cela permet soit de réduire le poids pour un même calibre, soit d’augmenter le calibre pour un même poids, du fait de la plus grande résistance mécanique et de la plus faible masse volumique de l’alliage de fer par rapport au bronze. Néanmoins, le fer avait un énorme désavantage par rapport au bronze, il explosait -tuant ou blessant gravement les gens à proximité- alors que le bronze crevait, cela rendait certes le canon inutilisable mais moins dangereux pour l’équipage.

Les pièces d’artillerie navale pré-industrielles utilisaient divers projectiles selon l’objectif visé lors d’un affrontement entre navires. Ils employaient, mis à part les boulets de fonte servant à détruire la coque des vaisseaux, des boulets liés par une chaîne pour briser les mâts et de la mitraille (biscaïens, plombs, clous, etc.) pour éliminer l’équipage adverse sans infliger trop de dommages au navire lui-même.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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