L’art urbain (street art).

L’art urbain ou street art est, à la fois, un mouvement artistique et un mode d’expression artistique, qui s’affirme ou se revendique ainsi à partir de la fin du XXe siècle.

Il regroupe toutes les formes d’art réalisées dans l’espace public, et englobe diverses techniques telles que le graffiti, le pochoir, la mosaïque, le sticker, l’affichage et le collage, la réclame ou les installations comme le tricot urbain. Certaines formes de performances peuvent même être inclues dans le concept d’art urbain.

C’est principalement un art éphémère vu par un large public.

Il ne doit pas être confondu avec l’art dans la ville, l’espace urbain ou public (en anglais public art), et tous les projets initiés par des institutions publiques, comme le furent le Federal Art Project américain des années 1930 ou les expériences menées en France à partir des années 1960 et 1970.


L’art urbain a une longue histoire multiple et relativement complexe. Cela s’explique d’abord par le sens longtemps figé que l’on donnait à des mots comme « art, beaux-arts, expression artistique », termes alors dévolus à des canons, des dogmes, des dispositifs réglementés ou contingentés. Ensuite, chemin faisant, et qu’une forme de reconnaissance et de récupération émergeait, on a assisté à une non différenciation des pratiques composant les arts urbains, qui ont été regroupées, selon C215, « sous le terme fourre-tout de street art » (2015).

Street art, collector de timbres, France.

La pratique du graffiti est nécessairement ancienne, s’inscrivant parfois dans la lignée de l’art pariétal, comme le rappelle, non sans malice, Magda Danysz (2015), qui dit que « de la grotte de Lascaux aux hiéroglyphes, le graffiti existe depuis toujours ». Prenant du recul, elle fait cependant le constat historiographique suivant : « En 1942, un ouvrier américain nommé Kilroy, qui travaillait dans une usine de bombes basée à Detroit, écrit « Kilroy was here » (« Kilroy est passé par là ») sur les pièces détachées qui déroulent le long de sa chaîne de production. Assemblées, les bombes étaient ensuite larguées avec ce slogan ironique et vengeur, et Kilroy s’est vite taillé une belle réputation de patriote chez les soldats, qui en réponse écrivaient « Kilroy was here » sur les murs qu’ils croisaient »

L’appropriation par le street-art d’un lieu public « est né à la conjonction de mouvements esthétiques et d’un contexte socioculturel et économique propre au New York des années 1970. Cependant, les premiers tags, signés Cornbread (en) et Cool Earl, apparaissent à Philadelphie à la fin des années 1960. Le cas de Cornbread est particulier : ce jeune-homme s’amusait à signer de son nom des messages amoureux ciblant une seule personne un peu partout dans la ville.

« C’est aussi à cette époque que dans plusieurs pays des deux côtés de l’Atlantique, du fait de la disponibilité de peintures « émaillées » vendues sous la forme d’aérosols (originellement destinées à la peinture d’automobiles), une partie des graffiti a gagné une vocation esthétique. C’est ainsi qu’en 1969 on voit les véritables débuts du graffiti à New York, avec Taki 183, Frank 207, Phase 2, Barbara 62 et Eva 62, Stay High 149, Joe 136, Julio 204 et des dizaines d’autres6. Ainsi, « l’art s’est déplacé de l’objet spécialisé en galerie vers l’environnement urbain réel ».

L’art urbain en tant qu’initiative individuelle commence à s’épanouir en France à partir de Mai 1968 Cependant, en 1963, l’artiste Gérard Zlotykamien dessinait, à la bombe de peinture, des silhouettes fantomatiques dans l’immense chantier dit du « trou des Halles » à Paris. Après être intervenu sur le plateau d’Albion à coup de pochoirs, action totalement illégale, Ernest Pignon-Ernest exécute une fresque sur les murs de la Bourse du commerce, également située aux Halles. Ces deux artistes n’ont reçu aucune commande, leurs actions étaient spontanées et rebelles.

Le street art, dû à sa marginalité (caractérisée par le choix du support en pleine rue et l’aspect éphémère de l’œuvre), s’oppose assez naturellement au marché de l’art puisque ne pouvant s’acquérir. Cependant, au début du xxie siècle, la tendance est plutôt à l’institutionnalisation du street art qui a sa place dans les galeries, les musées, les salles de ventes ou sur des façades monumentales. En France, la Fédération de l’Art Urbain a ainsi été créée en octobre 2018 avec le soutien du ministère de la Culture. Parallèlement, ce même ministère a commandé une étude nationale sur l’art urbain.

La part du street art dans le marché de l’art contemporain, en volume, augmente sensiblement, et certains de ces artistes vivants, dépassent, en termes de ventes, des artistes décédés.

Dans l’art urbain, le street art puise ses origines dans des disciplines graphiques aussi variées que la bande dessinée ou l’affiche. Selon Alain Weill, spécialiste de l’affiche, l’essence de l’art urbain contemporain se retrouve tant dans les œuvres des affichistes d’après-guerre comme Raymond Savignac, en France, que dans celles des dessinateurs de la contre-culture américaine tels Robert Crumb ou Vaughn Bodē, tous deux figures de proue du comics underground depuis les années 1960.

On appelle « art urbain » les peintures murales contemporaines réalisées en extérieur, pour agglomérer aux productions artistiques reconnues par les institutions ou le marché de l’art celles issues de volontés individuelles. Appropriation de l’espace public, l’art urbain a fait l’objet de règlements depuis des temps reculés ; il est ainsi interdit de graver son nom sur les parois d’un monument, les enseignes et le collage d’affiches sont soumis à des autorisations. Au XIXe siècle, l’essor de la publicité entraîne l’emploi d’artistes pour peindre des images de réclames sur les murs aveugles. La publicité murale entraîne le paiement d’une taxe, qui finira, au XXe siècle par en libérer les murs. En France, ce sont les affichages de la famille Dauphin fondés en 1921 par Eugène A. Dauphin, qui popularisent le mur peint. A la libération, son fils Jacques Dauphin placarde les affiches de la Libération dans la capitale française. En 1947, en raison de la conduite d’Eugène Dauphin (alias le « Colonel Duc » dans la Résistance), ce dernier obtient la concession des murs et des terrains en friche de la ville de Paris. De nombreuses réalisations Dauphin sont ainsi créées en collaboration avec des artistes tout au long du XXe siècle.

À partir des années 1970, des artistes peignent sur ces surfaces libres en Europe et en Amérique. Invoquant la volonté de sortir des musées et des lieux privés pour s’adresser à l’homme de la rue, ces artistes cultivent des thèmes et des styles populaires, souvent liées à des revendications sociales (Dic. peinture). Les autorités le traitent comme graffiti quand il n’est pas autorisé, et pour cette raison, les peintres sont anonymes ou s’abritent sous un pseudonyme. Encore aujourd’hui, des artistes comme entre autres JR s’expriment dans les rues sur par des peintures murales à caractère souvent politique19. En 1967, Bill Walker entreprend à Chicago le monumental Wall of Respect qui provoque une flambée de réalisations murales.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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