La couleuvre à collier.

La Couleuvre à collier (Natrix natrix), à différencier désormais de la Couleuvre helvétique (Natrix helvetica) et de la Couleuvre à oeil rouge (Natrix astreptophora3), est une espèce de serpents de la famille des Natricidae, qui vit au-delà du Rhin et en Europe du Nord. Elle peut arborer des couleurs allant du gris au noir, en passant par le brun et le verdâtre, mais elle est généralement reconnaissable au motif clair qu’elle porte sur la nuque et qui lui a valu son nom vernaculaire. Sa taille varie de 65 cm à plus de 1,40 m, les femelles étant plus grandes que les mâles.

Ce serpent est largement répandu en Europe ainsi qu’en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Il vit généralement non loin des cours et plans d’eau, où il trouve les amphibiens dont il se nourrit principalement. Il peut également chasser des poissons ou des micromammifères. Il peut se déplacer rapidement et avec aisance, aussi bien sur la terre ferme que dans l’eau. Il est non venimeux et inoffensif pour l’Homme. L’espèce est ovipare et a une espérance de vie d’environ 25 à 28 ans.

L’espèce compte de cinq à quinze sous-espèces selon les auteurs. Sa taxinomie est en effet toujours sujette à débat bien que de récentes études génétiques permettent de préciser les liens de parenté entre les différentes populations. Au cours de l’évolution, l’espèce a divergé de son plus proche parent, la Couleuvre tessellée, il y a entre 13 et 22 millions d’années.

Par le passé, de la Préhistoire à une époque très récente, la couleuvre à collier a été consommée par l’Homme. Aujourd’hui, elle n’est pas considérée comme menacée par l’Union internationale pour la conservation de la nature même si, localement, certaines sous-espèces ou populations sont en danger d’extinction. Elle fait l’objet de mesures de protection dans certains pays où elle vit, notamment en Europe, où elle est protégée par la convention de Berne.


La couleuvre à collier est un serpent assez long, mince quand elle est jeune et au corps plutôt robuste à l’âge adulte, surtout chez les femelles. À cet âge, ces dernières mesurent généralement entre 85 cm et 1,40 m, mais elles peuvent exceptionnellement atteindre la taille de 2 mètres, tandis que les mâles ont une taille comprise entre 65 et 85 cm. La tête est large et bien distincte du corps. Les pupilles sont rondes.

La livrée est de couleur très variable : généralement grise, elle peut tendre vers le marron ou le vert. La tête est généralement plus foncée que le corps. Cette couleuvre porte un « double collier » typique sur la nuque : jaune ou blanc, voire orange sur la partie antérieure et noir sur la partie postérieure. Ce collier peut parfois être absent, notamment chez les vieux spécimens et certaines sous-espèces. Le dos et les côtés sont parsemés de motifs noirs en forme de taches arrondies ou de barres qui peuvent également s’estomper avec l’âge. La face ventrale est blanchâtre ou grise, avec un damier de taches noires. Ce damier est généralement unique et constitue donc un critère de reconnaissance des individus. Certains d’entre eux peuvent être totalement mélaniques, c’est-à-dire entièrement noirs, mais en fréquences variables : ces cas sont, par exemple, très rares en Grande-Bretagne.

Les écailles dorsales ne sont pas très fortement carénées et les carènes peuvent même être absentes sur la queue. Cette couleuvre présente une écaille temporale, une écaille préoculaire et trois écailles post-oculaires. Les écailles internasales sont larges et rectangulaires et elle présente sept écailles labiales supérieures dont les troisième et quatrième touchent l’œil. À mi-corps, les écailles dorsales sont disposées en dix-neuf rangées. L’écaille anale est divisée en deux.

La couleuvre à collier est, dans la plus grande partie de son aire de distribution, inféodée aux milieux humides et se rencontre près de l’eau. En Europe du Nord, elle se rencontre davantage en plaine et peut même être vue en forêt ou dans des prairies sèches. Elle a principalement des mœurs diurnes même s’il lui arrive de sortir la nuit, notamment pour chasser (la population sarde est connue pour être nocturne). C’est un serpent actif qui peut se déplacer rapidement, aussi bien sur la terre ferme qu’à la surface de l’eau. Elle peut rester en apnée jusqu’à trente minutes sous l’eau. Son aire vitale varie de 0,5 hectare à plusieurs dizaines d’hectares. Son espérance de vie est d’environ 25 à 28 ans.

Comme d’autres couleuvres aux mœurs aquatiques, il peut lui arriver de muer dans l’eau. À l’âge adulte, les mâles muent environ deux fois par an, contre une fois par an chez les femelles.

La couleuvre à collier se nourrit presque exclusivement d’amphibiens, notamment de grenouilles, crapauds, rainettes et tritons, plus rarement de salamandres. En ce qui concerne les crapauds, elle semble les chasser là où ils représentent la proie la plus abondante, mais les évite si ce n’est pas le cas, sans doute à cause des toxines que produisent les crapauds du genre Bufo pour se défendre. Dans une moindre mesure, la Couleuvre à collier peut également se nourrir de micromammifères (campagnols, mulots, musaraignes) et de poissons (principalement des poissons d’eau douce, même si elle peut exceptionnellement se nourrir de poissons d’eau salée ou saumâtre). De rares cas d’ophiophagie ont également été recensés en conditions de captivité (une couleuvre à collier ayant ingéré une vipère aspic qui était conservée dans le même terrarium). Les jeunes se nourrissent de têtards, petits poissons et invertébrés. D’une manière générale, il existe une corrélation positive entre la taille des couleuvres à collier et celle de leurs proies, la masse moyenne de nourriture absorbée par jour correspondant à 1,6 à 2,3 % de la masse du serpent. La durée entre deux captures de grosses proies est d’environ 20 jours chez les individus adultes entre mai et septembre (hors de la période de gestation pour les femelles).

La couleuvre à collier est une chasseuse qui recherche activement ses proies dans la végétation le long des berges ou dans l’eau, étant une bonne nageuse. Lorsqu’une proie est débusquée, elle lui donne la chasse et la rattrape généralement quelques dizaines de centimètres plus loin19. Elle peut chasser en journée ou la nuit, notamment pendant la période de reproduction des amphibiens. Lorsqu’elle chasse sur la terre ferme, elle se sert principalement de sa vue, tandis que lors de ses chasses aquatiques, ses sens chimiques (olfaction, gustation et vomérolfaction) sont prédominants. La nuit, il semble que les couleuvres à collier soient capables de suivre les ondes émises à la surface de l’eau par les mâles amphibiens lorsqu’ils chantent.

Natrix natrix est aglyphe et n’est pas venimeuse. Elle avale ses proies vivantes, sans les étouffer. Elle est capable d’avaler des proies plus grandes que sa tête, ses mâchoires pouvant fortement s’écarter lors de la déglutition. Pour ce faire, notamment lorsqu’elle mange une grenouille, il peut lui arriver de la retourner afin de l’avaler par la tête. Par ailleurs, la couleuvre à collier n’a pas de comportement charognard.

Les couleuvres à collier hivernent et s’accouplent peu après leur réveil en avril ou en mai, voire en juin. La spermatogenèse a lieu de fin mars à mai tandis que l’ovulation a lieu en mai ou juin. Des rassemblements prénuptiaux regroupant de nombreux individus (parfois plus d’une dizaine) ont lieu. Les mâles, non agressifs entre eux, y sont plus nombreux que les femelles et développent une parade nuptiale visant à attirer les femelles afin de s’accoupler avec elles. Généralement, ce sont les plus gros qui parviennent à s’accoupler. L’accouplement dure plusieurs heures. Un second accouplement arrive parfois à l’automne au sud de l’aire de répartition.

Durant la gestation, la femelle s’alimente moins régulièrement (capture d’une grosse proie tous les 45 jours environ, contre 20 jours le reste du temps18). Deux à plus de cinquante œufs (selon la taille de la femelle), qui vont enfler de 20 à 40 mm7, sont pondus en juin-juillet et éclosent 4 à 8 semaines après la ponte, selon les conditions d’humidité et de température. Les œufs sont collés entre eux. La végétation en putréfaction (par exemple, les tas de compost) fait partie des lieux de ponte préférés puisqu’elle apporte chaleur et humidité. À défaut, la femelle peut pondre dans des terriers de mammifères, sous des pierres ou du bois mort. Lorsque les sites de ponte potentiels sont rares, plusieurs femelles peuvent pondre sur le même site et le réutiliser d’une année sur l’autre ; ainsi, plusieurs milliers d’œufs peuvent se retrouver au même endroit, ce qui entraîne, au moment des éclosions, une prolifération locale de couleuvreaux le temps qu’ils se dispersent. La ponte peut même avoir lieu au même endroit que les pontes d’autres espèces comme la Couleuvre vipérine, la Couleuvre tessellée ou la Couleuvre d’Esculape. À l’éclosion, les jeunes ressemblent aux adultes et ont une longueur de 15 à 20 cm environ ; ils sont tout de suite indépendants.

La maturité sexuelle arrive vers trois ans pour les mâles (ce qui correspond à une taille d’environ 40 à 50 cm) et vers cinq ans pour les femelles (soit environ 60 cm).

Cette espèce se rencontre de l’Europe jusqu’en Mongolie ainsi qu’en Afrique du Nord et dans quelques pays du Moyen-Orient. Ainsi, on peut trouver Natrix natrix en Albanie, Algérie, Allemagne, Arménie, Autriche, Azerbaïdjan, Belgique, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Chine (Xinjing), Croatie, Espagne, Estonie, Finlande, France (dont la Corse), Géorgie, Grèce, Hongrie, Iran, Italie (dont la Sardaigne), Lettonie, Lituanie, Macédoine, Moldavie, Mongolie, Norvège, Pologne, Roumanie, Russie, Serbie, Slovénie, Suède, Suisse, Syrie, République tchèque, Tunisie, Turquie et Ukraine, à Chypre, au Danemark, Kazakhstan, Luxembourg, Maroc, Monténégro, Pays-Bas, Portugal, Turkménistan et Royaume-Uni.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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