Giuseppe Verdi, compositeur romantique.

Giuseppe Fortunino Francesco Verdi, né Joseph Fortunin François Verdi le 10 octobre 1813 à Roncole et mort le 27 janvier 1901 à Milan, est un compositeur romantique italien. Son œuvre, composée essentiellement d’opéras, unissant le pouvoir mélodique à la profondeur psychologique et légendaire, est l’une des plus importantes de toute l’histoire du théâtre musical.

Verdi est l’un des compositeurs d’opéras italiens les plus influents du xixe siècle, influence comparable à celle de Bellini, Donizetti, Puccini et Rossini. Ses œuvres sont fréquemment jouées dans les opéras du monde entier et, dépassant les frontières du genre, certains de ses thèmes sont depuis longtemps inscrits dans la culture populaire comme « La donna è mobile » de Rigoletto, le « Brindisi » de La traviata, le « Va, pensiero » de Nabucco ou la « Marche triomphale » d’Aida. Les opéras de Verdi dominent encore le répertoire de l’art lyrique un siècle et demi après leur création.

Peu engagé politiquement, il a cependant autorisé l’utilisation de son image et de ses œuvres dans le processus de réunification de la péninsule italienne et demeure de ce fait, aux côtés de Garibaldi et de Cavour, une figure emblématique du Risorgimento.


Ses parents Carlo Verdi et Luigia Uttini tiennent une auberge-café-épicerie modeste à Roncole. Il apprend à lire et à écrire avec un prêtre de la paroisse (l’école des enfants de choeur). Sa première formation musicale lui est donnée par l’organiste Pietro Baistrocchi sur les orgues de Saint-Michel Archange de Roncole. En 1821, ses parents font l’acquisition d’une épinette. A 1’âge de 10 ans, il est capable de tenir l’orgue de l’église. Parfois, pendant les vacances,  il fait de la musique au piano-forte avec un de ses amis plus avancé que lui.

Il  entre en novembre 1823 au lycée de Busseto tenu par le chanoine Pietro Seletti. Il loge chez un ami de la famille, surnommé Pugnatta, cordonnier originaire de Roncole. Il suit des cours de musique avec  Ferdinando Provesi dès l’année suivante.

Ferdinando Provesi, (1770-1833), organiste et compositeur et Pietro Seletti, Professeur d’Italien, au Lycée de Busseto.

Tous les dimanches et les jours de fête, il revenait à pied à Roncole pour jouer de l’orgue aux cérémonies religieuses. Pour ce travail il recevait 40 lires par an de l’église, avec des suppléments pour les fêtes exceptionnelles. Deux année de travail consciencieux passèrent et le Maestro Ferdinando Provesi déclara ingunément que son élève savait déjà plus de choses que lui.

Verdi est remarqué par Antonio Barezzi, négociant en spiritueux, fournisseur de l’auberge Verdi à Roncole, et marchand de denrées coloniales. Il est un amateur de musique, joue de la flûte mais aussi du cor et de l’ophicléide dans la fanfare municipale. Il anime la Filarmonici (Societa filarmonica), l’orchestre amateur de la ville qui se réunit et répète dans son salon. En 1825, il offre l’hospitalité à Verdi.

En 1828, Verdi compose et adapte pour la société de musique de Busseto entre autres une ouverture pour Le Barbier de Séville de Rossini et une sinfonia qui sont qui sont jouées au théâtre de Busseto.

Le 14 décembre 1831, son père fait une demande de bourse afin qu’il puisse continuer ses études à Milan. Une bourse annuelle de 300 lires sur une durée de quatre ans est accordée le 13 février 1832, mais ne prend effet qu’au 1er novembre. Antonio Barezzi avance la somme. Verdi obtient son passeport le 22 mais, part pour Milan accompagné de son père, et prend pension chez le professeur Giuseppe Seletti (le neveu de Pietro Seletti de Busseto et ami de Barezzi). Le Conservatoire refuse sa candidature. Il suit alors de juin 1832 à 1835 les cours particuliers de Vincenzo Lavigna, maître du contrepoint mais aussi admirateur de Paisiello, Mozart, Haydn et Beethoven. Verdi peut assister aux répétitions de la Scala. Sa jeunne sœur – handicapée mentale, Giuseppa décède en 1833 à l’âge de 17 ans.

Le 26 juillet 1833, Provesi, le maître de musique de Busseto meurt. Antonio Barezzi envisage de faire nommer Verdi en remplacement, Lavigna estime que Verdi a encore besoin d’une année d’études.  En 1834, Seletti ne veut plus héberger Verdi qui la même année dirige avec succès La Création de Haydn par un ensemble d’amateurs organisé par Pietro Massini.

A Busseto, la vacance du double poste de maître de musique et d’organiste est l’occasion d’un affrontement entre les « Laïcs », dont Antonio Barezzi et nombre de membres de la Filarmonici et les «cléricaux». Le 20 juin 1834, Verdi postule auprès des autorités paroissiales, mais Giovanni Ferrari est déjà nommé organiste sans concours. Le 28 juin 1834 Verdi écrit une lettre de protestation à Marie-Louise d’Autriche, la duchesse de Parmes (veuve de Napoléon). L’évêque craint des troubles et écrit aux autorités de Parme le 11 mars 1815, pour accuser les Filarmonici de semer la discorde et demande aux autorités d’être sur leurs gardes, pour éteindre la révolution dans l’oeuf en employant la troupe s’il le faut.

Le concours a lieu, Verdi est nommé le 12 mars 1836. Ferrari qui ne s’est pas présenté peut continuer à tenir l’orgue. Dans une lettre au maire de Busseto du 14 mars 1836, Verdi nie avoir pris une part quelconque aux troubles ayant entouré sa nomination. Verdi obtient un meilleur poste d’organiste à Monza, mais il doit en démissionner sous les pressions de Busseto. L’impossibilité de quitter Busseto contrarie son projet d’opéra (l’énigmatique Rocester) avec l’ensemble de Pietro Massisni.

Il épouse Margherita, la fille d’Antoine Barezzi le 16 avril 1836 devant le maire de Busseto.  Le 20 avril, le contrat de maître de musique est officiellement signé avec la municipalité. En septembre son maître Vincenzo Lavigna meurt. Sa fille Virginia naît le 26 mars 1837. Son fils Icilio naît le 11 juillet 1838. Virginia meurt le 12 août 1838.

En septembre 1838 il est à Milan avec Margherita au moment où L’empereur Ferdinand Ier d’Autriche se fait sacrer roi de Lombardie-Vénitie à la cathédrale. Le 28 octobre il adresse au maire de Busseto sa démission du poste de maître de musique de Busseto. C’est en 1838 qu’il publie pour la première fois, chez Giovanni Canti à Milan, un recueil de six romances.

Aidé financièrement par Antonio Barezzi, la famille Verdi s’installe à Milan en février 1839. Verdi se consacre à la composition d’opéras. Grâce à l’appui de la cantatrice Giuseppina Strepponi, Merelli le directeur de la Scala tout en refusant le  Lord Hamilton, qui lui est proposé lui command un autre projet, Oberto Conte di San Bonifacio. Son fils Icelio meurt le 22 octobre 1839. Oberto, créé à la Scala de Milan le 17 novembre reçoit un bon succès d’estime avec 14 représentations. La presse est élogieuse. L’opéra est repris à Naples, Turin, et Gênes durant les années 1840-1841.

Merelli commande trois nouveaux opéras à Verdi qui d’autre part entre en relations avec l’éditeur Ricordi. Margherita meurt le 18  juin 1840. Verdi traverse une crise de découragement aggravée par l’insuccès de son opéra-bouffe Un Giorno di regno créé à la Scala le 5 septembre 1840, sur un livret de Felice Romani d’après Le Faux Stanislas (Il finto Stanislao) d’Alexandre Vincent Pineu-Duval. En octobre il dirige une reprise d’ Oberto à la Scala, compose des ajouts et le 9 janvier 1841 il le recrée à Gêne où il est selon une de ses lettres  à Pietro Manssini du 11 janvier, froidement accueilli.

En 1842, Morelli lui propose un livret de Temistocle Solera, Nabuchodonosor. Créé le 9 mars 1842 à la Scala avec Giuseppina Strepponi dans le rôle d’Abigaille, Nabucco est un triomphe. Il reste à l’affiche pour 57 représentations pendant 9 mois. Le «Chœur des Hébreux» opprimés qui chantent l’amour de la Nation est évidemment assimilé à la lutte de l’aristocratie et des patriotes italiens contre l’occupation Aurichienne.   Nabucco fait aussi un triomphe à la Fenice de Venise, dirigé par le comte Nani Mocenigo.

Verdi est célèbre. Il est accueilli dans les salons en vue, dont celui de la Comtesse Clarina Maffei avec laquelle il se lie d’amitié, comme avec son mari le poète et traducteur Andrea Maffei ou le second compagnon de la comtesse, l’écrivain Carlo Tecla.

Il renouvelle le succès avec Les Lombards de la première croisade, créé à la Scala le 11 février 1843, malgré l’opposition de l’archevêque de Milan, le cardinal Gaisruk. Verdi devient un homme politique, ses opéras donnent l’occasion à des manifestations patriotiques.

Le 4 avril 1843, Nabucco est donné à Vienne alors qu’il reçoit une commande de la Fenice. A la fin du mois d’avril il est au Teatro Regio de Parme avec Nabucco.

Après y avoir donné Les Lombards,  et hésité entre plusieurs sujets, il crée la 9 mars 1843 Ernani (livret de  Fancesco Maria Piave, d’après Victor Hugo) à la Fenice de Venise. Le succès de la première est mitigé, mais l’anné suivante c’est un franc succès au teatro San Benedetto qui par la suite gagne l’europe. Ernani marque le début d’une collaboration fructueuse avec le librettiste Francesco Maria Piave.  En septembre, l’opéra est à Viene.

Le 3 novembre 1844, il crée I Due foscari au Teatro Argentina de Rome. La même année Antonio Barezzi lui adresse Emmanuel Muzio comme élève. Il lui sert pendant plusieurs années de secrétaire.

Le 15 février 1845, il présente Giovanna d’Arco à la Scala de Milan. Accueil mitigé, fâcherie avec Merelli, Verdi ne revient pas à la Scala avant 1869.

Le 12 août 1845, il crée Alizira sur un livret de Salvatore Cammarano d”après Voltaire au théâtre San Carlo de Naples.  Le 17 mars 1846, Attila  sur un livret de Solera d’après Zacharias Werner à la Fenice de Venise.

Le 3 mars 1847, après un voyage en Europe, il crée Macbeth sur un livret de Piave au Teatro della Pergola de Florence et le 22 juillet au Her Majesty’s Theatre à Londres, I Masnadieri sur un livret de A. Maffei. A Paris le 26 novembre, il donne une version française des Lombards révisé sour le titre de Jerusalem sans grand succès.

Il reçoit la Légion d’honneur des mains de Louis-Philippe. Il retrouve Giuseppina Strepponi qui enseigne le chant à Paris depuis l’automne 1846, et ils s’installent près de Paris, à Passy, officialisant ainsi leur relation amoureuse. C’est là qu’il compose Il Corsaro, commandé par le Teatro Grande de Trieste.

En 1848, il achète le domaine de Sant’Agata près de Busseto. A Paris il est très intéressé par le renversement de la monarchie et la proclamation de la seconde République. Le 18 mars, la troupe autrichienne tire sur la foule à Milan. L’insurrection «des 5 jours» libère le ville. Verdi est enthousiasmé.

Dans ce mouvement, un personnage exemplaire : le comte Camiollo Benso de Cavour, aristocrate et homme d’affaires «moderne» qui investit dans les chemins de fer. Il a créé un parti nationaliste modéré et édite à Milan, depuis le 15 décembre 1747 un journal :   Il Risorgimento (La résurrection) qui milite pour l’unité italienne et une monarchie constitutionnelle. De fait, le roi Charles-Albert de Piémont-Sardaigne promulgue le 8 février 1848  une Monarchie constitutionnelle. Garibaldi revient d’Amérique du Sud et forme avec Mazzini une légion pour combattre contre les Autrichiens pour l’indépendance de la Lombardie. Battu à Mazzone, Garibaldi se réfugie en Suisse.

Il Corsaro, commandé par le Teatro Grande de Trieste est créé le 25 octobre 1848.

Le 24 novembre 1848, le pape Pie IX s’enfuit de Rome et se réfugie à Gaete. Garibaldi revient à Rome et forme une nouvelle légion pour défendre la République.

Le 20 décembre, Verdi est à Rome pour la création de  La Battaglia di Legnano (sur un livret de Cammarano) au Teatro Argentina le Le 27 janvier 1849. C’est un nouveau triomphe (20 rappels à la première) marqué par la politique. Son nom devient un des symboles à la résistance contre l’occupation étrangère. Les caractères de son nom  V.E.R.D.I.  deviennent les initiales de Vittorio Emanuele Re D’Italia et Viva Verdi devient vive Victor-Emmanuel, roi d’Italie. Le 9 février 1849 le pape est déchu, la République romaine est proclamée. La France dépêche un corps expéditionnaire pour rétablir le pape. Les Garibaldiens sont battus le 1er juillet 1849 à Janicule. A l’automne Verdi et  Giuseppina Strepponi quittent Poissy pour le domaine de Sant’Agata.

A Naples, il crée Luisa Miller sur un livret de Salvatore Cammarano d’après Kabale und Liebe de Schiller au Teatro San Carlo de Naples le 8 décembre 1849. La création a été mouvementée. En raison des difficultés financières du théâtre, Verdi avait demandé le placement d’une somme de garantie. Le directeur du théatre, le duc de Ventignano, refuse. Verdi veut quitter la ville, mais sous la menace d’une arrestation se réfugie sur un bâtiment de guerre français ancré dans le port. La représentation a lieu, mais Verdi ne veut plus composer pour cette Ville.

Le 16 novembre 1850, Stiffelio sur un livret de F. M. Piave, joué au Teatro Grande à Trieste  est un échec.

En 1851 il projette avec Piave de mettre en musique l’oeuvre de Victor Hugo Le roi s’amuse sous le titre de La Maledizione. Les autorités de plusieurs pays refusent cet opéra injurieux pour la royauté. Il est contrait de modifier le projet avec un roi imaginaire et un bouffon qui ne soit pas difforme. L’oeuvre est rebaptisée Rigoletto et obtient un grand succès à la Fenice de Venise le 11 mars 1851. Elle atteindra Paris avec plusieurs années de retard à cause d’un litige sur les droits d’auteurs mis en avant par Victor Hugo.

Avec sa compagne, il séjourne de nouveau à Paris. En mai 1852 ils sont de retour et il achève Le Trouvère créé au Théâtre Appolo de Rome 19 janvier 1853. Salvatore Cammarano meurt avant d’en avoir achevé le livret qui est repris par Leone Emmanuel Bardare. C’est un immense succès qu’il enchaîne avec La Traviata sur un livret de Piave d’après   La dame aux Camélias d’Alexandre Dumas. Créé à la Fenice de Venise le 6 mars 1853, c’est un échec. Redonné en mai 1854 cette fois au théâtre San Benedetto de Venise, c’est un succès. Verdi désire des costumes contemporains pour les acteurs, mais les autorités de Venise rejettent cette idée.

En 1855, à l’occasion de l’Exposition Universelle, l’Opéra de Paris lui demande un spectacle féérique, genre en vogue. Le 13 juin,   Les Vêpres Siciliennes sur un livret Eugène Scribe et Charles Duveyrier sont un grand succès.

Nouvel échec à  la Fenice de Venise le 12 mars 1857 avec Simon Boccanegra sur un livret de Piave. Le 16 août, il triomphe à Rimini avec Aroldo, une révision (du livret et l’ajout d’un acte) de Stiffelio qui sept ans auparavant fut un échec à Trieste.

En 1859 nouvelles difficultés avec les autorités pour l’opéra La Vendetta in Domino sur un livret de Gustave Auber d’après Scribes prévu pour Naples. Le sujet, l’assassinat d’un roi de Suède est trop proche de l’actualité après les attentats contre le roi de Naples attaqué par ses gardes et celui d’Orsini contre Napoléon III. les autorités décident de modifier l’oeuvre sans l’avis des auteurs. Une vive polémique s’engage. L’opéra est interdit.  Avec l’aide du librettiste Antonio Somma, Verdi modifie le livret. L’action ne se passe plus en Suède mais à Boston, le roi devient un gouverneur. Un Ballo in Maschera, présenté à au théâtre de l’Apollo Rome le 17 février 1859, est à nouveau un triomphe doublé d’une manifestation patriotique.

Le 29 août 1859, il épouse Giuseppina Strepponi. le 4 septembre il est élu pour représenter Busseto l’Assemblée des provinces de l’État de Parme. Le même mois il rencontre Cavour. Il s’occupe d’acheter des fusils pour la légion de Garibaldi.

Le 21 janvier, Cavour reprend ses fonctions. Le 12 mars, Parme vote pour l’annexion du Piémont. Le 4 avril 1860, une révolte éclate à Palerme.  Le 15 mai, Garibaldi, à la tête de 1087 «Chemises rouges» (l’expédition des 1000)  bat les troupes des Bourbons à Calatafimi. Le 27 mai, il est à Palerme. Le 7 septembre il est à Naples. A la fin de l’année, Cavour pense qu’il est temps d’organiser l’élection du premier parlement. Verdi qui veut échapper à l’élection tente de voir Cavour à Turin. Le 3 février 1861 Verdi est élu député de Borgo San Donnino (Fidenza). Le 14 février il est à Turin pour la séance inaugurale de l’Assemblée. Il sera Sénateur.

Le 26 octobre 1861, le Royaume d’Italie est proclamé avec à sa tête le roi Victor Emmanuel.

En 1862   La Forza del Destino ( La Force du destin) sur un livret de Piave d’après  Angel de Saavedra Ramirez de Banquedano, duc de  Rivas est créé au théâtre Théâtre Marie à Saint-Petersbourg. Il reçoit du tsar l’Ordre impérial de Saint-Stanislas

En 1864 Il est élu à l’Académie des beaux-arts à Paris, au fauteuil de Meyerbeer.

En 1866, Giuseppe Verdi et Giuseppina Strepponi établissent leur résidence d’hiver dans un vaste appartement du Palais Sauli à Gênes, où habite leur ami le chef d’orchestre Mariani.

Le 11 mars 1867 Don Carlo est créé à l’Opéra de Paris. Joseph Méry meurt avant de terminer la rédaction du livret qui est achevé par Camille Du Locle.

En 1867, son, père décède ainsi que Antonio Barezzi son beau-père et mécène. Le couple adopte une petite fille, Maria Filomena Verdi.

En juin 1868 il rencontre le romancier Alessandro Manzoni qu’il admire, chez la comtesse Maffei.

Verdi refuse de nombreuses commandes, mais le livret d’ Aïda l’enthousiasme.

Ismaïl Pacha, Khédive ou vice-roi d’Égypte ambitionne de donner à l’Égypte l’image d’une grande nation à l’égal de celles d’Occident. L’achèvement du percement du canal de Suez et la souveraineté de l’Égypte ouvrent des perspectives. Il fait construire un théâtre au Caire qui est inauguré en même temps que l’achèvement du canal de Suez le 1er novembre 1869 avec Rigoletto dirigé par Emmanuel Muzio, l’ami et l’ancien élève de Verdi.

Mais la question du répertoire d’origine locale se posant, Ismaïl Pacha pense plutôt demander à des artistes occidentaux de créer des spectacle égyptiens que l’inverse. L’archéologue Auguste Mariette, installé en Égypte mais en relations étroites avec la France  est chargé de garantir l’authenticité. C’est ce dernier qui propose un programme d’argument à l’un de ses amis, Camille du Locle, alors directeur de l’Opéra-Comique de Paris qui vient de signer le livret de Don Carlo et qui presse verdi de projets toujours refusés. Verdi trouve le programme égyptien bien fait ; il est splendide quant à la mise en scène, et il contient deux ou trois situations certainement très belles, quoique sans grande nouveauté. Mais qui l’a fait ? Il y a là-dedans une main qui a beaucoup d’expérience, habitués à écrire et qui connaît très bien le théâtre

Aïda est créée au Caire au théâtre Khedival le 24 décembre 1871 sous le direction de Giovanni Bottesini et  dans une version italienne traduite par Antonio Ghislanzoni.

En 1872, Teresa Stolz entre dans le vie de Verdi. Elle est la soprano préférée. On ne sait rien de leur liaison amoureuse éventuelle. Des articles odieux à sensation parurent à ce sujet dans les années 1875. Giuseppina Strepponi c’est émue à ce moment mais fut une grande amie de Teresa Stolz.

En 1873 il publie son premier quatuor à cordes en mi mineur chez Ricordi. Le 22 mai 1873, Alessandro Manzoni meurt. Verdi n’assiste pas aux obsèques. Il semble qu’il redoute à mêler sa tristesse personnelle à la manifestation publique. C’est ce qu’il exprime dans une lettre à Ricordi datée du 23 et ajoute : Je viendrai bientôt m’incliner sur sa tombe, seul, incognito, et peut-être (après plus ample réflexion et après avoir mesuré ma force) je proposerai quelque chose pour rendre honneur à sa mémoire.  Le 3 juin, il annonce son projet de Messe pour les morts à Ricordi. Il a besoin d’un grand orchestre, d’un chœur important et de 4 ou 5 solistes. Il demande à Ricordi de négocier avec la municipalité pour financer la création. Il s’engage à prendre à ses frais la copie, d’assurer les répétitions et de diriger. Le Requiemest créé le 22 mai 1874 à San Marco de Milan. Il est aussitôt donné à l’Opéra-Comique de Paris et à l’automne, il emménage dans sa résidence d’hiver du Palazzo Doria à Gênes.

En 1874 suite à la faillite de l’Opéra-Comique de Paris, Verdi perd d’importants revenus et se fâche avec Du Locle, le directeur.

En juillet 1877 il donne son Requiem à Cologne. En 1879 le Requiem est joué triomphalement  à la Scala de Milan au profit des victimes des inondations du début de l’été. A cette époque Giulio Ricordi a l’idée d’un nouvel opéra avec le participation de Boito, Othello.  Mais Verdi fait traîner l’affaire en longueur et lie une solide amitié avec Boito qui épris de wagnérisme lui était en un temps opposé.

En Avril 1880, une statue de Verdi est érigée dans le foyer de la Scala de Milan en présence du compositeur dont on joue le Pater Noster et l ‘Ave Maria sous la direction de Faccio. Le projet Othello est arrêté pour la révision de Simon Boccanegra avec Boito.  Le 24 mars 1881, la nouvelle version de Simon Boccanegra est créée à la Scala. En été Ricordi et Boito séjournent à Sant’Agata pour discuter de l’opéra Othello avec Verdi. Ce dernier demande au peintre Domenico Morelli de faire un portrait de Iago.

En 1882 Verdi est à Paris pour gérer ses droits d’auteurs et entreprend avec Charles Nuitter la révision de Don Carlo.  Cette version n’est pas jouée à Vienne comme Verdi l’espérait, mais à la Scala le 10 janvier 1884. Le 27 mars pour une raison futile, Verdi abandonne le projet d’opéra Othello et offre le livret à Boito. Ce dernier prie Verdi de reprendre le projet. Otello est enfin créé le 2 février 1887 à la Scala de Milan déclanchant un véritable délire d’enthousiasme dans les rues de la ville.

En 1888, Verdi fait construire un petit hôpital près de Sant’Agata pour éviter aux paysans malades de trop longs trajets.

Il commence en 1889 la composition de ses Quatre pièces sacrées et se lance dans le projet d’un opéra-bouffe proposé par Boito, Falstaff d’après les Joyeuses commères de Windsor de Shakespeare. Le 10 juillet il est fermement décidé à composer cette nouvelle oeuvre et se met à la tâche. En même temps, il s’occupe d’acheter des terrains à Milan pour faire construire une maison de repos pour des musiciens âgés.

Le 20 mars 1890, le premier acte de Falstaff est achevé. Le 27 novembre, l’élève de Verdi Emmanuel Muzio, chef d’orchestre au théâtre italien, professeur de chant à Paris et créateur d’Aïda à Paris meurt.

Falstaff est créé à la Scala le 9 février 1893. Verdi est ensuite à Rome, à Berlin. Le 18 avril, il est à Paris pour la création de Falstaff à l’Opéra-Comique de Paris. Le 12 octobre Otello fait un triomphe à l’Opéra de Paris.

En 1895 il travaille à son Te Deum : Une action de grâce, pas pour moi, mais à l’intention du public qui après tant d’années a été libéré de la nécessité d’écouter mes opéras !! écrit-il au chef d’orchestre Edoardo Mascheroni le 21 avril 1895.

En janvier 1898, Ricordi publie les Quatre pièces sacrées (Quattro pezzi sacri). Le 7 avril Trois de ces pièces sont créées à l’Opéra de Paris. Les médecins interdisent à Verdi de se déplacer. Boito s’y rend à sa place. Verdi fonde  la Maison de repos des musiciens à Milan. Au début août 1898,  le conservatoire de Milan prend le nom de Conservatoire Giuseppe Verdi.

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Sources : Wikipédia, Musicologie, YouTube.

 

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