Général Galliéni, l’aventure outre-mer

Joseph Galliéni est né en 1849 à Saint-Béat (31) au pied des Pyrénées, fils d’un émigré italien engagé et devenu capitaine dans la Légion Etrangère. Le jeune Galliéni va naturellement être orienté vers la carrière militaire. Il entre en 1860 pour 8 ans au Prytanée de la Flèche ; bachelier en 1867, il intègre l’Ecole de Saint-Cyr promotion “Suez”. Galliéni choisit l’infanterie de marine et rejoint le 3ème RIMa à Toulon, alors que la guerre de 1870 est déclarée. Son régiment gagne le camp de Châlons, puis Sedan, où il participe aux combats de Bazeilles : le sous-lieutenant Galliéni est fait prisonnier, conduit en Allemagne pour 6 mois de captivité.

près la désillusion de la défaite, c’est l’aventure coloniale qui attend Galliéni. Sa première destination est l’île de la Réunion (1872-1875). Fin 1876 le lieutenant Galliéni part pour le Sénégal. Après quelques mois d’ennui dans l’île de Gorée, il est envoyé en poste à Thiès et dans diverses missions. Promu capitaine, il crée un poste dans l’arrière-pays en 1879 et en 1880 mène une mission diplomatique auprès d’Ahmadou sultan du Soudan (aujourd’hui Mali).

En 1881 de retour en France il est connu. Galliéni est muté à Toulon en 1881-1883, où il se marie et est promu commandant. Il part ensuite trois ans (1883-1886) en Martinique, où il rédige le récit de son expédition “Voyage au Soudan”. L’Afrique l’attend à nouveau, car devenu lieutenant-colonel, il est envoyé commander le Soudan français (1886-1888), où il se montre très ferme avec les dissidents, mais privilégie la pacification par des accords avec les chefs locaux.

Général Galliéni, épreuve d’artiste, Madagascar.

De retour en France il va commander le 4° RIMa à Toulon (1888-1890) puis suit l’Ecole de Guerre à Paris (1890-1892) et fait paraître le récit “Deux campagnes au Soudan”. Pour lui établir une colonie c’est “pacifier, administrer, développer”.


Galliéni, colonel en 1891 va pouvoir mettre ses principes en pratique, car il est envoyé au Tonkin (1892-1896). Il est nommé commandant du territoire militaire de Lang Son, région où sévissent des insurgés ou “pirates”. Avec le concours de Lyautey son adjoint, Galliéni monte trois opérations successives pour défaire un à un les chefs insurgés et pacifier cette région. Il négocie avec les autorités chinoises pour fixer la frontière entre le Tonkin et la Chine.

En 1896 il rentre en France, est promu général et s’embarque en août pour Madagascar comme résident-général.

La France avait établi son protectorat sur la grande île, après une expédition militaire en 1895, mais l’anarchie y régnait. Pendant la première année, il va faire table rase des structures existantes : exil de la Reine, abolition de l’esclavage et de la féodalité, réduction des zones d’insurrection. Ensuite commence la reconstruction : entouré d’officiers de valeur comme Lyautey qui l’a rejoint, il développe l’éducation, la santé et les transports : ports, routes et difficile construction d’un chemin de fer. Après 9 ans de gouvernement, Galliéni s’est créé beaucoup d’ennemis politiques. Aussi quand il revient en France à l’été 1905, son ministre le remplace par Victor Augagneur, maire socialiste de Lyon, ce qui ouvre la porte de la mairie à Édouard Herriot pour 50 ans.

Le général Galliéni est d’abord nommé en mars 1906 commandant du XIII° corps d’Armée à Clermont-Ferrand, puis en juin Gouverneur militaire de Lyon et inspecteur des XIV° et XV° corps d’armée (Lyon et Marseille). A ce titre il accueille à Lyon en mai 1907 le président Fallières.

Il quitte Lyon en août 1908, pour être nommé président du comité de défense des colonies et membre du Conseil Supérieur de Guerre (CSG). Il effectue des voyages d’inspection et dirige des manœuvres. Au printemps 1914 il est placé hors cadre.
Galliéni est rappelé à Paris le 31 juillet 1914. Il est bientôt nommé gouverneur militaire de Paris : il met en défense la capitale et participe à la victoire de la Marne en lançant toutes les forces disponibles dans la bataille (épisode des taxis de la Marne). Il est ensuite Ministre de la guerre d’octobre 1915 à mars 1916, poste dont il démissionne pour raison de santé. Il décède en mai 1916. Il sera fait maréchal de France en 1921 à titre posthume.

Dès juillet 1916, la ville de Lyon rebaptise le pont du Midi du nom de son ancien gouverneur.


sources : Marc Michel – Galliéni – Fayard 1989, musée d’histoire militaire.

 

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