Fra Angelico, peintre des anges.

Guido di Pietro, en religion Fra Giovanni (postérieurement connu sous le nom de Fra Angelico, quelquefois par l’Angelico et de Beato Angelico pour les Italiens) ou parfois « Le Peintre des anges » (né à Vicchio di Mugello (Toscane), vers 14001 et mort à Rome (États pontificaux) le 18 février 1455), est un peintre du Quattrocento de qui Giorgio Vasari disait qu’il avait un « talent rare et parfait ». Il était connu de ses contemporains comme Fra Giovanni da Fiesole, dans les Vies écrites avant 1555, il était déjà connu comme Giovanni Fra Angelico (« Frère Giovanni l’angélique »). Bien qu’il eût été toujours appelé “bienheureux”, cependant il n’a été canoniquement béatifié que le 3 octobre 1982, par le pape Jean-Paul II, sous le nom de Bienheureux Jean de Fiesole.

Religieux dominicain, il a cherché à associer les principes picturaux de la Renaissance — constructions en perspective et représentation de la figure humaine — avec les vieilles valeurs médiévales de l’art : sa fonction didactique et la valeur mystique de la lumière.

 

Guido di Pietro naît vers 1400 dans la petite ville de Vicchio di Mugello, en Italie, région montagneuse d’origine des Médicis, et est baptisé Guido ou Guidolino (petit Guido). Vasari a laissé peu de détails sur sa famille, si ce n’est que son père Pietro est un paysan probablement aisé, que son frère Benedetto, son cadet de quelques années, est devenu moine bénédictin, et que sa sœur Checca (Francesca), mariée vers 1440, aura un fils Giovanni di Antonio qui assistera le peintre sur les chantiers d’Orvieto et de Rome.

Oeuvre de Fra Angelico, carte maximum, Vatican, 1971.

Le premier document où il est question de Guido di Pietro date du 31 octobre 1417 et mentionne qu’un peintre laïc sous le nom de Guido di Pietro à Florence, entre, parrainé par Battista di Biagio Sanguigni, à la confrérie San Niccolò di Bari, de l’ordre des Dominicains observants, une branche dominicaine minoritaire de flagellants, dans laquelle s’observe la règle originelle de saint Dominique, qui requiert la pauvreté absolue et l’ascése (l’« observance »), et qu’il suit de 1418 à 1423. Il entre avec son frère Benedetto dans le couvent Saint-Dominique à Fiesole, où ils constituent un atelier d’enluminure. Puis il est exilé dans celui de Foligno sous la pression de l’évêque de Fiesole qui refuse cette stricte observance. En 1414, la peste survient et la communauté se voit forcée de demander l’hospitalité au couvent de Cortone, enfin en 1418, le pardon de l’évêque lui permet de réintégrer Fiesole.

À partir de 1423, il est nommé « frère Jean des frères de Saint-Dominique de Fiesole » (fra étant le titre de frère en italien), et c’est seulement après sa mort qu’il est appelé Beato Angelico en Italie (Bienheureux Angelico). C’est Giorgio Vasari, dans Le Vite qui ajoute à son nom l’adjectif Beato (et le nomme précisément Fra’ Giovanni da Fiesole), utilisé auparavant par fra Domenico da Corella et par Cristoforo Landino.

Son éducation artistique se déroule à Florence à l’époque de Lorenzo Monaco, Masaccio, Gentile da Fabriano et Gherardo Starnina. Du premier, il reprend l’usage de couleurs accentuées et peu naturelles, mais aussi une lumière très forte qui annule les ombres et participe au mysticisme des scènes sacrées, thèmes qu’on retrouve dans sa production de miniatures et dans ses premières compositions.

En 1417, il est nommé dans des documents « Guido di Pietro, peintre de la paroisse San Michele Visdomoni ».

En 1418, il réalise la décoration d’un autel pour la chapelle Gherardini de l’église Saint-Étienne à Florence.

Le Triptyque de saint Pierre martyr, commandé par les sœurs de Saint-Pierre-Martyr est daté d’environ 1425.

En 1427, il est ordonné prêtre.

Entre 1428 et 1430 il peint la première des trois compositions pour le retable de l’autel de l’église Saint-Dominique à Fiesole : la Pala di Fiesole. Cette œuvre a été remaniée par Lorenzo di Credi. Sont de lui l’architecture, le baldaquin et l’agrandissement du sol.

Entre 1430 et 1433 il réalise Le Jugement dernier (musée national San Marco), encore très influencé par le style de Lorenzo Monaco, mais le rythme des plans démontre un intérêt naissant pour l’organisation en perspective de l’espace.

En 1430 il peint L’Annonciation (musée du Prado), avec cinq histoires de la Vie de la Vierge dans la prédelle (seconde table pour l’église Saint-Dominique à Fiesole). Une œuvre où apparaissent des nouvelles techniques inspirées par Masaccio. Pour la première fois est utilisée une lumière diaphane qui enveloppe la composition, exaltant les couleurs et les masses plastiques des figures, et unifie l’image.

En juillet 1433, la corporation des Tisseurs de lin (Arte dei Linaioli e Rigattieri) de Florence confie à Fra Angelico la réalisation d’un ensemble de peintures pour le Tabernacolo dei Linaioli, sculpté par Lorenzo Ghiberti, désormais au Musée national San Marco.

Entre 1434 et 1435 il peint à tempera sur bois, L’imposition du nom à saint Jean-Baptiste, partie d’une prédelle non identifiée. La scène est placée dans une cour construite avec une perspective d’une extrême précision et à l’aide d’un portail utilisé comme entonnoir perspectif.

À partir de 1440, Cosme de Médicis lui confie la décoration du couvent San Marco, pièces et cellules individuelles des moines, travaux que dirige son ami Antonin de Florence, qui deviendra archevêque de la ville en 1446.

À la séparation des couvents de Fiesole et de San Marco, en 1445, Fra Angelico retourne à Fiesole plus proche des principes de saint Dominique, car l’installation de la bibliothèque à San Marco en 1444 a troublé la quiétude du couvent. C’est cette même année 1445 que le pape Eugène IV le convoque à Rome.

En 1445, après le retentissement de ses premiers travaux, il est invité à Rome par le pape Eugène IV qui régna de 1431 à 1447.

Il peint la Cappella del Sacramento qui fut plus tard détruite par Paul III. En juin 1447 il se rend à Orvieto pour peindre la nouvelle chapelle de la cathédrale en collaboration avec son élève Benozzo Gozzoli. Les fresques seront terminées par Luca Signorelli.

En juin 1450, retourné à Florence, Fra Angelico est nommé prieur du couvent San Marco. La même année, il est nommé archiprêtre de Florence. Il y exécute la décoration des portes de l’Armoire des ex-voto d’argent de la Santissima Annunziata avec l’aide d’élèves. En 1452 il refuse la proposition de peindre l’abside de la cathédrale du Prato ; on le retrouve dans un document de Pérouse de décembre 1454. Il retourne ensuite à Rome pour peindre la chapelle de Nicolas V (Cappella Niccolina) et meurt dans cette même ville le 18 février 1455.

Il est enterré à Rome dans l’église de la Minerve.

Il a intégré les innovations stylistiques introduites par les maîtres de la Renaissance florentine comme Masolino da Panicale et Paolo Uccello (intérieurs emboîtés grâce à la perspective artificielle), initiant le courant artistique appelé « peintres de la lumière » en jouant sur les ombres et la lumière pour donner de la profondeur à ses tableaux ou du modelé à ses personnages, abandonnant ainsi les aplats de la peinture gothique.

Fra Angelico a été béatifié par Jean-Paul II le 3 octobre 1982 et proclamé patron des artistes en 1984.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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