Conjeevaram Natarajan Annadurai, homme politique.

Kanchipuram Conjeevaram Natarajan Annadurai ou C. N. Annadurai (né le 15 septembre 1909 et décédé le 3 février 1969) était un homme  politique indien.

Il était désigné affectueusement par le célèbre surnom d’Anna (« l’Aîné ») ou « Arignair » Anna (Anna « l’érudit ») ou encore « Pérerarignair » Anna.

Condjeevaram Nadarâjan Anna Doré était originaire du Tamil Nadu (Pays Tamoul), un des états de l’Inde du Sud.


C. N. Annadurai vit le jour le 15 septembre 1909 à Condjeevaram (ou Kanchipuram (qui signifie la « ville d’or »), ville emblématique, capitale des rois Pallava, réputée pour ses temples âgés de treize siècles).

Issu d’une famille modeste, ses parents s’étaient mariés alors qu’ils n’appartenaient pas aux mêmes castes.

Son père, Nadarâja Moudaliar, tisserand, rompit, en effet, avec les conventions rigides des castes, en épousant Bangarou Ammal, servante dans un temple, avec qui il eut deux enfants.

C. N. Annadurai fut élevé par sa sœur aînée, Rajamani Ammal. À sa majorité, c’est-à-dire 21 ans à cette époque, encore étudiant, il se maria avec Rani, en 1930. Le couple n’eut pas d’enfants.

Plus tard, ils finiront par élever les petits-enfants de Rajamani Ammal.

Atteint d’un cancer de la gorge, dès le début de sa présidence, en 1967, il décèda durant son mandat, à Madras, le 3 février 1969, à l’âge de 59 ans.

Il fréquente la Pachaiyappa’s High School, puis en la quittant, il entre en tant qu’employé de bureau , au service d’une famille en gérant leurs dépenses financières dans une municipalité des environs.

En 1934, il obtient son diplôme (un baccalauréat) à la Pachaiyappa’s College à Chennai, suivi d’une Maîtrise universitaire ès lettres (Master of Arts), spécialisée en économie et politique, dans le même collège.

A la Pachaiyappa’s High School, il exerça en tant que professeur d’anglais. Plus tard, il abandonna l’enseignement pour se consacrer entièrement à l’écriture, au journalisme et à la politique.

Dès le début des années 30, Anna Doré est très investi politiquement.

Il possède déjà les contours d’un grand militant au sein de la South Indian Liberal Federation plus connue sous le nom de la Justice Party, (mouvement fondé par des élites, non-brahmanes, en 1917 et qui prend sa source dans le Madras United League) qu’il rejoint en 1935 et dont le meneur est le fascinant Périyar E.V.Ramasamy depuis 1939. C’est un orateur-né.

Il participe dès 1938, dans sa ville natale, Kanchipuram, à sa première conférence contre l’imposition de la langue hindi comme unique langue nationale.

La Justice Party est finalement dissoute par le Périyar, le 27 août 1944, pour devenir, dans la foulée, la Dravidar Kazhagam, un mouvement social.

L’idéologie consiste à protéger les droits les castes dites des intouchables (personnes hors-castes considérées comme impures) face aux nantis, (représentés par les brahmanes, en général, la caste « en haut » de la pyramide), à éradiquer les inégalités sociales dans le Pays Tamoul.

Mais de profondes divergences de point de vue au sein même du Dravidar Kazhagam provoque de sérieuses frictions entre le Périyar E.V.Ramasamy et son bras droit. Anna Doré qui quitte le mouvement. L’épisode de Maniammai fut l’événement de trop.

Avec E.V.K.Sampath (neveu de Périyar), il créa par la suite, dans la continuité de leurs valeurs, un mouvement politique régionaliste, le Dravida Mounnetra Kazhagam1 en 1949. Anna Doré est secondé à cette époque, par de jeunes loups, tel que Mu.Karunanidi, pour ne citer que le plus célèbre d’entre eux.

Le pouvoir central incarné par le Pandit Nehru, via le Congrès, basé à Delhi, ne se préoccupait guère des attentes des états du Sud, dits dravidiens.

À partir de là, Anna Doré passe à la vitesse supérieur.

Il organise en 1953, des grands mouvements de protestations qui paralysent le Pays Tamoul, afin d’attirer l’attention de ses habitants sur les maux les qui tenaillent. Il mène sur tous les fronts, une riposte cinglante et jusque dans les salles obscures du cinéma (véritable passion du peuple tamoul), comme amplificateur, comme mégaphone, pour toucher le plus grand nombre.

Anna Doré s’adjoint, pour cela, les services de grandes stars de cinéma de cette période, qui épousent de leur plein gré, les idées avancées par  « l’érudit » de Kanchipuram.

Le plus charismatique reste l’acteur MGR (M.G.Ramachandiran) qui rejoint les rangs du D.M.K. officiellement en 1953, alors que dès 1947 (quelques mois avant l’indépendance de l’Inde),il promouvait déjà la politique d’Annaavec le film de cape et d’épée Rajakumari. L’histoire et les dialogues furent signés par Mu.Karunanidi.

« Arignair » Anna n’est pas en reste. En 1961, il scénarise et écrit les dialogues du thriller Nallavan Vazhvan en y intégrant sa pensée. Ce sera le cinquantième film de MGR.

Leur collaboration se révèle fructueuse et ils concoctent de nombreux scénarios qui illustrent et défendent la cause tamoule, durant près de vingt ans, soit de 1947 à 1967.

En 1962, Anna est élu au conseil des états (Rajya Sabha).

En 1965, une annonce de Nehru (l’utilisation systématique de la langue hindi dans l’ensemble de l’Inde au détriment du tamoul, comme langue officielle) met le feu aux poudres. Le leader du D.M.K. donne à Madras le signal de la révolte. Les chefs de file sont incarcérés. L’émeute (Anti-Hindi imposition agitations of Tamil Nadu, 1965) contraint le gouvernement de Delhi à libérer les responsables du D.M.K.

Deux ans plus tard, Anna Doré est élu à la fin du mois de février 1967 et devint alors le premier ministre en chef du Dravida Mounnetra Kazhagam, brisant ainsi l’hégémonie du Congress (le parti national indien qui mit à genou l’empire britannique en 1947), soit deux décennies de règne sans partage.

Source : Wikipédia.

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