Adolf Anderssen, joueur d’échecs.

Adolf Anderssen est un joueur d’échecs allemand né le 6 juillet 1818 à Breslau (province de Silésie) et mort le 13 mars 1879 (à 60 ans) dans la même ville, alors dans l’Empire allemand). Considéré comme le meilleur joueur du monde après un important tournoi tenu à Londres en 1851, il est considéré comme l’un des meilleurs représentants de l’école romantique.


Karl Ernst Adolf Anderssen apprit le jeu d’échecs de son père à l’âge de 9 ans. Passionné, il dévore toute la littérature échiquéenne qu’il peut trouver, mais se consacre avant tout à ses études de mathématiques. Pendant cette période, il pratique peu, s’intéressant surtout à la composition : il publie à l’âge de 24 ans une étude de finales, Aufgaben für Schachspieler, qui lui donne un important succès. En novembre 2017, Aufgaben für Schachspieler est réédité sous le titre Gourmandises pour joueur d’échecs. Devenu professeur au lycée à Breslau et son avenir étant assuré, il commence alors sa carrière de joueur amateur à 30 ans.

Après un premier match disputé en 1848, Anderssen affronte Daniel Harrwitz, l’un des meilleurs joueurs d’Europe en obtenant un score nul de 5 à 5. Pour un pur amateur, ce résultat est remarquable. La même année, le Illustrierte Zeitung, journal d’échecs allemand, publie son portrait, ce qui était considéré comme un grand honneur à l’époque.

Ne pouvant jouer sérieusement que pendant ses congés scolaires, Anderssen s’inscrivit en 1851 au premier tournoi européen d’échecs qui avait lieu en même temps que l’exposition universelle de Londres. Il prend le dessus sur tous les meilleurs joueurs d’Europe, ainsi que sur le champion du monde officieux : Howard Staunton. Le tournoi de Londres était un tournoi à élimination directe. Anderssen battit successivement Lionel Kieseritzky, Szén, Staunton et enfin Wyvill en finale.

Devenu une célébrité, Adolf Anderssen relâcha ses efforts et manqua son tournoi suivant à Manchester (1857). Peu après, en 1858, il se fit battre par le « météore prodigieux », l’Américain Paul Morphy, sur le score sans appel de 2 victoires à 7 avec 2 parties nulles.

Reprenant l’entraînement, Anderssen affronte en 1860 la nouvelle étoile montante des échecs autrichiens, le baron Ignác Kolisch : il obtient 6 victoires et subit 6 défaites. L’année d’après, en 1861, Kolisch déménage à Londres dans le but de battre Morphy, mais ce dernier délaisse la vie échiquéenne. Kolisch décide donc d’affronter Anderssen pour asseoir sa réputation. Au terme du match, Anderssen gagne par le score de 4 à 310.

L’année suivante, en 1862, il remporte la 2e édition du tournoi de Londres. C’est la première fois qu’une pendule est introduite pour contrôler le temps de réflexion des joueurs. Dépassant Louis Paulsen, Anderssen remporte le tournoi avec 12 points sur 13 possibles.

Après le tournoi de Londres 1862, de 1863 à 1867, Anderssen ne participa à aucun tournoi. Il ne joua que des matchs ou des parties amicales, notamment contre Rosanes en 1862-1863, contre Berthold Suhle en 1864 et contre Carl Mayet en 1865. En 1864, il fut coéditeur du Neue Berliner Schachzeitung avec Gustav Neumann contre lequel il perdit des matchs amicaux en 1864 et 1865 à Berlin (sur les scores de 6 à 8 et de 12,5 à 15,5). Les revers continuèrent en 1866, quand il perdit son match contre l’Autrichien Wilhelm Steinitz sur le score serré de 6 à 8 et aucune partie nulle13 ainsi qu’un match contre Neumann à Berlin (+9 –13 =2). En 1867, Anderssen fut absent des tournois de Dundee et de Paris, n’ayant pu obtenir de congé.

En 1868, Anderssen remporta le tournoi d’Aix-la-Chapelle, en 1869, celui de Barmen. En 1870, il participa à un tournoi international richement doté en prix qui se disputait à Baden-Baden. Plusieurs innovations y furent testées pour la première fois : sous peine de perdre la partie, le temps de réflexion de chaque joueur était limité à une heure pour vingt coups; les joueurs devaient remettre une copie lisible de leur partie sous peine de perdre un demi-point. Anderssen gagna le tournoi à deux tours sur le score de 11 points sur 16, battant Steinitz deux fois qui avait accumulé 10,5 points.

En 1871, Anderssen perd un premier match contre Johannes Hermann Zukertort, mais prend sa revanche l’année d’après en gagnant les trois parties. Par la suite, il participe à différents tournois majeurs mais termina seulement troisième du tournoi de Vienne 1873, deuxième dans le tournoi de Leipzig 1877 organisé pour le cinquantième anniversaire de ses débuts au échecs (à neuf ans) ; et sixième du tournoi international de Paris en 1878. Bien qu’ayant remporté quelques tournois mineurs (Leipzig 1871, Altona 1872 et Leipzig 1876), on dut se rendre à l’évidence : le temps des échecs romantiques était révolu ; l’époque du jeu scientifique et positionnel débutait.

Adolf Anderssen s’éteint en 1879, laissant l’empreinte d’un homme passionné, jamais accablé par une défaite et toujours prêt à lutter contre les meilleurs. Il fut un des rares maîtres à ne se faire aucun ennemi et mena la vie tranquille d’un enseignant modeste.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.