Thomas Robert Bugeaud, Marquis de La Piconnerie, Duc d’Isly, Maréchal de France.

Thomas Robert Bugeaud, marquis de La Piconnerie, duc d’Isly, est un militaire français, maréchal de France, né à Limoges le 15 octobre 1784, et mort à Paris le 10 juin 1849. Gouverneur général de l’Algérie, il joua un rôle décisif dans la colonisation de celle-ci.

Bugeaud s’engage à l’âge de 20 ans dans l’armée, en 1804, comme vélite dans les grenadiers à pied de la Garde impériale. Il est promu caporal à Austerlitz et sert ensuite comme sous-lieutenant dans les campagnes de Prusse et de Pologne (1806-1807), il est blessé à la bataille de Pułtusk le 26 décembre 1806.

Il combat ensuite en Espagne où il sert dans le corps d’armée de Suchet, puis dans la division Lamarque.

Sous-lieutenant, puis lieutenant au 64e de ligne dans la campagne de Prusse et de Pologne, capitaine au 116e de ligne, le 2 mars 1809 ; il était chef de bataillon en Espagne, en 1811, où il se montra avec éclat aux sièges de Lérida, de Tortose et de Tarragone.

Il gagne le grade de capitaine au second siège de Saragosse et lutte contre les guérilleros. Il est promu au grade de lieutenant-colonel après la bataille d’Ordal en Catalogne (14 septembre 1813) où avec un seul bataillon, il met en déroute un régiment anglais. Il est promu colonel au 14e régiment d’infanterie de ligne à son retour en

Bientôt, le général Bugeaud est envoyé en Algérie (6 juin 1836) avec ordre d’écraser la révolte d’Abd el-Kader. Il remporte un premier succès à la Sikkak le 6 juillet 1836. À l’époque du ministère Molé, comme lieutenant-général, la résistance des Algériens remet en cause tous ses projets et le contraint à signer le traité de Tafna avec l’émir Abd el-Kader le 30 mai 1837 ; par ce traité Abd el-Kader reconnaît aux Français la possession de quelques enclaves sur la côte algérienne (Alger, Bône, Oran…).

Rentré en France, Bugeaud déconseille, par son rapport, la conquête de l’Algérie et déplore une « possession onéreuse dont la nation serait bien aise d’être débarrassée ». Il préconise le maintien des territoires conquis sous statut militaire, pour éviter toute colonisation de peuplement. Ce statut perdurera jusqu’en 1870.

Bugeaud, lieutenant-général, depuis le 25 août 1836, et grand officier de la Légion d’honneur est cependant nommé gouverneur général de l’Algérie par le ministre Thiers en 1840.

Il embarque à Toulon pour Alger sur le Phaéton, le 19 février 1841, en compagnie de son aide de camp Eynard, chef d’escadron, et de Louis de Rochemore, son officier d’ordonnance.

Le jour même de son arrivée à Alger, le 22 février 1841, Bugeaud adresse une proclamation aux habitants européens de l’Algérie, et une à l’armée. Aux Européens, il expose qu’il a été l’adversaire de la conquête absolue en raison des moyens humains et financiers qu’elle exigerait, mais qu’il s’y consacrerait désormais tout entier. À l’armée, il disait que son but n’était pas de faire fuir les Arabes, mais de les soumettre.

Bugeaud finit par disposer de plus de 100 000 hommes. Entouré des généraux, La Moricière, Changarnier, Bedeau, Cavaignac, Bugeaud emploie de nouvelles méthodes de guerre inspirées de son expérience dans la lutte contre les partisans pendant la guerre d’Espagne. Il allége l’équipement des soldats, remplace les voitures par des bêtes de somme, met l’artillerie à dos de mulet. Les troupes sont divisées en colonnes mobiles ; elles pourchassent les rebelles arabes par une incessante offensive et, pour les affamer, font le vide devant eux, incendiant les villages, raflant les troupeaux. C’est la politique de la terre brûlée et des grottes brûlées.

« Le but n’est pas de courir après les Arabes, ce qui est fort inutile ; il est d’empêcher les Arabes de semer, de récolter, de pâturer, […] de jouir de leurs champs […]. Allez tous les ans leur brûler leurs récoltes […], ou bien exterminez-les jusqu’au dernier. »
« Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, imitez Cavaignac aux Sbéhas ! Fumez-les à outrance comme des renards. »

La « pacification » en Algérie connaîtra ses épisodes les plus sanglants par ce qui sera appelé par les historiens « les enfumades ». À Paris, on s’indigne lorsqu’on apprend les « enfumades » des grottes du Dahra. Le prince de la Moskowa, fils du maréchal Ney, fait une interpellation à la Chambre des pairs. Le général Bugeaud, interpellé, en assume la responsabilité et répond au ministre :

« Et moi, je considère que le respect des règles humanitaires fera que la guerre en Afrique risque de se prolonger indéfiniment. »

Sur le terrain également les méthodes de « contre-guérilla » préconisées par Bugeaud sont contestées par certains de ses subordonnés, en particulier Eugène Dubern.

Grand-croix de la Légion d’honneur le 9 avril 1843 puis maréchal de France en juillet 1843, il obtient la permission d’attaquer le Maroc, qui aidait l’émir Abd el-Kader qui continue sa résistance. Le 14 août 1844, les troupes marocaines sont surprises par Bugeaud sur l’oued Isly, non loin de la frontière. La victoire des Français obligera le sultan du Maroc à changer de politique vis-à-vis de la résistance algérienne.

Cette victoire lui vaut le titre de duc d’Isly ; il traque ensuite Abd el-Kader, qui doit se rendre en 1847.

La préoccupation constante de Bugeaud est d’associer l’armée à la colonisation.

 

 

 

« L’armée est tout en Afrique », disait-il ; « elle seule a détruit, elle seule peut édifier. Elle seule a conquis le sol, elle seule le fécondera par la culture et pourra par les grands travaux publics le préparer à recevoir une nombreuse population civile. »
L’occupation se double d’un effort de colonisation agricole avec la création des bureaux arabes. Il restera toute sa vie fidèle à sa devise Ense et Aratro, « par l’épée et par la charrue ».

En raison du différend entre Guizot et lui, né de l’expédition en Kabylie et de leurs conceptions divergentes de la colonisation, il est remplacé, en septembre 1847, par le duc d’Aumale, ce qui lui « permettrait », selon l’expression de Guizot, « de venir jouir de sa gloire en France ».

Son rôle en Algérie lui vaudra de figurer dans la célèbre chanson militaire de l’armée d’Afrique intitulée La Casquette du père Bugeaud.

Il a eu pour aide-de-camp le capitaine Louis Jules Trochu qui, devenu général, assurera le commandement de la Défense de Paris lors du siège de 1870-71.

Abd-EL-Kader et le Général Bugeaud (épreuve de luxe)

u moment de la révolution de février 1848, il reçoit le commandement de l’armée.

Le 23 à midi, suivi des généraux Rulhières, Bedeau, La Moricière, de Salles, Saint-Arnaud et d’autres, il va au quartier général des Tuileries pour être officiellement investi du haut-commandement par le duc de Nemours. Il rappelle aux officiers présents que celui qui va les diriger contre les révolutionnaires parisiens n’a « jamais été battu, que ce soit sur le champ de bataille ou dans les insurrections », et que, cette fois encore, il promet d’en finir rapidement avec « cette canaille rebelle ». Le marquis de Boissy rapporte à Victor Hugo les paroles de Bugeaud, qu’il note dans ses carnets :

« Eussé-je devant moi cinquante mille femmes et enfants, je mitraillerais. »

Pendant ce temps, les nouvelles de sa nomination contribuent largement à donner aux affaires un tour décisif. La Garde nationale encore plus irritée par sa nomination au haut-commandement, crie : « À bas Bugeaud ! », « À bas l’homme de la rue Transnonain ! » et refuse absolument d’obéir à ses ordres.

Effrayé par cette manifestation, Louis-Philippe retire ses ordres, et passe la journée du 23 en vaines négociations. Le 24 février, seul du Conseil de Louis-Philippe, Bugeaud pousse encore à la guerre jusqu’au bout ; mais le roi considère déjà que sacrifier le maréchal serait un moyen de faire la paix avec la Garde nationale. Le haut-commandement est donc placé en d’autres mains, et Bugeaud démissionne8. Deux jours après, mais en vain, il offre son épée au service du gouvernement provisoire.

Plaque au 1 quai Voltaire (7e arrondissement de Paris).
Il est porté à la Constituante par une élection partielle à l’automne de 1848 ; les conservateurs songent à lui pour une candidature à la présidence de la République, mais il se désiste en faveur de Louis-Napoléon Bonaparte. Celui-ci, élu président, le nomme commandant en chef de l’armée des Alpes. À peine élu par la Charente-Inférieure à la Législative, il meurt du choléra, le 10 juin 1849 dans l’hôtel particulier du 1 quai Voltaire à Paris (où une plaque lui rend hommage).

Le corps du maréchal Bugeaud est déposé dans une chapelle sépulcrale de l’hôtel des Invalides ; il est placé au-dessus du cercueil de l’amiral Duperré, tout près de celui du général Duvivier.

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Sources : Wikipédia, Youtube.

 

 

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