Roger Bissière, peintre.

Roger Bissière, né le 22 septembre 1886 à Villeréal (Lot-et-Garonne) et mort le 2 décembre 1964 à Boissièrette (commune de Marminiac dans le Lot), est un peintre français de la nouvelle École de Paris.

Il est l’aîné de la génération des artistes qui font apparaître dans les années 1950 la peinture non figurative.

Roger Bissière naît à Villeréal (Lot-et-Garonne) où son père, dans une tradition familiale remontant à 1816, est notaire. À partir de 1898 il est interne au lycée de Cahors. Son père achetant une charge d’huissier à la Banque de France et s’installant à Bordeaux en 1901, il y poursuit ses études au lycée Michel-Montaigne jusqu’en 1904. Ayant commencé à peindre en 1903, il préfère ne pas poursuivre des études de droit, et s’embarque en 1904 pour Alger où il travaille près d’un an auprès du peintre orientaliste Rochegrosse à l’École des beaux-arts. Rentré en 1905 il fréquente les cours de Paul Quinsac à l’École des Beaux-Arts de Bordeaux puis, brièvement, l’atelier de Gabriel Ferrier à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris où il s’installe en 1910, au 13 rue des Quatre-Vents puis au 35 rue de Seine. Il expose alors pour la première fois au Salon des artistes français. Il séjourne en 1911 à Londres (où, vraisemblablement, il enseigne, avec son ami Jean-Raymond Guasco), puis à Rome, invité à la Villa Médicis par son ami Jean Dupas. À partir de 1912 et jusqu’en 1920 il écrit des articles (les premiers sous le pseudonyme de Cadoudal) sur la peinture dans plusieurs journaux, l’hebdomadaire parisien L’Opinion mais aussi Le Voltaire, Paris-Midi, L’Action quotidienne et Le Siècle. Pour la presse, il réalise aussi des dessins humoristiques.

Exempté dès 1907 puis en 1914, Roger Bissière se rend au front en juin 1914 avec la Croix-Rouge mais un accident d’automobile, près de Soissons, l’oblige à demeurer à l’arrière.

Oeuvre de Roger Bissière, carte maximum, Paris, 8/12/1990.

À partir de 1914 il participe à des manifestations collectives (Salon des indépendants, Salon d’automne, Salon des Tuileries et se lie dans les années suivantes avec André Lhote, Georges Braque, Juan Gris, André Flavory. Il se marie le 23 janvier 1919 avec Albertine Lucie Lotte. Il publie en 1920 la première monographie sur Braque, des préfaces (Zadkine) et des articles sur Seurat, Ingres et Corot dans la revue L’Esprit Nouveau créée par Le Corbusier et Ozenfant. Bissière présente en 1921 sa première exposition personnelle à la galerie Paul Rosenberg. En 1923 France Ranson lui demande d’être professeur de peinture et de croquis à l’académie Ranson (on compte alors parmi ses élèves Victor Jean Desmeures) où il ouvrira en 1934 un atelier de fresque que fréquenteront notamment Alexandre Garbell, Jean Le Moal, Marinette Mathieu et Alfred Manessier. Ayant fondé une association, Les Castors de Montsouris, avec ses amis Louis Latapie, Braque et Ozenfant, il fait construire au 41 square de Montsouris, avec l’aide d’Auguste Perret, une maison dont il conçoit les plans. En 1926 naît son fils Marc-Antoine qu’il surnomme « Loutre » et qui peindra sous le nom de Louttre puis Louttre. Entré sous contrat à la galerie Druet en 1923, il la quitte après une dernière exposition personnelle en 1928 puis séjourne un an à Boissiérette en 1932-1933.

Lors de l’Exposition internationale des Arts et Techniques de Paris, Bissière participe en 1937 à la décoration de différents pavillons dont celui des Chemins de fer, assisté par Bertholle, Jean Le Moal et Manessier, après avoir exposé avec eux pour la première manifestation à Lyon, l’année précédente, du groupe « Témoignage ». Il vend sa maison et quitte Paris en 1939 pour s’installer dans l’ancien presbytère qu’il a hérité de sa mère en 1902, à Boissiérette dans le Lot.

Oeuvre de Roger Bissière, épreuve de luxe.

Bissière y cesse, pendant la guerre, de peindre, pratiquant durant la décennie suivante d’aventureuses activités, « la culture avortée de la lavande » (12 000 pieds) ; « l’élevage romantique du mouton confié à la garde d’une ancienne élève, Charlotte Henschel, rescapée du nazisme et de l’académie Ranson ; l’entreprise forestière avec un compagnon nommé Manessier ; l’élevage de la vache (17 têtes et pas une goutte de lait) ; la transformation d’une Alfa Romeo de course en gazogène ; les fours à charbon de bois ; le déboisage à la jeep… », écrit Walter Lewino.

Sur l’initiative en 1943 de Manessier, Bissière expose en 1944 à la Galerie de France de nouveaux pastels réalisés pendant l’hiver, aux côtés d’œuvres de Bertholle, Le Moal, Manessier, Singier, Louttre et Étienne Martin (préface de Gaston Diehl). Il compose l’année suivante des tentures avec des morceaux de tissus, chiffons ou rideaux, vieux vêtements ou chaussettes usagées, que coud et brode sa femme « Mousse », et en revient à la peinture. « Ma jeunesse a commencé à soixante ans », confiera-t-il plus tard6. Sur les conseils de Marcel Arland, Gildo Caputo, Le Moal et Manessier, la galerie René Drouin expose en 1947 sept de ses tapisseries et trente de ses peintures. Opéré à Nantes en 1950 d’un double glaucome, Bissière réalise une série de petits tableaux à la peinture à l’œuf, dont quelques-uns autour de l’île de Ré où il passe sa convalescence. Ses Images sans titre, peintes sur les supports les plus divers, sont présentées en 1951 par Jean-Francois Jaeger à la galerie Jeanne Bucher qui par la suite exposera régulièrement son travail.

En 1952, Roger Bissière reçoit le Grand Prix national des Arts. Il en revient à la peinture à l’huile en 1954 et illustre le Cantique à notre frère Soleil de saint François d’Assise, gravé par Marcel Fiorini. En 1955, Bissière est invité à la IIe Biennale de São Paulo et expose à la Dokumenta I de Cassel.

Il réalise en 1958 des vitraux pour les églises de Develier et Cornol en Suisse, tandis qu’une exposition rétrospective itinérante lui est consacrée dans les musées allemands et hollandais, et crée en 1960 les maquettes de deux verrières pour la cathédrale de Metz.

Les deux verrières opposées (tympan nord et tympan sud) de la cathédrale St.Etienne de Metz réalisées par Roger Bissière complètent merveilleusement les espaces intermédiaires laissées par les autres chefs d’oeuvre de cette “lanterne du Bon Dieu” (appellation donnée à la cathédrale de Metz) qui compte pas moins de 6500 m2 de surfaces vitrées.

Grâce à cet artiste, les deux baies vitrées vont devenir en quelque sorte source et sommet de toute l’architecture de lumière de cette cathédrale. En effet, les verrières de Roger Bissière rappellent les débuts de la création et notamment ce 4° jour selon la Bible où apparaissent les deux luminaires au firmament des cieux pour séparer le jour et la nuit (Le Soleil et la Lune).

Bissière meurt en 1964, après l’exposition des petits panneaux du Journal en images 1962-1964 qu’il peint après la disparition de Mousse, sa femme, en 1962 et la présentation de ses toiles au pavillon français de la Biennale de Venise, où il reçoit une mention spéciale d’honneur, qui ne sera plus attribuée par la suite, « en raison de l’importance historique et artistique de son œuvre. ». Il est enterré avec sa femme à Boissiérette près de son atelier.

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Sources : wikipédia, YouTube.

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