Mario Vargas Llosa, écrivain.

Mario Vargas Llosa, né le 28 mars 1936 à Arequipa (région d’Arequipa, au Pérou), est un écrivain péruvien naturalisé espagnol.

Auteur de romans et d’essais politiques, il est notamment lauréat du prix Nobel de littérature 2010 « pour sa cartographie des structures du pouvoir et ses images aiguisées de la résistance de l’individu, de sa révolte et de son échec ».

Comme beaucoup d’auteurs hispano-américains, Mario Vargas Llosa s’engage activement en politique, avec des opinions qui passent  progressivement du communisme au libéralisme. Candidat à l’élection présidentielle péruvienne de 1990 avec le soutien de la coalition libérale de centre droit Front démocratique, il est battu au second tour par le populiste de droite Alberto Fujimori.

En 2021, il est élu à l’Académie française, devenant le premier membre de cette institution à n’avoir jamais écrit un ouvrage en français, bien qu’il parle cette langue couramment et qu’il ait été le premier écrivain étranger à être publié à la Pléiade de son vivant.


Mario Vargas Llosa est issu de la classe moyenne péruvienne. Il est le fils unique d’Ernesto Vargas Maldonado et de Dora Llosa Ureta. Ses parents se séparent quelques mois après sa naissance à la suite de la révélation, par son père, d’une liaison avec une femme allemande qui donnera deux demi-frères au jeune Mario : Ernesto, qui meurt à onze ans d’une leucémie, et Enrique, qui deviendra avocat et citoyen américain.

Élevé par sa famille maternelle, Mario Vargas Llosa passe du Pérou à la Bolivie où son grand-père tient une plantation de coton. Sous le gouvernement de José Luis Bustamante y Rivero, l’aïeul se voit offrir un poste diplomatique à Piura. Cet épisode marque le retour des Llosa au Pérou. En 1946, à l’âge de 10 ans, Mario part vivre à Lima où il rencontre son père pour la première fois alors qu’il l’avait longtemps cru mort. Ses parents se remettent ensemble et déménagent à Magdalena del Mar, une banlieue aisée de la capitale. Il est admis à l’école élémentaire catholique Colegio La Salle10. Dans cette école, un religieux de l’ordre salésien, le frère Leoncio, abuse sexuellement de lui alors qu’il a douze ans.

À l’âge de 14 ans, il est envoyé en internat à l’Académie militaire de Lima par son père qui ne voit pas d’un bon œil sa vocation poétique naissante. Cet épisode lui laisse un sinistre souvenir et la matière de son livre La Ville et les Chiens. Il se retire de l’académie militaire et termine ses études à Piura, où il travaille pour le journal local, La Industria, et assiste à la représentation théâtrale de sa première œuvre dramatique, La huida del Inca.

Il étudie ensuite la littérature et le droit à l’université San Marcos, une faculté publique8, exerçant en parallèle différentes professions : correcteur littéraire puis collaborateur aux rubriques cinéma de la revue Literatura (1957-1958) et du journal El Comercio. Durant ses études, il découvre l’œuvre de Jean-Paul Sartre et le marxisme qui le marquent durablement. Il combat également la dictature militaire du général Manuel Odría. Pendant une brève période, il s’implique dans une branche étudiante du Parti communiste péruvien qu’il abandonne en protestation de la ligne stalinienne du mouvement sur l’art et la littérature. La révolution cubaine fait un temps revivre ses espoirs d’une révolution progressiste.

Grâce à une bourse d’étude, il poursuit son cursus universitaire à  l’Université centrale de Madrid où il soutient, en 1958, une thèse de doctorat sur Rubén Darío. Après avoir écrit un recueil de nouvelles remarqué, Les Caïds (Los Jefes, 1959), œuvre qui obtient le Prix Leopoldo Alas, il épouse la belle-sœur de son oncle maternel : sa tante par alliance Julia Urquidi, de dix ans son aînée. Cette relation lui inspire des années plus tard le roman La Tía Julia y el escribidor (La Tante Julia et le scribouillard). En 1964, il se sépare de Julia Urquidi et se remarie avec sa cousine Patricia Llosa, avec qui il aura trois fils et dont il divorcera cinquante ans plus tard en 2015. Depuis 2015, il est en couple avec Isabel Preysler, mère des enfants de Julio Iglesias et trois fois divorcée. Avec sa première épouse, il s’installe à Paris en 1959 dans l’espoir de recevoir une bourse pour reprendre des études, mais sa demande est rejetée. Le couple reste malgré tout dans la capitale française et Vargas Llosa y travaille en tant que professeur d’espagnol à l’école Berlitz, puis journaliste pour l’Agence France-Presse et la télévision. Il se passionne pour la littérature du pays, suit avec intérêt la querelle opposant Sartre à Albert Camus et écrit de manière prolifique. Il part ensuite pour Londres et Barcelone où il côtoie les grandes figures de la Gauche divine. Pendant son séjour en Europe, il se lie d’amitié avec d’autres jeunes auteurs, futurs piliers du boom latino-américain : l’Argentin Julio Cortázar, le Mexicain Carlos Fuentes et le Colombien Gabriel García Márquez. Il retourne à Lima en 1974 et est élu à l’Académie péruvienne un an plus tard.

Avec Julio Cortázar, Carlos Fuentes, Juan Rulfo, Gabriel García Márquez, Juan Carlos Onetti et José Donoso, Mario Vargas Llosa est considéré comme l’un des grands noms du boom de la littérature latino-américaine des années 1960. À des degrés divers, tous ces auteurs prennent leurs distances avec la narration traditionnelle et revendiquent l’influence des courants littéraires moderniste et postmoderne européens ou nord-américains auxquels ils empruntent des procédés novateurs (détournement des codes fictionnels, multiplicité des points de vue, polyphonie, morcellement de la chronologie, monologue intérieur ou encore flux de conscience sur l’exemple de James Joyce et William Faulkner). Leur style visionnaire, foisonnant et luxuriant a révélé au monde entier la complexité artistique, idéologique et politique du continent sud-américain qu’ils peignent comme une entité pittoresque, morcelée et paradoxale.

Mario Vargas Llosa est membre de l’Académie royale espagnole. Il a reçu les récompenses les plus prestigieuses de la littérature hispanophone et mondiale, notamment le prix Rómulo Gallegos en 1967, le prix Cervantes en 1994, le prix Jérusalem en 1995 et, en 2005, le Irving Kristol Award de l’American Enterprise Institute. Il prononce alors un discours remarqué, Confessions d’un libéral (Confessions of a Liberal).

Vargas Llosa est titulaire de quarante doctorats honoris causa à travers le monde, parmi lesquels celui de l’université nationale majeure de San Marcos (son alma mater), de l’université Rennes 2 Haute Bretagne, de l’université de Pau et des Pays de l’Adour, de l’université de Reims Champagne-Ardenne depuis le 19 septembre 200748 ou encore de l’université de Bordeaux 3 depuis le 13 novembre 2009.

Le 7 octobre 2010, il reçoit le prix Nobel de littérature pour « sa cartographie des structures du pouvoir et ses images aiguisées des résistances, révoltes, et défaites des individus. », selon l’explication de l’Académie suédoise.

Mario Varges Llosa, carte maximum, Espagne.

La même année, il est titré marquis de Vargas Llosa par le roi d’Espagne, Juan Carlos Ier.

En 2016, il devient le premier auteur de langue étrangère à entrer de son vivant dans la Bibliothèque de la Pléiade.

Après Milan Kundera et Michel Houellebecq, Vargas Llosa reçoit, le 3 octobre 2019, le grand prix littéraire Château La Tour Carnet, distinction prestigieuse et généreusement dotée, créée par le mécène Bernard Magrez, propriétaire de grands crus.

Après Javier Cercas, Ahmet Altan et Erri De Luca, Vargas Llosa reçoit, le 9 novembre 2021, le prestigieux prix André-Malraux pour son livre Temps sauvages.

Source : Wikipédia.

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