Käthe Kollwitz, sculptrice, graveuse et dessinatrice.

Käthe Kollwitz, née Schmidt le 8 juillet 1867 à Königsberg et morte le 22 avril 1945 à Moritzburg, est une sculptrice, graveuse et dessinatrice allemande, dont l’œuvre figure parmi les plus représentatives du XXe siècle.


Käthe Schmidt est le cinquième enfant de Karl Schmidt, entrepreneur de travaux public, socialiste et franc-maçon et de Katharina Rupp, fille de pasteur. Elle a un frère aîné Conrad (1863-1932) qui sera économiste, journaliste et membre du SPD. Elle souffrira de la mort prématurée de son frère Benjamin.

Elle passe son enfance et son adolescence à Königsberg, en Prusse orientale, reçoit des leçons de son grand-père maternel. Considérant les dispositions de sa fille pour le dessin, son père l’encourage à suivre des cours. À partir de 1881, Käthe, âgée de 14 ans, s’initie à son art auprès du peintre Gustav Naujok et du graveur sur cuivre Rudolf Mauer.

Kollwitz, carte maximum, Allemagne.

En 1885, elle quitte Königsberg pour Berlin, où elle fréquente l’école de dessin et de peinture et fait la connaissance de Gerhart Hauptmann et Arno Holz. En 1886, elle revient à Königsberg et suit alors les cours d’Emil Neide, à l’académie des arts, puis elle séjourne à Munich où elle parachève sa formation auprès du professeur Ludwig von Herterich et se fiance à Karl Kollwitz, étudiant en médecine qui veut se consacrer aux populations pauvres des villes. Elle retourne à Königsberg en 1890.

De retour à Königsberg, Käthe Schmidt, jeune femme de 24 ans, épouse en 1891 un médecin de 28 ans, le docteur Karl Kollwitz. Le couple emménage à Berlin dans une maison située à l’angle de la Weißenburger Strasse, dans un quartier ouvrier de Berlin. En 1892 naît leur premier fils, Hans. En 1896, Käthe Kollwitz donne le jour à un second garçon, Peter.

En 1904, alors qu’elle est en visite à Paris, Käthe Kollwitz rencontre quelques élèves qui se sont établies dans la capitale française. Comme l’une d’elles vit dans une grande précarité, elle lui propose de prendre à sa charge l’éducation de son fils âgé de 11 ans, Georg Gretor. Elle ramène l’enfant avec elle en Allemagne et l’élèvera comme un troisième fils.

De 1898 à 1903, Käthe Kollwitz enseigne à l’école artistique pour femmes de Berlin. Après une série de gravures intitulée Une révolte de tisserands (1893-1897), elle réalise une autre série sur le thème de La Guerre des paysans (1901-1908). En 1910, elle commence à exercer dans le domaine de la sculpture en s’inspirant du célèbre sculpteur Ernst Barlach. Elle se lie d’amitié avec le peintre berlinois Otto Nagel.

Début août 1914, la Première Guerre mondiale éclate. Son fils cadet Peter, 18 ans, tombe au champ d’honneur dès le 23 octobre lors des combats de la Première bataille d’Ypres. Cette tragédie amène Käthe Kollwitz à se tourner vers le pacifisme et le socialisme. En novembre 1918, l’Allemagne est vaincue. Le système monarchique s’effondre. La république est proclamée et les mouvements révolutionnaires violemment réprimés.

En 1919, Käthe Kollwitz, 52 ans, est la première femme à devenir membre de l’académie des Arts de Berlin. Elle dédie une sculpture sur bois à Karl Liebknecht, cofondateur assassiné du Parti communiste allemand (KPD), ancien membre du Parti social-démocrate (SPD).

Käthe Kollwitz mentionne dans son journal que l’art a pour tâche de représenter les conditions sociales des prolétaires8. Elle participe à la tentative de construction d’une unité des travailleurs luttant contre le nazisme et est co-signataire d’un appel en juin 1932 pour l’unité d’action entre le KPD et le SPD.

Avec l’arrivée au pouvoir des nazis en 1933, Käthe Kollwitz est contrainte de démissionner de son poste à l’Académie prussienne des arts et de sa fonction de directrice de la classe de graphisme. On lui retire également sa décoration Pour le Mérite de la section Arts et Lettres. Il lui est interdit d’exposer son travail, bien qu’une partie de ses toiles ait été utilisée par les nazis à des fins de propagande. Le couple Kollwitz est menacé de déportation mais leur notoriété les protège.

En 1934, elle commence son dernier cycle de gravure Vom Tode (Mort) qu’elle achève en 1937. Au début de l’année 1940 son mari, aveugle depuis plusieurs années, meurt à l’âge de 77 ans.

Käthe Kollwitz s’installe pendant quelque temps au château de Bischofstein dans la région de Lengenfeld unterm Stein. En 1942, son petit-fils Peter, 21 ans, tombe devant Stalingrad comme son oncle, à qui son prénom rendait hommage, était tombé dans les Flandres en 1914. Berlin subissant les bombardements de l’aviation alliée, elle part s’installer à Nordhausen en 1943. En novembre 1943, son appartement, situé Weißenburger Straße, est bombardé et détruit par l’aviation alliée. L’appartement de son fils Hans subit le même sort quelques jours plus tard.

En juillet 1944, elle part pour Moritzburg (Rudenhof), près de Dresde. Elle y meurt en avril 1945, soit deux mois après le bombardement qui a détruit presque toute la ville et deux semaines seulement avant la fin de la guerre en Europe. Sa belle-fille s’éteindra en 1963, son fils en 1971.

Käthe Kollwitz est enterrée avec des membres de sa famille dans le cimetière central de Berlin-Friedrichsfelde. Sa tombe se trouve dans la section des artistes et a été classée « tombe d’honneur ».

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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