Jean-Baptiste Charcot, médecin et explorateur

Thèmes : Explorateurs, Médecine


Né le à Neuilly-sur-Seine, il est le fils du médecin Jean-Martin Charcot. De 1876 à 1885, il fréquente l’École alsacienne, y pratique beaucoup le sport (boxe, rugby à XV, escrime). C’est en classe de 5e qu’il fonde avec quinze camarades de classe les « Sans Noms », une société scolaire avec laquelle il organise en 1880 un des premiers, voire le premier, match scolaire de Rugby à XV en France.

C’est aussi à cette époque qu’il rédige les aventures d’un trois-mâts en Patagonie pour un petit journal illustré. L’été, il pratique la voile à Ouistreham.

De 1883 à 1887, il fait de nombreux voyages avec son père (Pays de Galles, Shetland, Hébrides, îles Féroé, en Islande, Jan Mayen, Pays-Bas, Espagne et Maroc, et gardera une véritable phobie des pays trop chauds). En 1888, il accomplit son service militaire au 23e bataillon de chasseurs alpins en qualité de médecin auxiliaire.

En 1891, reçu au concours d’internat d’Études de médecine, il fait, en qualité de médecin, un voyage en Russie avec son père.

En 1892, il achète son premier yacht (Daisy, un petit cotre qu’il rebaptise le Courlis), un sloop de 8,30 m avec lequel il apprend à régater. En 1893, son père, Jean-Martin Charcot, meurt d’un œdème du poumon. Jean-Baptiste fait construire son premier Pourquoi-Pas ?, un cotre de 19,50 m (20 tonneaux), par le chantier Bonnin à Lormont/Bordeaux. Cette même année, il est interne à l’hôpital de la Salpêtrière puis à l’hôpital Saint-Antoine.

En 1894, il fait une croisière de deux semaines. L’année suivante, il soutient sa thèse de doctorat L’atrophie musculaire progressive et devient docteur en médecine à la faculté de Paris le 5 juin 1895. L’année de son doctorat en médecine, une infirmière de l’Hôpital de la Salpêtrière meurt en couches en lui donnant une fille, Marie-Louise surnommée Marion (1895-1927). Cette même année, il est également finaliste du championnat de France de rugby au poste de pilier droit avec l’Olympique, club qu’il a fondé avec des amis du Racing Club de France5.

Le 18 novembre 1896, il épouse Jeanne Hugo, petite-fille de Victor Hugo, divorcée de son ami d’études Léon Daudet. Cette même année, il est champion de France de rugby 1896 toujours avec l’Olympique.

Il revend son bateau qu’il remplace par une goélette en bois de 26 m, le Pourquoi-Pas ? II. En 1897, il change de bateau, pour une goélette en fer de 31 m, avec moteur à vapeur, le Pourquoi-Pas ? III. En 1898, il remonte le Nil jusqu’à Assouan en compagnie du milliardaire Vanderbilt.

En 1899, séduit par les modifications et les améliorations apportées par le propriétaire intermédiaire, il rachète son ancienne goélette, le Pourquoi-Pas ? II, et va croiser dans les eaux britanniques.

Il est double médaillé d’argent aux Jeux olympiques d’été de 1900 dans l’épreuve de voile.

En 1901, il réalise des recherches nautiques, météorologiques et microbiologiques vers l’archipel des Shetland, les Hébrides et les îles Féroé.

En 1902, il est versé dans la marine de réserve. Il acquiert une goélette en fer de 214 tonneaux (la Rose-Marine), réalise une croisière avec son épouse à l’île Jan Mayen. Puis, il navigue vers l’Islande, franchit pour la première fois le cercle polaire arctique et approche des glaces.

Il a aussi acquis dans les années 1895-1900 un chalet en bois de style suisse dans la ville d’eau d’Aix-les-Bains, en Savoie.

En 1903, il fait construire à Saint-Malo un trois-mâts goélette de 32 mètres, le Français. Pour suivre de plus près les travaux, il s’installe à proximité de Saint-Servan dans une demeure dominant la Rance, La Passagère. Il monte la première expédition française en Antarctique qui hiverne sous le vent de l’île Wandel. Le , l’expédition quitte la péninsule Antarctique après un hivernage sans encombre. Il s’agit du premier hivernage d’une expédition scientifique dans les Pôles. Les objectifs scientifiques sont dépassés : 1 000 km de côtes découvertes et relevées, trois cartes marines détaillées, 75 caisses d’observations, de notes, de mesures et de collections destinées au Muséum national d’histoire naturelle. Le bateau est revendu à la marine argentine. Dès son retour en France, Charcot divorce et s’installe chez sa sœur Jeanne, avec sa fille Marion.

Le , il se remarie avec Élisabeth Marcelle Marguerite (Meg) Cléry (fille d’un célèbre avocat parisien Léon Cléry), peintre qui l’accompagnera souvent dans ses voyages. Monique, sa deuxième fille et la première du couple, naît le 8 décembre 1907 (décédée en mars 1995 à Louveciennes, à l’âge de 87 ans). Il lance une nouvelle expédition antarctique et commence la construction d’un nouveau Pourquoi-Pas ? IV, bateau d’exploration polaire de 40 mètres gréé en trois-mâts barque, équipé d’un moteur et comportant trois laboratoires et une bibliothèque.

En août de 1908, Charcot part hiverner à l’île Petermann pour sa deuxième expédition polaire. De retour en juin 1910 après un deuxième hivernage, l’expédition est riche en expériences scientifiques : des mesures océanographiques (salinité, sondage), des relevés de météorologie, une étude des marées, une étude du magnétisme, des collections de zoologie et de botanique confiées au Muséum et à l’Institut Océanographique de Monaco. Il rapporte aussi des découvertes géographiques comme le tracé de la Terre Alexandre et une nouvelle terre, la Terre de Charcot. Résultats de l’expédition considérables qui comprennent aussi le relevé cartographique de 2 000 km de côtes. Mais Charcot, victime du scorbut, revient considérablement affaibli.

En 1911, naissance de Martine (1911-1979), troisième fille de Jean-Baptiste Charcot. Il mène cette année-là une courte campagne océanographique en Manche. En décembre 1911, il participe, avec le lieutenant de vaisseau Nicolas Benoit, à la création des Éclaireurs de France l’un des deux premiers mouvements de scoutisme en France (aujourd’hui Éclaireuses éclaireurs de France) dont il est le premier président. En 1912 le Pourquoi-Pas ? IV devient le premier navire-école de la marine. De 1913 à 1936, il est président du Yacht club de France.

partir de 1925, atteint par la limite d’âge, il ne peut plus commander le Pourquoi-pas ?, mais reste à bord en qualité de chef des missions. Il va effectuer de multiples navigations vers les glaces de l’Arctique. En 1926, il est élu membre libre de l’Académie des sciences et se voit confier une mission à la Terre de Jameson. Il explore la côte orientale du Groenland et rapporte une abondante récolte de fossiles et de nombreux échantillons d’insectes et de flore locaux.

En 1928, le Pourquoi-Pas ? IV et le croiseur Strasbourg (ex Allemand KMS Regensburg) vont à la recherche du gros hydravion français, un « Latham 47 », disparu avec aux commandes le grand explorateur norvégien Roald Amundsen, lui-même à la recherche du général italien Nobile, parti survoler le pôle Nord à bord du dirigeable Italia dont on est sans nouvelles. Les recherches seront vaines. En 1929, Charcot est reçu à l’Académie de marine.

À partir de 1930, il prépare l’Année polaire internationale. De 1931 à 1933, il s’occupe de la définition de la mission, de l’implantation et de l’organisation de la station du Scoresby Sund avec le concours de scientifiques, des autorités danoises locales et de la main d’œuvre du pays. En 1934, il est nommé grand officier de la Légion d’honneur. L’été 1934, il installe au Groenland la mission ethnographique dirigée par Paul-Émile Victor, qui séjourne pendant un an à Angmagsalik pour vivre au milieu d’une population d’eskimos. En septembre de cette même année, il co-fonde, avec le Muséum national d’histoire naturelle, l’aquarium et musée de la Mer de Dinard. En 1935, il revient chercher Victor et ses trois compagnons (Gessain, Pérez et Matter), puis va poursuivre l’établissement de la cartographie de ces régions. Le 16 septembre, un véritable cyclone ravage les côtes de l’Islande et le bateau parvient à se réfugier dans un petit port.

En septembre 1936, de retour du Groenland, où il est allé livrer du matériel scientifique à la mission de Paul-Émile Victor qui vient de traverser l’inlandsis en 50 jours, après avoir rempli une mission de sondage, le Pourquoi-Pas ? IV fait une escale à Reykjavik le 3 septembre pour réparer la chaudière du bateau. Ils repartent le 15 septembre pour Saint-Malo, mais le bateau est pris le 16 septembre dans une violente tempête cyclonique et coule corps et biens sur les récifs d’Álftanes vers h 30. Le bilan est de 23 morts, 17 disparus et un seul survivant : le maître timonier Eugène Gonidec, originaire de Douarnenez et surnommé Pingouin. Il racontera que le commandant Charcot, comprenant la destruction inévitable du Pourquoi-Pas ? IV sur les récifs, libéra de sa cage une mouette (Rita) qui était la mascotte du bord. Le docteur Charcot, avec à ses côtés le commandant, officier des équipages de 1re classe Le Conniat et le maître principal pilote de la flotte Floury, restèrent à bord et coulèrent avec le navire, selon les plus pures traditions de la marine.

Jean-Baptiste Charcot, mort en mer, mais dont le corps est retrouvé, est enterré à Paris au cimetière de Montmartre, le 12 octobre 1936 après des funérailles nationales qui se déroulèrent à la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Sources : Wikipédia, Auguste Dupouy, Charcot, Plon, Paris, 1938.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.