Dominique de Guzmán, religieux catholique.

Dominique Nuñez de Guzman (en espagnol : Domingo Núñez de Guzmán), né vers 1170 à Caleruega, en Espagne, et mort le 6 août 1221 à Bologne, en Italie, est un religieux catholique, prêtre, fondateur de l’ordre des frères prêcheurs appelés couramment « dominicains ». Canonisé par l’Église en 1234, il est célèbre sous le nom de saint Dominique. Autrefois fêté le 4 août puis le 6 août jour de sa « naissance au ciel », il est fêté le 8 août depuis le concile Vatican II.


À sept ans, il est confié à un oncle maternel ecclésiastique vivant à Gumiel de Izán11 (où il étudie les lettres, notamment le latin), pour en faire un lecteur. Dominique est envoyé à quatorze ans à l’université de Palencia pour étudier la théologie et la philosophie. Repéré par le prieur du chapitre des chanoines réguliers d’Osma, il entre à l’âge d’environ 25 ans, en 1196, comme chanoine dans cette communauté en pleine réforme à l’époque à cause du prieur qui veut y imposer la Règle de saint Augustin. Selon l’hagiographie dominicaine, il se distingue de bonne heure par la ferveur de son zèle et par son talent pour la prédication : « Aussitôt celui-ci se mit à briller parmi les chanoines comme l’étoile du berger : le dernier par l’humilité du cœur, le premier par la sainteté. Il devint pour les autres le parfum qui conduit à la vie, semblable à l’encens qui embaume dans les jours d’été. Chacun s’étonne de ce sommet si rapidement et si secrètement atteint dans la vie religieuse ; on le choisit pour sous-prieur, jugeant qu’ainsi placé sur un piédestal élevé, il verserait à tous les regards sa lumière et inviterait chacun à suivre son exemple ». Dominique apparaît effectivement dans une charte datée du 13 janvier 1201 avec la qualité de sous-prieur du chapitre d’Osma.

En 1203, Dominique accompagne son évêque, Diego de Acebo, chargé par le roi Alphonse VIII de Castille d’une ambassade auprès du roi de Danemark afin d’obtenir une princesse en mariage pour l’infant.

Traversant ce qu’on appelle aujourd’hui l’Occitanie, Dominique y rencontre l’hérésie des « bons hommes » ou « bons chrétiens » ou « cathares ». Certains des éléments qui serviront de prétexte à la Réforme protestante sont déjà présents à cette époque. La richesse de l’Église, en particulier, fait scandale parmi des chrétiens qui finissent par se laisser séduire par les idées des vaudois et des « bons hommes ».

Guzman, carte maximum, Espagne.

Jusqu’à la fin du XIIe siècle, les papes avaient tenté d’enrayer le phénomène sur deux plans : des campagnes militaires menées par des évêques dont les victoires sanglantes restaient sans lendemain et des prêches menés avec faste par les cisterciens avec saint Bernard à leur tête, comme ce fut le cas à Albi en 1145. Ici aussi sans résultat. L’Église ne parvient pas, à cette époque, à contrer l’hérésie adoptée par une partie du peuple tandis que les théologiens hérétiques allient à leur culture religieuse un style de prêche qui touche les petites gens. L’hérésie est finalement condamnée en 1184, les deux mouvements, pourtant distincts, étant confondus.

À son retour du Danemark, après un deuxième voyage en 1205, Dominique passe par Rome et Cîteaux, puis s’arrête en Languedoc, apparemment résolu à combattre l’hérésie à la demande du pape Innocent III. Alors qu’il voulait avec son évêque Diego de Acebo évangéliser les Coumans d’Ukraine, il aurait reçu l’ordre du pape d’assister les cisterciens qui tentaient en vain de rechristianiser les albigeois. Pour concurrencer une institution cathare, Dominique établit à Fanjeaux (à l’époque Prouilhe) dès 1206 le premier monastère de femmes (noyau des futures dominicaines), en utilisant l’ancienne église et quelques dépendances, dont la majeure partie est donnée par Guillaume et Raymonde Claret. En 1207 Dominique participe au colloque de Pamiers, appelé aussi « colloque de Montréal » qui est le dernier débat contradictoire entre les cathares et l’Église. Le légat Arnaud Amaury lui fixe une « diète », territoire à évangéliser autour de Prouilhe, avec notamment les places fortes cathares de Fanjeaux et Montréal. Une légende18 dont la source semble être le Rosarium (long poème marial composé par un dominicain au milieu du XIVe siècle) attribue à Dominique l’apparition de la Vierge en 1208 à Prouilhe, elle se serait montrée à lui sous le vocable de Notre-Dame du Rosaire. Le dominicain Alain de La Roche propage au XVe siècle le rosaire, méthode de méditation sur la vie du Christ.

L’assassinat du légat du pape, le cistercien Pierre de Castelnau, imputé à Raymond VI de Toulouse, déclenche en 1209 la croisade des albigeois et Dominique suit les croisés dans les places conquises cherchant à obtenir des conversions.

Le 25 avril 1215 il s’établit à Toulouse, avec quelques proches, dans des bâtiments donnés par Pierre Seila (ou Pierre Seilhan), visibles aujourd’hui au 7, place du Parlement. L’installation dans une ville a pour premier but l’étude, Dominique bénéficiant des leçons d’un maître. Son ordre accompagne la création de l’université de Toulouse. Foulques, évêque de Toulouse, collaborateur de Dominique depuis 1206, l’ autorise à prêcher dans tout le territoire de Toulouse. Au mois de novembre, Dominique et Foulques se rendent à Rome, au IVe concile du Latran : là, avec le pape Innocent III, ils projettent l’établissement d’un ordre des Prêcheurs, moines qui s’engagent à la pauvreté et la prédication, mais après avoir reçu une solide formation doctrinale pour mieux réfuter les hérésies.

À la même époque, Simon de Montfort, à la tête d’une armée de croisés, extermine les albigeois par le fer et par le feu (1205-1215). Dominique opère un grand nombre de conversions par la seule persuasion ; il ne prend aucune part à la guerre, ne voulant d’autres armes que la prédication, la prière et les bons exemples.

Ainsi, et peut-être inspiré par le tout récent ordre mendiant de François d’Assise, Dominique fonde en 1216 l’ordre des Prêcheurs, mieux connu aujourd’hui sous le nom de dominicains qui seront, à l’inverse des franciscains, invités à s’instruire sans relâche. Un an avant la constitution officielle de l’ordre, Innocent III demande à Dominique de s’inscrire dans une tradition existante. Une règle inspirée de celle de saint Augustin est alors choisie, et c’est le pape suivant Honorius III, qui autorise l’établissement de l’ordre en décembre 1216 ou, selon certains, en janvier 1217.

Le 15 août 1217, Dominique disperse ses seize premiers frères qui se fixent dans les villes universitaires (Bologne, Paris, Toulouse, Oxford, Cologne) où la qualité de leur enseignement leur permet de briguer rapidement les chaires de faculté. Il répond ainsi à la recommandation du quatrième concile du Latran qui invite les évêques à doter leurs diocèses de prédicateurs instruits. Au chapitre de Bologne (1220), Dominique donne ses premières structures à l’ordre des frères prêcheurs. À sa tête est placé un maître, auquel sont soumis tous les prêcheurs. Un chapitre général est réuni tous les ans, élaborant les règlements de l’ordre et disposant du pouvoir judiciaire. La règle de l’ordre est celle des chanoines de saint Augustin. Elle accorde une large place à la prière liturgique et à la méditation. L’ordre ne doit avoir ni revenus ni propriétés, et doit pratiquer la mendicité conventuelle. Seule est admise la possession du couvent par la communauté et de livres par chacun des frères. Chaque couvent se transforme en maison d’étude (studium) et chaque province dispose de centres d’études biblique et théologique.

Il emploie ses dernières années à répandre son institut, qui bientôt compte de nombreux couvents en France, en Italie, en Espagne.

Le 6 août 1221, Dominique meurt à Bologne après une longue maladie. Il est canonisé le 3 juillet 1234 par Grégoire IX, qui fixe sa fête au 4 août (un an avant que l’ordre fondé par Dominique ne soit impliqué par le pape dans une nouvelle méthode de lutte contre l’hérésie : l’Inquisition), la date du 6 août étant réservée à la fête de la Transfiguration et celle du 5 à la fête de Notre Dame des neiges.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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