André Masséna, général de la révolution et de l’empire.

André Masséna, né Andrea Massena, duc de Rivoli et prince d’Essling, né le 6 mai 1758 à Nice (alors dans le comté de Nice du royaume de Sardaigne) et mort le 4 avril 1817 à Paris, est un général français de la Révolution et de l’Empire, élevé à la dignité de maréchal d’Empire par Napoléon en 1804.

Il commence sa carrière dans l’armée de l’Ancien Régime et révèle ses capacités militaires lors des guerres de la Révolution française, s’affirmant comme l’un des meilleurs généraux de la République. Après avoir été le principal lieutenant de Napoléon Bonaparte pendant la première campagne d’Italie, où il contribue de façon décisive aux victoires d’Arcole et de Rivoli, il remporte en 1799 la deuxième bataille de Zurich dont les répercussions stratégiques sont considérables pour la France.

Sous l’Empire, il continue de faire preuve d’une grande compétence dans ses divers commandements, tant sous les ordres directs de Napoléon qu’à la tête d’une force indépendante sur des théâtres d’opération secondaires. En 1805, il se bat une nouvelle fois en Italie, envahit peu après le royaume de Naples et joue un rôle majeur au cours des batailles d’Essling et de Wagram en 1809. Cependant, son échec au Portugal face aux Anglais de Wellington l’année suivante lui vaut la disgrâce de l’Empereur qui ne lui confie plus aucun poste militaire d’envergure durant l’Empire. Rallié aux Bourbons à la Restauration, il s’éteint peu après à l’âge de 58 ans.

Doté d’un solide sens tactique et stratégique, capable de faire preuve à la fois d’énergie et de prudence dans l’exercice de son commandement, Masséna jouit de l’estime de Napoléon qui le considère comme son meilleur subordonné, allant jusqu’à le surnommer « l’enfant chéri de la victoire » pour son brillant comportement à la bataille de Rivoli. Sa réputation est cependant ternie par ses faiblesses morales, sa cupidité et ses méthodes de guerre parfois impitoyables.


Le maréchal Masséna retrouve un commandement opérationnel pendant la guerre contre l’Autriche en 1809. Napoléon lui confie en effet la direction du IVe corps d’armée, une unité composée majoritairement de conscrits et qui est en train de se regrouper en France pour renforcer les troupes stationnées en Allemagne. Le maréchal fait route à travers la Bavière mais, en dépit de ses efforts et de ceux de Napoléon, il ne participe que marginalement à la première phase de la campagne. Lors des batailles de Landshut et d’Eckmühl, le corps de Masséna, qui progresse à marches forcées sous la conduite énergique de son chef, n’arrive pas à temps pour compléter l’encerclement des forces autrichiennes qui parviennent à se replier au nord de Ratisbonne.

Après avoir participé à la marche sur Vienne, il livre le 3 mai la sanglante bataille d’Ebersberg contre l’arrière-garde autrichienne, où il est critiqué par l’Empereur pour avoir ordonné de façon prématurée une attaque frontale sur les positions ennemies. Masséna joue également un rôle de premier plan au cours de la bataille d’Essling. Il dirige la première traversée du Danube devant Vienne et repousse les attaques autrichiennes sur le village d’Aspern, galvanisant ses hommes en combattant parmi eux, un fusil à la main. La rupture des ponts rend néanmoins la situation extrêmement périlleuse pour les troupes françaises déployées sur la rive nord. À la suite de la blessure mortelle du maréchal Lannes et la décision prise par Napoléon de suspendre l’offensive, Masséna prend le commandement de la tête de pont et organise avec habileté la retraite sur l’île Lobau, au milieu du Danube. Dans les semaines qui suivent cet échec, Masséna travaille en étroite collaboration avec l’Empereur pour consolider les positions françaises sur l’île et organiser méthodiquement une nouvelle traversée du fleuve, plus en aval.

Une nouvelle offensive, destinée à laver l’échec subi à Essling, est planifiée pour le mois de juillet 1809. Quelques jours avant le déclenchement des opérations, Masséna tombe de son cheval qui a mis le pied dans un terrier de lapin et est sérieusement blessé à la jambe. Il refuse cependant de rentrer à Vienne pour se soigner et décide de continuer à commander le IVe corps depuis une berline. Le premier jour de la bataille de Wagram, le 5 juillet, ses troupes refoulent d’Aspern le corps autrichien de Klenau. Le lendemain, alors que les unités saxonnes de Bernadotte viennent de perdre le village d’Aderklaa, Masséna se porte en soutien de son camarade avec deux divisions et livre un combat féroce pour la possession de la localité. Au cours de l’action, sa calèche est prise pour cible par des cavaliers ennemis. Il foudroie d’un coup de pistolet à la tête un hussard qui le menace. Sur sa gauche, la division Boudet doit évacuer Aspern et Essling sous les coups de boutoir des Autrichiens. Devant la gravité de la situation, Napoléon se rend en personne auprès de Masséna et grimpe dans la calèche aux côtés du maréchal ; depuis ce quartier général improvisé et exposé au feu ennemi, l’Empereur fait part à Masséna de son intention de briser la ligne autrichienne par le centre et lui ordonne de reprendre Essling. Le maréchal réussit en définitive à stopper l’avance de ses adversaires, stabilisant la situation dans ce secteur, tandis que la retraite amorcée par l’archiduc Charles permet à Napoléon de remporter une victoire coûteuse.

Le lendemain, le IVe corps de Masséna se lance à la poursuite de l’armée autrichienne qu’il accroche sérieusement le 11 juillet à la bataille de Znaïm. Un armistice signé le 12 met cependant fin aux combats et Masséna, après avoir réorganisé ses troupes en Moravie, rentre en France au début du mois de novembre 1809. Pour son rôle au cours de la campagne et plus particulièrement son brillant comportement à Essling, Napoléon décerne à Masséna le titre de prince d’Essling le 14 octobre 1809.

Retiré dans son château de Rueil aux côtés de sa famille, Masséna se montre peu à la Cour et entreprend de rédiger ses mémoires tout en s’occupant de l’éducation de ses enfants. Il n’est pas employé dans la campagne de Russie en 1812. En juillet de la même année, la situation en Espagne se dégrade brutalement avec la défaite du maréchal Marmont à la bataille des Arapiles. Cambacérès, qui préside le conseil de régence en l’absence de l’Empereur, décide de renvoyer Masséna dans la péninsule Ibérique avec le titre de général en chef. Le maréchal accepte le poste, mais, affaibli par une forte fièvre alors qu’il se trouve à Bayonne, il demande à être relevé de son commandement à la fin du mois d’août. Il séjourne alors un temps à Nice, sa ville natale, avant de s’en retourner dans sa propriété de Rueil quelques mois plus tard. Le 14 avril 1813, l’Empereur lui confie la 8e division militaire, basée à Toulon. Masséna orchestre tout d’abord la répression d’une conjuration royaliste visant à livrer le port de Toulon aux Anglais et à provoquer une insurrection en Provence, complot dont les principaux meneurs sont exécutés en décembre 1813 à l’issue d’un procès ; il doit également faire face aux tentatives d’incursions des Britanniques, présents en Méditerranée, et lutter contre les réfractaires à la conscription.

Après l’abdication de Napoléon en avril 1814, il est maintenu dans ses fonctions par Louis XVIII qui le fait grand-croix de l’ordre de Saint-Louis. Le 20 janvier 1815, le roi lui octroie en outre sa naturalisation, Nice étant redevenue sarde à l’occasion du redécoupage des frontières. Peu après, le maréchal est élevé à la pairie. En 1815, il reste longtemps fidèle aux Bourbons, n’acceptant aucun service pendant les Cent-Jours. Il se contente d’assister à la cérémonie du Champ de mai et de venir siéger à la Chambre des pairs. Lors de la séance du 22 juin, alors que le général de La Bédoyère plaide en faveur des droits du fils de l’Empereur à la couronne, Masséna s’exclame : « jeune homme, vous vous oubliez ! » Napoléon ayant définitivement abdiqué le même jour, le prince d’Essling est nommé commandant de la Garde nationale de Paris par le gouvernement provisoire et participe à ce titre à la conférence de La Villette qui voit les maréchaux et généraux chargés de la défense de Paris opter pour la reddition de la capitale. La Seconde Restauration le replace à la tête de la 8e division militaire. Il est l’un des quatre maréchaux présents au conseil de guerre de Ney et se déclare avec la majorité de ses camarades pour l’incompétence, reportant le jugement devant la Chambre des pairs. Dénoncé aux Chambres comme ne s’étant pas opposé au retour de Napoléon, il est démis de ses fonctions et doit se justifier des accusations de concussion portées contre lui par les ultra-royalistes. Rongé par la tuberculose, le maréchal Masséna meurt le 4 avril 1817 à Paris, âgé de 58 ans. Ses obsèques ont lieu le 6 avril au cimetière du Père-Lachaise. Le général Thiébault prononce l’éloge funèbre.

Source : Wikipédia.

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