Wilhelm Steinitz, père des échecs modernes.

Wilhelm Steinitz (14 mai 1836 à Prague, Empire d’Autriche – 12 août 1900 à New York) est un joueur d’échecs autrichien, naturalisé américain en 1888 (à cette occasion, il changea officiellement son prénom en William).

Premier champion du monde officiel des échecs de 1886 à 1894, il a été le premier joueur à étudier scientifiquement le jeu d’échecs pour en dégager les règles de stratégie. À ce titre, il est considéré comme le père des échecs modernes.


Steinitz naquit à Prague en 1836, un an avant le champion américain Paul Morphy. Morphy, qui avait achevé une tournée triomphale en Europe en 1858, retourna aux États-Unis en 1859 et cessa de disputer des matchs et des tournois à partir de 1860. Steinitz commença sa carrière aux échecs à Vienne en 1859. Lors des championnats de Vienne, en 1859 et 1860, il termina troisième puis deuxième avant de remporter le tournoi en 1861.

Steinitz, au début de sa carrière, était connu en raison de ses combinaisons brillantes. Son apparition sur la scène échiquéenne européenne remonte à son arrivée à Londres en 1862 où il termina sixième du tournoi organisé à l’occasion de l’exposition universelle de 1862.

Steinitz battit en 1866 le vainqueur du tournoi de Londres 1862, l’Allemand Adolf Anderssen dans un match à Londres (+8, –6, =0). Il fut alors considéré comme un des meilleurs joueurs du monde (après la retraite de Paul Morphy en 1860). Sa supériorité concernait surtout les matchs. Sa domination ne s’étendait pas à tous les tournois toutes rondes où chaque joueur affrontait une fois chacun de ses adversaires. Dans les tournois, Steinitz termina troisième lors du tournoi de Paris 1867, remporté par Kolisch devant Winawer et deuxième du tournoi de Dundee la même année. Il fut devancé en 1870 par Anderssen lors du tournoi de Baden-Baden.

Ses victoires aux tournois de Londres en 1872 (devant Blackburne et Zukertort) et à Vienne en 1873 (vainqueur du départage contre Blackburne) et son succès écrasant contre Blackburne par 7 victoires à 0 (sans nulle) en 1876, affirment clairement la suprématie de Steinitz dans les années 1870, notamment sur Anderssen.

De 1874 à 1881, Steinitz se consacra à la rédaction des articles d’échecs dans The Field. En 1882, à la suite d’un désaccord avec le rédacteur de The Field, il reprit la compétition et fut invité au tournoi du 25e anniversaire du club de Vienne qu’il remporta à égalité avec Winawer.

Steinitz fut devancé de trois points par Johannes Zukertort lors du tournoi de Londres en 1883.

Steinitz s’expatria aux États-Unis en 1883 pour y fonder The International Chess Magazine (en). Pendant plusieurs années, de 1885 à 1891, il y exposa le fruit de ses recherches d’une grande rigueur ; il considérait le roi comme étant une pièce offensive puissante surtout lorsqu’il y a peu de matériel sur l’échiquier. Le grand champion Reuben Fine disait exactement la même chose avec raison.

En 1886, Steinitz fut le premier champion du monde officiel d’échecs en battant Johannes Zukertort par 10 victoires à 5 (et 5 nulles). À cette époque, le champion choisissait son challenger et un match en plusieurs parties avait lieu.

Pour défendre son titre, Steinitz choisit comme adversaire le Russe Mikhaïl Tchigorine qu’il battit en 1889 à La Havane par 10 victoires à 7 et une nulle. Peu après, il refusa les propositions de match de James Mason et de Henry Bird dont les résultats étaient insuffisants.

En 1890, le Hongrois Isidor Gunsberg, qui avait remporté les tournois de Hambourg 1885 et de Bradford 1888 ainsi qu’un match contre Blackburne en 1887, fit match nul contre Tchigorine à La Havane. Steinitz accepta de l’affronter mais gagna difficilement le match, se déroulant du 9 décembre 1890 au 20 janvier 1891 : il gagna par six victoires à quatre et neuf parties nulles.

La même année (1891), il perdit un match par câble contre Tchigorine, 0 à 2. L’enjeu de ce match par câble était de 750 dollars américains que Steinitz dut débourser. Pour compenser cette perte, il accepta un match revanche contre Tchigorine en 1892. Il gagna ce match de justesse, avec 10 victoires à 8 et 4 nulles.

Matchs contre Emanuel Lasker (1894-1897)[modifier | modifier le code] Articles détaillés : Championnat du monde d’échecs 1894 et Championnat du monde d’échecs 1896-1897.

Steinitz perdit son titre en 1894 face à Emanuel Lasker par 5 victoires à 10 et 4 nulles et le match revanche, disputé en 1896, fut une défaite écrasante pour l’ancien champion du monde.

Steinitz revint en Europe disputer des tournois après son échec lors du match contre Emmanuel Lasker.

Ses derniers tournois disputés virent son déclin de plus en plus marqué au fil des années. Il était capable de remporter des victoires brillantes, fruit de l’application de sa conception du jeu, mais ses forces physiques lui faisaient de plus en plus défaut. Ainsi lors du tournoi de Londres en 1899, il finit pour la première fois de sa vie hors de la liste des récompensés.

Il repartit pour New York où il erra dans les jardins de la ville. Ses dernières années furent marquées par des troubles mentaux : à la fin de sa vie, il s’estima capable de jouer contre Dieu en lui donnant l’avantage d’un pion. Il mourut dans la plus grande pauvreté.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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