Vito Dumas, navigateur solitaire.

Vito Dumas (Buenos Aires, 1900-1965) est un navigateur solitaire argentin, auteur d’un tour du monde à la voile mémorable.


Après une enfance d’insouciance, la dégradation de la situation matérielle de sa famille amène rapidement Vito Dumas à gagner sa vie dans divers emplois.

Sportif accompli, en 1931 il vient en France pour une tentative de traversée de la Manche à la nage qu’il ne pourra pas mener à bien. N’ayant pas les moyens de se payer la traversée de retour, il se rend à Arcachon où il achète un 8 mètres JI, voilier de régate de 11 m, nommé Lehg (construit par Bonnin en 1912), à l’abandon, qu’il regrée en yawl.

Malgré une expérience réduite de marin, l’état déplorable du bateau, et l’inadaptation de celui-ci à une traversée transocéanique, il réussit une traversée de l’Atlantique en 5 étapes et 76 jours, parcourant 6 270 nautiques (11 600 km) entre le 13 décembre 1931 et le 11 avril 1932 et revient à Buenos Aires.

Il échafaude le projet de faire le tour du monde et fait construire en 1934 un voilier inspiré de bateaux de pêche norvégiens qu’il finit par vendre pour se lancer dans l’agriculture : c’est le ‘Legh II’, un ketch marconi de 9,50 m de long. Son projet ayant muri, Vito Dumas décide, alors que la Seconde Guerre mondiale bat son plein, d’accomplir son tour du monde par les latitudes australes. Il rachète le Lehg 2 et s’embarque le 27 juin 1942. À son retour, le 7 novembre 1943, il est accueilli en héros par l’Argentine, ce qui était un de ses buts : galvaniser son pays.

Il écrit le récit de son exploit, qui ne lui apportera pas la fortune, et repart sur le Legh II pour une croisière dans l’Atlantique sans autre but précis que naviguer au long cours. Entre le 1er septembre 1945 et le 28 janvier 1947, il parcourt 17 045 nautiques (31 500 km) réalisant une étape en courbe de 7 000 nautiques (13 000 km) en 106 jours.

Vito Dumas fait construire un nouveau voilier, le Sirio, pour rallier Buenos Aires à New York en une seule étape de 7 100 nautiques (13 100 km). Il réalisera cette croisière du 23 avril au 23 novembre 1955. Les éléments l’amèneront à toucher terre aux îles Bermudes, mais il aura tout de même accompli 6 400 nautiques (12 000 km) d’un trait.

Vito Dumas meurt d’une attaque cérébrale dix ans plus tard sans avoir accompli d’autre croisière notable.

Poussé à se dépasser pour « le sport et la Patrie » ainsi qu’il l’avait écrit à un ami avant de traverser l’Atlantique onze ans plus tôt, Vito Dumas décide de frapper un grand coup : il va faire le tour du monde à la voile, en solitaire, par « la route impossible ». Il se maintiendra au niveau du 40e degré de latitude sud, où se déchaînent quasiment en permanence les tempêtes.

Autrefois, seuls les voiliers de commerce les plus marins, voulant gagner du temps grâce aux vents soufflant sans relâche, y faisaient route. À l’ère de la vapeur et du canal de Panama on n’y rencontre plus guère de bateaux sauf aux abords du cap Horn. Toutefois, en 1942, la région offre un élément de sécurité : la Deuxième Guerre mondiale bat son plein. Les sous-marins et les convois s’affrontent, férocement dans l’Atlantique Nord, plus  sournoisement dans l’Atlantique Sud et l’océan Indien. Dans le Pacifique, au nord de l’Australie, des flottes aéronavales s’envoient mutuellement par le fond. Dans les « quarantièmes rugissants », un petit voilier battant pavillon argentin (encore neutre à l’époque) ne devrait pas trop se faire remarquer et pouvoir s’expliquer avant d’être coulé sans autre forme de procès. De plus, le Lehg n’emportera pas de radio qui le feraient soupçonner d’espionnage (les flottes allemandes et japonaises en particulier employaient des petits voiliers montés de quelques hommes dans ce but) et la zone qu’il va traverser, stratégiquement secondaire, restera toujours sous le contrôle des Alliés.

Vito Dumas va boucler son tour du monde de Buenos Aires à Buenos Aires en quatre grandes étapes (complétées par trois petites de un et deux jours).

Montevideo – Le Cap en doublant le cap de Bonne-Espérance : 4 200 nautiques (7 800 km) en 55 jours.
Le Cap – Wellington en contournant l’Australie et la Tasmanie par le sud : 7 400 nautiques (13 700 km) en 104 jours.
Wellington – Valparaíso : 5 200 nautiques (9 600 km) en 72 jours.
Valparaíso – Mar del Plata en doublant du premier coup le cap Horn : 3 200 nautiques (5 900 km) en 37 jours.
Soit au total 20 420 milles nautiques (37 800 km) parcourus en 272 jours.

On remarque que la distance parcourue est inférieure à la circonférence de la Terre qui est d’environ 40 000 km. En raison de la nature sphérique de la terre, le 40e parallèle qu’a suivi le Lehg 2 mesure environ 31 000 km et le considérable détour inévitable par le cap Horn complète la distance. À titre de comparaison, Joshua Slocum a parcouru environ 40 000 nautiques (74 000 km) en raison de sa descente et de sa remontée de l’Atlantique.

Néanmoins la croisière de Vito Dumas reste, sans le moindre doute, un authentique tour du monde, un des plus courts et des plus durs qui soit.

Source : Wikipédia.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Désolé, mais la copie des textes et des images n'est pas autorisée.