Villes de Tarbes (Hautes Pyrénées).

Tarbes est une commune du Sud-Ouest de la France, préfecture du département des Hautes-Pyrénées, en région Occitanie. Elle est située sur l’axe pyrénéen qui va de l’Atlantique à la Méditerranée, non loin de la frontière franco-espagnole.

Capitale historique du comté de Bigorre, cette ville pyrénéenne de tradition industrielle s’étend, à une altitude moyenne de 304 mètres, au pied du massif des Pyrénées, dont les sommets (à commencer par le pic du Midi de Bigorre) se détachent nettement dans le paysage urbain.

La ville a une surface relativement réduite (15,33 km2). Certaines petites communes voisines, qui jouxtent Tarbes, ont une surface supérieure, c’est notamment le cas pour Ibos (32,88 km2) ou Ossun (27,59 km2).

Cette surface limitée explique en partie le nombre de ses habitants (41 000), appelés Tarbais et Tarbaises. En fait, Tarbes est au cœur d’une agglomération comprenant quatorze communes (notamment : Aureilhan, Séméac, Laloubère, Bordères-sur-l’Échez, Soues), constituant son unité urbaine et sa banlieue immédiate, qui représente environ 76 000 habitants. Son aire urbaine, elle, est la sixième grande aire urbaine de la région Occitanie (2017), avec 116 000 habitants.

Tournée vers les industries de pointe, notamment dans le domaine de l’aéronautique, elle dispose d’un pôle universitaire intégré dans le réseau de l’université de Pau et des pays de l’Adour, qui comprend quatre autres villes du Bassin de l’Adour: Pau, Bayonne, Anglet et Mont-de-Marsan. Le site universitaire de Tarbes accueille aussi plusieurs formations rattachées aux universités Toulouse II Jean-Jaurès / Le Mirail et Toulouse-III-Paul Sabatier. Le campus est situé face aux Pyrénées.

Tarbes, carte maximum, 12/06/2009.

Célèbre pour des productions locales telles que le haricot tarbais, Tarbes est également une « ville-marché » et un pôle spécialisé dans l’industrie agroalimentaire.

Elle est la pierre d’angle de la nouvelle communauté d’agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées, créée le 1er janvier 2017, qui comprend 86 communes réunissant environ 128 000 habitants sur une surface de 615 km2, ce qui en fait la sixième plus grande agglomération de la région Occitanie.

La ville est le siège historique d’un diocèse catholique érigé au ive siècle (aujourd’hui « de Tarbes et Lourdes ») correspondant au département des Hautes-Pyrénées.


Au IIIe siècle av. J.-C., les fondations de la cité tarbaise voient le jour, d’après les témoignages des vestiges exhumés du sous-sol. Par nécessité pour le commerce du sel, des marchands vraisemblablement aquitains cheminaient sur le piémont pyrénéen. Pour continuer leur route, ils devaient emprunter un gué afin de franchir l’Adour descendu de la montagne. Il était plus prudent de fractionner les charges pour franchir le gué à la suite duquel une pause était nécessaire. Le fond de la vallée était dominé par une émergence sablonneuse qui incita les hommes à s’y établir.

Puis, Tarba ou Turba connaît une colonisation romaine et se dote de villas antiques et de grands domaines agricoles, découverts notamment dans le quartier de l’Ormeau. L’existence d’un artisanat se vérifie par les restes d’ateliers de potiers et de tisserands. Le noyau urbain, quant à lui, assume des fonctions administratives et sera doté d’une église paléo-chrétienne dès le IVe siècle.

Aux Ve et VIe siècles, sous l’effet des invasions barbares qui déferlent par vagues successives, la ville se rétracte autour du castrum, dont un vestige subsiste dans la cour arrière de la préfecture.

Vers 840, les Vikings mènent un raid dévastateur à la suite duquel l’évêque de Bigorre relève la ville en commençant par la cathédrale, appelée avec originalité, la Sède.

À la fin du XIIe siècle, le comte de Bigorre s’installe dans son château-fort de Tarbes, entraînant à sa suite la cour de justice. Puis la capitale de la Bigorre reçoit une sénéchaussée royale.

Deux maisons nobles fondent au XIIIe siècle, hors les murs, l’une le couvent des cordeliers près de Carrère Longue, l’autre celui des Carmes au voisinage du Bourg Crabé.

À la fin des siècles médiévaux, la ville se compose de six bourgs fortifiés séparément, juxtaposés et alignés sur un axe ouest-est, dont le noyau primitif est ordonné autour de la cathédrale. On dénombre ainsi la Sède, Carrère Longue, Maubourguet, Bourg Vieux flanqué à l’est du château comtal, Bourg Neuf, Bourg Crabé, chacun entouré de ses propres murailles.

Durant les guerres de Religion, en 1569, les troupes de Jeanne d’Albret incendient la cathédrale, les couvents et autres églises ainsi que l’évêché. Malgré les destructions stratégiques pour tenter d’assurer la défense du Bourg Vieux, les habitants sont massacrés.

Au XVIIe siècle, après la peste et les problèmes de logement des gens de guerre, Tarbes assure son renouveau avec la reconstruction du palais épiscopal en 1652 (Hôtel de la préfecture aujourd’hui), la fondation d’un troisième hôpital en 1690 et de deux nouveaux couvents (capucins et ursulines). L’irrigation des terres et la force hydraulique utilisée par les artisans sont produites par le système de canaux dérivés de l’Adour.

Le XVIIIe siècle annonce un essor démographique, le développement de l’agriculture, de l’artisanat et du commerce. La ville s’étend et des quartiers nouveaux apparaissent (comme l’actuelle rue Maréchal-Foch). Ensuite, l’Assemblée constituante dont fait partie Bertrand Barère de Vieuzac (député de la Bigorre aux États Généraux) décide de la réforme administrative et Tarbes en bénéficie en devenant chef-lieu du département des Hautes-Pyrénées.

À partir de 1800, Tarbes devient le siège d’une préfecture (accroissement de son rôle administratif et de ses fonctions). En 1806, Napoléon Ier rétablit le haras national de Tarbes et à partir du cheval tarbais donne naissance à la race anglo-arabe. En 1859, Tarbes est reliée à Paris par voie ferrée.

Au XIXe siècle, différents legs enrichissent les espaces publics tarbais… En 1853, Placide Massey lègue à la ville le jardin éponyme encore inachevé. En 1877, une donation de l’ancien maire Antoine Brauhauban est à l’origine de la construction d’une imposante halle portant son nom (ce bâtiment a cependant été détruit en 1970 pour y établir un parking aérien en dessous duquel continue à se tenir un marché animé, y compris le dimanche)11. La fin du XIXe siècle voit encore l’élévation des deux fontaines de la place Marcadieu, héritage de la bienfaitrice Félicitée Duvignau.

Après la guerre de 1870-1871, le général Verchère de Reffye transforme l’atelier expérimental de Meudon (transféré par train à Tarbes) en atelier de construction d’artillerie (appelé “Arsenal” par les Tarbais). Ainsi, Tarbes devient une ville industrielle et ouvrière mais affirme également sa vocation militaire par la construction des quartiers Larrey, Soult et Reffye.

Tarbesz, carte maximum, 12/06/2009.

Pendant la Première Guerre mondiale, Tarbes intensifie sa production en artillerie du fait de son positionnement géographique en arrière-pays. Le maréchal Foch, commandant-en-chef de toutes les armées alliées, maréchal de France, de Grande-Bretagne et de Pologne, est né à Tarbes en 1851.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le 11 septembre 1940, Tarbes, située en Zone Libre, accueille l’Ecole de Cavalerie de Saumur, dénommée à l’époque “École d’application de la cavalerie et du train”. C’est de cette école que sont issus les fameux “Cadets de Saumur” qui se sont illustrés par d’héroïques combats sur la Loire en juin 1940, avec d’autres unités françaises. Elle se réorganisera au Quartier Soult, aujourd’hui occupé par le 35e Régiment d’Artillerie Parachutiste, jusqu’à sa dissolution en novembre 1942. En effet, le 11 novembre 1942, les allemands envahissent la zone libre à la suite du débarquement allié en Afrique du Nord. Le 27 novembre 1942, l’Armée d’Armistice est démobilisée. Tarbes étant en zone libre, désormais envahie, l’Ecole est dissoute. Durant ces deux années passées à Tarbes, elle formera de nombreux officiers qui rejoindront plus tard les Forces françaises libres. L’Ecole se reconstituera à Saumur (Maine-et-Loire), en 1945, sous l’appellation d’ École d’application de l’arme blindée et de la cavalerie devenue, en 2009, l’Ecole de cavalerie (de Saumur). Le choix de Tarbes, en 1940, est lié à l’important Haras national de la ville et au “cheval tarbais” (aussi appelé cheval Navarrin) qui fut traditionnellement le cheval de la cavalerie française. Ce lien avec la cavalerie se retrouve, aujourd’hui encore, avec l’implantation à Tarbes, depuis 1961, du 1er Régiment de Hussards Parachutistes, l’unique régiment français de cavalerie parachutiste, composé de blindés légers aérotransportables.

La Résistance civile fait également partie du quotidien de la ville de Tarbes, à qui la Croix de guerre a été attribuée. D’ailleurs, Maurice Trélut, maire “modéré” de Tarbes de 1935 à 1944, est mort déporté à Buchenwald pour avoir aidé de nombreux juifs, avec la complicité active des religieuses et du directeur de l’hôpital de la ville. Maurice Trélut a été reconnu ” juste parmi les nations” par l’Etat d’Israël. Son nom est gravé sur le mur d’honneur du mémorial de Yad Vashem.

Après le retour de la paix, l’industrie est diversifiée, et on constate une expansion de la démographie, jusque dans les années 80. L’Arsenal a progressivement disparu au fil des restructurations liées, notamment, à la disparition de l’URSS.

Cependant, Tarbes demeure une ville à fort caractère militaire avec la présence de ses deux régiments parachutistes: le 1er Régiment de Hussards Parachutistes (1er RHP) et le 35ème Régiment d’Artillerie Parachutiste (35e RAP). régulièrement sollicités pour participer aux opérations extérieures (Opex).

Aujourd’hui, Tarbes est devenue une ville universitaire dont l’activité principale relève désormais du secteur tertiaire. En effet, l’Arsenal, principale activité industrielle de la ville (3150 salariés en 1987), a été fermé dans le cadre de la restructuration de l’industrie de défense. Le site a fait l’objet d’un réaménagement pour accueillir des activités industrielles et tertiaires. La ville a été fortement impactée, sur les plans économique et démographique, par cette fermeture non compensée par l’Etat.

Outre sa situation géographique privilégiée, à trente-cinq minutes des montagnes des Pyrénées, à moins de deux heures de l’océan Atlantique et trois heures de la Méditerranée via l’autoroute A64, La Pyrénéenne, la ville offre une certaine douceur de vivre et revendique une vie culturelle, associative et sportive dense.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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