Ville de Vendôme (Loir-et-Cher).

Vendôme est une commune française, sous-préfecture du département de Loir-et-Cher en région Centre-Val de Loire. Elle est également la troisième plus grande ville du département derrière Blois et Romorantin-Lanthenay.

Elle se trouve entre les régions naturelles du Perche au nord et de la Petite Beauce au sud, au pied du Loir. À l’entrée de la ville, la rivière se divise et la sillonne en plusieurs plus petits cours d’eau. La forêt de Vendôme se trouve être l’un des vestiges méridionaux avec la forêt de Fréteval et quelques bois parsemés de l’immense forêt qui constituait le Perche d’origine, la Sylva Pertica.

La ville a une riche histoire médiévale et de nombreux monuments historiques.


À la préhistoire, le Loir divisé en plusieurs bras favorise l’implantation humaine, bientôt suivie d’un habitat troglodyte creusé dans le coteau, rive gauche. Sous l’Empire romain, la région est évangélisée par Martin de Tours au Ve siècle.

Vendôme, carte maximum, 2/02/2008.

Située au creux de la vallée du Loir, Vendôme était la capitale du comté de Vendôme, dont l’existence est attestée dès le IXe siècle, et qui deviendra duché au XVIe siècle, puis élection au XVIIIe siècle. À partir de la fin du XIVe siècle, le comté de Vendôme, puis le duché jusqu’à l’accession d’Henri IV au trône, vont appartenir à une branche de la famille royale : les Bourbon-Vendôme. En 1790, la ville devient simple arrondissement et sous-préfecture de Loir-et-Cher, sous la tutelle de Blois. À partir du xixe siècle, l’arrondissement de Vendôme sera regardé, sous l’influence des travaux d’érudition locale et bientôt de la promotion du tourisme dans la vallée du Loir, comme un pays traditionnel : le Vendômois, réellement valorisé par la rivière du Loir qui la traverse, lui donne son charme et sa région du Perche, diversifié et verdoyante.

Vendôme possédait quatre paroisses : deux paroisses intra-muros (Saint-Martin et La Madeleine) et deux paroisses extra-muros (Saint-Bié ou Bienheuré et Saint-Lubin). La collégiale Saint-Georges était considérée comme paroissiale pour les habitants du château où elle était établie. Le 5 mars 1791, la paroisse de La Trinité est formée par la réunion de celles de Saint-Bié et de Saint-Lubin, puis le décret du 19 mai 1791 supprime les paroisses ayant existé et fait de la paroisse de La Trinité l’église paroissiale.

Sur le promontoire rocheux méridional se situe le donjon primitif du château de Vendôme. Il a probablement succédé au XIe siècle à un castrum romain, lui-même précédé par un oppidum gaulois. L’abbaye de la Trinité fondée en 1032 et l’église primitive Saint-Martin concentrent autour d’elles un premier groupement d’habitations.

En 1032, l’avènement de Geoffroy Martel, fils de Foulque Nerra, comte d’Anjou, marque le début de l’influence politique angevine sur le comté de Vendôme. Au cours de la seconde moitié du XIIe siècle, la ville passe tour à tour aux mains d’Henri II Plantagenêt et de Philippe Auguste. En 1161, la ville subit un siège.

En 1188, Bouchard IV de Vendôme livre la ville, le château et la garnison anglaise à Philippe Auguste dès le premier assaut. En août de la même année, Richard Cœur de Lion reprend Vendôme. En 1194, le roi de France revient envahir à nouveau la ville et assiéger le château mais il doit lever le siège devant l’arrivée de Richard. Le choc entre les deux armées a lieu le 5 juillet 1194 à Fréteval et Philippe Auguste, vaincu, s’enfuit, abandonnant ses archives dans la bataille.

En 1371, après la mort du comte Bouchard VII et de sa fille Jeanne de Vendôme, Catherine de Vendôme, leur sœur et tante, hérite du comté de Vendôme. Son mariage avec Jean VII Comte de Vendôme donne naissance à la Maison de Bourbon-Vendôme. En 1458, son petit-fils Jean VIII, soutien du roi, accueille Charles VII et fait dresser un « lit de justice ». Le duc d’Alençon Jean II de Valois y est condamné pour collusion avec les Anglais.

Vendôme devient un duché en 1515 et les ducs et duchesses participent à la transformation de la ville. La comtesse Marie de Luxembourg (1462-1546) préside à l’embellissement de la chapelle Saint-Jacques, de la porte Saint-Georges, de la collégiale du château et la reconstruction de l’église Saint-Martin. En 1623, César de Bourbon fonde le collège des Oratoriens qui devient plus tard le lycée Ronsard, et dont une partie des bâtiments hébergent l’hôtel de ville et l’office du tourisme actuels.

Vendôme connait les tensions des guerres de religions durant le xvie siècle. Le 20 octobre 1548, Jeanne d’Albret (1528-1572), qui deviendra protestante en 1560, épouse Antoine de Bourbon (1518-1562), deuxième duc de Vendôme. Ensemble, ils ont pour fils le futur Henri IV. De nouvelles communautés s’installent en particulier dans le faubourg chartrain. En 1562, des huguenots profanent et pillent la collégiale Saint-Georges. Henri IV doit faire le siège du château et de la ville alors aux mains des ligueurs catholiques en novembre 1589. Il tentera de reprendre la ville après une violente réaction catholique. La ville est mise à sac, les tanneries détruites. La contre-réforme l’emporte en 1593 avec l’abjuration par le Roi de sa foi protestante, dans le but de mettre fin aux guerres de religion et de réconcilier les Français.

Hôtel Saillant à Vendôme.

Mal entretenues, malmenées par les crues du Loir, les fortifications perdent leur intérêt défensif et la ville s’étend. Au sud, le château s’ouvre par le percement d’une nouvelle porte d’entrée principale (porte de Beauce) et l’aménagement d’une rampe le reliant directement à la ville. Plusieurs congrégations religieuses installent leur enclos dans le centre (oratoriens) et le long du faubourg nord (capucins, ursulines, calvairiennes).

Située à plus de 170 km de Paris, distance jugée nécessaire pour la sérénité d’un tribunal en période révolutionnaire, Vendôme reçoit, de février à mai 1797, la Haute Cour de justice pour le procès de Gracchus Babeuf, Augustin Darthé et de leurs partisans. Finalement, les débats houleux qui animent, pendant plus de sept mois, les audiences conduisent à l’exécution des deux principaux accusés et à la déportation de la plupart de leurs sympathisants.

En 1818, le sous-préfet Armand Bonnin de La Bonninière de Beaumont acquiert l’ancien château des Bourbon-Vendôme, saccagé à la Révolution, et l’offre à la commune afin d’y aménager le parc actuel.

En 1873, le 20e régiment de chasseurs à cheval renaît à Rambouillet avant d’être transféré à Vendôme au début du xxe siècle où il tiendra une garnison quartier Rochambeau, occupant les bâtiments de l’ancienne abbaye bénédictine. Il n’est engagé dans des opérations de guerre qu’à partir de 1914 et sa participation à la Première Guerre mondiale. Le régiment est dissout en 1919.

Vendôme, carte maximum, 2/02/2008.

Trois nouveaux ponts et la rue de l’Abbaye sont ainsi établis pour relier ce nouveau quartier Rochambeau qui occupe près d’un quart de la superficie du centre historique. De 1858 à 1896, les rues sont progressivement alignées. La décision de détruire l’église Saint-Martin, en partie ruinée en 1857, dote le cœur de Vendôme d’une place tandis que les faubourgs laissent encore la part belle aux petits maraîchages. La voie de chemin de fer réalisée de 1864 à 1867 marque, à l’époque, la limite nord de l’urbanisation de Vendôme.

C’est durant cette période que la presse locale se développe. Un premier hebdomadaire, le Journal du Haut et Bas-Vendômois et pays de Mondoubleau paraît le vendredi en 1790. Il est ensuite remplacé par le Journal hebdomadaire à partir de 1830. En 1840, naît Le Loir, qui est ensuite supplanté par Le Carillon. Le Progrès s’installe comme journal de gauche et est dirigé à partir de 1932 par Besnard-Ferron. Le Carillon soutient activement la collaboration et est interdit en 1944, La Nouvelle République lui succède.

Le 15 juin 1940, les bombardiers de la Luftwaffe lâchent leurs bombes sur Vendôme, un lourd bilan humain avec plus de 89 morts et 200 blessés marque cet évènement violent qui précède l’entrée de la Wehrmacht dans la ville. La physionomie du centre historique est bouleversée, environ quatre hectares sont détruits en ville par le bombardement et l’incendie de deux jours qui s’ensuivit. Le tribunal, le logis du gouverneur ainsi que de nombreuses maisons à colombages sont détruits.

Dès 1941, la résistance s’organise dans le Vendômois. Le premier réseau connu est le Groupe « Vendôme A » créé par Alphonse Collin alors maire de la ville, qui le dirigea jusque fin 1943. Il était un proche de Jean Emond qui anima Libération-Nord sur le secteur jusqu’à son arrestation le 28 novembre 1943. La répression fut aussi importante que l’engagement des Vendômois dans la résistance, en atteste la rafle du 20 février 1944 qui fit suite à l’ « affaire des aviateurs américains ». Beaucoup de résistants furent déportés dans les camps de concentration et y perdirent la vie, tels Jean Emond, Yvonne Chollet, Marie-Louise Gaspard et Lucienne Proux. D’autres groupes de résistants existaient, tel celui dirigé par Alfred Péricat, militant communiste, qui devint une branche des FTP vendômois.

Le 11 août 1944, la ville est en grande partie libérée par les résistants vendômois dirigés par le commandant Verrier et le colonel Valin de La Vaissière. Les FFI et FTP locaux s’emparent de la sous-préfecture ainsi que de la Kommandantur, située quartier Rochambeau. Les Américains entrent dans Vendôme le 13 août 1944 avec la mission de neutraliser les derniers Allemands présents en ville. Les scènes de liesses furent nombreuses entre Vendômois et soldats américains, notamment rue du Mail Leclerc avec l’arrivée des premières Jeep, ainsi que Place de la République où des enfants montèrent sur un véhicule blindé M8 de l’armée US.

Près d’un quart du centre-ville de Vendôme détruit par les bombardements allemands, doit être reconstruit après la seconde guerre mondiale. La forte demande en logements qui caractérise la France d’après-guerre est à Vendôme satisfaite par le développement d’habitations sur de vastes plaines agricoles au nord, entre la voie ferrée et le coteau. De 1959 à 1966, les Rottes vont totaliser 1 442 logements collectifs et 477 logements individuels sur 83 hectares. De grandes artères sont percées pour gérer les flux de circulation : l’avenue Gérard Yvon en 1967, le boulevard Kennedy de 1978 à 1980 et la déviation de la route nationale 10 en 1976.

Depuis les années 1980-1990, le développement de la ville se poursuit en franchissant le coteau méridional qui constituait jadis une barrière naturelle. Des opérations d’urbanisation sont alors menées au sud, dans le quartier des Aigremonts. Elles équilibrent la répartition de la population et des activités sur la commune qui totalise 18 500 habitants, au cœur d’un bassin de vie de plus de 30 000 habitants.

L’aménagement d’une gare TGV en 1990, qui place Vendôme à 42 minutes de Paris, s’est accompagné d’une mutation importante du tissu économique.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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