Ville de Vancouver (Canada).

Vancouver est une ville canadienne du pourtour du Pacifique située dans les basses-terres continentales de la province de Colombie-Britannique. Avec 631 486 habitants selon le recensement du Canada de 2016, elle est la huitième plus grande municipalité canadienne. Son agglomération de 2 463 431 habitants est la troisième aire urbaine du pays, et la plus peuplée de l’Ouest canadien. Vancouver est une des villes les plus cosmopolites du Canada, 52 % des résidents ont une autre langue maternelle que l’anglais. Vancouver est considérée comme une ville mondiale de classe bêta. La superficie de Vancouver est de 114,97 km2, donnant une densité de population de 5 493 habitants au kilomètre carré, faisant d’elle la municipalité canadienne la plus densément peuplée et la quatrième en Amérique du Nord, après New York, San Francisco et Mexico. Elle est la vingt-troisième ville la plus peuplée d’Amérique du Nord.

Le premier établissement, nommé Gastown, s’est développé autour d’une scierie appelé Hastings Mills, en 1867. Le site fut renommé Vancouver et incorporé comme cité en 1886. En 1887, le chemin de fer transcontinental a été étendu jusqu’à elle pour profiter de son grand port naturel, qui est rapidement devenu un maillon essentiel d’une route commerciale entre la côte est du Canada, l’Orient et l’Europe. En 2009, Port Metro Vancouver est le port le plus grand et le plus achalandé du Canada, et le plus diversifié d’Amérique du Nord. Même si l’exploitation forestière demeure sa plus grande industrie, Vancouver est réputée pour être un centre urbain entouré par la nature, faisant du tourisme sa deuxième industrie. Les studios de production cinématographique de Vancouver et de Burnaby ont fait de la métropole l’un des plus grands centres cinématographiques en Amérique du Nord, ce qui lui a valu le surnom de Hollywood North.

Vancouver est régulièrement citée comme l’une des cinq meilleures villes au monde pour sa qualité de vie, et l’Economist Intelligence Unit l’a classée parmi les dix villes les plus agréables durant cinq années consécutives. Vancouver fut l’hôte de nombreux évènements internationaux, comme les Jeux de l’Empire britannique et du Commonwealth de 1954, la conférence Habitat I par l’Organisation des Nations unies en 1976, l’Exposition internationale de 1986 et les Jeux olympiques d’hiver de 2010. En 2015, elle a accueilli la finale de la Coupe du monde féminine de football. La ville a accueilli en 2018 le Congrès ornithologique international.


Des traces archéologiques indiquent la présence de peuples indigènes dans l’aire de Vancouver depuis 8 000 à 10 000 ans. La cité se situe dans les territoires traditionnels des peuples Squamish, Musqueam, et Tseil-Waututh (Burrard) du groupe des Salish de la côte. Ils possédaient des villages dans plusieurs parties de l’actuelle Vancouver, comme le parc Stanley, False Creek, Kitsilano, Point Grey (West Point Grey) et près de l’embouchure du fleuve Fraser.

Le premier Européen à explorer la côte de l’actuel Point Grey et une partie de la Baie Burrard fut José María Narváez d’Espagne en 1791, bien qu’un auteur affirme que Francis Drake pourrait avoir visité la région en 1579. La cité est nommée d’après George Vancouver, lequel explora l’actuel port intérieur de Burrard Inlet en 1792 et donna des noms britanniques à de nombreux lieux.

L’explorateur et marchand de la Compagnie du Nord-Ouest Simon Fraser ainsi que son équipage furent les premiers Européens à poser le pied sur le site de la cité actuelle. En 1808, ils descendirent depuis l’est le fleuve Fraser, peut-être jusqu’à Point Grey.

La ruée vers l’or du canyon du Fraser de 1858 amena plus de 25 000 personnes (bûcherons, prospecteurs, mineurs, trappeurs ou encore pêcheurs), surtout de Californie, vers la proche New Westminster (fondée le 14 février 1859) le long du Fraser. En chemin vers le canyon du Fraser, ils contournaient ce qui deviendra Vancouver.

Vancouver est une des cités les plus jeunes de Colombie-Britannique ; la première installation européenne dans le territoire de la cité actuelle remonte à la Ferme McLeery en 1862. Une scierie établie à Moodyville (maintenant la cité de Vancouver Nord) en 1863 démarra la longue relation de la ville avec l’exploitation forestière. Elle fut rapidement suivie par des moulins appartenant au Capitaine Edward Stamp sur la rive Sud de la baie Burrard. Stamp, qui commença l’exploitation du bois dans l’aire de Port Alberni, essaya d’abord d’en exploiter un à Brockton Point, mais les courants difficiles et les récifs le forcèrent à relocaliser l’opération en 1867 à un endroit proche du pied de Gore Street. Ce moulin, connu sous le nom de Moulin Hastings, est devenu le noyau autour duquel s’est formé le reste de Vancouver. Le rôle central du moulin dans la cité déclina après l’arrivée du Chemin de fer Canadien Pacifique (CFCP) dans les années 1880. Il garda toutefois un rôle important dans l’économie locale jusqu’à sa fermeture dans les années 1920.

L’établissement humain qui vint à porter le nom de Gastown grandit rapidement autour de la taverne de fortune établie par « Gassy » Jack Deighton en 1867 au bord de la propriété du moulin Hastings.

En 1870, le gouvernement colonial étudia l’établissement et arpenta un lotissement urbain (townsite) qui fut renommé « Granville » en l’honneur d’alors le secrétaire d’État aux colonies britanniques, Lord Granville. Ce site, avec son port naturel, fut sélectionné en 1884 pour devenir le terminus du Chemin de fer Canadien Pacifique, à la grande déception de Port Moody, New Westminster et Victoria, qui ont tous lutté pour devenir la tête de rail. Posséder une voie ferrée fut une des incitations pour la Colombie-Britannique pour rejoindre la Confédération en 1871, mais le scandale du Pacifique et des controverses au sujet de l’utilisation de la main d’œuvre chinoise retardèrent sa construction jusqu’aux années 1880.

La Cité de Vancouver fut incorporée le 6 avril 1886, l’année même de l’arrivée du premier train transcontinental (où travaillèrent des immigrants asiatiques – dont 15 000 Chinois, main d’œuvre sous-payée qui reste après le chantier à Vancouver, créant le Chinatown –, Scandinaves, Polonais ou encore Ukrainiens). Le président du CFCP, William Van Horne, arriva à Port Moody pour y établir le terminus recommandé par Henry John Cambie et donna le nom actuel de la cité en l’honneur de George Vancouver. Le Grand incendie de Vancouver du 13 juin 1886 rasa toute la cité, la même année où furent créés les Pompiers de Vancouver. La cité fut rapidement reconstruite et sa population crût d’un établissement de 1 000 habitants en 1881 à plus de 20 000 au changement de siècle et à 100 000 en 1911.

Les marchands de Vancouver équipaient les prospecteurs en partance pour la ruée vers l’or du Klondike en 1898. Un de ces marchands, Charles Woodward, ouvrit la première boutique Woodward’s (en) sur les rues Abbott et Cordova en 1892, aux côtés de Spencer’s et des grands magasins de la Baie d’Hudson. Ils formèrent le cœur du secteur de la vente au détail durant des décennies.

L’économie de la jeune Vancouver est dominée par de grandes compagnies comme le CFCP, qui alimentèrent l’activité économique et conduisirent au développement rapide de la nouvelle cité ; en fait, le CFCP était le principal propriétaire immobilier et promoteur de logements de la cité. Alors que de la manufacture se développa, notamment avec l’établissement de la British Columbia Sugar Refinery (Raffinerie de sucre de Colombie-Britannique) par Benjamin Tingley Rogers (en) en 1890, les ressources naturelles devinrent la base de l’économie vancouveroise. Le secteur des ressources était au départ basé sur l’exploitation forestière puis sur les exportations passant par le port maritime, dont le trafic commercial constituait le secteur économique le plus important de Vancouver.

La domination de l’économie locale par de grandes affaires est accompagnée par un mouvement souvent militant des travailleurs. La première grève de solidarité d’importance apparut en 1903 lorsque des employés des chemins de fer se mirent en grève contre le CFCP pour que leur syndicat soit reconnu. Le chef syndical Frank Rogers fut tué par la police du CFCP pendant un piquet de grève sur les docks, devenant ainsi le premier martyr du mouvement en Colombie-Britannique. L’émergence de tensions industrielles à travers la province conduisit à la première grève générale du Canada en 1918 aux mines de charbon de Cumberland sur l’Île de Vancouver. Après une accalmie dans les années 1920, la vague de grève connut son apogée en 1935 quand des hommes sans emploi submergèrent la cité pour protester contre les conditions de vie dans les camps de secours opérés par l’armée dans les régions reculées de la province. Après deux mois tendus de manifestations perturbatrices quotidiennes, les grévistes des camps de secours décidèrent de porter leurs doléances auprès du gouvernement fédéral et embarquèrent pour la Marche sur Ottawa, mais leur manifestation fut réprimée par la force. Les travailleurs furent arrêtés près de Mission et internés dans des camps de travail pendant le reste de la Dépression.

D’autres mouvements sociaux comme la première vague du féminisme, la réforme des mœurs et le mouvement de tempérance ont joué un rôle dans le développement de Vancouver. Mary Ellen Smith, suffragette et prohibitionniste vancouveroise devint en 1918 la première femme élue dans une législature provinciale au Canada. La prohibition de l’alcool débuta pendant la Première Guerre mondiale et dura jusqu’en 1921, année où le gouvernement provincial établit un contrôle sur la vente d’alcool, une pratique toujours en place aujourd’hui. La première loi prohibant des drogues est venue à la suite d’une enquête conduite par le Ministre du Travail et futur Premier Ministre William Lyon Mackenzie King. King fut envoyé pour investiguer les demandes d’indemnisation résultant d’une émeute lorsque l’Asiatic Exclusion League conduisit aux saccages de Chinatown et Japantown. Deux des plaignants étaient des fabricants d’opium et, après des investigations plus poussées, King découvrit que des femmes blanches auraient fréquenté des fumeries d’opium ainsi que des hommes d’origine chinoise. Ces affirmations conduisirent rapidement au vote d’une loi bannissant la fabrication, la vente et l’importation d’opium pour des applications non médicales. Les émeutes et la formation de l’Asiatic Exclusion League sont également les signes d’une peur et d’une méfiance croissantes envers les Japonais vivant à Vancouver et dans le reste de la Colombie-Britannique. Ces peurs furent exacerbées par l’attaque de Pearl Harbor et conduisirent à l’internement ou la déportation de tous les Japano-Canadiens vivant dans la cité comme dans tout le reste de la province. Après la guerre, ces hommes et femmes japano-canadiens ne furent pas autorisés à retourner dans les cités, dont Vancouver, ce qui conduisit des zones comme la Japantown susnommée à cesser d’être des zones ethniquement japonaises puisque ces communautés ne furent jamais ranimées.

La fusion avec Point Grey et South Vancouver (Vancouver Sud) donna à la cité ses limites finales peu avant qu’elle ne devienne la troisième métropole la plus importante du pays. Le 1er janvier 1929, la ville de Vancouver élargie comptait 228 193 habitants.

Comportant de nombreux styles architecturaux du XXe siècle (l’hôtel Europe de style Art nouveau, le Marine Building Art déco ou encore le futurisme du Canada Place), la ville évolue au XXIe siècle au rythme de la protection de l’environnement : 250 km de pistes cyclables, plantation de 40 000 arbres ou encore objectif de réduction de 7 % de gaz à effet de serre. L’ancien quartier industriel de Granville, donnant sur la marina, a été réhabilité en zone de loisir.

Source : Wikipédia.

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