Ville de Valenciennes (Nord).

Valenciennes est une commune française, historiquement capitale du comté du Hainaut français et aujourd’hui sous-préfecture du département du Nord, en région Hauts-de-France.

Elle est située au confluent de l’Escaut avec la Rhônelle. Valenciennes, ville au passé culturel riche, surnommée « l’Athènes du Nord », fut aussi une ville industrielle et minière très prospère au xixe siècle, la Compagnie des mines d’Anzin y a ouvert de nombreuses fosses. La plus connue est la fosse Dutemple dont le chevalement en béton armé existe encore.

Avec ses 43 336 habitants intra-muros en 2017, elle est la 6e ville du département et la 10e de la région. Située au cœur d’une vaste conurbation qui s’étend jusqu’à la frontière avec la Belgique, Valenciennes forme la 4e unité urbaine des Hauts-de-France et son aire urbaine est peuplée de 369 849 habitants en 2015. Avec les autres villes de l’ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, elle est directement sous l’influence de l’« aire métropolitaine de Lille », ensemble métropolitain de près de 3,8 millions d’habitants dont le centre, la ville de Lille, ne se trouve qu’à 45 km.


Valenciennes apparaît pour la première fois comme Valentiana dans un document relatant une sentence rendue en l’an 693 par Clovis II, roi des Francs.

Valenciennes, carte maximum, 30/09/1978.

Lors du traité de Verdun en 843, Valenciennes devient une ville neutre, à la frontière entre la Neustrie et l’Austrasie.

En 881, le Hainaut voit passer les Normands. À partir de 923, Valenciennes relève du duché de la Basse Lotharingie, dépendant du Saint-Empire romain germanique. Sous les empereurs ottoniens, Valenciennes devient le centre d’une marche à la frontière de l’Empire. Pour cette période, les fouilles archéologiques sont encore incomplètes.

Enfin les comtes d’Ostrevant, seigneurs de Bouchain, Denain, Ribemont, Château-Porcien, furent châtelains de Valenciennes de 880 à 1163 après le décès de Godefroi IV d’Ostrevent, qui vendit ses terres de Hainaut à son aîné et demi-frère, Baudouin IV dit d’Edirne, comte de Hainaut.

En septembre 1006, le roi Robert et Henri II de Germanie assiègent Valenciennes mais ils ne parviennent pas reprendre la ville à Baudouin IV de Flandre.

En 1008, une famine est suivie d’une terrible épidémie de peste, dont l’issue donne lieu à un pèlerinage (voir la section Cultes).

Dès le XIe siècle, la ville fait ériger une muraille, qui devient l’emblème de la cité et qu’elle fait représenter sur son sceau.

De nombreux comtes se succédèrent, d’abord comme margraves de Valenciennes et, à partir de 1070, comme comtes de Hainaut. La ville bénéficie d’institutions communales à partir de 1114.

En 1171, un incendie ravage la ville.

En 1264, la comtesse Marguerite de Constantinople instaure la franche fête de Valenciennes, qui se déroule dans les prairies au pied des murailles.

En 1285, la monnaie du Hainaut fut remplacée par la monnaie de France : l’écu. Valenciennes est une ville en pleine activité, forte de ses nombreuses corporations. À l’abri de son enceinte, un grand nombre de couvents se développe, à l’instar des Dominicains (dont l’église a été fouillée par le Service archéologique de la Ville, en 1989 et 1990).

Au xive siècle Albert de Bavière fait construire la tour de la Dodenne, où encore aujourd’hui la cloche sonne en l’honneur de Notre-Dame-du-Saint-Cordon. Au xve siècle, le Hainaut, rattaché au duché de Bourgogne, perd de son autonomie, mais Valenciennes jouit d’une grande renommée grâce aux artistes qu’elle protège en ses murs, tels le chroniqueur Georges Chastelain, le poète Jean Molinet, le peintre miniaturiste Simon Marmion, le sculpteur Pierre du Préau et l’orfèvre Jérôme de Moyenneville.

L’économie de la ville repose essentiellement sur la draperie et le commerce, principalement du vin et des céréales des campagnes environnantes. La ville abrite un atelier monétaire très actif, et accueille des Lombards et une table de change.

La ville dispose du droit de bannissement, dont elle use fréquemment au xive siècle : ce dispositif juridique est un moyen de régulation sociale ainsi qu’un objet de conflit face au comte de Hainaut qui intervient régulièrement pour annuler les décisions des magistrats valenciennois.

Pour lutter efficacement contre les incendies, un corps spécial de pompiers salariés est créé, organisé en cinq sections, ce qui place le corps de pompiers de Valenciennes parmi les plus organisés de l’époque. En 1276, 1281 et 1306, les inondations envahissent les cauchies, ces rues pavées et étroites qui aggravent les dégâts en accélérant l’écoulement des eaux, et donc leur force. En 1281, les églises Notre-Dame-de-la-Chaussée et Saint-Jacques sont inondées, ce qui se répète en 1365. En 1351, l’Escault et l’Iventiel inondent la ville, débordant des digues en montant jusqu’à près de 2 m dans les rues.

La ville échappe aux batailles de la guerre de Cent Ans, mais connaît deux sièges au cours des derniers siècles du Moyen Âge : le premier en 1253 lorsque les Valenciennois s’opposent à la cession du comté de Hainaut par la comtesse Marguerite à son cousin Charles d’Anjou, le second en 1481 lorsque les armées de Louis XI, roi de France, se pressent à ses portes.

Quelques membres de la bourgeoisie valenciennoise participent à la bataille d’Azincourt, comme Jehan Dougardin, fils d’Alart, qui y décède, son corps étant rapatrié et inhumé à Valenciennes, dans l’église Saint Jacques40.

Le 21 janvier 1540, venu tout droit d’Espagne pour réprimer l’insurrection des Gantois contre l’impôt, Charles Quint, avec l’accord de François Ier, traverse la France et arrive à Valenciennes.

Le protestantisme s’y implante. En 1562, la foule sauve des protestants du bûcher. C’est la « journée des Maux (mal) Brûlés ».

La ville subit la vague iconoclaste à la fin du mois d’août 1566. Pendant la révolte des Gueux, Valenciennes devient un important centre de résistance contre le gouvernement de Marguerite de Parme. Les protestants se rendent maîtres de la ville et refusent de rendre les églises pillées. Le 14 décembre, la ville est déclarée rebelle au roi. Philippe de Noircarmes en vient à bout le 23 mars 1567.

En 1568 et 1569, la ville subit la répression du duc d’Albe. Plusieurs dizaines de chefs de la rébellion sont exécutés et plusieurs centaines d’habitants sont bannis. En 1580, Alexandre Farnèse, duc de Parme et de Plaisance, reconquiert la ville et le protestantisme est extirpé.

En 1591, les jésuites créent une école, puis font bâtir l’église Sainte-Croix. En 1611, la façade de l’hôtel de ville est entièrement reconstruite dans le style Renaissance.

Les armées du roi Louis XIV assiègent la ville en 1656 (Vauban participe au siège sans commander et y sera blessé). Le maréchal de Turenne et le maréchal de La Ferté-Senneterre campent au nord et au sud de la ville, de part et d’autre de l’Escaut, reliés par un pont de fascines. Pour défendre la ville, le prince de Condé inonde les environs, séparant ainsi les deux corps de l’armée française. Dans la nuit du 15 au 16 juillet, il attaque à revers La Ferté-Senneterre, qui est mis en déroute. Défendant la cité, Albert de Mérode, marquis de Trélon, se trouve blessé au cours d’une sortie à cheval. Il décède des suites de ses blessures et son corps, inhumé dans l’église Saint-Paul, est retrouvé lors de la campagne archéologique de 1990.

En 1677, les armées de Louis XIV, dirigées cette fois par Vauban, prennent la ville qui devient française en 1678 par le traité de Nimègue. Avec des fortifications améliorées par Vauban dans le cadre de son “Pré Carré”, la ville devient par la suite l’une des principales places fortes françaises du Nord.

La situation économique de Valenciennes allait déclinant doucement, jusqu’à la découverte du charbon et le formidable essor économique qui s’est ensuivi. Le premier puits fut creusé à Fresnes en 1718 et la découverte du charbon gras en 1734 à Anzin forma la Compagnie des mines d’Anzin.

Au xviiie siècle, l’Escaut est canalisé entre Valenciennes et Cambrai suis à l’arrêt Conseil d’État du Roi de 1769 qui nomme Pierre-Joseph Laurent directeur du canal. La canalisation permet le poursuivre le développement de l’industrie textile (manufactures d’étoffes de laine et de toiles fines) et du commerce du charbon extrait le long des fosses situées le long de son cours.

Pour utiliser les fils de lin, les femmes se mettent alors à confectionner la célèbre dentelle de Valenciennes.

Au xviiie siècle, la ville est également réputée pour sa porcelaine. La manufacture qui s’implante a pour obligation d’alimenter ses fours à la houille. En dépit de la qualité de sa production, l’entreprise ne parvient pas à vivre durablement. Valenciennes, riche de ses talents, est alors surnommée l’Athènes du Nord, soulignant ainsi son rayonnement artistique considérable : par exemple les peintres Watteau, Pater, Eisen ….

Jean Henri Becays Ferrand, dit le général Ferrand, devint colonel de la garde nationale de Valenciennes en 1791, puis commandant temporaire de la place, le 8 août 1792.

Après avoir brillamment commandé l’aile gauche de l’armée du Nord à la bataille de Jemmapes le 6 novembre 1792, il dirigea la défense de Valenciennes du 23 mai à fin juillet pendant la campagne de Flandre de la guerre de la Première Coalition qui supporte un bombardement de 43 jours et 43 nuits. Le siège est précédé par la première bataille de Valenciennes le 1er mai 1793 et par la deuxième bataille de Valenciennes le 8 mai de la même année.

Il refusa de livrer Valenciennes que Dumouriez voulait ouvrir aux ennemis, et s’y défendit avec 9 000 hommes contre 150 000 commandés par le prince de Saxe-Cobourg, le duc d’York, et le général Ferraris. Avec une faible garnison, il défendit Valenciennes pendant trois mois, et ne capitula qu’en désespoir d’être secouru, après avoir soutenu quatre assauts et défendu trois brèches praticables dans le corps de la place. De nombreux quartiers périrent sous les boulets incendiaires. La tour de l’église paroissiale de Saint-Nicolas fut sérieusement mise à mal. La ville finit néanmoins par tomber le 28 juillet 1793.

La ville est reprise par les armées révolutionnaires du général Schérer en août 1794. Fin 1794 et en juillet 1795, après l’exécution de Robespierre, qui met pourtant un terme à la Terreur, les Républicains valenciennois guillotinent, dans des conditions douloureuses, cinq ursulines et plus de cinquante prêtres. La commune est dirigée par des jacobins jusqu’à la prise de pouvoir de Bonaparte. Après l’épopée napoléonienne, Valenciennes est de nouveau assiégée et bombardée pendant trois semaines et se rend finalement aux Bourbons en août 1815.

La paix revenue, l’industrie houillère et les raffineries de sucre contribuent à une période très faste d’expansion. En 1824 Valenciennes devient sous-préfecture. Au xixe siècle, grâce au charbon, la cité fait figure de grand centre industriel, et occupe le rang de capitale de la sidérurgie du Nord.

En 1815, Valenciennes compte deux loges maçonniques ː La parfaite-Union et Saint-Jean-du-Désert, dont sont membres des notables de la ville.

En 1866, une épidémie de choléra démarre dans le Nord de la France, depuis le port de Dunkerque. Elle dure de mai à novembre dans l’arrondissement, où elle cause le décès de 1 724 personnes.

Le 6 août 1890, une loi déclasse la ville qui n’est plus place de guerre. De 1891 à 1893, les fortifications sont démolies sans véritable discernement, ce qui lui vaut la perte d’éléments d’architecture exceptionnels (telles la tour Périlleuse ou la porte de Paris) et la ville est décorée de la Légion d’honneur en 1900.

Le 25 mai 1902 est inauguré par le général André, Ministre de la guerre, le Monument à la Défense de 1793 ou la Victoire couronnant le drapeau français, en souvenir de la résistance de la ville lors du siège de 1793. La statue qui le couronne est cachée pendant la guerre 1914-1918 et le monument de nouveau inauguré en 1932.

Le 9 septembre 1906, dans le cadre de la tension liée à la loi de séparation des Églises et de l’État et la querelle des inventaires qui la suivit, des heurts se produisent à Valenciennes lors de la procession du Saint-Cordon tenue malgré l’interdiction officielle.

En janvier 1907, Valenciennes devient une des premières villes de France à posséder une salle de cinéma permanente. Le créateur est un exploitant de manège de chevaux de bois, convaincu par une démonstration effectuée par un spectacle itinérant, tel que les tournées de la société Pathé. La salle de 1907, encore salle de quartier, s’appelle « Cinéma populaire » au 129 rue du Quesnoy, avant de devenir « Le Gaumont Palace », qui fermera ses portes en 1981, après avoir affronté dès 1908 un concurrent situé rue des Récollets la « Salle Carpeaux » de la société Omnia.

Electrification de ligne de chemin de fer Valenciennes-Thionville, carte maximum, 11/05/1955.

Les Allemands occupent la ville en 1914. C’est l’armée britannique et son corps canadien qui délivrent la cité en 1918 après de durs combats. Des faits d’armes héroïques se déroulèrent en 1918, notamment ceux du sergent Hugh Cairns, à qui la ville rendit hommage en 1936 en baptisant une avenue à son nom.

Louise de Bettignies fonde le réseau de renseignements « Alice ». Elle est arrêtée en octobre 1915.

Le 10 mai 1940, la ville, abandonnée par ses habitants partis sur les routes de l’exode, est livrée à des pillards de l’armée française. Un gigantesque incendie dévore le cœur de la cité, alimenté notamment par un dépôt de carburant. Les troupes allemandes occupent ensuite la ville en ruines, le 27 mai.

Le lycée Watteau devient siège de la GFP (Geheime Feldpolizei, police militaire secrète), on y torture des résistants dans les caves.

Le 2 septembre 1944, après des combats sanglants, les troupes américaines entrent dans Valenciennes et libèrent la ville.

Le 30 août 1949, un terrassier découvre à Valenciennes un trésor lors de travaux ː il s’agit d’un tonneau contenant des pièces d’or (quarante-huit kg) et d’argent (deux cent quarante kg), cachés en 1709, après la bataille de Malplaquet. Le trésor est partagé entre l’ouvrier ayant fait la découverte (l’inventeur), payé en pièces d’or, et le propriétaire.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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