Ville de Toulon (Var).

Toulon ([tulɔ̃], Tolon / Touloun [tu’luᵑ] en provençal) est une commune du Sud-Est de la France, chef-lieu du département du Var et siège de sa préfecture. Troisième ville de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur derrière Marseille et Nice, elle abrite en outre le siège de la préfecture maritime de la Méditerranée. La commune est établie sur les bords de la mer Méditerranée, le long de la rade de Toulon. Ses habitants sont appelés les Toulonnais.

La ville de Toulon est située dans le Midi de la France dans le Sud-Ouest du département du Var sur le littoral méditerranéen, à mi-chemin entre Marseille, à l’ouest, et Saint-Tropez, à l’est. On la considère parfois comme la première ville à l’ouest de la Côte d’Azur puisque dans le livre La Côte d’Azur de Stéphen Liégeard, Toulon est incluse comme Marseille dans le premier chapitre consacré à « Hyères et le Pays des Maures ».

Avec 171 643 habitants au dernier recensement de 2018, elle est la quinzième commune de France par sa population. Toulon est la ville centre d’une unité urbaine de 561 155 habitants, la neuvième de France par sa population. Elle est aussi située au cœur de l’aire urbaine de Toulon, qui regroupe 40 communes, la treizième plus grande aire urbaine de France avec 611 237 habitants en 2012. La ville est enfin le siège d’une métropole, Toulon Provence Méditerranée (TPM), la neuvième de France, qui rassemble douze communes et 434 409 habitants en 2013 soit 41,7 % de la population du département du Var. Le SCOT Toulon Provence Méditerranée, créé en 2002, regroupe 32 communes. Cuers a rejoint le périmètre du SCOT le 8 septembre 2010. Sa population est évaluée à 539 000 habitants au recensement de 2006.

Toulon, carte maximum, 5/07/2008.

Située entre mer et montagnes, capitale économique du Var, Toulon bénéficie de nombreux atouts naturels. La base navale (plus grand port militaire français), le commerce, les administrations (publiques ou privées), le tourisme et la recherche (pôle Mer PACA, Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (IFREMER), … sont l’essentiel de l’activité économique de la ville, qui partage avec Hyères un aéroport par lequel transitent environ 500 000 passagers par an.

Le port de commerce de Toulon est le premier port français pour la desserte de la Corse. En 2009, 1 152 054 passagers ont embarqué depuis le Var, ce qui représente près de 40 % du trafic continent-Corse. Ce développement est lié à la présence, depuis 2001, de la compagnie maritime Corsica Ferries. De plus, Toulon est la ville française en Méditerranée qui connaît une des plus fortes progressions en termes d’accueil des croisières. Toulon a ainsi accueilli 85 000 passagers en 2007, 250 000 en 2010, pour atteindre 320 000 croisiéristes en 2011 ou encore 160 escales en 2015.

La ville possède une université (faculté de sciences et techniques, faculté de lettres et sciences humaines, faculté de sciences économiques et de gestion, faculté de sciences de l’information et de la communication (Ingémédia), faculté de droit, Staps, IUT, IAE), de pôles d’enseignement supérieur : classes préparatoires aux grandes écoles des lycées Dumont-d’Urville et Rouvière, Institut supérieur de l’électronique et du numérique (ISEN Toulon), école d’ingénieurs SeaTech, école de commerce Kedge Business School, etc.

Toulon est enfin dotée d’un opéra, d’un conservatoire national de région, de plusieurs musées, salles de concert (palais Neptune et Zénith-Omega) et d’un théâtre labellisé « scène nationale » : le théâtre Liberté.


Avant la colonisation romaine, Toulon était un abri des navires grecs croisant entre Massalia et Olbia, et une pêcherie de murex, gros escargot de mer servant à teindre les toges. Exportation de la carme produite à partir d’une cochenille du chêne Kermès. Les Ligures (les plus anciennement installés), puis les Celtes, les Grecs et les Phéniciens de Carthage y commercèrent puis s’y affrontèrent, jusqu’à ce que les Massaliotes fassent appel à Rome, d’abord contre l’emprise de Carthage, (victorieuse contre les Massaliotes à la bataille d’Aléria en -545) puis contre les Celto-Ligures de l’arrière-pays.

À partir de -181, Marseille commence à faire appel aux armées de Rome, devenue la grande puissance méditerranéenne, pour l’aider à mettre fin aux pillages des Celto-Ligures et à défendre ses colonies. Rome, après plusieurs campagnes contre les Celto-Ligures qui attaquaient les liaisons de la route côtière et maritime, annexe finalement la région en l’an -120 avant notre ère (sauf le territoire de Massilia qui restera un allié indépendant et fidèle jusqu’à la guerre civile entre César et Pompée).

Sous la domination Romaine, « Telo » devient alors Telo Martius (de Martius : dieu latin de la guerre). Cette dénomination est équivalente à celle de Narbo (actuelle Narbonne) devenue Narbo Martius en -118. Ces deux ports de fondation concomitante seront donc deux escales militaires de Rome sur la cote gauloise, complétés plus tard par Fossæ Marianæ vers -104, à l’embouchure du Rhône (actuelle Fos-sur-Mer). La colonie romaine d’Aix-en-Provence est fondée concomitamment en -118.

Cette région devient ainsi la province de Gaule transalpine, appelée ensuite Gaule romaine, pour la distinguer de la Gaule non conquise (Gaule chevelue, Gaule belgique, Aquitaine) puis la province romaine de Narbonnaise. La zone occupée s’étend jusqu’à Tolosa (Toulouse) et jusqu’au Léman, créant une liaison terrestre entre les territoires romains en Espagne et en Gaule cisalpine (Italie du Nord, plaine du Pô). La colonie grecque de Massalia (Marseille) et son arrière-pays forment une enclave libre au sein de la Narbonnaise.

Telo Martius devient alors l’une des deux teintureries impériales de Gaule pour la pourpre, colorant naturel de couleur rouge, et de grande valeur financière, grâce à l’exploitation des murex et des cochenilles du chênes kermès, alors dominants sur son territoire.

Point de relâche des bateaux de commerce, Telo, puis Tholon, Tolon, Touloun s’attache à protéger ce site exceptionnel, fréquemment pillé par les pirates sarrasins (notamment en 1178 et 1197), mais aussi, en période de disette, base d’expéditions maritimes de rapine vers l’est ou le sud de la Méditerranée occidentale…

La mort de la reine Jeanne Ire ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d’Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis Ier d’Anjou. Toulon fait partie de l’Union d’Aix, avant de faire promesse de reddition le 13 septembre 1387 à Marie de Blois, régente de Louis II d’Anjou, avant de conclure une trêve avec L’Isle-Saint-Geniès et le seigneur de Gémenos (décembre), puis de prêter hommage le 17 mars 1388.

Débarque allié à toulon, carte maximum, 15/08/1964.

Après le rattachement de la Provence à la France, Toulon devient un lieu de construction navale (sous Charles VIII) et sa rade est utilisée pour abriter des flottes militaires.

Vauban fortifie la ville de Toulon qui reçoit l’escadre méditerranéenne de Louis XIV. Toulon est avec Brest, le seul port capable d’accueillir des grands vaisseaux de guerre aux XVIIe et XVIIIe siècles. Ces derniers, qui sont de plus en plus lourds à cause du poids de plus en plus élevé de leur artillerie, nécessitent des tirants d’eau de plus en plus importants, soit 7 m après 1680. Le site est même meilleur que celui de Brest sous dominante de vents d’ouest, ce qui rend difficile la sortie des escadres. Toulon n’a pas ce problème, mais la Méditerranée est une mer presque fermée, et en cas de guerre, l’escadre de Toulon doit contourner l’Espagne pour rejoindre celle de Brest, ce qui demande beaucoup de temps. Après 1704, s’ajoute le risque d’être repéré et attaqué par les forces anglaises de Gibraltar au moment du passage dans l’Atlantique, comme ce fut le cas en 1758 et 1759 lors de la guerre de Sept Ans.

Un bagne s’y installa, les condamnés dormant sur de vieux bateaux démâtés, et travaillant à terre dans la journée (tous n’étaient pas enchaînés); d’autres (soumis aux peines les plus sévères) étaient affectés aux chiourmes des galères royales, à la mortalité très élevée. En fin de peine, beaucoup restèrent dans la région.

En 1707, Victor-Amédée II de Savoie attaque la ville, bloquée par les navires de C. Showell, au mois de juillet et la flotte se saborde. La nuit entre le 22 et le 23 août les Savoyards se replient vers Nice.

Toulon était le lieu de départ et d’arrivée de la plupart des grandes expéditions militaires et coloniales françaises vers l’Afrique au cours de l’Ancien Régime et au xixe siècle : par exemple, l’expédition d’Égypte, organisée par Najac et Vence, dirigée par Napoléon Bonaparte, partit de Toulon le 19 mai 1798. Bonaparte avait d’ailleurs gagné ses galons de général de brigade, le 22 décembre 1793, après le siège de Toulon et sa reconquête par les armées révolutionnaires. La ville avait été ouverte aux Anglais par la fraction royaliste de ses habitants. Elle allait être débaptisée par la Convention nationale qui, par décret du 4 nivôse an II (24 décembre 1793), stipulait : « Le nom infâme de Toulon est supprimé. Cette commune portera désormais le nom de Port-la-Montagne ».

La question s’est posée de savoir si Toulon avait été « punie de sa trahison » par le fait que le siège de la préfecture ne lui soit pas attribué en 1800, lors de la création du corps préfectoral. L’argument d’une rancune personnelle de Bonaparte envers les Toulonnais justifiant ce transfert n’est pas recevable : non seulement Toulon devait d’abord redevenir un grand port de guerre, mais encore il convient de noter que les deux autres grands ports militaires français n’avaient pas reçu non plus, à cette même époque, le statut de préfecture. Ainsi Cherbourg n’était que sous-préfecture (la préfecture de la Manche étant attribuée à Saint-Lô), de même que Brest (la préfecture du Finistère revenant à Quimper). Que Toulon ne soit qu’une sous-préfecture n’était donc pas, en tant que tel, une aberration historique et administrative. Ce qui primait aux yeux de Napoléon étaient des considérations d’ordre militaire et logistique. De ce point de vue, Toulon était sans doute le meilleur port militaire de l’Empire. Le port était relativement difficile à bloquer par les escadres anglaises qui virent s’échapper, des escadres françaises, comme deux fois celle du vice-amiral Villeneuve en 1805, destinée à débloquer la Manche, mais encore celle du vice-amiral Ganteaume en 1808, ravitaillant Corfou, tout en rentrant dans le port sans être inquiétée par les Anglais. L’arsenal et les chantiers de Toulon lancèrent les vaisseaux de ligne au rythme le plus régulier, ce qui était favorisé par l’approvisionnement en bois de chêne disponible dans les forêts du bassin-versant du Rhône acheminé facilement depuis l’embouchure du fleuve, alors que Brest était difficile à approvisionner en bois. Toulon avait des conditions d’entraînement des équipages les meilleures par rapport aux autres ports français.

Durant le XIXe siècle, Toulon accueille une importante immigration italienne liée au développement industriel et naval, ainsi que de nombreux Corses.

Les permutations de la Marine nationale avec l’arsenal de Brest créent aussi une communauté bretonne.

Le port de Toulon vit des moments historiques lorsque l’escadre russe, commandée par l’amiral Avellan, rend visite à la flotte française pour sceller l’alliance franco-russe, alors que la France est auparavant isolée diplomatiquement. Cela donne lieu à de grandes festivités menées par le vice-amiral de Boissoudy, le vice-amiral Vignes et M. Ferrero, maire de Toulon.

En août 1935, un an avant le règne du Front populaire, de violents soulèvements des ouvriers des chantiers navals de Toulon s’opposaient à la politique d’austérité. Cela a entraîné un grand nombre de morts et de blessés; l ‘état d’urgence a été imposé.

La ville est bombardée le 13 juin 1940 par la Regia Aeronautica italienne. En raison des conditions météorologiques défavorables, peu de dégâts seront toutefois infligés au port aux infrastructures.

Sévèrement éprouvée lors de la Seconde Guerre mondiale (sabordage de la flotte le 27 novembre 1942 veille de l’occupation allemande, bombardements américains du 24 novembre 1943), Toulon est libérée le 27 août 1944 par des unités de la 1re division de marche d’infanterie (1re DMI), de la 9e division d’infanterie coloniale (9e DIC), de la 3e division d’infanterie algérienne (3e DIA) et de la 1re division blindée (1re DB) de l’armée B. Les forces étaient composées d’Européens d’Afrique du Nord et de métropole, de Maghrébins (principalement 3e RTA) et de tirailleurs sénégalais. L’ensemble des forces militaires françaises est commandé par le général de Lattre de Tassigny.

La commune a été décorée, le 11 novembre 1948, de la Croix de guerre 1939-1945 avec palme de bronze.

Après la guerre, le port ravagé est à reconstruire, ainsi que beaucoup de logements détruits ; de plus, à la fin de la guerre d’Algérie, l’afflux des pieds-noirs revenus d’Algérie nécessite la construction rapide de nouveaux logements : autour de la vieille ville, qui se dégrade, s’élèvent alors de nouveaux quartiers de logements collectifs. Le « Petit Chicago » fut après la Seconde Guerre mondiale le surnom d’un quartier malfamé situé au bas de la vieille ville, juste à la sortie de la porte principale de l’arsenal. Ce surnom fut donné par les pêcheurs, ce qui contribua largement à asseoir la mauvaise réputation de la ville dans les années 1950.

Le quartier est tenu par le crime organisé dont les figures emblématiques sont Jean-Louis Fargette — un truand assassiné en 1993 — et Maurice Arreckx. Ce dernier est maire de Toulon de 1959 à 1985, puis président du conseil général du Var de 1985 à 1994 et sénateur de 1986 à 1995. « Au début de leur carrière dans le grand banditisme, Fargette et ses hommes de main se livraient aux activités traditionnelles du milieu, comme le racket des bistrots, qu’ils incendiaient lorsqu’on ne les payait pas, relate François Trucy, maire de la ville de 1985 à 1995. Ensuite, Fargette est passé à la construction et aux affaires immobilières, en s’associant avec mon prédécesseur, Maurice Arreckx. »

Les journalistes Simon Fontvieille et Jean-Baptiste Malet relève qu’« ensemble, l’élu et le truand règnent sur Toulon durant plus de deux décennies. Ils bouleversent la physionomie de la ville en faisant construire d’immenses verrues de béton et tissent des réseaux d’allégeance clientélistes. Lors des législatives de 1978, Arreckx place Fargette à la tête d’une officine électorale et lui demande d’assurer la sécurité des meetings de son parti, l’Union pour la démocratie française (UDF). Lorsque le premier ministre Raymond Barre se rend à Toulon afin de soutenir les candidats UDF, c’est Fargette, alors fiché au grand banditisme, qui monte à la tribune pour prononcer le discours de bienvenue… »

La ville retrouve son statut de préfecture en novembre 1974. À partir des années 1970 Toulon connait une forte déprise économique et sociale, et doit faire face à divers problèmes. Un taux de chômage élevé, un développement de la délinquance notamment dans le centre-ville en plein délabrement, une saturation du trafic routier lié à la mauvaise desserte autoroutière de l’agglomération, une gestion affairiste de la ville, notamment sous le mandat du maire Maurice Arreckx, contribuent à la victoire du Front national aux élections municipales de 1995, gouvernant la ville jusque 2001.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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