Ville de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe).

Sablé-sur-Sarthe est une commune française située dans le département de la Sarthe en région Pays de la Loire, peuplée de 12 220 habitants.

Au cours de l’antiquité, une marbrière est attestée sur les terres de Sablé-sur-Sarthe. Cette carrière, dont l’ouverture remonte au début de l’époque gallo-romaine, fournit l’ensemble de la région cénomane (civitates des Aulerci Cenomani) en blocs de pierre de nature calcaire, un marbre de couleur grise veinée de rose et de rouge. Ce type de matériau est essentiellement utilisé pour l’élévation des édifices publics sarthois.

Le site médiéval a été avant tout une forteresse particulièrement bien située, aux confins du Maine et de l’Anjou. C’est à l’abri de cette forteresse que se développe le bourg dont la population devait s’élever au XVe siècle à près de 1 200 habitants. L’actuel château est bâti sur le site de l’ancien château fort.

Aux XIIe et XIIIe siècles, le seigneur de Sablé-sur-Sarthe est Guillaume des Roches, sénéchal d’Anjou, seigneur de Sablé, de Longué-Jumelles et de Château-du-Loir (né en 1165 – mort en 1222), beau-père d’Amaury Ier de Craon, sénéchal d’Anjou et seigneur de Craon. Ils s’illustrèrent ensemble dans la bataille de la Roche-aux-Moines en 1214 contre les troupes Plantagenêt de Jean sans Terre et de ses alliés.

Sablé-sur-Sarthe, carte maximum, 20/09/1997.

Durant la guerre de Cent Ans, les Anglais s’établissent dans les principaux châteaux de la région : Beaufort, Sablé, Le Louroux… Il faut attendre Du Guesclin et le seigneur de Maillé pour reprendre ses positions.

C’est à Sablé-sur-Sarthe que fut signé le traité du Verger le 19 août 1488, un événement très important dans la succession au trône de France. Le roi de France Charles VIII avait déclaré la guerre au duc de Bretagne François II, à la suite du mariage par procuration en 1490 d’Anne de Bretagne et de Maximilien Ier de Habsbourg, héritier du Saint-Empire germanique. Cette union aurait fragilisé le pays et avait provoqué la colère du roi de France. L’union fut annulée et les deux signataires du traité du Verger convinrent sur les terres de Sablé que sera interdit à la fille du duc de se marier sans l’accord du roi de France. Ce fut l’origine de l’annexion du duché au royaume. Anne de Bretagne voulait refuser sa main à tout autre seigneur que le roi de France, elle se maria donc avec Charles VIII. Jeune veuve à la suite du décès accidentel de son époux, elle épousera son successeur, une des clauses originales du traité, Louis XII, un capétien de la branche Orléans, qui avait toujours été secrètement amoureux de la jeune fille. La reine Claude, épouse de François Ier, un Valois, n’est autre que la fille de Louis XII et d’Anne de Bretagne.

Rallye automobile de Sablé-sur-Sarthe 1952 (Daguin).

Sous l’Ancien Régime et jusqu’à la Révolution française, Sablé était un marquisat, une pairie et une ville. Elle était située dans le Maine, diocèse du Mans, parlement de Paris, intendance de Tours, élection de La Flèche.

Le XVIIIe siècle marque pour Sablé une période de développement économique et culturel. Le bourg devient ville, dominée par le château que Colbert de Torcy, marquis de Sablé, ministre des Affaires étrangères sous Louis XIV et neveu de Colbert, fait édifier sur les plans de l’architecte Desgots.

À la fin du siècle, Sablé compte 3 000 habitants. Cet essor va s’arrêter brusquement pendant la période révolutionnaire. La ville devient alors un refuge pour les Chouans.

Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795.

L’année 1809 restera une date essentielle dans l’histoire locale : de l’anthracite est découvert dans les environs. Grâce à cela, le chaulage se répand et transforme l’agriculture. L’exploitation du marbre, jusque-là artisanale, se modernise et la carrière devient le premier employeur de Sablé et de ses environs avec 1 500 salariés.

La ville se transforme, le port se développe (22 000 tonnes par an). À son tour, l’arrivée du chemin de fer en 1861 facilite grandement les échanges. Elle favorise la reprise de l’industrie du marbre et suscite également l’extension de l’urbanisation en direction de la gare. Ainsi, en 1886, la population atteint 6 200 habitants.

La fin du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle voient s’écouler une période de stagnation-récession pour l’économie sabolienne. Les deux grandes guerres, l’exode rural, le caractère essentiellement artisanal des entreprises locales font que la ville se maintient principalement dans un rôle de marché agricole et de centre commercial, malgré l’installation de fonderies repliées de l’Est après 1918.

En 1929, Raphaël Élizé, socialiste et vétérinaire, arrière-petit-fils d’esclave, originaire du Lamentin en Martinique, est élu maire. Il passe alors pour le premier maire noir de France, même s’il a été précédé dans le Gard par Louis Guizot en 1790-1794 et par Sévériano de Hérédia, président du Conseil de Paris en 1879. Il exerce son mandat jusqu’en 1941. Il ne retrouvera jamais ses fonctions. Il y a certes l’hostilité allemande mais il est destitué par Vichy en 1941 en même temps que son adjoint. Il poursuivit son métier de vétérinaire, entra en résistance, puis fut dénoncé et déporté en Allemagne au camp de Buchenwald où il mourut en 1945. Un millier d’Allemands s’étaient en effet installés à Sablé au sein d’une OrtsKommandantur. Les occupants assistaient aux conseils municipaux et avaient souhaité un autre interlocuteur plus âgé, figure consensuelle et plutôt représentative de la paysannerie du coin, beau-père d’un des photographes de la ville. Raphaël Élizé fut victime des forces les plus conservatrices de la ville. La ville fut souvent tiraillée entre ces forces-là et les « forces progressistes » — terme de l’époque — à savoir des forces de gauche qui ne purent se montrer assez fermes pour défendre Élizé en 1941 alors qu’elles lui avaient permis d’accéder à son mandat à partir de 1929. C’était une exception dans l’hexagone que l’arrivée d’un maire de couleur, qui révéla des qualités fort appréciées (cantine communale, terrain de foot, piscine, la première homologuée dans l’Ouest de la France). Le régime de Vichy le destitua. Les Allemands l’ont torturé puis déporté pour des raisons à la fois politiques et raciales. Ils ont choisi de le faire remplacer dès 1941 par un édile qui n’avait guère de pouvoir pour s’opposer à leurs exigences et qui ne pouvait qu’entériner les décisions du préfet Picot, un militaire originaire de Belfort, pétainiste zélé, puis du préfet Lucien Porte (ex-sous-préfet de Montluçon). Ce dernier montra tant d’allant à poursuivre dès sa nomination, en février 1943, l’œuvre de son prédécesseur, qu’il fut destitué à la Libération, en août 1944, placé en résidence surveillée à l’abbaye de Solesmes avant d’être incarcéré à Angers. Il fut condamné, puis acquitté malgré ses abus de pouvoir, pour être finalement radié du corps militaire (le bilan de ces années noires historiques sur le plan local est désormais complètement accessible à tous : voir notamment site MEMORESIST de la Sarthe qui reprend presque tous les résistants et les déportés des alentours de Sablé, informations complémentaires par consultation d’archives nationales, locales, ou d’études, ou d’articles dans des revues de fédérations nationales ou des témoignages concernant cette même région sur « la relève », les requis et les victimes du STO).

À partir des années 1960, dirigée par Joël Le Theule, député-maire, ministre à plusieurs reprises, Sablé connaît une période d’expansion très soutenue, constituée par le développement de l’activité industrielle dans les secteurs de l’agroalimentaire, des industries métallurgiques et du matériel électrique.

Les répercussions en matière d’aménagement urbain ont été très importantes : elle se sont traduites par un véritable éclatement de la ville hors de ses limites traditionnelles, faisant passer sa population de 6 000 à 13 500 en 25 ans.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

 

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