Ville de Montréal (Canada).

Montréal est la principale ville du Québec. Grande métropole insulaire et portuaire du fleuve Saint-Laurent au pied des rapides de Lachine, c’est la deuxième ville la plus peuplée du Canada, après Toronto, et la plus grande ville francophone d’Amérique. Son aire urbaine, la région métropolitaine de Montréal, rassemble plus de 4,1 millions d’habitants, soit environ la moitié de la population du Québec. Montréal est l’une des grandes agglomérations d’Amérique du Nord et un important pôle financier, de savoir, de culture et d’aéronautique. C’est à Montréal que siègent l’Organisation de l’aviation civile internationale, l’Institut de statistique de l’UNESCO, le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, ainsi que l’Agence mondiale antidopage.

La ville doit son nom au mont Royal qui surplombe le centre des affaires et le centre historique de la ville, tous deux situés dans l’arrondissement Ville-Marie. Montréal est découpé en 19 arrondissements qui couvrent les trois-quarts de l’île de Montréal, la plus grande de l’archipel d’Hochelaga, mais également l’île Bizard, l’île des Soeurs et les îles Sainte-Hélène et Notre-Dame. Il y a plus de 1,8 millions d’habitants dans les limites municipales. Langue officielle de l’administration, le français est la langue d’usage de la majorité de la population. L’anglais et d’autres langues y occupent une place importante; la moitié des montréalais sont bilingues et près du quart sont trilingues.

ique, commercial et financier du Québec, la ville compte plus de 400 sièges sociaux et de nombreuses grappes industrielles. Considérée comme « meilleure ville étudiante » au monde et comme la « métropole universitaire du Canada » avec six universités et 450 centres de recherche, Montréal est aussi un centre culturel d’importance pour les jeux vidéo, le cinéma et le design. Le transport collectif de la ville, structuré par un réseau de métro, est l’un des plus efficaces, rapides et ponctuels en Amérique du Nord. L’Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau accueille près de 20 millions de voyageurs annuellement. La région de Montréal est la porte d’entrée de l’immigration au Québec, 70% des personnes nées à l’étranger y demeurent.

Hôte de l’Exposition universelle de 1967 et les Jeux olympiques d’été de 1976, Montréal accueille chaque année le Grand Prix de Formule 1 du Canada, et de nombreux festivals, tels le Festival international de jazz de Montréal, les FrancoFolies et le festival Juste pour rire. Le Canadiens de Montréal est le plus vieux club de hockey au monde toujours en activité, sans interruption.


Jusqu’à quelques décennie avant la colonisation française, l’île de Montréal est occupée par les Iroquoiens du Saint-Laurent. Jacques Cartier, le premier explorateur européen à fouler l’île à l’automne 1535, décrit Hochelaga dans son récit de voyage, un village iroquoien fortifié de « plus de mille personnes » construit au pied d’une colline qu’il nomme Mons realis. En 1603, près de 70 ans plus tard, l’explorateur Samuel de Champlain rapporte que les Iroquoiens n’occupent plus l’île de Montréal. Un poste de traite saisonnier temporaire est construit en 1611 à la place Royale (aujourd’hui Pointe-à-Callière).

À partir de 1636, la seigneurie de l’île de Montréal est concédée à des nobles français, d’abord Jean de Lauson, président de la Compagnie des Cent-Associés, puis Jérôme Le Royer, sieur de La Dauversière, qui en prend possession au nom de la Société Notre-Dame de Montréal en 1640. La Société Notre-Dame, née du mouvement de la Contre-Réforme, souhaite l’établissement d’une colonie missionnaire sur l’île de Montréal. Arrivés de France à Québec à l’été 1641, deux membres de la société, l’officier Paul Chomedey de Maisonneuve et la soignante Jeanne Mance, on pour mission respective de prendre possession de Montréal et d’y fonder une chapelle et un Hôtel-Dieu. Maisonneuve est nommé gouverneur de Montréal et Ville-Marie est fondée au printemps suivant, le 17 mai 1642.

Dans le contexte des guerres franco-iroquoises, les premiers colons français se retranchent dans le fort Ville-Marie. Cette situation rend l’agriculture difficile à pratiquer. De plus, la Société Notre-Dame de Montréal n’arrive pas à convertir suffisamment d’Amérindiens pour assurer la croissance démographique. Maisonneuve est contraint de retourner en France pour recruter d’autres colons en 1653 et en 1659 ; ces efforts en amènent près de 200, parmi lesquels sœur Marguerite Bourgeoys, la fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal en 1659. Ces nouveaux arrivants permettent le développement de l’agriculture, assurant la survie et le développement de Ville-Marie.

En 1663, la Nouvelle-France devient une province royale. Elle est placée sous le commandement du Conseil souverain de la Nouvelle-France qui relève de l’autorité directe de Louis XIV. La Société Notre-Dame est dissoute la même année et Maisonneuve est renvoyé en France par le gouverneur Prouville de Tracy. La seigneurie de l’Île-de-Montréal est cédée au séminaire Saint-Sulpice de Paris en 1665. Les prêtres sulpiciens influenceront de manière significative le développement de Montréal. La traite des fourrures devient, à partir de 1665, grâce à des interventions militaires françaises, une part principale de l’économie montréalaise. Les pelleteries en provenance de la rivière des Outaouais transitent à Ville-Marie qui compte plus de 600 habitants à cette époque. Les sulpiciens font borner les rues en 1672 puis la ville est fortifiée d’une palissade de pieux en 1687.

Pendant que Ville-Marie se développe, d’autres secteurs de peuplement apparaissent sur l’île. En amont des rapides du Sault-Saint-Louis sur le Saint-Laurent, un fief est concédé à l’explorateur René-Robert Cavelier de La Salle, qui fonde Lachine en 1669. Au Sault-au-Récollet, au nord de l’île, sur la rivière des Prairies, une mission est fondée par les sulpiciens en 1696. Malgré quelques périodes de tranquillité, les guerres franco-iroquoises font de plus en plus de ravages dans la colonie à la fin du XVIIe siècle. On compte parmi les événements sanglants le massacre de Lachine du 5 août 1689.

En août 1701, le traité de la Grande Paix de Montréal met fin aux hostilités. 1 200 Amérindiens d’une quarantaine de nations de la région des Grands Lacs et plusieurs notables de la Nouvelle-France, dont le gouverneur Hector de Callières, se rassemblent à Montréal pour la signature du traité. L’expansion de Montréal se poursuit durant la première moitié du XVIIIe siècle ; les premiers faubourgs apparaissent durant les années 1730 alors que la ville compte autour de 3 000 habitants. En plus de la traite des fourrures, elle devient le point central d’un territoire agricole en pleine croissance.

Commencée un peu avant la guerre de Sept Ans, la guerre de la Conquête oppose les Français et les Britanniques en Amérique du Nord à partir de 1754. En plus de la citadelle de Montréal, les Français comptent à cette époque de nombreux forts sur l’île de Montréal tel que le fort Lorette, le fort de la Montagne, le fort de Pointe-aux-Trembles et le fort Senneville.

La bataille des plaines d’Abraham, victoire britannique à Québec, le 13 septembre 1759, annonce la fin du régime français sur le territoire. Malgré une dernière tentative de reprendre la ville lors de la bataille de Sainte-Foy le 28 avril 1760, le duc de Lévis est contraint de replier ses troupes à Montréal. Le 8 septembre 1760, les troupes françaises de Montréal66, commandées par Pierre de Cavagnal, marquis de Vaudreuil, se rendent sans combat à l’armée britannique commandée par Lord Jeffery Amherst. Le traité de Paris de 1763 marque la fin de la période française.

Avec le nouveau régime, le commerce devient exclusivement tourné vers l’Empire britannique. Montréal, alors le centre d’un vaste arrière-pays, développe une solide bourgeoisie commerciale, principalement d’origine écossaise et anglaise. Après la guerre d’indépendance des États-Unis et l’arrivée de loyalistes américains dans la province de Québec, la région de Montréal devient un tampon où se rencontrent deux peuples, l’un anglophone et protestant, l’autre francophone et catholique.

Bien que les Canadiens (descendants des premiers colons français) soient majoritaires, leur sous-représentation politique et le déni de leur langue crée une situation de tension culminant avec la rébellion des Patriotes de 1837-1838. Montréal est le lieu d’émeutes de part et d’autre de la population. Le Parlement du Canada-Uni, installé à Montréal entre 1843 et 1849, est ainsi incendié par des émeutiers anti-unioniste, appelés aux armes par un article haineux de The Gazette. Le feu se propageant également jusqu’à la bibliothèque nationale, il détruit d’innombrables archives de la Nouvelle-France. Ces incidents incitèrent les députés du Canada-Uni à transférer la capitale en alternance à Toronto et à Québec, puis à choisir Ottawa à partir de 1866.

Fondée dans le secteur qui est aujourd’hui le Vieux-Montréal, dans l’arrondissement Ville-Marie, Montréal a vu son découpage et les limites de son territoire changer sensiblement depuis son établissement. La superficie de la ville s’est accrue par l’annexion de nombreuses municipalités, dont les noms se retrouvent maintenant dans ceux de plusieurs quartiers et arrondissements. Sur le plan économique, le début du XIXe siècle marque une importante transition dans l’activité commerciale de Montréal. Sa position géographique liée aux réseaux de communication naturels faisait déjà de la ville un centre important de la traite des fourrures vers l’Europe. Le début de la colonisation anglaise du Haut-Canada par les loyalistes transforme Montréal en plaque tournante de l’approvisionnement et du peuplement de la région des Grands Lacs. L’industrie de la traite des fourrures — qui a dominé l’activité économique pendant plus d’un siècle — perd en importance par rapport au négoce et aux activités de transport. La croissance de la ville s’accélère par la construction en 1824 du canal de Lachine, permettant aux navires de franchir les rapides de Lachine et facilitant les communications entre l’Atlantique et les Grands Lacs.

La seconde moitié du XIXe siècle amène le rapide développement du chemin de fer, la création d’une première ligne ferroviaire de 23 km entre Laprairie et Saint-Jean-sur-Richelieu en 1836, et celle du canal de Chambly, inauguré en 1843. Les deux infrastructures améliorent les communications avec New York, via le lac Champlain ou sa rive et la vallée du fleuve Hudson. La construction des lignes du Grand Tronc vers Toronto et les provinces maritimes dans les années 1850, et celle du pont Victoria, en 1860, consolident la vocation de la ville. La compagnie ferroviaire du Canadien Pacifique y installe son siège social en 1880, faisant définitivement de Montréal le nœud ferroviaire du Canada. Parallèlement l’industrie artisanale cède sa place à l’industrialisation.

La ville subit plusieurs épidémies durant le XIXe siècle, la plus importante étant l’épidémie de variole de 1885 qui tua 3164 personnes (en très grande majorité des francophones) soit 1,89% de sa population estimée alors à 168 000 habitants.

Entre les épidémies et les grands incendies l’élite commerciale, devenue industrielle, commence à s’établir dans le Mile carré doré. En 1860, Montréal est devenue la plus importante municipalité de l’Amérique du Nord britannique et le centre économique et culturel du Canada.

Entre la fin du XIXe siècle et le déclenchement de la Première Guerre mondiale, Montréal connaît l’une des plus fortes périodes de croissance de son histoire. Le développement des banques et autres institutions financières avec l’industrie donne l’élan lui permettant de devenir le centre financier canadien durant toute la première moitié du XXe siècle.

La 1re municipalité à avoir été fusionnée à Montréal est celle d’Hochelaga en 1883, suivie de Saint-Jean-Baptiste en 1886, Saint-Gabriel en 1887 et Côte-Saint-Louis en 1893. L’année 1905 voit l’intégration de Villeray, Saint-Henri et Sainte-Cunégonde, aujourd’hui le quartier de La Petite-Bourgogne. En 1908 s’ajoute Notre-Dame-des-Neiges, puis Saint-Louis-du-Mile-End et De Lorimier un an plus tard.

En 1910, pas moins de 10 municipalités sont fusionnées à Montréal : Tétreaultville, Longue-Pointe, Beaurivage-de-la-Longue-Pointe, Côte-Saint-Paul, Ville-Émard, Rosemont, Bordeaux, Ahuntsic, Côte-des-Neiges et Notre-Dame-de-Grâce, les deux dernières formant aujourd’hui l’arrondissement du même nom. Six ans après, la cité s’agrandit de nouveau en englobant Sault-au-Récollet et Cartierville, puis Maisonneuve en 1918.

Après guerre, la ville se modernise et développe une réputation de ville festive. La prohibition aux États-Unis en fait une destination prisée par les Américains. L’essor des débits de boisson, des cabarets, des maisons de jeu, des réseaux de paris, l’accès facile aux drogues, le foisonnement des bordels, la hausse du tourisme sexuel, combinés à une influence croissante de la pègre, de même qu’une certaine connivence des forces policières sont à l’origine du qualificatif de «ville ouverte» .

Malgré la croissance de Montréal, le chômage y perdure et est exacerbé par le krach de 1929. Durant la grande dépression, la ville aide les chômeurs et entreprend une politique de grands travaux qui touche durement ses finances au point qu’elle est placée sous tutelle du gouvernement provincial de 1940 à 1944. Pendant cette période, l’effort de guerre amène le plein emploi et inaugure une nouvelle ère de prospérité.

En 1951, la population montréalaise dépasse le million. Pourtant la croissance de Toronto a déjà commencé à contester à la métropole québécoise son statut de capitale économique du Canada. En effet, depuis les années 1940 le volume d’actions échangées à la bourse de Toronto est devenu supérieur à celui de la bourse de Montréal. Les années 1950 et 1960 sont marquées par une croissance soutenue, que symbolise la tenue de l’Exposition universelle de 1967, la construction des plus hautes tours du Commonwealth, du réseau autoroutier et du métro de Montréal. Pourtant l’économie montréalaise, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, est en pleine mutation. Un vaste mouvement des industries vers le Midwest et le Sud de l’Ontario, combiné à des changements technologiques, comme l’essor du camionnage et la mise en service de la voie maritime du Saint-Laurent en 1959, réduisent progressivement l’importance de Montréal comme centre de transbordement des marchandises.

Le territoire municipal reste ensuite stable pendant plusieurs décennies, jusqu’à l’annexion de Rivière-des-Prairies en 1963, Saraguay en 1964 puis Saint-Michel en 196873. Treize et quatorze ans plus tard vient le tour de Saint-Jean-de-Dieu et de Pointe-aux-Trembles.

Les années 1970 se révélèrent être une période de vastes changements sociaux et politiques, émanant d’une majorité francophone achevant sa Révolution tranquille face à la domination traditionnelle du monde des affaires par une minorité anglophone érodée par le lent déclin de leur ville. La crise d’octobre 1970, qui voit l’armée déployée dans les rues, puis l’élection en 1976 du Parti québécois, partisan de la souveraineté, favorisent le départ de grandes entreprises (Sun Life, RBC…) et de nombreuses personnes de la ville, accélérant encore le renversement de la hiérarchie des métropoles canadiennes au profit de Toronto. Cela n’empêche cependant pas Montréal, dirigée d’une main de fer par le maire Jean Drapeau, d’assurer son statut international en devenant ville olympique en cette même année 1976. La métropole est alors à son apogée, au prix d’une dette importante.

Jusqu’au milieu des années 1990, l’économie de Montréal, frappée durement par les récessions de 1981-1982 et 1990-1992, se développe plus lentement que beaucoup de villes canadiennes. Une importante restructuration industrielle et un développement des industries culturelles donneront un second souffle à la ville. Montréal célèbre avec éclat son 350e anniversaire en 1992.

La ville est frappée en décembre 1989 par le premier féminicide de masse. Un homme déclarant détester les « féministes » abat quatorze jeunes femmes à l’École polytechnique.

Au début du XXIe siècle, une réorganisation des municipalités est mise en place à l’échelle du Québec. Au terme d’un processus de fusions massives suivies de plusieurs défusions, Montréal acquiert ses limites actuelles après avoir intégré Anjou, Lachine, LaSalle, Montréal-Nord, Outremont, Saint-Laurent, Saint-Léonard, Verdun, Pierrefonds, Roxboro, Saint-Raphaël-de-l’Île-Bizard et Sainte-Geneviève. Les huit premières entités deviennent autant d’arrondissements, tandis que les quatre dernières sont jumelées pour n’en former que deux : Pierrefonds-Roxboro et L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève, ce dernier étant l’arrondissement le moins peuplé de la ville.

Le XXIe siècle amène le renouveau du paysage économique et culturel de la ville et de ses infrastructures. La construction de gratte-ciel résidentiels, de deux super-hôpitaux, du quartier des Spectacles, la gentrification de Griffintown, l’expansion de l’aéroport Montréal-Trudeau, le remplacement du pont Champlain par le pont Samuel-De Champlain, la reconstruction de l’échangeur Turcot et le projet de Réseau express métropolitain, sont autant de réalisations qui font que Montréal continue de grandir.

Source : Wikipédia.

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