Ville de Maubeuge (Nord).

Maubeuge est une commune française située dans le département du Nord, en région Hauts-de-France. Ses habitants sont appelés les Maubeugeois.

Avec ses 29 589 habitants (recensement de 2019), Maubeuge est une ville relativement importante (la 1re de l’Avesnois et la 11e du département). Avec Arras et les communes de l’ancien bassin minier situé un peu plus au nord-ouest, elle est directement sous l’influence de l’« aire métropolitaine de Lille », ensemble métropolitain de près de 3,8 millions d’habitants.


Les premières traces documentées de la ville datent d’environ 256 de notre ère, lorsque les Francs ont pénétré la région via les vallées de la Sambre et de la Meuse. Ils y tenaient annuellement leurs assises judiciaires, les Mahal, en un lieu appelé Boden, ce qui finit par donner au siège de ces assemblées le nom de Malboden (Mauvaise demeure) ; une hypothèse sur l’origine du nom de Maubeuge provient d’ailleurs de l’éventuelle transformation à l’ère médiévale de ce terme en Malbodium, lorsque, vers 661, sainte Aldegonde, fondatrice de la ville, y installa un monastère.

Maubeuge apparaît sur un sceau échevinal dès l’an 1293 mais ce n’est qu’au XVe siècle que ce nom devient définitif après l’usage de diverses variantes (Melbarium, Villa Malbodiensis, Melbodium, Malbode, Malboege, Melboege, Mabuge, Mabeughe et Mauboege.

Maubeuge est attestée pour la première fois dans une source écrite en 870 lors du traité de Mersen.

Sainte Aldegonde fonde une abbaye de femmes au VIIe siècle. Elle est pillée par les Vikings en 876 et 881. En 953, elle est à nouveau pillée par les Hongrois. Elle est sécularisée par Bruno de Querfurt.

Maubeuge fait partie du comté de Hainaut sous les premiers rois carolingiens. En 843, lors du partage des États de Louis le Débonnaire au traité de Verdun, la ville est rattachée à la Lotharingie, puis passe en 870 au royaume de Francie occidentale par le traité de Meerssen. En 925, les Régnier accèdent au titre de comte de Hainaut, sous la suzeraineté des empereurs d’Allemagne.

En 1087, le bourg est pris par Thierry d’Avesnes, assiégée en 1182 par le duc de Brabant. L’activité textile se développe, et le bourg reçoit une charte. Elle est à nouveau assiégée en 1254 par le comte d’Anjou, Charles d’Anjou-Provence. Le comte de Hainaut Jean d’Avesnes viole la charte, ce qui provoque une révolte en 1293.

Maubeuge, essais de couleur.

La ville ne développe une activité de grande draperie que dans la seconde moitié du XIIIe siècle. En fonction des épidémies et des épisodes de guerre, la population de Maubeuge est estimée à environ 3 000 personnes, soit près de 30 % de la population de la prévôté-le-comte dont elle est la ville principale.

La première enceinte du domaine des chanoinesses disparaît dans un incendie à la fin du XVIe siècle. En 1339, le comte Guillaume II de Hainaut autorise l’édification de nouveaux remparts plus vastes comprenant six portes et vingt-deux tours sur trois kilomètres. Mais malgré ces prudents aménagements, la ville de Maubeuge est, jusqu’à son rattachement à la France en 1678, saccagée et pillée plus de vingt fois.

En raison de son rôle de ville fortifiée et proche de la frontière, le comte refuse à la ville le statut de commune : elle est donc gouvernée par un échevinage (composé de sept échevins et un maire), nommé conjointement par le comte et l’abbesse de Sainte-Aldegonde.

La ville est divisée en deux paroisses à partir de 1292 : la vieille cité est perchée sur une hauteur, à l’abri des inondations, et occupée par les classes dominantes, alors que les pauvres vivent dans les bas-quartiers surpeuplés et menacés. La ville est plusieurs fois détruite par les incendies, dont un très important en 1396 qui anéantit le château comtal. Pour repeupler la ville, le duc Albert de Bavière accorde des exemptions fiscales et des privilèges judiciaires à la ville. En 1433, la ville passe au États bourguignons. Pour limiter les incendies, un ban de la ville de 1436 interdit à tous d’entrer dans une grange avec une lanterne ; le même ban prévoit des inspections des locaux dangereux, comme les brasseries, et des habitations privées, toujours pour prévenir les incendies.

Mais ces précautions n’empêchent pas tous les incendies : ainsi, quand la ville est assiégée est 1387, l’église Saint-Pierre est incendiée ; le cas se répète en 1478 par Louis XI, qui la fait incendier.

La province passe à la maison d’Autriche de 1478 à 1513, et à la maison d’Espagne de 1513 à 1678.

En 1637, l’armée française du cardinal de La Valette envahit les Pays-Bas espagnols et s’empare de Landrecies et Maubeuge. Les Espagnols, commandés par Piccolomini et le cardinal Ferdinand d’Autriche, cherchent à reprendre la ville mais ils sont repoussés par Turenne. En 1641, elle est reprise par les Espagnols de Francisco de Melo. Le dernier prévôt du roi d’Espagne à Maubeuge est Nicolas de Croix, dit de Drumez, plus tard comte de Clairfayts, nommé en 1648. Maubeuge est de nouveau assiégée et prise par Turenne en 1655 en présence du jeune Louis XIV et du cardinal Mazarin mais reprise par les Espagnols qui la conservent au traité des Pyrénées en 1659.

Maubeuge est définitivement rattachée à la France par le traité de Nimègue du 17 septembre 1678, ratifié par le roi Louis XIV le 3 octobre, et par le roi d’Espagne Charles II le 14 novembre. La ville vit alors une période de calme relatif, Louis XIV ayant chargé Vauban, en 1679 de la fortifier.

Maubeuge connaît une période plus paisible au cours du XVIIIe siècle. Elle est rattachée à la province de Hainaut et à la généralité de Valenciennes. La manufacture d’armes, fondée en 1701 par Robert Daretz, fournit toutes sortes d’armes y compris des canons ; elle comprend deux ateliers situés à Rousies et Ferrière-la-Grande. Les cartes du milieu du XVIIIe siècle (celles de l’Atlas de Trudaine par exemple nous montrent ainsi Maubeuge comme une ville essentiellement militaire et fortifiée, entourée de quelques cultures et bénéficiant du proche bois de Beaufort pour son alimentation en bois.

Le 23 septembre 1793, le siège est mis devant la ville par les Autrichiens du prince de Saxe-Cobourg. La victoire de Wattignies, les 15 et 16 octobre, permet cependant de lever le blocus du camp retranché par l’armée du Nord avec Carnot, Jourdan et Duquesnoy. Quelques mois plus tard, les coalisés prennent Landrecies ; les villes de Maubeuge et Avesnes-sur-Helpe se mettent en état de défense et, le 13 juillet 1794, leurs gardes nationaux participent à la reprise de Landrecies. La campagne se termine par la victoire de Fleurus, le 26 juin, qui assure la conquête de la Belgique.

Le 22 thermidor an X (10 août 1802), un orage hors norme, par sa violence et sa soudaineté, a concerné la ville de Maubeuge : douze personnes, réfugiées sous le portique de la tour de la paroisse ont été touchées par la foudre. Les témoins ont parlé de « petit tonneau de feu » qui s’est ensuite divisé. Une personne à « l’échine du dos noire comme du charbon » est morte, les onze autres ont été plus ou moins affectées mais ont pu récupérer après quelques instants. L’orage a fait quelques dégâts d’importance limitée sur la tour.

À cette époque, au niveau des transports, existe une liaison régulière avec Valenciennes.

À la suite de la défaite des armées napoléoniennes à Leipzig en octobre 1813, les forces coalisées envahissent la France. La place forte de Maubeuge résiste victorieusement en 1814 aux attaques des troupes du duc de Saxe-Weimar. Pendant les Cent-Jours, c’est dans la région de Maubeuge que les troupes de Napoléon se préparent à la bataille de Waterloo toute proche. Trois jours après cette défaite, le 21 juin 1815, Maubeuge est de nouveau assiégé par 12 000 Prussiens et doit se rendre. Suivent trois ans  d’occupation par les troupes prussiennes puis russes.

En 1818, l’économie de la ville redémarre. La Révolution industrielle se concrétise, notamment à la suite de la canalisation de la Sambre, qui facilite l’approvisionnement en charbon depuis Charleroi. Dès 1837, les hauts-fourneaux et laminoirs se multiplient autour de la rivière, notamment dans le quartier de Sous-le-Bois.

En 1853, la création de la gare de Maubeuge sur la ligne de chemin de fer de la Compagnie des chemins de fer du Nord Paris – Maubeuge – Charleroi, puis la jonction avec Aulnoye et la mise en service de la grande transversale Lille – Thionville, consolident définitivement l’essor de l’économie du bassin de la Sambre par l’approvisionnement en minerai de fer du  Valenciennois et de Lorraine.

1885 : le 29 août 1885 est inaugurée la ligne de chemin de fer Maubeuge – Fourmies.

1902 : mise en service du tramway de Maubeuge, qui fonctionnera jusqu’en 1951.

La Première Guerre mondiale va éprouver à nouveau la cité sambrienne. En 1914, Maubeuge résiste sous la direction du Général Fournier, puis est prise.

Maubeuge, carte maximum, France.

Pendant cette Première Guerre mondiale, à Maubeuge existe une rareté : la 5e compagnie d’aérostiers y a sa base. Sur les bords de Sambre, dans le quartier de Pont-Allant, on a construit un grand hangar de 116 mètres de long, terminé en 1912 pour accueillir les « cigares volants » sur lesquels on fonde beaucoup d’espoirs militaires. À tort, les résultats obtenus, comme ceux du Dupuy-de-Lôme ne seront guère probants et les avions vite préférés aux dirigeables. Pendant l’occupation allemande, le hangar est régulièrement agrandi pour recevoir les ballons allemands dont les fameux Zeppelin. En 1920, Maubeuge étant le seul endroit pouvant l’accueillir, on y voit arriver en 1920 le Dixmüde, zeppelin (voir liste des Zeppelins) allemand géant de 211 mètres de long, sept nacelles, sept moteurs pouvant le  propulser à 130 km/h, récupéré par la France au titre des prises de guerre. Le géant a failli s’écraser au sol : les Français savent à peine le piloter et les Allemands chargés officiellement de les former ne leur ont donné que des indications de base. L’appareil finalement utilisé dans le Sud de la France pour des vols au-dessus des colonies africaines, finit dans une explosion le 22 décembre 1923, faisant 51 morts.

Le 9 novembre 1918, elle est délivrée par les Britanniques. Malgré le traumatisme, les destructions matérielles sont relativement mineures alors que le proche bassin minier est quasiment rasé.

La Seconde Guerre mondiale a en revanche un effet désastreux sur la ville : en mai 1940, les Allemands en incendient le centre historique avec des grenades incendiaires, détruisant le cœur de Maubeuge à plus de 90 %. Le secteur de Maubeuge était fortifié dans le cadre du programme Maginot : 4 forts et 7 casemates. Ces fortifications subissent l’assaut des Allemands, elles résistent du 18 au 23 mai 1940. Le 2 septembre 1944, la cité est libérée de l’occupant allemand par la 3e division blindée américaine « SpearHead », commandée par le général Maurice Rose. Kléber Leulier est nommé maire par le gouvernement provisoire.

Maubeuge reçoit la croix de guerre 1939-1945 le 10 octobre 1949.

Maubeuge, ‘la Belle Balafrée’ pour reprendre l’expression de son maire Pierre Forest, fut nommée Ville Pilote de l’Urbanisme en 1949.

Commence alors la période de tous les changements : André Lurçat, nommé « architecte en chef du Bassin de la Sambre » par le ministre de la Reconstruction, va entreprendre dès la fin de l’année 1944 une redéfinition de la ville sans précédent. L’architecte propose un programme complet de reconstruction, basé sur l’utilisation des ressources premières du territoire pour favoriser la relance économique et la préservation du patrimoine ancien. Il s’oppose ainsi au démantèlement complet des fortifications de Vauban, proposant d’étendre le centre-ville par le sud en ne supprimant que la partie des remparts située sur la rive droite de la Sambre. Attaché à gommer les disparités sociales intra-urbaines, Lurçat restructure  l’ensemble de l’agglomération, allant jusqu’à rabaisser le niveau de la ville haute et à remonter celui de la ville basse, sans toutefois renier les tracés urbains existants. Lurçat souhaite fonder son mode d’intervention sur une “collaboration étroite entre techniciens et population”, dans l’objectif de “satisfaire les besoins les plus généraux comme les plus particuliers des habitants”. Cette reconstruction s’avère une tâche de longue haleine qui va durer jusqu’en 1970 (date d’inauguration du nouvel hôtel de ville). Ce vaste programme de construction a permis à la ville de se pourvoir de 8525 immeubles (soit 11000 logements) et 2500 autres sont programmés de 1977 à 1983. Ces immeubles comprenaient des innovations techniques, tel que l’emploi d’éléments préfabriqués en béton ou en métal, dans le cadre de la normalisation en œuvre dans la plupart des villes en reconstruction, alliées à l’utilisation en façade de matériaux locaux, que sont la brique et la  céramique, afin de conserver l’identité de la ville. Les immeubles de logements construits sous la direction de Lurçat (tels que ceux de la rue Jean-Mabuze, du quartier de la gare ou bien du boulevard de l’Europe), présentant pour certains des rez-de-chaussée commerciaux, obéissent à cette volonté d’associer le modernisme architectural à l’inspiration régionale, afin d’atténuer le traumatisme des habitants. La barre du Mail (faisant 250 mètres de long) construite le long du quai de la Sambre constitue une expérience ambitieuse, que l’on peut qualifier de brutaliste du fait de son esthétique sobre et austère. Cet ensemble d’habitations comprend des locaux au rez-de-chaussée, dissocié visuellement des étages supérieurs par leur conception en galerie, pouvant abriter 21 commerces, les étages, eux, accueillent 49 logements.

Maubeuge, occupation belge, 1916.

À la fin de la guerre, plusieurs industries renommées viennent s’installer dans la région. Mais dès 1953-54, des difficultés surgissent, qui se précisent dans les années 1960. De 1962 à 1968, le Bassin de la Sambre subit une forte récession. Il semble indispensable de reconvertir les activités et de les  diversifier. La création d’une zone industrielle permet d’accueillir l’usine Chausson en 1971, qui constituera Maubeuge Construction Automobile (MCA), filiale de Renault. L’installation de ces ateliers donne un second souffle à l’activité industrielle de Maubeuge.

Malgré cela, le bassin de la Sambre connaît une terrible période de récession de 1975 à 1990, perdant près d’un quart de ses emplois. La situation économique de la ville, si elle tend à s’améliorer après des années difficiles, reste délicate.

Source : Wikipédia.

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