Ville de Mâcon (Saône-et-Loire).

Mâcon est une commune française, capitale du Mâconnais, préfecture du département de Saône-et-Loire, dans la région Bourgogne-Franche-Comté.

Au dernier recensement (2017), la commune comptait 33 638 habitants tandis que son aire urbaine, qui s’étend sur trois départements, rassemble 100 400 habitants.

Il s’agit de la sixième plus grande ville de Bourgogne-Franche-Comté derrière le chef-lieu régional Dijon, Besançon (siège du conseil régional), Belfort, Chalon-sur-Saône, Auxerre et devant les villes de Nevers et Sens. La population de son aire urbaine est celle qui croît le plus vite de la nouvelle région (+ 8,8 % entre 1999 et 2012).


L’agglomération mâconnaise tire son origine de l’établissement d’un oppidum et d’un port fluvial par le peuple celte des Éduens. Elle est citée par Jules César au ier siècle av. J.-C..

Mâcon, carte maximum, 27/05/2009.

Connue alors sous le nom de Matisco, la ville se développe rapidement au cours des deux premiers siècles de notre ère.

Les recherches archéologiques n’ont pas permis de dresser un plan précis de la ville durant cette période antique. Toutefois, des indices ont permis d’en déduire la présence d’un route principale, appelée voie d’Agrippa qui venait du sud depuis Lyon et remontait vers la Germanie et l’océan Atlantique. Des voies secondaires se partaient vers l’ouest et l’est tandis que se trouvait la nécropole au sud du territoire.

Au cours du ive siècle, la ville se fortifie.

Le Vieux Saint-Vincent en hiver, cathédrale construite au Moyen Âge.
Au Moyen Âge, Mâcon est le chef-lieu d’un comté rattaché au duché de Bourgogne, sis à l’extrémité du pont sur la Saône menant aux domaines de Bresse du duché de Savoie. La ville commandait l’accès à l’actuel Val Lamartinien, où l’extrémité sud de la Côte de Bourgogne rejoint les premiers contreforts des monts du Beaujolais, ouvrant la voie aux riches plaines de la Loire.

En 1239, Alix de Mâcon veuve du comte Jean de Dreux et dernière comtesse de Mâcon cède en plus du comté de Vienne celui de Mâcon qui entre alors dans le domaine royal par voie d’achat.

Le siècle suivant, plus précisément en 1317, le bailli royal accorde trente libertés aux habitants de la ville. Cet acte marque la naissance d’une vraie administration locale et aussi une concrète entité mâconnaise. Trente ans plus tard en 1347, la défaite de la France dans la bataille de Crécy permet à Mâcon de gagner en autonomie en échange de leur soutien au roi Philippe VI.

En 1471, Louis XI est en guerre contre le duc de Bourgogne Charles le Téméraire, le roi de France tente de s’emparer de la ville, mais cette dernière résiste et les troupes françaises lèvent le siège. Toutefois, en 1477, à la suite de la mort de Charles le Téméraire, Louis XI confirme par lettres patentes les privilèges de la ville et du comte de Mâcon.

Mâcon, carte maximum avec vignette lisa, 2009.

Mâcon est l’une des premières villes du royaume de France à disposer d’une imprimerie. En 1493, Michel Wenssler, qui vient de Bâle où il a imprimé des livres de 1474 à 1491, signe l’impression de deux ouvrages religieux : le Diurnale matisconense (in-octavo) et le Missale cluniacense (grand in-folio).

En 1500, Mâcon est une petite ville de 4 000 habitants environ, ville commerçante en raison de sa situation sur les bords de la Saône, ville riche de nombreuses églises et de monastères, ville fortifiée faisant frontière entre la France et la Savoie. Les ordonnances de l’évêque de Lyon François de Rohan en 1529, de l’évêque de Mâcon Louis de Chantereau en 1530, du roi Henri II lui-même en 1551 dans une lettre adressée à l’évêque de Mâcon sur l’inconduite des religieux dans cette ville, sont des signes révélateurs de l’état moral et spirituel d’un certain nombre d’ecclésiastiques à cette époque. C’est en 1533 que les doctrines de Calvin sont répandues à Mâcon par un ecclésiastique, Alexandre Canu, qui avait fait un séjour à Neuchâtel et à Genève où il avait pris contact avec Farel ami et disciple de Calvin. Ces doctrines furent favorablement accueillies à Mâcon, surtout au début, dans les milieux bourgeois et commerçants, ainsi que par certains membres du clergé. L’un des plus anciens historiens de Bourgogne, le R. P. Fodéré a écrit ceci : « L’hérésie de Calvin ayant déjà pullulé sourdement par dedans presque toutes les villes du Royaume, depuis 1554, elle se glissa dans l’entendement des plus relevés de Mâcon, lesquels néanmoins à ce commencement se tenaient secrets ; or, pour se bien instruire aux dogmes de cette nouvelle hérésie, ils envoyaient souvent des plus capables d’entre eux à Genève. » Nous connaissons effectivement le nom d’un de ces Mâconnais, Antoine Bouvet, qui alla à l’Académie de Genève et revint quelques années plus tard à Mâcon pour exercer les fonctions de pasteur de la nouvelle Église. Les événements à Mâcon sont complexes pendant toute cette période, le culte réformé sera plusieurs fois supprimé puis restitué.

Charles IX, venant de Chalon, s’arrête le 3 juin 1564 dans la ville lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la Cour et des Grands du royaume : son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine. La ville est stratégique : c’est une porte d’entrée du royaume potentielle pour les Suisses ou les mercenaires allemands dans le contexte des guerres de religion. Il y est accueilli par la reine Jeanne de Navarre, dite la « reine des Protestants », et mille-cinq-cents huguenots. Vingt-neuf ans plus tôt, le 7 janvier 1535, le roi François Ier était entré dans la ville.

De cette époque date la plus ancienne représentation intégrale de la ville : Le Pourtraict de la ville de Mascon de Raymond Rancurel, publié en 1575 dans la sixième édition de la Cosmographie universelle de tout le Monde de Belleforest. 179 ans plus tard, Mâcon se dotera de son premier plan topographique : le plan dit « de Du Bois », dressé par le sieur Du Bois, sous-ingénieur des Ponts et chaussées, à la demande de l’intendant de Bourgogne Jean-François Joly de Fleury.

Du 14 au 21 septembre 1602, il y eut des pluies continuelles dans la région : « La Saône déborda en septembre 1602 avec une si grande inondation, que de mémoire d’homme on n’en avait jamais vu de pareille. Le faubourg Saint-Jean de Maiseau en fut plus inondé que les autres et on y allait partout en bateau, même au-delà des Tours des Carmes quoiqu’elles soient assez avancées dans la ville. L’eau dégorgea en cet endroit-là par le vieux fossé, avec tant de furie qu’elle faisait plus de bruit qu’une écluse de moulin. ».

En 1790, la ville devint chef-lieu du département de Saône-et-Loire nouvellement créé.

En 1814, la ville fut envahie par les armées autrichiennes puis libérée deux fois par les troupes françaises. Du 13 au 14 mars 1815, l’Empereur, en route pour Paris depuis l’Île d’Elbe, séjourna à Mâcon, à l’hôtel du Sauvage. Après les Cent-Jours, Mâcon et le Mâconnais furent à nouveau pris par les Autrichiens.

À cette période, le territoire s’agrandit. Par ordonnance du 27 juillet 1832, le faubourg de la Barre quitte la commune de Charnay-lès-Mâcon et une partie de Saint-Clément-lès-Mâcon intègre le chef-lieu départemental par ordonnance du 19 août 1836. Le gain territorial le plus important du xixe siècle se fit par l’intégration totale de la commune de Saint-Clément ainsi que l’intégration partielle du quartier de Saint-Martin-des-Vignes situé alors à Charnay.

Le début de ce régime est marqué par deux nouveaux gains territoriaux. Le décret du 29 juillet 1877 permet l’intégration de parcelles de Saint-Martin-des-Vignes. La même année, Flacé cède une parcelle de 33 ha afin que Mâcon puisse construire une caserne conçue pour accueillir près de 2 400 hommes que sera la caserne Duhesme.

Le 1er juillet 1891, Mâcon entre dans la modernité en mettant officiellement en service son réseau téléphonique urbain (61 abonnés en 1894, 100 en 1900). C’est en mars 1852 qu’avait été mise en service la ligne télégraphique de Paris à Mâcon (prolongée jusqu’à Lyon quelques semaines plus tard), ligne de 440 kilomètres de longueur grâce à laquelle la ville-préfecture s’était connectée au tout nouveau système de transmission par télégraphie électrique des dépêches.

Le 6 août 1914, les soldats du 134e régiment d’infanterie en garnison à Mâcon (caserne Duhesme) quittent la ville pour rejoindre le front.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Mâcon était la première ville en zone libre entre Paris et Lyon. Le 11 novembre 1942, près de huit cents soldats allemands s’installent dans la ville après avoir franchi la ligne de démarcation. Située sur la place de la Barre, l’hôtel des Champs-Élysées devient le siège de la Kommandantur, structure de commandement de l’armée allemande. D’autres bâtiments sont réquisitionnés dont l’école de la place Carnot où s’installe la Feldgendarmerie. Par la suite, les casernes de la ville rendent les armes et les officiers commandant la subdivision militaire sont arrêtés.

À partir de cette date, la Résistance est présente à Mâcon mais est marquée par la date du 28 juin 1944 où cinq personnes sont tuées par la milice pour venger l’exécution du ministre Philippe Henriot. D’autres personnes ont été abattues dans la ville dont Armand Veille, Adrien François Guyennet et Éloi Pichon. Ces derniers, alors qu’ils allaient chercher de l’essence pour le maquis, ont été contrôlés par la Feldgendarmerie en face de l’église Saint-Clément le 19 août 1944. Éloi Pichon tire sur les gendarmes allemands mais les manque, ces derniers vont abattre les trois personnes.

Le 25 août 1944, des groupes de maquisards encerclent la ville. Le 3 septembre, l’armée allemande et les miliciens détruisent la gare, le pont de Genève et une arche du pont Saint-Laurent. Le lendemain à quatre heures du matin, les maquis de Cluny qui étaient au nombre de 1500 reprirent possession de Mâcon. Durant cette journée, les troupes débarquées en Provence arrivent dans la ville et sont accueillis comme des héros. Les véhicules blindés et les hommes de l’armée de Lattre de Tassigny sont ovationnés, le 2e régiment algérien de reconnaissance entre le premier dans le quartier de Saint-Clément qui est suivi par le 2e corps d’armée, la 13e demi-brigade de la Légion (étrangère) puis le 1er régiment de fusilliers-marins. Autour des 18 heures, deux cents Mâconnais envahissent la caserne Duhesme pour fêter la libération de leur ville.

Après être arrivé le 6 septembre, le général de Lattre de Tassigny et son état-major passent en revue les maquisards de Cluny sur le quai Lamartine le 8 septembre. La cérémonie s’achèva par un défilé dans les rues Gambetta, Victor-Hugo, de la Barre et Philibert-Laguiche.

Mâcon, carte maximum, 27/03/2009.

Maire SFIO de Mâcon de 1953 à 1977, Louis Escande lance de nombreuses opérations d’urbanisme entraînant la destruction de zones historiques et l’édification de nombreux quartiers de tours.

Ancienne commune indépendante, Flacé a été rattachée à Mâcon en le 1er juillet 1965 après la signature de l’acte de fusion par Louis Escande et Jules Révillon, dernier maire de Flacé. La fusion entre la préfecture et ce village fut tentée dès 1773 et a été tentée plusieurs fois. Ces tentatives ont été plusieurs fois repoussées par des Flacéens notamment celle de 1941 lorsque le conseil municipal de Mâcon se donnait pour objectif d’améliorer les conditions de vie des Flacéens, de permettre à Mâcon de se développer économiquement et démographiquement, faute de terrains.

En 1972, trois communes des environs intègrent Mâcon pour devenir communes associées. L’arrêté préfectoral du 23 décembre 1971 indique l’absorption de Saint-Jean-le-Priche et de Sennecé-lès-Mâcon dès le 1er janvier. Celui du 13 juin 1972 fait de même avec Loché pour le 1er juillet de la même année.

En 1974, le Conseil de l’Europe lui remet le Prix de l’Europe.

Au début des années 1990, Mâcon (agglomération non comprise) est la 175e ville de France par sa population, avec 38 506 habitants.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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