Ville de La Plata (Argentine).

La Plata (parfois abrégé en LP, et appelé aussi, dans le partido de La Plata, Casco Urbano, soit le Noyau urbain) est la capitale de la province de Buenos Aires (Argentine), et par ailleurs chef-lieu du partido de La Plata. Située à 56 km au sud-est de la ville de Buenos Aires, elle est souvent surnommée la ville des Diagonales, ou plus rarement, la ville des Tilleuls.

La ville fut conçue et méticuleusement planifiée pour servir de capitale de la province après que la ville de Buenos Aires eut été déclarée District fédéral en 1880. Elle est aujourd’hui le principal centre politique, administratif et éducatif de la province, ainsi que le siège d’un archevêché. Selon le recensement effectué en 2001 par l’Institut national de statistique et du recensement (INDEC), la population de la ville s’élève à 740 369 habitants, et son agglomération urbaine, dite le Grand La Plata (en esp. el Gran La Plata), laquelle englobe le partido du même nom, Ensenada et Berisso, compte quelque 900 000 habitants, la plaçant au cinquième rang des villes d’Argentine, derrière Buenos Aires, Córdoba, Rosario et Mendoza.

La Plata fut fondée officiellement par le gouverneur Dardo Rocha le 19 novembre 1882, et sa construction a été entièrement documentée photographiquement par les soins de Tomás Bradley. Entre 1952 et 1955, la ville se nomma temporairement Ciudad Eva Perón.

Cette ville planifiée se signale par son ordonnancement particulier : elle se présente comme un carré parfait, aux angles arrondis, quadrillé de rues parallèles se croisant à l’équerre, à quoi se surajoute le tracé très marquant des diagonales qui coupent ledit carré en y formant des losanges. Exactement tous les six carreaux ainsi produits a été implanté un parc ou une place arborée. L’Axe historique, qui relie la Plaza Moreno centrale au parc Paseo del Bosque en passant par la Plaza San Martín, et que bordent la cathédrale et les principaux édifices administratifs, a été conservé intact jusqu’à aujourd’hui.


L’échec de l’insurrection de 1880 à Buenos Aires, laquelle avait pour origine la confrontation récurrente de la province de Buenos Aires avec la Nation argentine sur la question du contrôle de la ville de Buenos Aires (alors capitale tant de l’État national que de la province), déboucha sur la fédéralisation de la ville, ce qui amena la fin de son rôle comme capitale de la province du même nom. Dardo Rocha, qui fut investi gouverneur de la province à l’issue de ladite révolte, se vit alors contraint d’installer son gouvernement et son administration dans une autre ville.

Parmi toutes les villes existant à cette époque dans la province, Dardo Rocha pencha pour Ensenada, localité située sur le Río de la Plata et reliée à Buenos Aires par une ligne de chemin de fer. Le 14 mars 1882, il annonça la capitalisation de cette municipalité (partido de Ensenada). Cependant, il n’avait jamais été envisagé d’installer le gouvernement et l’administration de la province dans cette petite ville côtière ; l’on projetait en fait de  construire une ville nouvelle une dizaine de km à l’intérieur des terres, dans les collines d’Ensenada (Lomas de Ensenada). Ces terrains, peuplés de buttes, de collines et de marécages, et parcourus du sud-ouest au nord-est par le ruisseau Arroyo del Gato (aujourd’hui relégué dans une canalisation souterraine) jusqu’à son embouchure dans le Río de la Plata voisin, faisaient partie des propriétés d’un dénommé Martín Iraola, et étaient contigus au village de Tolosa (fondé en 1871, et alors habité de quelque 7 000 personnes).

La structure bordant la place portait des inscriptions à portée idéologique bien précise, telles que Paix et Liberté, Ordre et Progrès, Voies de  communication et Vie municipale, Enseignement commun et Suffrage libre, Il ne suffit pas de haïr la tyrannie, encore faut-il aimer la liberté, etc.
Pour tracer les plans de la future capitale provinciale, il fut fait appel à l’ingénieur et urbaniste portègne d’ascendance française Pedro Benoit. Le 19 novembre 1882, en présence du gouverneur Dardo Rocha et du ministre Victorino de la Plaza, celui-ci représentant le président Julio Argentino Roca, la pierre fondamentale fut déposée dans une urne enterrée au centre géographique de la future ville (c’est-à-dire l’actuelle Plaza Moreno). Lors de cette cérémonie, Dardo Rocha prononça les paroles suivantes : « Nous avons donné à la nouvelle capitale le nom du fleuve magnifique qui la baigne, et déposons sous cette pierre, en espérant qu’ils y demeurent ensevelis à tout jamais, les rivalités, les haines, les rancœurs, et toutes les passions qui ont retardé pendant si longtemps la prospérité de notre pays ».

À partir de fin 1882, les premiers habitants, maçons italiens en grand nombre, entreprirent de construire les édifices fondateurs (obras fundacionales) ; en juin 1883 fut ainsi commencée la construction de l’hôtel de ville (Palacio Municipal), et un an plus tard, en 1884, les pouvoirs publics de la province s’y étaient installés définitivement.

Entre le 25 et le 29 mars 1884, l’on procéda au premier recensement de la ville, lequel permit d’établir que la ville était alors peuplée de 10 407 personnes (8 779 hommes et 1 628 femmes), dont seulement 1 278 Argentins, le reste étant composé d’étrangers, originaires en majorité d’Italie, d’Espagne, de France, du Portugal, d’Autriche et d’Angleterre.

En avril 1886, l’on annonça que l’éclairage électrique avait été installé dans la ville ; La Plata était du reste la première ville en Amérique du Sud à bénéficier de ce service, qui était fourni à cette époque par la société Brush Electric Company.

Les services de télégraphie et téléphonie furent inaugurés les 20 et 24 août 1887. Les lignes téléphoniques permettaient d’établir des communications avec Buenos Aires, Tolosa et Ensenada.

En 1887 fut également amorcée la construction de l’ancien Teatro Argentino de La Plata, dont la conception avait été confiée à l’architecte italien Leopoldo Rocchi et qui nécessita 5 ans de travaux, bien que l’ouvrage fût inauguré dès le 19 novembre 1890, par une représentation de l’Otello de Giuseppe Verdi.

Une première ligne de tramway, alors encore hippomobile, fut inaugurée en 1885, par son propriétaire Manuel Giménez ; celui-ci possédait une flottille composée de 8 voitures fermées, de 10 voitures découvertes, de 25 fardiers et de 254 chevaux. La firme comptait 53 employés et transportait une moyenne de 30 000 clients par mois. Au début, le tramway parcourait 16 km, et s’étendait jusqu’à la ville d’Ensenada voisine.

Le 8 novembre 1892 fut réalisé le premier essai d’un tram électrique, sur un trajet assez court, à savoir le tronçon de l’avenida 7 compris entre les rues 45 et 50. La Plata fut ainsi la première ville d’Amérique du Sud à disposer d’un service de tram électrique.

En 1905, le docteur Joaquín Víctor González fonda l’université nationale de La Plata.

Sous la présidence de Marcelo Torcuato de Alvear (1922 – 1928), Enrique Mosconi, alors président de la compagnie pétrolière publique Yacimientos Petrolíferos Fiscales (en abrégé YPF), fit construire la raffinerie de La Plata, qui était à cette époque la dixième du monde pour la taille.

Le 22 novembre 1931 furent inaugurés les premiers services de transport collectif automoteur de la ville, services fournis par l’entreprise Argentina de Ómnibus.

Le 10 décembre 1945, Juan Domingo Perón et Eva Duarte se marièrent dans l’église Saint-François-d’Assise (Iglesia San Francisco de Asís), dans la paroisse homonyme de la ville.

En 1952, à la suite du décès d’Eva Perón, la ville vint à s’appeler Ciudad Eva Perón, mais retrouva sa dénomination d’origine après la chute de Juan Perón, consécutive à la Révolution libératrice de septembre 1955.

En 1974, le Palais du gouvernement (Casa de Gobierno) fut la proie d’un incendie qui détruisit sa toiture, mais qui put être maîtrisé sans faire de victimes ; l’édifice fut ensuite réparé. En revanche, le violent incendie qui ravagea en 1977 l’ancien Teatro Argentino anéantit en grande partie ses installations et équipements et affecta gravement la structure du bâtiment ; en pratique, seuls subsistaient les murs extérieurs. Le gouvernement militaire d’alors décida, nonobstant les vives protestations et les appels à la reconstruction, venant tant d’Argentine que de l’étranger, de démolir l’édifice et lança un concours public en vue de la construction sur le même emplacement d’un centre culturel neuf et moderne, propre à perpétuer la gloire de l’ancien Teatro Argentino. Les travaux, commencés en 1980, devaient selon les prévisions durer quatre ans, mais furent constamment retardés.

En 1982, l’on célébra le centenaire de la ville, et il fut émis, pour  commémorer sa fondation, un assemblage de timbres postaux sur lesquels étaient figurés l’hôtel de ville, la cathédrale, le musée des Sciences naturelles et l’observatoire.

Le 10 décembre 1991, Julio Alak, âgé de 32 ans, fut élu maire, puis réélu en 1995, 1999 et 2003, et resta en fonction jusqu’aux élections de 2007.

En octobre 1998, l’Unesco accepta la candidature de la ville visant à obtenir sa reconnaissance au titre de Patrimoine de l’humanité. La décision toutefois demeure en suspens eu égard à certaines réserves portant sur le critère de préservation architecturale et paysagère au cours des dernières décennies, divers spécialistes estimant en effet que de graves atteintes ont été portées durant cette période à l’esthétique d’ensemble et au concept original.

Le stade Ciudad de La Plata, l’un des plus modernes d’Amérique latine, fut inauguré le 7 juin 2003.

Le 28 octobre 2007 vit l’élection, avec 26 % des voix, du maire Pablo Bruera, qui remplaça ainsi Julio Alak, en fonction depuis 1991.

Au cours de l’année 2009, à l’issue d’une série d’accords entre la municipalité de La Plata, le gouvernorat de la province de Buenos Aires et la présidence de la République argentine, put être menée à bien la cession définitive d’une partie des terrains du Paseo del Bosque (vaste parc en bordure nord de la ville, familièrement appelé Bosque) aux  clubs Gimnasia et Estudiantes. Le 24 juin en effet, le Conseil délibératif approuva la convention ainsi que l’ordonnance y relative par laquelle les clubs Gimnasia et Estudiantes reçurent à titre de « donación con cargo » (donation à charge d’entretien) les terrains du Bosque où s’élèvent leurs stades.

Le 25 février 2009, un système de stationnement à messages texto (SMS) fut mis en service, par quoi La Plata devint la première ville d’Argentine à faire appel aux nouvelles technologies pour régler le stationnement urbain.

En avril 2009, le Pasaje Rodrigo, galerie commerçante créée en 1929 par l’immigrant espagnol Basilio Rodrigo, rouvrit ses portes au public en tant que centre commercial, après avoir été inaccessible pendant 10 ans.

En 2011, le stade Ciudad de La Plata fut le siège principal de la Coupe d’Amérique de football, laquelle, après 24 ans, fut de nouveau disputée en Argentine, avec des villes participantes situées dans sept provinces différentes du pays. En 2012, ce même stade Ciudad de La Plata fut l’un des hôtes du Personal Rugby Championship, et à ce titre reçut la sélection de Nouvelle-Zélande ; l’événement signa du même coup les débuts des Pumas dans ledit tournoi, où les autres participants étaient les sélections sud-africaine et australienne.

Source : Wikipédia.

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