Ville de Jakarta (Indonésie).

Jakarta, s’écrit Djakarta en français (forme indonésienne jusqu’à la réforme orthographique de 1972) est la capitale de l’Indonésie. Elle constitue  une subdivision de 1er niveau de même rang que les provinces sous le nom de territoire spécial de la capitale Jakarta, en indonésien Daerah Khusus Ibukota Jakarta. La ville est familièrement surnommée « le grand Durian », en particulier par les médias anglophones, du nom de ce fruit emblématique de l’Indonésie.

Située à l’extrémité nord-ouest de l’île de Java, elle est traversée par le fleuve Ciliwung qui se jette dans la baie de Jakarta. Centre important des royaumes hindou-bouddhiques de Sunda puis de Pajajaran sous le nom de Kalapa, elle devient Jayakarta en 1527 après sa conquête par le sultanat de Banten. Les Néerlandais la rebaptisent Batavia en 1619 et en font la capitale de facto des Indes orientales néerlandaises. Le 17 août 1945, Soekarno et Mohammad Hatta proclament l’indépendance de l’Indonésie, la ville reprend alors le nom de Jakarta — qui à l’époque coloniale était resté dans la toponymie, comme l’indique le nom d’une route, Jacatraweg, « route de Jacatra » — et devient la capitale à la fin de la guerre  d’indépendance en 1949.

Jakarta est une ville mondiale, la ville intra-muros couvre une superficie de 664 km2 pour une population de 9 756 944 habitants en 2012 tandis que la conurbation appelée Jabodetabek, qui englobe également les villes voisines de Bogor, Depok, Tangerang et Bekasi, dépassait les 28 millions d’habitants en 2010, ce qui en fait la deuxième métropole la plus peuplée du monde juste derrière Tokyo. C’est à Jakarta que se trouve l’Indonesia Stock Exchange ainsi que le secrétariat général de l’association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). Le port de Tanjung Priok et l’aéroport international Soekarno-Hatta, troisième aéroport d’Asie, complètent la connexion de la métropole aux grands réseaux mondiaux.

Jakarta étant fortement menacée par la montée du niveau de la mer sous l’effet du réchauffement climatique et par le pompage excessif des eaux souterraines, le gouvernement annonce en 2019 sa décision de transférer la capitale dans une autre ville à l’horizon 2024, nommée Nusantara.


Le plus ancien vestige écrit trouvé à Jakarta est l’inscription dite « de Tugu » trouvée dans le quartier du même nom dans le nord de Jakarta. Cette inscription, écrite en sanskrit et en écriture pallava, mentionne un royaume du nom de Tarumanagara et son roi Purnawarman qui, en cet endroit, a fait construire un canal de 10 km vers la mer. On la date du Ve siècle.

Jakarta est située à l’embouchure du fleuve Ciliwung. C’était autrefois l’emplacement d’un port actif nommé Kalapa (« noix de coco » en malais et en soundanais). Kalapa était le principal débouché maritime du royaume hindouiste de Pajajaran dont la capitale, Pakuan, se trouvait en amont du Ciliwung, sur le site de l’actuelle Bogor, 60 km au sud de Jakarta. En 1513, une ambassade portugaise vient à Kalapa. Un traité est signé en 1522 avec Pajajaran, qui autorise les Portugais à construire un entrepôt et un fortin à l’embouchure de la Ciliwung.

Pajajaran espérait que la présence de marchands étrangers et de soldats portugais le protégerait de la puissance montante du royaume musulman de Demak dans le centre de Java. Demak avait conquis Cirebon à l’est et Banten à l’ouest. En 1527, Fatahillah, un prince de Banten, conquiert Kalapa et la rebaptise Jayakarta (« acte victorieux » en sanscrit).

En 1596, une flottille néerlandaise commandée par Cornelis de Houtman fait escale à Jayakarta. Le prince Jayawikarta, vassal de Banten, les autorise à construire un fort et deux entrepôts. Il fait de même avec les Anglais, ce qui entraîne des heurts entre les deux communautés. Banten, qui désapprouve l’action de son vassal, le destitue.

En 1619, Jan Pieterszoon Coen, gouverneur général de la VOC (Vereenigde Oostindische Compagnie ou Compagnie néerlandaise des Indes orientales), installée depuis 1605 à Ambon dans les Moluques, conquiert à son tour Jayakarta. Sur ses ruines, il fonde Batavia.

Le sultan Agung, souverain de Mataram dans le centre de Java, attaque deux fois Batavia sans succès, en 1628 et en 1629. Batavia peut résister parce qu’elle est ravitaillée par mer, alors qu’Agung n’a pas de bateaux, parce qu’il a contraint les principautés qu’il a conquises à détruire leurs flottes. En outre, ses alliés javanais le trahissent.

Des gravures du xviie siècle montrent une Jacatraweg, « route de Jacatra », qui menait à un fortin, Fort Jacatra, construit par les Hollandais en 1656 et démantelé en 1808. Son emplacement était à l’embouchure de la rivière Ciliwung dans le nord de Jakarta. Jacatraweg s’appelle aujourd’hui Jalan Pangeran Jayakarta, « rue du prince Jayakarta » (en fait Jayawikarta, dernier prince de Jayakarta au début du XVIIe siècle).

En 1799, la VOC est déclarée en faillite. Le gouvernement néerlandais confisque ses actifs et Batavia devient la capitale des Indes néerlandaises.

L’Indonésie indépendante redonne à la ville son nom d’origine de Jakarta.

La ville a accueilli à deux reprises les Jeux asiatiques. Pour l’édition de 1962, de nombreuses infrastructures ont été construites, comme le stade Stade Gelora-Bung-Karno, l’Hôtel Indonesia et plusieurs autoroutes. En 2018, pour la 18e édition des Jeux, la construction du métro a été accéléré, ainsi que la réfection des routes ou encore le développement du réseau du TransJakarta. Un village des athlètes a été construit près du complexe sportif GBK et de nouvelles infrastructures sportives y ont été construites.

Le 26 août 2019, le président Joko Widodo annonce que la capitale va être transférée dans une autre ville, alors pas encore construite, située sur l’île de Bornéo, à cause des très nombreux problèmes écologiques auxquels est confrontée Jakarta (lire ci-dessous.)

Jakarta est située à 902 km au sud-sud-est de Singapour, à 1 188 km au sud-sud-est de Kuala Lumpur, à 1 528 km au sud-ouest de Bandar Seri Begawan, la capitale du sultanat de Brunei, et à 2 725 km à l’ouest-nord-ouest de Darwin, en Australie. La ville se trouve sur les bords d’une baie située sur la côte nord de l’île de Java et est arrosée par la Ciliwung.

Jakarta est à la fois une métropole qui concentre les fonctions de  commandement et une mégapole, une ville géante qui s’étale. L’étalement urbain prend la forme d’interminables banlieues et de kampungs puis de desakota, c’est-à-dire un paysage de ville-village, dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres autour de la ville-centre.

La ville est à la fois un îlot de richesse à l’échelle de l’Indonésie et une ville concentrant un très grand nombre de personnes pauvres, en considérant le seuil mondial de pauvreté fixé par l’ONU. La précarité s’observe en particulier dans certains kampungs, ces villages urbains (mais pas tous) sont très défavorisés. Elle se traduit par des difficultés dans l’accès aux services urbains, et particulièrement dans l’accès à l’eau.

Le nord de la ville construite dans un bassin plat ne s’élève qu’à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer (moyenne de sept mètres d’altitude).

Dans certains quartiers, les bâtiments s’enfoncent de 10 à 15 centimètres par an, selon l’Institut technologique de Bandung. La dernière décennie a été marquée par une accélération du phénomène, en particulier dans le nord de la ville, où les habitants sont pauvres. En 2019, plus de la moitié de la ville se trouve sous le niveau de la mer.

Faute d’accès à l’eau potable (seuls 40 % de la population est reliée au service public de l’eau), les habitants sont contraints de pomper  massivement dans les nappes phréatiques. Une pratique interdite mais peu surveillée. En conséquence, le sous-sol se dessèche et tend à s’enfoncer, aggravant les inondations en période de mousson et de crue du fleuve.

D’après le responsable associatif Nicolas Heeren : « Les autorités indonésiennes ont pris conscience du problème en s’engageant dans un vaste programme de protection et d’aménagement de l’espace métropolitain et de la baie de Jakarta, pour faire barrage à la montée de la mer. Sauf que la croissance démographique et économique perdure. En témoigne le projet de construction de polders (étendues artificielles de terre gagnées sur l’eau), qui doit permettre de poursuivre la croissance urbaine des prochaines décennies. C’est un projet urbanistique gigantesque, mais qui se fait au détriment des petits pêcheurs. Et de l’environnement. »

Jakarta possède un climat équatorial, caractérisé par une chaleur humide constante, accentuée entre novembre et mai. Elle se situe sur la trajectoire des vents de mousson, nord-ouest – sud-est dans cette région.

Jakarta dépasse régulièrement de 4 à 5 fois les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé relatives à la pollution atmosphérique.

Source : Wikipédia.

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