Ville de Hong Kong (Chine).

Hong Kong (chinois : 香港 ; pinyin : Xiānggǎng ; Wade : Hsiang-kang ; cantonais Jyutping : Hoeng gong ; cantonais Yale : Hēunggóng ; litt. « port aux parfums » ou « port parfumé »), officiellement la région administrative spéciale de Hong Kong de la république populaire de Chine, est la plus grande et la plus peuplée des deux régions administratives spéciales (RAS) de la république populaire de Chine, l’autre étant Macao. Au sein de la mégalopole du delta de la Rivière des Perles, elle compte environ sept millions d’habitants que l’on appelle Hongkongais (en anglais :  Hongkongers) dont l’espérance de vie, de 84,2 ans, est la plus longue au monde en 2017.

Hong Kong est située dans le Sud-Est de la Chine, sur la rive orientale de la Rivière des Perles, dans le delta du même nom. Cette région administrative, qui occupe une péninsule sur la côte sud ainsi que quelques îles, est baignée par la mer de Chine méridionale. Elle jouxte la province du Guangdong au nord. Hong Kong est la huitième entité commerciale mondiale. En 2016, son économie est considérée comme la plus libérale au monde depuis 1995 selon la fondation américaine « Heritage Foundation ». En 2019, Hong Kong est la 3e place financière au monde après New York et Londres, cette trilogie est d’ailleurs appelée par certains médias anglophones « Nylonkong ».

Colonie britannique à partir du traité de Nankin (1842), rétrocédée à la Chine en 1997 soit 155 ans plus tard, Hong Kong demeure radicalement différente du reste de la Chine continentale. Une loi fondamentale particulière détermine son régime politique. Elle obéit au principe « un pays, deux systèmes », qui permet à Hong Kong de conserver son système légal (common law), sa monnaie (dollar de Hong Kong), son système politique (démocratie et multipartisme), ses équipes sportives  internationales, ses lois sur l’immigration, son domaine internet (.hk), son indicatif téléphonique (+852) et son code de la route (conduite à gauche). Selon les termes de la déclaration sino-britannique commune, la République populaire de Chine accorde à Hong Kong un haut degré d’autonomie au moins jusqu’en 2047, soit 50 ans après le transfert de la souveraineté. Cependant, la promulgation de la nouvelle loi sur la sécurité nationale le 1er juillet 2020, date anniversaire de la rétrocession, fait que l’indépendance du système juridique de la région administrative spéciale vis-à-vis de la Chine continentale s’érode au profit de cette dernière. Néanmoins, Hong Kong conserve son système de common law qui reste différent de celui de la Chine et qui a évolué en mars 2021 suivant les directives du gouvernement de la république populaire de Chine.

Hong Kong a recensé 7 520 800 habitants fin 2019. En tant que ville mondiale, Hong Kong compte environ 34 000 résidents de citoyenneté britannique (ils étaient 25 500 en 1996, juste avant la rétrocession)15 en plus des millions de personnes jouissant d’une nationalité britannique sans citoyenneté (British Nationals (Overseas)), environ 22 000 résidents de nationalité japonaise, environ 60 000 résidents de nationalité américaine, environ 300 000 résidents de nationalité canadienne et entre 18 000 et 20 000 résidents de nationalité française, majoritairement employés par des multinationales ou des entrepreneurs et y vivant avec leurs familles. Le chinois (cantonais et mandarin) et l’anglais sont les deux langues officielles de la ville.


La dynastie Qin a incorporé la région de Hong Kong en Chine pour la  première fois en 214 avant notre ère, après avoir conquis le Baiyue indigène. La région a été consolidée sous le royaume de Nanyue (un État prédécesseur du Vietnam) à la suite de l’effondrement des Qin, mais reprise par la Chine après la conquête des Han. Pendant la conquête mongole de l’empire des Song, la cour de la dynastie des Song du Sud a été brièvement stationnée dans la ville moderne de Kowloon (site de Sung Wong Toi) avant sa défaite finale à la bataille de Yamen en 1279. À la fin de la dynastie Yuan, sept grandes familles s’étaient installées dans la région et possédaient la plupart des terres. Les colons des provinces voisines ont migré vers Kowloon pendant toute la dynastie Ming. Le premier visiteur européen était l’explorateur portugais Jorge Álvares, arrivé en 1513. Les marchands portugais ont établi un comptoir appelé “Tamão” dans les eaux de Hong Kong et ont commencé à commercer régulièrement dans le sud de la Chine. Bien que ces commerçants aient été expulsés après des affrontements militaires dans les années 1520, les relations commerciales luso-chinoises ont été rétablies en 1549.

Bien qu’occupé depuis le néolithique au moins, le territoire de ce qui constitue aujourd’hui Hong Kong est resté hors de la plupart des événements majeurs de la Chine impériale pendant toute son histoire. À la suite de la guerre de l’opium, et des trois traités inégaux que sont le Traité de Nankin (29 août 1842), la Convention de Pékin (24 octobre 1860), et la Convention pour l’extension du territoire de Hong Kong (9 juin 1898), l’Empire chinois cède ce territoire à l’Empire britannique pour 99 ans, chaque traité repoussant la limite des 99 ans du bail. Il commença alors à devenir un point d’attraction mondiale, au cours des années 1840. Macao, situé sur la rive opposée du delta de la Rivière des Perles, devint pendant la même période un territoire de l’Empire portugais, ces deux enclaves constituant des avant-postes des colonies européennes en Extrême-Orient. Possession anglaise à partir de 1842, Hong Kong est rétrocédée à la Chine en 1997. Les premières élections législatives par la population ont lieu en 1991, élisant 60 membres, cinq ans après la Déclaration commune sino-britannique sur la question de Hong Kong, signée le 19 décembre 1984. Le gouverneur de Hong Kong, chef de l’exécutif restant choisi par la couronne britannique pendant les 150 ans de colonisation.

Dans les années 1830, l’île de Hong Kong ne compte qu’environ 7 500 habitants, pêcheurs Tankas surtout, et producteurs de charbon de bois Hakkas. Toutefois, elle occupe une position stratégique. Elle est située devant le delta de la rivière des Perles, donc à la sortie de Canton, seule ville de Chine alors autorisée au commerce avec les étrangers. Le site permet aussi d’établir un port en eaux profondes, capable d’accueillir des navires à fort tirant d’eau, conformes au fret en gros volume. Pour cette raison, les Britanniques occupent l’île lors de la Première guerre de l’opium, entre 1839 et 1842. Par le traité de Nankin, la Chine la cède officiellement, et pour toujours, au Royaume-Uni qui en fait une base stratégique pour le  commerce en Extrême-Orient. Dix ans plus tard, l’île compte 33 000 habitants. À partir des années 1850, la Révolte des Taiping entraîne l’arrivée de nombreux réfugiés.

À l’issue de la Seconde guerre de l’opium (1856-1860), le territoire de Hong Kong s’agrandit : la Chine donne la péninsule de Kowloon, située au nord de l’île (convention de Pékin, 1860)22. Le recensement de 1865 compte 125 504 résidents, dont 2 000 Européens ou Américains.

En 1898, l’Allemagne, la France et la Russie acquièrent des droits sur  différents territoires chinois. Par réaction, le Royaume-Uni cherche à agrandir sa colonie de Hong Kong. Il signe avec la Chine la Convention pour l’extension du territoire de Hong Kong, qui lui attribue un bail emphytéotique de 99 ans sur des zones adjacentes à Kowloon et sur les îles adjacentes. Ces espaces, connus sous le nom de Nouveaux Territoires, restent longtemps peu utilisés. Les projets de développement importants ne datent que des années 1970.

Après 18 jours de combats acharnés, Hong Kong est prise par l’Armée impériale japonaise le 25 décembre 1941 et son gouverneur, le britannique Mark Aitchison Young, est fait prisonnier. Hong Kong sera libérée en août 1945 et le gouverneur Young rétabli à son poste dès 1946.

La croissance démographique se poursuit, et différentes activités économiques se développent. La population reste pourtant assez pauvre en moyenne. Hong Kong compte 1,6 million d’habitants en 1941. Le territoire souffre très fortement lors de l’occupation japonaise après l’attaque de Hong Kong par le Japon, et la population redescend à 600 000. Avec l’arrivée au pouvoir des communistes en Chine (1949) se produit un afflux de réfugiés. Le sinologue Jean-Luc Domenach indique que lors de la grande famine consécutive au Grand Bond en avant, 140 000 à 200 000 personnes seraient entrées illégalement à Hong Kong en 1961-1962.

Hong Kong connaît à partir des années 1960 un essor économique. Celui-ci est d’abord fondé surtout sur le textile, puis, à partir des années 1970, la finance prend une place prépondérante.

À partir de 1979, le président chinois Deng Xiaoping entreprend d’ouvrir économiquement la Chine avec l’étranger. L’expérience se limite d’abord à des zones économiques spéciales. Parmi les premières zones à bénéficier de ces investissements, l’une d’entre elles connaît un développement  spectaculaire, c’est Shenzhen, située aux portes de Hong Kong. Hong Kong devient alors un point stratégique pour les échanges avec la Chine : presque tous viennent de la colonie anglaise, ou tout au moins transitent par elle.

Après les manifestations de la place Tian’anmen en 1989, l’opération Yellow Bird, organisée à partir de Hong Kong, permet d’exfiltrer 400 dissidents chinois qui trouveront refuge en Occident.

Les Nouveaux Territoires ayant été loués pour 99 ans, sont revenus à la République populaire de Chine au terme du bail en 1997. L’île de Hong Kong et la presqu’île de Kowloon, cédées à perpétuité au Royaume-Uni, auraient théoriquement pu rester britanniques. Toutefois, l’aménagement du territoire de Hong Kong, qui avait intégré les Nouveaux Territoires dans un même ensemble urbain, rendait impossible une séparation qui impliquait l’établissement d’une frontière (les lignes de métro passaient d’une zone à l’autre, le futur nouvel aéroport était dans les nouveaux territoires, etc.). C’est pourquoi, il est apparu incontournable de restituer à la Chine la totalité du territoire de Hong Kong. Ce qui fut annoncé par la déclaration commune sino-britannique, signée le 19 décembre 1984, par laquelle le Royaume-Uni s’engageait à remettre à la Chine l’ensemble de la colonie en 1997. La République populaire, quant à elle, s’engageait à maintenir les systèmes économique et législatif et le mode de vie hongkongais pendant 50 ans. C’est la politique dite « un pays, deux systèmes ». Le 1er juillet 1997, Hong Kong devient la première région administrative spéciale chinoise. L’événement donne lieu à une cérémonie retransmise dans le monde entier en présence du prince Charles, héritier de la couronne britannique.

À la fin de la même année, Hong Kong fut touchée par la crise asiatique de 199726. Comme les autres pays asiatiques, elle fait face à un afflux massif de capitaux étrangers qui se retirent ensuite, déstabilisant la monnaie puis l’économie des pays.

Six ans plus tard, en 2003, l’épidémie de SRAS, née en Chine fin 2002, y fit 293 morts.

Chaque année le 1er juillet, des manifestations pour défendre la démocratie sont organisées. Le 1er juillet 2014, 500 000 personnes défilent pour défendre la démocratie.

Le 9 juin 2019, un projet de loi sur l’extradition des opposants politiques en Chine provoque une manifestation massive regroupant plus d’un million de personnes. Le 16 juin 2019 toujours à la suite du projet de loi, c’est 2 millions de personnes qui défilent et obtiennent des excuses officielles. Le 1er juillet, les manifestants entrent de force dans le bâtiment du Conseil législatif. Le 8 juillet, le gouvernement de Carrie Lam annonce que le projet de loi est « mort » mais les protestations continuent malgré tout, revendiquant plus largement une plus grande autonomie et la non-ingérence de Pékin dans le processus démocratique. Le 24 novembre 2019, le camp pro-démocrate gagne une victoire écrasante aux élections locales hongkongaises de 2019.

En mai 2020, le gouvernement chinois annonce soumettre au vote de l’Assemblée nationale populaire la loi sur la sécurité nationale en vertu de l’article 23 de la loi fondamentale de Hong Kong. Similaire à la loi pour la maintenance de la sécurité nationale de Macao, promulguée en 2009, elle a également pour objet l’interdiction de “la subversion, la sédition et la sécession”. L’annonce de ce projet de loi a eu pour effet de relancer les manifestations pro-démocratie, mises en pause en raison de la pandémie de Covid-19. Les manifestants craignent que cette loi ne mène directement à la fin de l’autonomie de Hong Kong sans attendre la date de 2047. Selon Le Monde, le nouveau texte met brutalement fin à une exception démocratique et limite considérablement, voire annihile, les libertés civiles et politiques de n’importe quel citoyen en désaccord avec le système chinois ou avec le gouvernement de Pékin.

À la suite du vote de la loi sur la sécurité par le parlement de la république populaire de Chine le 28 mai 2020, le Royaume-Uni considère que la république populaire de Chine porte atteinte, sans attendre la date butée de 2047, au principe d’un pays, deux systèmes et « viole l’autonomie et les libertés du peuple de Hong kong » tels que prévus dans les modalités de la rétrocession. Avec l’entrée en vigueur de cette nouvelle loi sécuritaire à Hong-Kong le 30 juin 2020, le gouvernement britannique décide de donner à tous les hongkongais qui peuvent prétendre au statut britannique d’outre-mer (BNO British National Overseas), soit 3 millions de personnes, « la possibilité de vivre et de travailler, puis par la suite de demander la  citoyenneté » au Royaume-Uni.

Source : Wikipédia.

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