Ville de Concarneau (Finistère).

Concarneau est une commune du département du Finistère dans la région Bretagne en France.

Troisième commune du Finistère par sa population, chef-lieu d’un canton et d’une communauté d’agglomération, Concarneau, qui inclut les anciennes communes de Beuzec-Conq et Lanriec, est une ville située sur la côte cornouaillaise dans la baie de La Forêt.

La ville s’est constituée au Moyen Âge à partir de la ville close située dans l’estuaire du Moros. Cet abri naturel a permis le développement du septième port de pêche français en tonnage débarqué et d’importants chantiers navals.

Sa situation sur le littoral et son patrimoine historique en font aujourd’hui une destination touristique bretonne de premier plan.

La ville de Concarneau est construite autour de la Ville close. Des faubourgs se sont développés sur le continent autour de cette « île-cité ». Ce n’est que récemment dans l’histoire de Concarneau que la ville est sortie de ses remparts.

Concarneau, carte maximum, 11/06/1983.

Les premières traces de civilisation à Concarneau n’ont pas été retrouvées dans la Ville close mais autour de la baie. La densité de l’habitat et les profonds remaniements de sols créés par les différentes constructions peuvent expliquer cette absence d’artéfacts.

Autour de Concarneau, des mégalithes attestent de la présence de civilisation au Néolithique, comme le dolmen de Keristin-Beuzec (ou de Keristin-ar-Hoat-Milieu), une sépulture en V du IVe millénaire av. J.-C. Ce monument, représentant de la transition entre les dolmens à couloir et les allées couvertes, a conservé tous ses piliers mais aucune table. Sa partie orientale est envahie par la végétation.

Un souterrain de l’âge du fer a été découvert à Stang-Vihan (entre la plage des Sables Blancs et l’anse Saint-Laurent) en 1966 ; il est formé de quatre salles rectangulaires, sont les côtés mesurent entre 1,4 et 1,8 mètres, dont une seule a conservé sa voûte la hauteur des salles est d’environ 1,5 mètre ; on y accédait par deux puits, découverts entièrement comblés. Des poteries, meules et objets divers, dont de nombreux tessons, y ont été découverts.

Un petit établissement thermal gallo-romain a été mis au jour, dans les années 1964-1965, près du lieu-dit du Questel.

L’acte le plus ancien, dans lequel est fait mention de Concarneau est le cartulaire de l’abbaye de Landévennec. Cet acte écrit aux alentours de 1050 ne cite pas directement Concarneau (ou tout autre nom désignant Concarneau), on y lit : Ego Gradlonus do sanclo Uuingualeo…, locum sancli Uuingualet in Buduc, V villas Traduit en Moi, Gradhlon, je donne à Saint-Guénolé, le lieu de Saint-Guénolé, en la paroisse de Beuzec, cinq maisons.

Saint Guénolé (461-532) est le fondateur de l’abbaye de Landévennec. À l’époque, la paroisse de Beuzec regroupe l’actuel quartier de Beuzec et l’îlot de Conq. Les maisons dont il est fait référence furent constituées en prieuré sur la partie la plus haute de l’île. Aujourd’hui on peut situer cet endroit sur la place Saint-Guénolé. Les moines de Landévennec vont donc construire leur prieuré, et aider au développement de la cité.

Selon d’autre sources, Concarneau aurait été fondée par Concar fils d’Urbien et petit-fils du roi Judicaël. Il aurait chassé les pictes présent et se serait donc installé sur l’îlot rocheux de Concarneau. Concar baptise en 692 la ville Concar-Keroneos ou Conkerneos qui se traduirait par Concar, fils d’Urbien. Concar meurt en 725. Concarneau est pris par les Francs en 799, mais reprise par les Bretons en 809.

L’îlot rocheux de Conq, actuelle Ville close, dépendait alors de la paroisse de Beuzec. Il est possible qu’il était défendu par des fossés profonds avec retranchements de terre surmontés de fortes palissades en troncs d’arbres entourant une motte castrale portant le château, mais on n’en a pas retrouvé de traces archéologiques lors des fouilles menées en 1997. La base d’une tour du XIIIe siècle et un mur du XIVe siècle retrouvés près de la Tour du Fer à Cheval confirment toutefois l’existence d’une enceinte médiévale.

La région de Fouesnant – Concarneau formait au haut Moyen Âge le pagus Konk, un pays historique, c’était un pagus, c’est-à-dire une subdivision administrative de la Cornouaille.

La population a beaucoup augmenté. Une église est construite, la chapelle du prieuré étant devenue trop petite. Cette église étant toujours dans la paroisse de Beuzec. Conc est chef-lieu d’une châtellenie ducale.

Concarneau, épreuve d’artiste signée.

Le duc Jean II fait construire un auditoire pour la cour ducale et c’est probablement lui qui aurait fait construire la première enceinte murale en pierre entourant l’îlot, même s’il n’est pas possible de la dater avec précision, mais la période du XIIIe siècle ou début du XIVe siècle est la plus probable. Au XIIe siècle, seulement cinq villes de Bretagne (Rennes, Nantes, Vannes, Aleth et Dinan) sont ceinturées par un mur en pierre, le plus souvent il s’agit des fortifications gallo-romaines. À cette époque il y a un sénéchal et les officiers ordinaires d’une justice, procureurs, sergents, notaires, etc. Une communauté constitué de bourgeois, de négociants et de pêcheurs vit dans la cité protégé semble-t-il par un donjon ou une tour fortifiée.

L’îlot fortifié (actuelle Ville Close) fut alors classé comme quatrième place forte de Bretagne. Bastion placé en avant-garde pour la défense du duché puis du royaume, la ville devint l’enjeu de nombreux combats et rivalités entre les Anglais et les Français, notamment pendant la guerre de Succession de Bretagne pendant laquelle les Anglais, venus au secours de Jean de Montfort, investirent la ville. En 1373, après trente années d’occupation anglaise, le connétable Du Guesclin, avec l’aide des troupes des ducs de Rohan, de Maury, de Beaumanoir et du sire de Vaucouleurs, prend la ville pour le compte du roi de France Charles V, soutien de Jeanne de Penthièvre. Tous les Anglais furent passés au fil de l’épée, à l’exception du chef auquel le connétable accorda mercy.

Le duc de Bretagne Pierre II fait reconstruire la muraille et les travaux sont poursuivis par ses successeurs Arthur III et François II.

En 1488, la Ville close, après la défaite de Saint-Aubin-du-Cormier, passe aux mains du roi de France Charles VIII, avant d’être reprise par les Bretons. À ceste époque, cest endroit ainsy fortifié n’estoit qu’une retraicte à voleurs et gens de corde, comme il se voit paz expérience que si quelqu’un avoit assassiné son voisin ou faict quelque vol, ou ravy quelque fille ou femme, Concarneau estoit sa retraicte écrit le chanoine Moreau. En 1489, le vicomte de Rohan, aidé de Jean IV de Rieux, assiège la ville, qui ne tarde pas à succomber, repassant momentanément sous contrôle français. La duchesse Anne, tentant d’empêcher l’assujettissement du duché de Bretagne au royaume de France fait appel aux Anglais qui occupent la ville jusqu’en 1495.

Pendant les guerres de la Ligue, le 17 janvier 1576, trente gentilshommes du pays, commandés par messires de Kermassouet et Baud de Vigne-la-Houlle, qui professaient la religion réformée prirent par ruse la ville. La garnison fut mise à mort et Louis de Lézonnet, le gouverneur de la ville, dût s’enfuir. Les réformés firent alors appel aux Rochellois qui expédièrent une escadre commandée par Du Vigean. Les habitants des paroisses voisines, commandés par de Pratmaria et Jean de Tyvarlen s’assemblent au son du tocsin et se dirigent vers Concarneau. On eût peine à les forcer sans Charles Le Bris, un marchand de Concarneau, qui poignarda dans leurs lits les sieurs de Kermassouet et Baud de Vigne-la-Houlle, saisit les clefs qu’il avait autour des bras, et s’en fut ouvrir les portes de la ville. Les calvinistes furent tous égorgés. Les vaisseaux de Du Vigean, arrivés trop tard, s’enfuirent en apprenant la chute de la place.

Louis de Lézonnet reprit le gouvernement de Concarneau ; de même que la majeure partie de la noblesse bretonne, il s’était d’abord rangé du côté des Ligueurs, et fut l’un des premiers nobles bretons à se rallier au duc de Mercœur qui lui confia la défense de Concarneau, mais après la conversion du roi Henri IV au catholicisme en 1593, ce dernier lui laissa le gouvernorat de Concarneau. Louis de Lézonnet meurt en 1595 des suites d’une blessure reçue lors d’une entreprise contre la ville de Quimper (…) laissant pour successeur dans le commandement de la place de Concarneau un fils mineur sous la tutelle de Jean de Jegado son cousin. Concarneau devint une juridiction royale avec droit de prévôté et fut une des 42 villes de Bretagne qui députèrent désormais aux États de la province.

Le 5 mai 1597, Jean Jegado, seigneur de Kerollain, alors gouverneur de Concarneau pour le compte de son neveu Lézonnet, orphelin en bas-âge, se rend à Quimper en compagnie de sept ou huit soldats armés, comme il en avait l’habitude, au moment même où des brigands dirigés par La Fontenelle attaquent la ville. Il aida les Quimpérois à les repousser.

En juillet 1619, le roi Louis XIII, mécontent des agissements du gouverneur de Concarneau, le sieur de Lézonnet, ordonna au gouverneur de Bretagne, alors César de Vendôme, d’aller prendre le contrôle de la ville, ce qui nécessita la levée d’une armée consistant en trois cents chevaux des compagnies d’ordonnance et en trois cents suisses et quelques canons qui descendirent le long de la Loire et furent conduits par mer ; en six vingt soldats tirés des compagnies des gardes que le Roy donna à conduire au sieur de la Besne, l’un des capitaines des gardes de S. M. [Sa Majesté] et en quelques compagnies des régiments de Picardie, Navarre et Beaumont, lesquels embarquèrent à Tours le 29 juillet 1619 pour descendre la Loire, puis parvinrent par voie de terre jusqu’à Quimperlé où César de Vendôme les rejoignit pour entreprendre le siège de la ville, établissant son quartier général à Chef-du-Bois. Le sieur de Lézonnet finit par capituler et se rendit, le gouvernorat de la ville fut alors attribué au sieur de l’Isle Rouhé.

La Ville close, bardée de canons et de couleuvrines, continua à protéger le port. Dans un premier temps propriété de Fouquet, Concarneau connût de nombreux changements puisque sa défense fut améliorée, des navires construits et de nombreux canons fondus pour armer la forteresse de Belle-Isle et pour aider le Surintendant des finances dans ses plans. Vers 1680, Vauban visite Concarneau et ordonne des travaux dans l’objectif d’améliorer le système de défense. Les toits des tours disparaissent permettant ainsi l’installation de l’artillerie sur des plates-formes. Ces travaux sont achevés en 1694, Vauban vient les inspecter le 7 juin de la même année.

Jusqu’à la Révolution française, Concarneau compte, en plus de la garnison, une population de pêcheurs qui arment quelques dizaines de chaloupes. En 1665, le port abrite trois grands navires, six barques et 41 chaloupes sardinières (la sardine était pêchée dans la baie, pressée, séché ou fumée, et expédiée ensuite par bateau vers Saint-Malo, Nantes, La Rochelle, voire Bordeaux et par charrette vers les villes de l’intérieur). Le port, en aval de la « Ville close », n’est alors qu’une vasière abritée par la masse des remparts de la « Ville close » où les chaloupes viennent hiverner, une digue sommaire protégeant toutefois les bateaux de la houle venant du large. Il n’y avait aucun quai : pour décharger le poisson, il fallait sauter à l’eau le long de la grève. Le Mémoire de Concarneau du 31 août 1770 rend compte de la situation difficile des pêcheurs : le prix du baril de rogue était fixé selon le bon plaisir des mareyeurs, oscillant entre 27 et 60 livres, et les mareyeurs, coalisés, absorbent toute la pêche au prix de misère qu’ils imposent.

Concarneau était le siège d’une petite sénéchaussée dont le ressort s’étendait de la vallée de l’Odet jusqu’à l’anse de Belon ; elle avait pour principaux fiefs Bodigno et Le Mur, dans le quartier de Fouesnant ; le Hénan, Coetconq et Kergunus, près de Pont-Aven ; Coetcanton et Coetlorec, près de Rosporden ; Trévalot et Tréanna, en direction de Scaër.

Le décret de l’Assemblée nationale du 16 août 1791 précise que hors la ville, les paroisses du district de Quimper sont réduites à 18. Parmi elles, « Beuzec-Conq, qui aura pour succursale Concarneau ». Ce découpage ne fut que provisoire et non repris lors de la création des communes par le décret de la Convention nationale du 10 brumaire an II (31 octobre 1793).

En 1807, plusieurs navires anglais mouillent dans l’archipel des Glénan et harcèlent la côte proche. Dans la nuit du 22 au 23 janvier 1807 la batterie de Beg Meil est attaquée par une soixantaine d’Anglais. L’assaut provoque la mort du commandant du fort, mais les Anglais sont repoussés. En février, des chaloupes anglaises volent du bétail sur l’île Saint-Nicolas et en juillet Le Vétéran, armé de 80 canons, commandé par Jérôme Bonaparte, pourchassé dans la baie de la Forêt par l’escadre de l’amiral Keith, doit se réfugier à Concarneau. En janvier 1813, un navire corsaire anglais, le Strennous, mouille aux Glénan et attaque des chaloupes de Concarneau.

Sous la Révolution française, en 1795, la flottille de pêche concarnoise compte 300 chaloupes (en 1792 Lesconil et Le Guilvinec n’avaient qu’une chaloupe, Sainte-Marine 3, Treffiagat et Kérity 4 chacun, L’Île-Tudy 8, Concarneau 250 et Douarnenez 275 environ 49). Concarneau commerce ainsi du vin, du blé et surtout du poisson, envoyé par charrette aux monastères et aux villes de l’intérieur du pays. Cette relative aisance est stoppée par les guerres de l’Empire et le blocus des côtes.

Avec la révolution industrielle, la ville se transforme. Au début du XIXe siècle, une nouvelle jetée est construite pour mieux protéger le port, ainsi que le long quai joignant celle-ci à l’entrée de la « Ville close ». Ce port, peu profond, abrita toutefois jusqu’à 600 chaloupes pendant la saison de la sardine et, par la suite, les thoniers vinrent s’y ajouter. Des maisons bourgeoises sont édifiées le long des quais hors de la « Ville close ». Cette dernière devient, en cette période, un quartier populaire abritant matelots et sardinières. La Station de biologie marine de Concarneau est fondée par Victor Coste en 1859. Il s’agit de la plus ancienne station marine du monde.

À partir de 1851, les premières conserveries, remplaçant progressivement les fritures et les presses à sardines, apparaissent. Elles sont spécialisées dans la sardine et le thon. Elles feront la fortune de quelques négociants et permettront une élévation du niveau de vie de la population. En 1877, la ville compte 20 usines dont l’usine Béziers et en 1900 30 usines employant 2 000 ouvrières (qui portent la coiffe penn sardin) sur une population de 7 000 habitants. À partir de 1902, la disparition des grands bancs de sardines plonge Concarneau dans la misère.

En 1866, sur 3 555 Concarnois, 850 vivent de la pêche de la sardine et 957 sont employés par l’une des quatorze conserveries de la ville. En 1894, 21 conserveries sont recensées dans le canton de Concarneau, employant 539 hommes et 1 325 femmes.

La pêche à la sardine, qui se pratique de mai à septembre sur des bateaux montés par trois ou quatre hommes, est ainsi décrite par Victor Pierre (1834-1906) dans un livre publié en 1867 :

« Il est six heures du soir : les pêcheurs reviennent, voiles déployées. La passe franchie, on cargue, et chaque bateau, à l’aide de rames, vient se ranger à sa place, dans un bassin réservé, le long du quai. Ils sont là, deux ou trois cents, les filets suspendus d’un mât à l’autre avec les lièges en l’air, pour sécher jusqu’au lendemain matin. Les femmes, les filles, les enfants, accourent avec des paniers. On jette les paniers dans le bateau ; les pêcheurs les remplissent de deux cents sardines chaque, les replongent dans l’eau pour les rafraîchir et les hissent sur le quai tout dégouttants. Pendant une heure ou deux, c’est un va-et-vient continu des bateaux à la frégasse [usine de conserves] (…). Certains bateaux ont pêché sept, douze, quinze et jusqu’à vingt mille sardines (…). Sur la margelle du quai, de vieilles bonnes femmes s’agenouillent devant les bateaux et marmottent des prières. Les pêcheurs leur jettent quelques sardines et elles payent tout de suite en monnaie d’Ave, pour recommencer vite ailleurs.

Les aménagements portuaires restaient très sommaires : les patrons-pêcheurs échouaient leurs bateaux sur le quai Nul pour profiter des retenues d’eau construites en pierres debout sur la grève Rödel afin de laver et trier les sardines avant de les ranger dans des paniers destinés aux conserveries ; d’autres accostaient dans le bassin de la demi-lune (situé côté ouest de la ria du Moros, juste en aval de la Ville close et comblé en 1935 lors des aménagements portuaires alors effectués).

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Sources : Wikipédia, YouTube.

 

 

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