Ville de Chambéry (Savoie).

Chambéry est une commune française située dans le département de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Installée dans les Préalpes du Nord entre les massifs des Bauges et de la Chartreuse, aux confluents de la Leysse et de l’Albanne puis de l’Hyères, la ville est l’actuelle préfecture de la Savoie, ainsi que le siège d’une cour d’appel et d’un archevêché. Avec une population municipale de 59 490 habitants en 2014, Chambéry se classe au 91e rang national.

La ville est surnommée la « Cité des ducs » car acquise par la maison de Savoie en 1232, elle devient la capitale politique des comtes de Savoie en 1295 lors de l’achat du château et de l’établissement officiel du Conseil résident1, puis du duché de Savoie de 1416 jusqu’à son transfert à Turin en 15622. Chambéry demeure toutefois la capitale historique des États de Savoie. Grâce à la maîtrise des grands cols alpins et de la route d’Italie, qui leur a valu le surnom de Portiers des Alpes, les comtes, puis ducs de Savoie, devenus rois de Sardaigne en 1718, ont exercé une influence certaine en Europe, notamment en instaurant un véritable laboratoire de l’« absolutisme éclairé ». De 1792 à 1815 et depuis 1860, la ville fait partie de la France.

Marquée par une industrialisation tardive, l’économie de la ville a longtemps reposé sur la présence des administrations et de l’armée. Son centre historique a été partiellement détruit lors des bombardements de mai 1944. Depuis sa fusion avec deux communes rurales et la création de nouveaux quartiers et zones industrielles dans les années 1950 et 1960, Chambéry connaît un fort accroissement démographique. La présence de l’université Savoie-Mont-Blanc, implantée en 1979, a également apporté à Chambéry une importante population universitaire.


L’histoire de Chambéry est directement liée à sa situation géographique car la ville se situe à un carrefour naturel sur les grands axes économiques européens. Elle doit également beaucoup à la maison de Savoie qui en fit la capitale de ses États. L’analyse historique de la ville doit être inscrite dans celle de l’histoire de la Savoie, si l’on veut mieux comprendre son évolution et son environnement culturel. Voici les périodes et les faits historiques les plus marquants de la commune de Chambéry.

Les hauteurs du Saint-Saturnin, à Saint-Alban-Leysse, sont occupées comme place forte depuis le Néolithique moyen (vers 4000 av. J.-C.) jusqu’à l’époque gauloise. Cet oppidum est l’ancêtre de l’agglomération de Chambéry. À l’époque romaine, les habitants s’installent sur la colline de Lémenc, alors appelée Lemencum. L’ancienne devise de la ville fut, en latin, Custodibus istis ce qui traduit en français donne « Par ces gardiens ».

L’établissement gallo-romain fut installé dans un site peu propice au développement urbain car au milieu de marécages entre les bras de la Leysse et de l’Albanne, et se limita à un poste-relais romain. L’attaque du site devait venir quelques siècles plus tard avec l’importance croissante de la route du Mont-Cenis. Cet axe fut vital pour des villes en plein essor économique telles que Lyon et les cités du nord de l’Italie (Turin). La ville devra son véritable essor à son emplacement stratégique sur les grands axes économiques de son temps et surtout par l’installation des comtes puis ducs de Savoie en quête, au XIIIe siècle, d’un lieu leur permettant d’exercer un rayonnement politique puissant à travers l’Europe.

Chambéry, qui se trouvait sur l’ancienne route médiévale de Chambéry à Genève par Rumilly et Frangy, n’apparaît vraiment comme une petite cité, Camberiaco, qu’au xie siècle. Un acte de donation daté de 1057 atteste l’existence d’un burgus et d’un castellum. Le XIIIe siècle représente une période décisive, lorsque le comte Thomas Ier de Savoie l’achète, le 15 mars 1232, au vicomte Berlion de Chambéry avec tout ce que ce dernier possédait dans le bourg de Chambéry avec la vicomté et le vidomnat en échange du fief de Montfort, moyennant 32 000 sous forts de Suse, et la dote de franchises. À la même époque, une catastrophe donne de l’importance à Chambéry dans la hiérarchie ecclésiastique. L’effondrement du mont Granier sur la capitale du décanat de Savoie (dit de Savoie) d’Apremont entraîne le déplacement du siège du décanat à Chambéry.

Le développement de la ville est ensuite très lié à l’ascension de la maison de Savoie. Une nouvelle enceinte est construite à partir de 1352, sous l’impulsion du comte Amédée VI de Savoie, plus communément surnommé le comte Vert.

L’avènement d’Amédée VIII, premier duc de Savoie en 1416, fait de  Chambéry la capitale d’un État souverain, libéré de la domination du Saint-Empire romain germanique. Une nouvelle noblesse chambérienne apparaît, liée aux institutions prestigieuses que compte la ville, et forme une cour autour de la famille ducale. Cette noblesse fait construire de remarquables hôtels particuliers, érigés autour d’une cour centrale dominée par une haute tourelle d’escaliers.

En 1422, le faubourg du Reclus est entièrement détruit par un incendie. Des mesures sont prises pour mieux lutter contre ces fléaux : la ville achète 80 tinées et 200 seaux, et une centaine d’échelles dont 50 « pouvant supporter le poids de quatre hommes ». Des veilleurs sont chargés de surveiller, la nuit, les éventuels départs de feu du haut du clocher de l’église Saint-Léger de Chambéry (détruite en 1760), et de donner l’alerte le cas échéant.

De très nombreuses congrégations religieuses sont installées en ville, et de 1452 à 1578, le Saint-Suaire, propriété des ducs, est exposé dans la Sainte-Chapelle. La ville devient un lieu de pèlerinage.

Après l’occupation française de François Ier, le duc Emmanuel-Philibert lui préfère cependant Turin comme capitale à partir de 1563.

La ville est prise par Henri IV, lors de la guerre franco-savoyarde de 1600-1601, qui se termine par le Traité de Lyon en 1601. Avec le Sénat de Savoie et sa Chambre des comptes, la ville conserve néanmoins une vocation administrative maintenant une population importante de familles nobles. La période baroque voit s’édifier d’importants hôtels particuliers marqués par l’architecture turinoise. Jean-Jacques Rousseau habite la ville de 1731 à 1742.

La Savoie est envahie en 1792 par les troupes révolutionnaires françaises dirigées par le marquis Anne-Pierre de Montesquiou-Fézensac. C’est la cinquième invasion française, après celles des troupes de François Ier (et de son successeur, Henri II), d’Henri IV, de Louis XIII et de Louis XIV.

De 1792 à 1815, pendant le rattachement de la Savoie à la France, Chambéry est le chef-lieu du département du Mont-Blanc. En 1848, les Chambériens expulsent manu militari les Voraces venus de Lyon dans l’intention de provoquer la sécession de Chambéry et de la Savoie.

Au XIXe siècle, deux grandes périodes de développement urbain se détachent : la première, entre 1820 et 1830, est liée aux actions bienfaitrices du général de Boigne et se caractérise par une politique d’embellissement de la ville (rue monumentale, théâtre, alignement des façades…) ; la seconde, entre 1860 et 1890, s’ouvre avec le rattachement définitif de la Savoie à la France décidé lors du traité de Turin, le 24 mars 1860 et confirmé par plébiscite le 22 avril. Chambéry devient alors chef-lieu du département de la Savoie. La cité s’équipe de bâtiments utilitaires tels que l’actuel hôtel de ville ou le marché couvert, mais aussi de nombreuses écoles et lycées, ainsi que des musées.

Durant la première moitié du XXe siècle, la ville grandit lentement. Sa situation géographique, ses voies de communication et son rôle administratif contribuent au développement de nouveaux quartiers (Gare, Verney, quartier d’Angleterre). Après la Première Guerre mondiale, la crise économique sévit, mais la ville se développe et gagne dix mille habitants entre 1920 et 1939 ; aussi un plan d’extension de la ville baptisé « plan d’aménagement, d’extension et d’embellissement » de la ville débute en 1929, entre-autres à l’origine du quartier de Mérande. Sont également créés durant l’entre-deux guerres les cités-jardins de Bellevue et du Biollay, présentant les premiers immeubles de logements sociaux, construits par le propriétaire des cimenteries et futur maire, Lucien Chiron.

La ville est durement touchée par le bombardement du 26 mai 1944 qui visait la gare. On dénombre 120 morts (parmi lesquels le docteur Jean Desfrançois), plus de 300 blessés et 300 immeubles sont détruits. Plus de mille familles se retrouvent sans logement. Pendant vingt ans, le centre de la ville est en chantier. De grands blocs d’habitations remplacent les vieilles maisons bombardées ou incendiées. Les rues Favre et Saint-Antoine sont désormais bordées d’immeubles massifs et austères, quelquefois ornés de bas-reliefs sculptés par Alfred Janniot.

Les années 1950, malgré les efforts de reconstruction, demeurent  cependant bien ternes. La venue de la grande entreprise de verre textile Saint-Gobain et la création d’une grande zone industrielle sous la municipalité de Pierre Dumas dynamisent la ville, même si l’industrialisation reste modeste au regard de sa situation. En 1961, elle fusionne avec deux communes limitrophes, Bissy et Chambéry-le-Vieux. De nouveaux quartiers s’élèvent rapidement dans les années 1965-1975, et notamment une Zone à urbaniser en priorité à Chambéry-le-Haut sous la houlette de l’architecte Jean Dubuisson.

Le 6 juin 1966, l’usine Placoplatre est inaugurée par Edgar Pisani, ministre de l’Équipement, et Pierre Dumas, maire de la ville et secrétaire d’État auprès du Premier Ministre, en présence de Norman Brooks, Président-directeur général de Placoplatre et des principaux dirigeants de l’industrie française du plâtre. Cette nouvelle usine de plaques de plâtre permet à la société Placoplatre, filiale de BPB (British Plaster Board) de se positionner dans la Sud-Est de la France, à une époque où les besoins en matériaux de construction sont importants. L’usine est alimentée en gypse, matière première du plâtre, par la carrière de Saint-Jean-de-Maurienne. La capacité initiale de la chaîne de production est de 6 millions de mètres carrés.

Après les Trente Glorieuses, la crise économique entraîne une pause dans le développement urbain. C’est l’heure des équipements culturels qui ont fait défaut à Chambéry : une maison de la culture, un centre de vie à Chambéry-le-Haut, un centre des congrès, une médiathèque et une cité des arts (nouveau conservatoire régional de musique).

Aujourd’hui, Chambéry, ville-centre d’une communauté d’agglomération dépassant les 120 000 habitants, mène une politique de développement et d’équipement en lien avec les vingt-trois autres communes de son agglomération. En 2008, une grande salle à vocation pluridisciplinaire est inaugurée et commence à accueillir des spectacles et des manifestations sportives. La population progresse d’environ 1 % par an (60 900 habitants en 2005).

Libération de Chambéry, le 11/09/1944.

En octobre 2010, lors du conflit social sur les retraites, des heurts très violents ont lieu à Chambéry durant une semaine aux abords du lycée Monge puis dans le centre historique entre jeunes et forces de l’ordre. La gendarmerie mobile appelée en renforts pour faire face à ces violences a dû à maintes reprises faire usage de grenades lacrymogènes. Le centre-ville doit être temporairement fermé à la circulation ; la presse évoque des scènes d’émeute.

Le 11 janvier 2015, Chambéry fait partie des nombreuses communes de France à organiser une marche républicaine en réaction aux attentats des 7, 8 et 9 janvier. Cette manifestation réunit environ 20 000 personnes, soit un tiers de la population communale réunie sur un parcours de 2 km, ayant par ailleurs dû être allongé à 2,5 km. Il s’agit de la plus importante mobilisation connue à Chambéry depuis la Libération en août 1944.

Source : Wikipédia.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Désolé, mais la copie des textes et des images n'est pas autorisée.