Ville de Cassel (Nord).

Cassel est une commune française située dans le département du Nord, en région Hauts-de-France.


Avant l’arrivée des Romains, la ville était un des oppida célèbres qui servait de cité principale au peuple des Morins : elle était alors appelée Castellum Morinorum qui deviendra par la suite Castellum Menapiorum sous la Ménapie romaine quand la ville sera donnée aux Ménapiens par Carrinas qui a d’ailleurs reçu un « triomphe » à Rome pour sa victoire.

Le château est une création des comtes de Flandres qui en firent le centre d’une châtellenie.

Au Xe siècle, Baudouin III de Flandre institue la première foire. Par la suite, le secteur de Cassel sera le théâtre de nombreuses batailles :

1071 : bataille de Cassel, victoire de Robert Ier de Flandre dit Robert le Frison, comte de Flandre, sur son frère.
1328 : bataille de Cassel, victoire de Philippe VI de Valois sur les communes flamandes. Cassel est pillée, incendiée et comme toutes les villes flamandes révoltées soumise à de fortes amendes.
1677 : bataille de la Peene à Noordpeene. Victoire de Philippe de France, frère de Louis XIV, sur une coalition anti-française dirigée par Guillaume d’Orange, stadhouder des Provinces-Unies (il s’agissait de la troisième fois que la France prenait Cassel en l’espace de 32 ans, les deux fois précédentes elle avait dû la céder).
Mais en dehors de ces batailles, Cassel fut plusieurs fois attaquée, conquise, ruinée et/ou incendiée : saccage, incendie et massacres par les soldats de Philippe-Auguste en 1213, par ceux de Philippe le Bel en 1297, par ceux de Louis XI enfin en 1477.

Cassel, carte maximum, 27/06/2019.

Comme toute la Flandre, Cassel se situe au cœur de l’affrontement entre la France de Louis XIII et Louis XIV et l’Espagne pour la main mise sur cette riche région. Après avoir souvent changé de mains aux XVIe et XVIIe siècles, Cassel devient définitivement française par les traités de Nimègue de 1678.

En 1782, l’Encyclopédie méthodique de géographie moderne (1782) décrit Cassel comme suit :
« Jolie ville démantelée, & châtellenie de France, dans la Flandre, généralité de Lille. Elle est remarquable par les trois batailles qui se sont données près de ses murs, contre Philippe I, roi de France, qui y fut défait par Robert le Frison, comte de Flandres en 1071 ; contre Philippe-le-Bel, qui remporta une victoire complète sur les sujets du comte de Flandres révoltés, & saccagea la ville en 1318 & contre Philippe, duc d’Orléans, qui, en 1677 y défit le prince d’Orange, & prit la ville. Elle fut cédée à la France en 1678, par le traité de Nimègue.


Elle est fur une montagne, où se trouve la terrasse d’un ancien château. On y jouit d’une des plus belles vues de l’univers. De cette terrasse, on découvre trente-deux villes, un grand espace de mer, & les côtes d’Angleterre, à 6 li. de la mer, 4 n. e. de Saint-Omer, 7 f. e. de Gravelines, 6 f. e. de Dunkerque, & long. 20 d. 9′ 9″ ; lat. 50 d. 47′ 54″. Cette ville eft bâtie en longueur, ayant la place ou grand marché au milieu, ornée d’une belle fontaine. Il y a deux collégiales, qui font aussi paroisses, un hôpital, un collège, &c. (М.D.M.) »
À cette époque Cassel domine encore un paysage bocager densément arboré d’où émergent quelques bosquets et au loin la Forêt de Nieppe et la Forêt de Clairmarais. De nombreux vergers, champs (blé, orge, avoine, lin, colza, betterave, tabac, houblon, pomme de terre..) et pâturages (vache flamande) y sont protégés des intempéries et de l’ardeur du soleil en été (La Flandre est une région dépourvue de nappes phréatiques).


1792 : En août-septembre, Cassel sert de quartier général à l’armée du Nord durant les opérations qui conduisent à la bataille d’Hondschoote. S’y trouvent le grand Carnot et le général Houchard.
1848 : La ville est desservie par le Chemin de fer (ligne Lille – Dunkerque). Toutefois, le bourg étant éloigné de la gare de Cassel, le tramway de Cassel est mis en service en 1900. Son exploitation cessera en 1922.
En 1851, le naturaliste J. Macquart, décrivait comme suit le panorama visible de Cassel, embrassant toute la Flandre française ; « de Dunkerque à Lille »;
« Cette heureuse contrée où les terres arables luttent de fertilité avec les nombreux pâturages, est semblable à une vaste forêt mêlée de petites clairières, et cependant, à l’exception de la forêt de Nieppe, du bois de Clairmarais et de quelques bosquets, toutes les plantations qui semblent couvrir la terre sont celles des vergers, dont l’intérieur est planté d’arbres fruitiers, et le bord, généralement orné d’un ou deux cordons d’ormes. Dans les haies d’Aubépines ou de Pruneliers s’élèvent des Chênes, des Peupliers, des Frênes. Le bord des chemins est planté de Peupliers de Hollande (Bois-blancs), dont les racines traçantes raffermissent le sol et en absorbent l’humidité, tandis qu’un large fossé préserve de cet effet les champs riverains »
Première Guerre mondiale : Dès 1914, le Général Foch y établit son quartier général. C’est aussi un quartier général de l’armée Britannique depuis lequel la branche nord du front de l’ouest est dirigée.

Seconde Guerre mondiale : En mai 1940, la ville fut sévèrement bombardée par l’aviation allemande: l’arrière garde britannique y résista pendant trois jours, ce qui facilita l’embarquement des armées alliées à Dunkerque.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

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