Victor Hugo, dramaturge, écrivain et romancier.

Victor Hugo est un poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français, né le 26 février 1802 (7 ventôse an X) à Besançon et mort le 22 mai 1885 à Paris. Il est considéré comme l’un des plus importants écrivains de la langue française. Il est aussi une personnalité politique et un intellectuel engagé qui a eu un rôle idéologique majeur et occupe une place marquante dans l’histoire des lettres françaises au XIXe siècle.

Au théâtre, Victor Hugo s’est imposé comme un des chefs de file du romantisme français en présentant sa conception du drame romantique dans les préfaces qui introduisent Cromwell en 1827, puis Hernani en 1830, qui sont de véritables manifestes, puis par ses autres œuvres dramatiques, en particulier Lucrèce Borgia en 1833 et Ruy Blas en 1838.

Son œuvre poétique comprend plusieurs recueils de poèmes lyriques, dont les plus célèbres sont Odes et Ballades paru en 1826, Les Feuilles d’automne en 1831 et Les Contemplations en 1856. Victor Hugo est aussi un poète engagé contre Napoléon III dans Les Châtiments, paru en 1853, et un poète épique dans La Légende des siècles, publié de 1859 à 1883.

Comme romancier, il a rencontré un grand succès populaire, d’abord avec Notre-Dame de Paris en 1831, et plus encore avec Les Misérables en 1862.

Son œuvre multiple comprend aussi des écrits et discours politiques, des récits de voyages, des recueils de notes et de mémoires, des commentaires littéraires, une correspondance abondante, près de quatre mille dessins dont la plupart réalisés à l’encre, ainsi que la conception de décors intérieurs et une contribution à la photographie.

Très impliqué dans le débat public, Victor Hugo a été parlementaire sous la monarchie de Juillet et sous la Deuxième et Troisième République. Il s’est exilé pendant près de vingt ans à Jersey et Guernesey sous le Second Empire, dont il a été l’un des grands opposants. Attaché à la paix et à la liberté et sensible à la misère humaine, il s’est exprimé en faveur de nombreuses avancées sociales, s’est opposé à la peine de mort et a soutenu l’idée d’une Europe unifiée.

Son engagement résolument républicain dans la deuxième partie de sa vie et son immense œuvre littéraire ont fait de lui un personnage  emblématique, que la Troisième République a honoré par des funérailles nationales et le transfert de sa dépouille au Panthéon de Paris le 1er juin 1885, dix jours après sa mort.

Ayant fortement contribué au renouvellement de la poésie et du théâtre et ayant marqué son époque par ses prises de position politiques et sociales, Victor Hugo est encore célébré aujourd’hui, en France et à l’étranger, comme un personnage illustre, dont la vie et l’œuvre ont fait l’objet de multiples commentaires et hommages.


Victor-Marie Hugo est le fils du général d’Empire Joseph Léopold Sigisbert Hugo (1773-1828), créé comte, selon la tradition familiale, par Joseph Bonaparte, roi d’Espagne, capitaine en garnison dans le Doubs au moment de la naissance de son fils, et de Sophie Trébuchet (1772-1821), issue de la bourgeoisie nantaise.

Il naît le 26 février 1802 (« 7 ventôse an X » selon le calendrier républicain alors en vigueur), à Besançon, au 1er étage du 140 Grande Rue, renommée depuis place Victor-Hugo). À peine né, il est déjà le centre de l’attention. Enfant fragile, sa mère prend beaucoup soin de lui, comme il le racontera plus tard dans son poème autobiographique Ce siècle avait deux ans.

Dernier d’une famille de trois garçons après Abel Joseph Hugo (1798-1855) et Eugène Hugo (1800-1837), il passe son enfance à Paris, au 8 rue des Feuillantines, dans un logement loué dans l’ancien couvent des Feuillantines, vendu comme bien national à la Révolution. Ce séjour dans un jardin sauvage, vestige du parc de l’ancien monastère, lui laissera des souvenirs heureux.

De fréquents séjours à Naples et en Espagne, à la suite des affectations militaires de son père, marqueront ses premières années. Ainsi, en 1811, alors que Madame Hugo rejoint son mari, la famille fait halte à Hernani, ville du Pays basque espagnol. La même année, il est, avec ses frères Abel et Eugène, pensionnaire dans une institution religieuse de Madrid, le Real Colegio de San Antonio Abad. En 1812, il s’installe à Paris avec sa mère qui s’est séparée de son mari, car elle entretient une liaison avec le général d’Empire Victor Fanneau de la Horie, parrain et précepteur de Victor Hugo, duquel il tient son prénom.

En septembre 1815, il entre avec son frère à la pension Cordier. D’après Adèle Foucher, son amie d’enfance qui deviendra plus tard son épouse, c’est vers cet âge qu’il commence à versifier. Autodidacte, c’est par tâtonnement qu’il apprend la rime et la mesure6. Il est encouragé par sa mère à qui il lit ses œuvres, ainsi qu’à son frère Eugène. Ses écrits sont relus et corrigés par un jeune maître d’études de la pension Cordier qui s’est pris d’amitié pour les deux frères7. Sa vocation est précoce et ses ambitions sont immenses. Âgé de quatorze ans à peine, Victor note dans un journal : « Je veux être Chateaubriand ou rien ».

En 1817, Victor Hugo a quinze ans lorsqu’il participe à un concours de poésie organisé par l’Académie française, sur le thème Bonheur que procure l’étude dans toutes les situations de la vie. Selon le récit qu’en fait Adèle Foucher, le jury est à deux doigts de lui décerner le prix, mais le titre de son poème (Trois lustres à peine) suggère trop son jeune âge et l’Académie croit à un canular : il reçoit seulement une mention. Il concourt sans succès les années suivantes mais gagne, à des concours organisés par l’Académie des Jeux floraux de Toulouse, en 1819, un Lys d’or pour La statue de Henri IV et une Amaranthe d’or pour Les Vierges de Verdun, et une Amaranthe d’or en 1820 pour Moïse sur le Nil. Ayant remporté trois prix, il devient Maître-ès-jeux floraux de 1820, suivi par Chateaubriand l’année suivante.

Encouragé par ses succès, Victor Hugo délaisse les mathématiques, pour lesquelles il a des aptitudes (il suit les cours des classes préparatoires au lycée Louis-le-Grand), et embrasse la carrière littéraire. Avec ses frères Abel et Eugène, il fonde en 1819 une revue ultraroyaliste, Le Conservateur littéraire, qui attire déjà l’attention sur son talent. Son premier recueil de poèmes, Odes, paraît en 1821 : il a alors dix-neuf ans. Les mille-cinq-cents exemplaires s’écoulent en quatre mois. Le roi Louis XVIII, qui en possède un exemplaire, lui octroie une pension annuelle de mille francs, ce qui lui permet de vivre de sa passion et d’envisager d’épouser son amie d’enfance Adèle Foucher.

La mort de sa mère le 27 juin 1821 l’affecte profondément. En effet, les années de séparation d’avec son père l’avaient rapproché de celle-ci. Le 12 octobre 1822, il épouse Adèle Foucher, son amie d’enfance, en l’église Saint-Sulpice de Paris. De leur mariage naîtront cinq enfants. Le premier, Léopold, en 1823, ne vit que quelques mois. Suivront Léopoldine en 1824, Charles en 1826, François-Victor en 1828 et Adèle en 1830.

Hugo commence la rédaction de Han d’Islande, publié en 1823, qui reçoit un accueil mitigé, mais vaut à son auteur une nouvelle pension de deux mille francs. Une critique de Charles Nodier, bien argumentée, est l’occasion d’une rencontre entre les deux hommes et de la naissance d’une amitié. À la bibliothèque de l’Arsenal, berceau du romantisme, il participe aux réunions du Cénacle, qui auront une grande influence sur son développement. Son amitié avec Nodier dure jusqu’à 1827-1830, époque où celui-ci commence à être très critique envers les œuvres de Victor Hugo. Durant cette période, Victor Hugo renoue avec son père, qui lui inspirera les poèmes Odes à mon père et Après la bataille. Celui-ci meurt en 1828.

Dans cette période, il s’intéresse à la peinture et découvre l’atelier de Paul Huet avec enthousiasme : « C’est un jeune homme du plus beau talent. Vous partagerez la satisfaction de Delacroix et la mienne », écrit-il.

Jusqu’en mars 1824, le couple habite chez les parents d’Adèle. Ils  déménagent pour le 90 rue de Vaugirard, appartement où leur fille Léopoldine naît, en août 1824. L’arrivée de leur fils Charles, en novembre 1826, fait déménager la famille l’année suivante dans une maison au 11 rue Notre-Dame-des-Champs.

Sa pièce Cromwell, publiée en 1827, fait éclat. Dans la préface de ce drame, Victor Hugo s’oppose aux conventions classiques, en particulier à l’unité de temps et à l’unité de lieu, et jette les premières bases de son drame romantique.

Le couple reçoit beaucoup et se lie avec Sainte- Beuve, Lamartine, Mérimée, Musset, Delacroix. François–Victor naît en octobre 1828. En mai 1830, la famille déménage pour la Rue Jean-Goujon. Adèle, leur dernier enfant, naît en juillet. Ils habiteront rue Jean-Goujon jusqu’en octobre 1832.

Adèle Foucher, délaissée dans le tourbillon qui a entouré la rédaction, les répétitions, les représentations et le triomphe d’Hernani, se rapproche du meilleur ami et confident du couple, Sainte-Beuve, puis entretient une relation amoureuse avec lui, qui se développe durant l’année 1831. Entre les deux hommes, les relations courtoises se maintiennent pourtant avant que leur amitié ne se transforme en haine (Hugo songe même à le provoquer en duel) lorsqu’Adèle avoue son infidélité à son mari. Leur liaison dure jusqu’en 1837, date à laquelle Sainte-Beuve quitte Paris pour Lausanne.

De 1826 à 1837, la famille séjourne fréquemment au Château des Roches à Bièvres, propriété de Bertin l’Aîné, directeur du Journal des débats. Au cours de ces séjours, Hugo rencontre Berlioz, Chateaubriand, Liszt, Giacomo Meyerbeer, et rédige des recueils de poésie, dont les Feuilles d’automne. Il publie, en 1829, le recueil de poèmes les Orientales. La même année, paraît Le Dernier Jour d’un condamné, court roman dans lequel Victor Hugo présente son dégoût de la peine de mort, sujet qu’il abordera à nouveau dans Claude Gueux en 1834. Le roman Notre Dame de Paris paraît en 1831.

Lors du coup d’État du 2 décembre 1851 de Louis-Napoléon Bonaparte, Victor Hugo tente sans succès d’organiser une résistance. Devenu un opposant du pouvoir, il part le 11 décembre pour Bruxelles, début d’un exil qui durera dix-neuf ans. Un mois plus tard, le décret de proscription du 9 janvier 1852 ordonne l’expulsion du territoire français, pour cause de sûreté générale, de soixante-six anciens représentants à l’Assemblée législative, dont Victor Hugo. D’abord contraint, l’exil deviendra volontaire en 1859, Victor Hugo refusant de rentrer en France malgré l’amnistie dont il bénéficie.

Victor Hugo arrive à Bruxelles le 12 décembre 1851, et y reste huit mois. Il loge successivement à l’hôtel de la Porte Verte, puis dans une chambre de la Maison du Moulin à vent, sur la Grand-Place de Bruxelles, et enfin dans un appartement de la Maison du Pigeon, également sur la Grand-Place, où il demeure jusqu’à la fin de son séjour. Parti seul pour Bruxelles, il y est rejoint le lendemain de son arrivée par Juliette Drouet, qui apporte avec elle la malle à manuscrits, matériel précieux pour l’écrivain. Elle s’installe dans un logement séparé où elle recopie ses manuscrits. Victor Hugo commence l’écriture d’un récit des évènements du 2 décembre 1851, qui ne sera terminé et publié qu’après son retour d’exil, sous le titre Histoire d’un crime. Pour l’heure, il laisse de côté ce projet et écrit Napoléon le Petit, pamphlet contre Louis-Napoléon Bonaparte. Achevé en juillet 1852 et publié à Bruxelles le mois suivant, l’ouvrage est diffusé clandestinement en France, malgré la surveillance des autorités. La publication de ce livre contraint cependant Victor Hugo à quitter le territoire belge. En recherche d’une nouvelle destination, il décide en avril 1852 de s’exiler à Jersey, île anglo-normande située entre la France et l’Angleterre, et placée sous la protection de celle-ci. En juin 1852, Adèle Foucher, restée à Paris pour assurer les questions matérielles, met en vente le mobilier de l’appartement parisien en vue du départ de la famille pour Jersey.

Victor Hugo quitte Bruxelles le 1er août 1852 à destination de Jersey. Il y débarque le 5 août, accueilli par son épouse Adèle Foucher, leur fille Adèle Hugo et Auguste Vacquerie, arrivés avant lui. Le 16 août, la famille Hugo s’installe dans une maison nommée « Marine Terrace », située dans le sud de l’île, en bord de mer, et y réside jusqu’à la fin de l’exil à Jersey, qui dure trois ans. Juliette Drouet, arrivée en même temps que Victor Hugo, y loge dans des habitations séparées. En novembre 1852, Victor Hugo commence la rédaction des Châtiments, recueil de poèmes satiriques critiquant le Second Empire et Napoléon III. Interdit en France, le recueil est publié à Bruxelles en novembre 1853. Victor Hugo écrit également plusieurs poèmes pour Les Contemplations, recueil poétique commencé avant l’exil, qui sera publié en 1856.

L’exil à Jersey donne l’occasion à Victor Hugo d’explorer de nouvelles voies artistiques. En novembre 1852, son fils Charles installe un atelier de photographie à « Marine Terrace ». Charles Hugo et Auguste Vacquerie prennent plus de trois cents photographies pendant l’exil à Jersey, témoignage de la vie des proscrits. S’il ne les réalise pas lui-même, Victor Hugo participe souvent à leur mise en scène, et prévoit d’en utiliser pour illustrer ses livres et même d’en publier un recueil, projets qui ne pourront pas se concrétiser. Il utilise des photographies ou s’en inspire pour exécuter ses dessins, dont la production est d’une grande diversité pendant cette période, avec l’expérimentation de nouvelles techniques graphiques, comme les pochoirs. En septembre 1853, Delphine de Girardin initie les membres de la famille Hugo à la pratique des “tables parlantes”, qui permettent de “communiquer” avec l’esprit de personnes décédées. Victor Hugo prend part à ces séances, qui dureront jusqu’à la fin de l’exil à Jersey. Les échanges issus de ces séances, retranscrits dans Le livre des tables, influencent son œuvre littéraire et graphique.

Victor Hugo poursuit son combat contre la peine de mort en s’opposant à l’exécution de John Tapner, condamné à mort à Guernesey pour meurtre, et finalement exécuté le 10 février 1854. Le lendemain, il écrit une lettre à Lord Palmerston, ministre de l’intérieur anglais, pour exprimer son indignation. Marqué par cet évènement, il réalise Le Pendu, série de dessins emblématiques de sa lutte contre la peine capitale.

En octobre 1855, trois proscrits français sont expulsés de Jersey par les autorités britanniques, après avoir publié dans leur journal L’Homme, un texte s’opposant à la visite officielle de la reine Victoria à Napoléon III. Le 17 octobre 1855, Victor Hugo publie avec d’autres proscrits une déclaration de soutien à leurs compagnons d’exil, ce qui amène les autorités à ordonner également leur expulsion de Jersey. Le 31 octobre 1855, Victor Hugo s’embarque pour l’île voisine de Guernesey.

Arrivé le 31 octobre 1855 sur l’île de Guernesey, Victor Hugo loge d’abord à l’Hôtel de l’Europe, puis à partir du 9 novembre, dans une maison située 20 rue Hauteville où il reste pendant un an, et qu’il achètera dix ans plus tard avec Juliette Drouet, qui y logera. Il achève Les Contemplations, qui paraît en avril 1856 à Bruxelles et à Paris. Grâce au succès de ce recueil de poèmes, il achète, dans la même rue, le 16 mai 1856, « Hauteville House », qui sera sa résidence pendant près de quinze ans, jusqu’à la fin de son exil. La famille y emménage le 5 novembre 185651. Passionné de brocante et de décoration, Victor Hugo se consacre pendant trois ans à l’aménagement de « Hauteville House », qu’il personnalise entièrement, concevant et réalisant lui-même les décors intérieurs, composés à partir de meubles et objets collectés sur l’île. Pendant cette période, il aménage en même temps « La Fallue », première maison de Juliette Drouet à Guernesey, située à proximité de « Hauteville House ».

Le 16 août 1859, Napoléon III décrète une amnistie générale pour tous les condamnés. Le 18 août, Victor Hugo annonce son refus de rentrer en France, déclarant : « Fidèle à l’engagement que j’ai pris vis à vis de ma conscience, je partagerai jusqu’au bout l’exil de la liberté ». En septembre 1859, il publie la première série de La Légende des siècles. Poursuivant son combat contre la peine de mort, il lance un appel en décembre 1859 en faveur de John Brown, militant antiesclavagiste, condamné à mort aux États-Unis. En 1860 et 1861, il se consacre principalement à la rédaction de son roman Les Misérables, qui est publié en 1862 et qui connaît un immense succès. En 1863, il écrit William Shakespeare, publié l’année suivante.

Victor Hugo dénonce le sac du Palais d’Été (octobre 1860) par les troupes franco-britanniques dans une lettre au capitaine Butler du 25 novembre 1861.

À partir de 1861, Victor Hugo reprend ses habitudes de voyages annuels avec Juliette Drouet, dont le dernier remonte à dix-huit ans. Chaque année jusqu’à la fin de son exil en 1870, ils passent plusieurs mois sur le continent, principalement en Belgique, au Luxembourg et dans la vallée du Rhin. Ces séjours sont des moments de création intense pour Victor Hugo, aussi bien pour ses romans et ses poèmes que pour ses dessins. Il visite des  monuments et collecte toute sorte d’objets qui lui servent pour concevoir des décors et alimenter ses carnets. En 1864, il achète avec Juliette Drouet la maison située 20 rue Hauteville, où il avait habité huit ans auparavant, et où cette dernière habite désormais. Il réalise les décors de la maison à partir de mobilier, panneaux et objets récupérés à Guernesey ou lors de ses voyages avec Juliette.

La famille de Victor Hugo, d’abord rassemblée à « Hauteville House », s’éloigne progressivement de Guernesey. Adèle Foucher fait de fréquents séjours à Bruxelles et à Paris, où elle veille aux intérêts littéraires et financiers de son mari. En 1863, elle publie Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, un livre de souvenirs. Adèle Hugo fait également des séjours de plusieurs mois à Paris avec sa mère, puis part en 1863 à Halifax, au Canada, pour rejoindre un officier anglais, qu’elle espère épouser. Charles Hugo effectue de fréquents séjours en France et en Belgique à partir de 1860, puis se marie en 1865 à Bruxelles, où il s’installe. François-Victor Hugo s’installe à son tour à Bruxelles en 1865 après le décès de sa fiancée. En avril 1868, le premier fils de Charles Hugo meurt à l’âge d’un an. Son deuxième fils, Georges Victor-Hugo, naît en août 1868, puis sa fille, Jeanne Hugo, en septembre 1869. Adèle Foucher meurt à Bruxelles le 27 août 1868, et est enterrée à Villequier auprès de Léopoldine. Victor Hugo accompagne le cercueil jusqu’à la frontière française.

Vers la fin de l’exil, Victor Hugo publie de nouvelles œuvres : le recueil Les Chansons des rues et des bois en 1865, le roman Les Travailleurs de la mer, hommage à Guernesey et à ses habitants, en 1866, puis le roman L’Homme qui rit, en 1869. En même temps, il poursuit son combat politique et maintient sa volonté de rester en exil tant que dure le Second Empire. En 1869, il contribue au journal d’opposition Le Rappel, que fondent ses fils Charles Hugo et François-Victor Hugo avec Paul Meurice et Auguste Vacquerie. Rêvant d’une Europe unifiée, il plante symboliquement le « chêne des États-Unis d’Europe » dans le jardin de « Hauteville House », le 14 juillet 187087. Alors que la défaite de la France dans la guerre franco-prussienne est proche, il quitte Guernesey pour Bruxelles le 15 août 1870, en vue d’un éventuel retour en France. Le 5 septembre 1870, lendemain de la proclamation de la République, il rentre en France où il est accueilli comme un héros.

De retour en France, il pense alors fermement, selon ses notes de la fin aoûtg, que son pays va lui attribuer la dictature. Les Parisiens lui font un accueil triomphal. Il participe activement à la défense de la ville assiégée. Dans le même temps, il lui importe, au nom de l’intérêt du pays, de soutenir le gouvernement de la Défense nationale présidé par le Général Trochu. Aussi, lorsque le 17 janvier 1871, Louis Blanc lui demande à nouveau d’intervenir pour exercer une pression sur le général, il répond : « Je vois plus de danger à renverser le gouvernement qu’à le maintenir ».

Élu à l’Assemblée nationale (siégeant alors à Bordeaux) le 8 février 1871, il en démissionne un mois plus tard pour protester contre l’invalidation de Garibaldi. Le 13 mars, son fils Charles meurt brusquement d’une apoplexie. Ses obsèques ont lieu le 18 mars à Paris, le jour même du soulèvement qui marque le début de la Commune de Paris. Victor Hugo se rend ensuite à Bruxelles pour régler la succession de son fils, et y reste pendant l’insurrection. Il désapprouve si vivement la répression contre la Commune qu’il est expulsé par les autorités belges. C’est le Roi Léopold II qui signe l’arrêté royal qui décide son expulsion au motif qu’il s’est rendu coupable d’avoir accueilli en sa demeure les vaincus de la Commune. Il trouve refuge pendant trois mois et demi au Luxembourg (1er juin-23 septembre), séjournant successivement à Luxembourg ville, à Vianden (deux mois et demi), à Diekirch et à Mondorf, où il suit une cure thermale. Il y achève le recueil L’Année terrible. Il est largement battu à l’élection complémentaire du 2 juillet 1871. Sollicité par plusieurs comités républicains, il accepte de se porter candidat à l’élection complémentaire du 7 janvier 1872, et est encore une fois battu, en raison de sa position en faveur d’une amnistie des communards.

La même année, Hugo retourne à Guernesey où il écrit le roman Quatrevingt-treize. En 1873, il est à Paris et se consacre à l’éducation de ses deux petits-enfants, Georges et Jeanne, qui lui inspirent le recueil de poèmes L’Art d’être grand-père. Il reçoit beaucoup de personnalités politiques et littéraires, comme les Goncourt, Lockroy, Clemenceau ou Gambetta.

Le 30 janvier 1876, il est élu sénateur et milite pour l’amnistie des communards. Il s’oppose à Mac Mahon quand celui-ci dissout l’assemblée. Dans son discours d’ouverture du congrès littéraire international de 1878, il se positionne pour le respect de la propriété littéraire, mais aussi pour le fondement du domaine public. En juin 1878, Hugo est victime d’un malaise, peut-être une congestion cérébrale. Il part se reposer quatre mois à Guernesey dans sa demeure de Hauteville House, suivi de son « secrétaire bénévole » Richard Lesclide. Ce mauvais état de santé met pratiquement fin à son activité d’écriture. Toutefois, de très nombreux recueils, réunissant en fait des poèmes datant de ses années d’inspiration exceptionnelle (1850-1870), continuent à paraître régulièrement (La Pitié suprême en 1879, L’Âne, Les Quatre Vents de l’esprit en 1881, la dernière série de la Légende des siècles en septembre 1883), contribuant à la légende du vieil homme intarissable jusqu’à la mort. Durant cette période, nombre de ses pièces sont de nouveau jouées (Ruy Blas en 1872, Marion de Lorme et Marie Tudor en 1873, Le roi s’amuse en 1882).

Sous la Troisième République, le gouvernement Ferry promulgue la loi du 30 juillet 1881, dite de « réparation nationale », qui alloue une pension ou rente viagère aux citoyens français victimes du coup d’État du 2 décembre 1851 et de la loi de sûreté générale. La Commission générale chargée d’examiner les dossiers, présidée par le Ministre de l’Intérieur, est  composée de représentants du ministère, de conseillers d’État, et comprend huit parlementaires, tous d’anciennes victimes : quatre sénateurs (Victor Hugo, Jean-Baptiste Massé, Elzéar Pin, Victor Schœlcher) et quatre députés (Louis Greppo, Noël Madier de Montjau, Martin Nadaud et Alexandre Dethou).

Jusqu’à sa mort en 1885, il est une des figures emblématiques de la  république, en même temps qu’une référence littéraire incontestée. Le vendredi 15 mai 1885, il est victime d’une congestion pulmonaire. Il meurt le 22 mai 1885, jour de la fête de Juliette Drouet, dans son hôtel particulier « La Princesse de Lusignan », qui était situé au 50 avenue Victor-Hugo, à la place de l’actuel no 124. Trois jours avant sa mort, il écrit cette dernière pensée : « Aimer, c’est agir », et selon la légende, ses derniers mots sont : « C’est ici le combat du jour et de la nuit… Je vois de la lumière noire ».

Conformément à ses dernières volontés, c’est dans le « corbillard des pauvres » qu’a lieu la cérémonie. Le décret du 26 mai 1885, voté par 415 voix sur 418, lui accorde des obsèques nationales et sécularise à nouveau le Panthéon pour y déposer son corps, le 1er juin 1885. Avant d’y être transféré, son cercueil est exposé dans la nuit du 31 mai au 1er juin sous l’Arc de triomphe, voilé obliquement par un crêpe noir. Des cuirassiers à cheval veillent toute la nuit le catafalque surmonté des initiales VH, selon l’ordonnancement de Charles Garnier. Le jour du transfert, le cortège vers le Panthéon s’étire sur plusieurs kilomètres, avec près de deux millions de personnes et 2 000 délégations venues lui rendre un dernier hommage. Il est alors l’écrivain français le plus populaire de son temps et est déjà considéré depuis plusieurs décennies comme l’un des monuments de la littérature française.

Source : Wikipédia.

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