Valentina Terechkova, première femme dans l’espace.

Valentina Vladimirovna Terechkova, née le 6 mars 1937 à Maslennikovo, raion de Toutaïev dans l’oblast de Iaroslavl, est la première femme à effectuer un vol dans l’espace. Seule à bord de son vaisseau spatial Vostok 6 qui décolle le 16 juin 1963 du cosmodrome de Baïkonour, elle passa près de trois jours en orbite basse dans le cadre d’un vol conjoint avec Valeri Bykovski lancé de son côté à bord du vaisseau Vostok 5 deux jours auparavant.

Ces deux missions marquent la fin du programme Vostok qui permit à l’Union Soviétique de montrer une supériorité apparente dans la course à l’espace qui l’opposait à cette époque aux États-Unis. Le vol de Terechkova eut un retentissement international et par la suite, ardente communiste, elle sera utilisée comme porte-drapeau du régime soviétique et symbole de la libération de la femme dans le monde socialiste. Valentina Terechkova ne revolera plus malgré son désir. Elle poursuivit à partir de 1966 une carrière politique. Jusqu’à la dissolution de l’Union Soviétique elle fut membre des plus hautes instances politiques du pays. Depuis 2011, elle siège à la Douma de Russie sous l’étiquette du parti du président Vladimir Poutine, Russie unie, en tant que représentante de la circonscription de Iaroslavl.

Valentina Terechkova nait le 6 mars 1937 dans le village de Maslennikovo (Oblast de Iaroslavl) situé au bord du fleuve Volga à 270 kilomètres au nord-est de Moscou (Russie). Ses parents se sont installés là après avoir quitté la Biélorussie. Son père Vladimir Terechkova est conducteur de tracteur dans une ferme collective. En septembre 1939, l’Union soviétique tente d’envahir la Finlande (Guerre d’Hiver), mais, malgré la petite taille de son opposant, subit d’importants revers. Vladimir qui a été enrôlé est tué quatre mois plus tard aux commandes de son char au cours de combats qui ont lieu en Carélie occidentale. La mère de Valentina, Elena Fiodorovna Terechkova, déménage alors avec ses trois enfants à Iaroslavl où elle trouve un emploi dans la filature de coton locale. Valentina Terechkova est scolarisée de 10 à 17 ans. Lorsqu’elle quitte l’école, elle commence par travailler dans une usine de pneumatiques avant de devenir ouvrière dans la filature qui emploie déjà sa mère et sa sœur. Elle suit en parallèle des cours par correspondance à l’École technique de l’industrie légère et obtiendra un diplôme en 1960.

Terechkova rejoint l’aéro-club de Iaroslavl pour pratiquer le parachutisme et elle effectue son premier saut libre en mai 1959 alors qu’elle a 22 ans. Dans un premier temps, elle s’entraîne sans en parler à sa mère. Elle atteint en deux ans un niveau excellent qui lui permet de devenir à son tour instructrice. À la même époque, elle adhère au Komsomol, l’organisation de la jeunesse du parti communiste soviétique. Ardente communiste, elle est nommée secrétaire de la cellule de Iaroslavl de cette organisation en 1960 et 1961. Elle adhère au parti communiste en 1962.

Terechkova, carte maximum, Russie, 1963.

Terechkova est enthousiasmée lorsqu’elle apprend l’exploit de son compatriote Youri Gagarine, premier homme à avoir volé dans l’espace au cours de la mission Vostok 1 qui a eu lieu le 12 avril 1961. Elle rêve de voler également. L’exemple de Gagarine a suscité de nombreuses vocations et le responsable de l’entraînement des cosmonautes, le lieutenant général Nikolaï Kamanine, reçoit de nombreuses candidatures spontanées dont celles de quelques femmes. Il propose à ses supérieurs de réaliser une mission emportant une femme cosmonaute car, explique-t-il, il n’est pas question que la première femme dans l’espace soit une Américaine. Sa proposition est examinée par le Comité central du Parti communiste de l’Union soviétique et celui-ci donne son accord. Mais les membres du comité sont conscients que le nombre de femmes pilotes (critère de recrutement retenu pour les cosmonautes hommes) est trop réduit pour en

faire un critère de sélection. Celui-ci est remplacé par la pratique du parachutisme. Le vol du deuxième cosmonaute Guerman Titov, à bord de Vostok 2 a lieu le 6 août 1961 et immédiatement après le Comité central donne son accord au ministère de la Défense pour que celui-ci recrute en 1962 60 nouveaux cosmonautes dont six femmes. Le colonel Ovenko de l’Armée de l’Air est chargé de la première sélection. Il utilise les listes des membres des aéroclubs pour identifier 58 personnes répondant aux critères fixés (une parachutiste de moins de 30 ans, mesurant moins de 170 cm et pesant moins de 70 kg) sur les 400 personnes dont le profil est examiné. Le cas de Terechkova est étudié mais, dans un premier temps, elle ne fait pas partie des favorites. Heureusement pour elle, le critère idéologique – la candidate doit être membre des jeunesses communistes ou du parti – et son origine prolétarienne la place en bonne position. Elle est convoquée à Moscou en janvier 1962 pour y passer une série d’examens et d’interviews. La sélection se déroule à l’Institut de recherche scientifique en médecine aérospatiale (TsNIAG) situé dans la banlieue de Moscou. Elle fait partie des cinq femmes retenues. Les quatre autres candidates sélectionnées de ce premier groupe de femmes cosmonautes sont :

  • Zhanna Yorkina, née à Riazan et âgée de 23 ans, est professeure d’anglais. Comme tous ses collègues, c’est une parachutiste confirmée ;
  • Tatiana Kouznetsova, née à Gorki et âgée de 20 ans, est la plus jeune personne ayant été jamais retenue pour être cosmonaute. Elle détient plusieurs records mondiaux de parachutisme et travaille au département de mathématiques appliquées de l’Académie des sciences ;
  • Valentina Ponomariova, née à Moscou et âgée de 29 ans, est la seule à avoir piloté un avion. Elle est une parachutiste expérimentée et travaille à l’Institut des hautes études de mathématiques. Parmi le groupe des cinq sélectionnées, c’est la seule à être mariée et elle a un enfant ;
  • Irina Soloviova, née à Kireïevsk et âgée de 25 ans, fait partie de l’équipe nationale de parachutisme de l’Union soviétique et elle détient plusieurs records.

Lorsque le groupe des cinq apprenties cosmonautes, dont Terechkova, arrive en mars 1962 au centre d’entraînement dans la banlieue de Moscou, elles se retrouvent dans une unité militaire qui, avec ses procédures et sa discipline, leur est totalement étrangère. Certains de leurs collègues masculins, notamment Guerman Titov, expriment leur scepticisme quant à leurs capacités. Dans un premier temps, elles forment un groupe soudé pour faire front dans cet environnement auquel elles sont peu préparées.

Terechkova et ses collègues commencent à suivre une succession d’entraînements destinés à les préparer aux conditions les plus extrêmes qu’elles sont susceptibles de rencontrer au cours de leur mission spatiale. Elles doivent effectuer des tâches complexes dans une pièce dont la température a été portée à des températures élevées, s’entraîner en centrifugeuse pour résister aux accélérations qu’elles subiront au lancement et au retour sur Terre et séjourner plusieurs jours dans une pièce où elles sont complètement coupées du monde extérieur pour tester leur résistance psychique (au cours de cette épreuve Terechkova récite à voix

haute des poèmes de Pouchkine). Elles reçoivent une formation de base sur l’instrumentation de cockpit à bord d’un biturbopropulseur Illouchine 14 puis à bord d’un chasseur biplace MiG-15 et se familiarisent avec les commandes de vol sans toutefois piloter. Terechkova effectue 23 vols cumulant un total de près de 16 heures. Elles s’entraînent également à sauter en parachute au-dessus de la Mer Noire équipées d’une lourde combinaison spatiale avec le matériel de survie (plus de 130 kg en tout) afin de simuler la phase de fin de mission (les cosmonautes n’atterrissaient pas dans leur capsule mais s’éjectaient de celle-ci à haute altitude avant de descendre sous un parachute).

Les cinq femmes rencontrent brièvement le mystérieux responsable du programme spatial soviétique Sergueï Korolev. Contrairement à ce que craignait Terechkova, il se comporte de manière ouverte et simple tout en démontrant qu’il connait très bien leurs parcours respectifs. Tous leurs collègues masculins étant militaires de carrière dans l’Armée de l’Air, les cinq femmes sont également incorporées dans ce corps de l’armée soviétique. Fin 1962 elles reçoivent toutes le grade de sous-lieutenant. Terechkova et ses quatre camarades suivent par ailleurs des cours théoriques portant sur les techniques spatiales, la navigation astronomique et les spécifications des engins spatiaux utilisés. Gagarine, qui joue un rôle central dans l’entraînement, ne tarit pas d’éloges au sujet de Terechkova qu’il trouve très douée aussi bien dans l’entraînement au vol que dans les disciplines théoriques. Sa stature fragile masque, selon lui, une grande force de caractère qui s’accompagne d’une grande modestie.

Les responsables politiques soviétiques envisagent de lancer deux vaisseaux simultanément reproduisant le vol conjoint de Vostok 3 et Vostok 4 réalisé en aout 1962. Vostok 5 sera lancé en premier puis Vostok 6 emportant la candidate qui aura été sélectionnée. Kouznietsova et Yorkina, qui ont démontré certaines faiblesses au cours de l’entraînement, sont éliminées de la course pour cette première mission mais restent dans le corps des cosmonautes. Les trois candidates restantes – Soloviova, Ponomariova et Terechkova – s’entraînent désormais avec les deux candidats masculins proposés pour la mission Vostok 5 : Valeri Bykovski et Boris Volynov. Les trois femmes passent leur examen final à la fin de l’année 1962. Ponomariova est la mieux notée aussi bien au niveau pratique que théorique mais l’idéologie joue un rôle important dans le processus de sélection. Le responsable du centre d’entraînement Nikolaï Kamanine, un communiste zélé, critique son franc-parler, son caractère indépendant et la trouve trop sûre d’elle. Selon Kamanine, Soloviova, quant à elle, a des résultats corrects aussi bien sur les sujets théoriques que pratiques, mais est trop sûre d’elle, a un caractère solitaire et s’investit peu dans les tâches sociales. La préférée de Kamanine est Terechkova, qu’il qualifie de Gagarine en jupon, car elle a d’excellents résultats à ses tests mais est également un modèle de “bonnes manières”. Kamanine propose de sélectionner Terechkova avec comme remplaçante Soloviova. À la suite de cet examen final, les candidates sont envoyées deux mois dans une station située dans l’Oural pour reprendre des forces.

Les responsables politiques hésitent entre plusieurs scénarios pour les deux vols programmés. Ils envisagent d’envoyer une femme dans chaque vaisseau. Au cours d’une réunion du Comité central du Parti communiste de l’Union soviétique, qui a lieu le 21 mars 1963, ils tranchent pour un vol mixte. La sélection des candidats est décidée par la Commission d’État qui se réunit le 11 mai et dont les conclusions sont confirmées le 4 juin. Le choix de la cosmonaute est fortement débattu. Keldysh et le maéchal Roudenko qui représentent l’Académie des sciences soutiennent la candidature de Ponomariova tandis que Gagarine, Korolev, Tiouline et Mrykine sont en faveur de Terechkova. Finalement, celle-ci est sélectionnée avec comme remplaçantes Soloviova et Ponomariova. L’homologue masculin de Terechkova est Bykovski qui a pour remplaçant Volynov.

Le premier des deux vaisseaux, Vostok 5, emportant Valeri Bykovski, décolle du cosmodrome de Baïkonour le 14 juin 1963 après plusieurs problèmes de mise au point qui retardent le départ de plusieurs heures. Terechkova assiste au décollage depuis un immeuble voisin puis félicite par radio son camarade une fois celui-ci en orbite. Alors que Bykovski tourne toujours autour de la Terre, elle décolle à son tour à bord de Vostok 6 deux jours plus tard, le 16 juin à 12h29 heure locale. Son indicatif radio est Tchaïka (mouette en russe), un surnom qui continuera d’être utilisé longtemps après son vol. L’indicatif radio de Bykovski est Iastreb (faucon en russe). Le décollage se déroule de manière nominale. Le vaisseau circule sur une orbite de 180,9 × 231,1 km avec une inclinaison orbitale de 64,95°. Le plan orbital fait un angle de 30° avec celui du vaisseau de Bykovski si bien que les deux vaisseaux ne sont proches que deux fois par orbite durant quelques minutes. Le vol est annoncé par les autorités soviétiques avec un flot de propagande liant le vol de la première femme dans l’espace aux progrès inévitables du socialisme. Peu de journalistes occidentaux comprennent qu’il s’agit pour l’essentiel d’un exercice de propagande. Terechkova, une fois en orbite, est émerveillée par la beauté de la Terre vue de l’espace. Une liaison radio est établie avec Bykovski et les deux cosmonautes échangent des informations sur leurs vols respectifs. Une caméra de télévision a été installée dans les deux capsules et les images diffusées dans le monde entier montrent une Terechkova souriante tandis qu’un crayon et un carnet flottent devant elle. Les télémesures transmises par le vaisseau sont bonnes et Terechkova ne semble pas souffrir du mal de l’espace. Mais, en réalité, durant les premières orbites, elle ressent les mêmes symptômes que Guerman Titov qui avait été fortement handicapé par ce problème durant sa mission. Toutefois, Terechkova parvient apparemment à surmonter son mal au bout de quelque temps. « Nous avons commencé avec Bykovski notre vol cosmique jumelé. Une liaison sûre par radio a été établie entre nos vaisseaux cosmiques. Nous naviguons à une distance rapprochée, tous nos systèmes de nos vaisseaux fonctionnent normalement. Nous nous portons bien ». Durant sa quatrième orbite, le dirigeant de l’Union soviétique, Nikita Khrouchtchev échange avec elle quelques propos légers par radio en la félicitant et en lui souhaitant une bonne fin de mission : « On vous appelle “Mouette”, mais permettez-moi de vous appeler Valia, Valentina. Je suis très heureux, et je suis fier, paternellement, qu’une fille de chez nous, une jeune fille du pays des soviets soit la première à voler dans l’espace en possession des moyens techniques les plus perfectionnés ». La presse occidentale a été informée de l’événement, mais elle dispose de très peu d’informations et elle en est réduite à spéculer sur l’objectif et le déroulement des deux missions soviétiques. Le secret entourant le programme spatial soviétique s’étend même aux plus proches parents des personnes directement impliquées dans le programme. La mère de Terechkova est persuadée que les activités de sa fille à Moscou sont liées à sa passion pour le parachutisme. Elle apprend ainsi avec stupeur en écoutant un message que Valentina lui a plus particulièrement adressé par radio depuis son vaisseau, que celle-ci est la première femme à voler dans l’espace. Elle en voudra longtemps à sa fille de lui avoir menti pour ne pas enfreindre les consignes du secret.

Le deuxième jour du vol, les contrôleurs au sol s’inquiètent. Bien qu’elle continue aujourd’hui d’affirmer le contraire, Terechkova présente les symptômes du mal de l’espace. Sur les images retransmises par la caméra embarquée, elle semble manifestement affaiblie et fatiguée. Plus grave, elle ne parvient pas à réaliser l’exercice consistant à modifier l’orientation du vaisseau à l’aide de commandes manuelles. Or cette manœuvre est la seule solution de secours pour déclencher la rentrée atmosphérique et le retour sur Terre en cas de défaillance des automatismes. Le lendemain, dernier jour de son vol, elle effectue finalement l’exercice qu’elle n’avait pas réalisé la veilleNote 3,16. Alors que le vaisseau boucle sa 48e orbite, les équipements déclenchent automatiquement le changement d’orientation du vaisseau puis la mise à feu des rétrofusées qui le ralentissent entraînant la rentrée dans l’atmosphère. Une fois le vaisseau suffisamment ralenti, il déploie un parachute. Arrivé à sept kilomètres d’altitude, des boulons explosifs déclenchent l’expulsion de l’écoutille située au-dessus de la tête de Terechkova et deux secondes plus tard le siège éjectable est catapulté par des charges pyrotechniques à l’extérieur de la cabine avec la cosmonaute sanglée dans celui-ci. À 4 kilomètres d’altitude, le siège est à son tour

largué et Terechkova poursuit sa descente sous un parachute distinct. Sous elle, se trouve un grand champ bordé par un lac. Elle craint à un moment de se poser dans l’eau mais des vents soutenus l’éloignent finalement du lac. Enfreignant les consignes, elle lève la tête pour observer la canopée de son parachute et reçoit sur le visage un débris de métal qui lui laisse une coupure sur le nez. Finalement, elle atterrit à 11h20 (heure de Moscou) dans un champ de blé situé dans le sud de l’Oural, à 700 kilomètres au nord-est de la ville de Karaganda. Son vol a duré 70 heures et 43 minutes. Bykovski, à bord de Vostok 5, atterrit trois heures après Terechkova. Il établit un nouveau record d’endurance en ayant séjourné 118 heures et 57 minutes en orbite. Son vol a été émaillé d’incidents et comme Gagarine et Titov, au moment de la rentrée dans l’atmosphère, le module de service ne s’est pas détaché immédiatement, comme prévu, du module de descente. L’ensemble s’est mis en rotation jusqu’à ce que la chaleur fasse fondre les câbles solidarisant les deux modules.

Des ouvriers d’une ferme collective proche ont observé fascinés la descente du vaisseau, du siège éjectable et de Terechkova vers le sol. Ils s’approchent de cette dernière et sont rejoints peu après par des ouvriers qui étaient en train de construire un pont sur une rivière située à proximité. Terechkova, qui a enfilé un survêtement plus confortable, rassemble sa combinaison spatiale, le parachute et le siège éjectable et tente d’amener le tout près du vaisseau qui s’est posé environ 300 mètres plus loin. Les ouvriers agricoles qui l’ont rejoint l’aident en portant le siège. Elle se fait ensuite transporter au village le plus proche pour téléphoner aux autorités et leur indiquer son lieu d’arrivée. Elle parvient à contacter Khrouchtchev à qui elle fait un bref résumé de sa situation, puis elle est ramenée près de son vaisseau. Un peu plus d’une heure après son atterrissage, une équipe médicale est parachutée depuis un petit avion et la rejoint. Terechkova est en bonne santé. Elle a même mangé le pain et le sel qui lui ont été offerts comme le veut la tradition russe lorsqu’on a un invité. Elle a également consommé du fromage fermenté, des gâteaux et du lait que lui ont donné les travailleurs. En échange elle leur a cédé la nourriture stockée dans son vaisseau qui lui restait. L’équipe médicale, qui comptait examiner sa condition physique immédiatement après son vol en prenant en compte ce qu’elle avait pu consommer dans l’espace, lui reprochera par la suite ces deux actes.

Elle devient ainsi la première femme à voler dans l’espace et reste à ce jour la seule femme ayant voyagé en solitaire dans l’espace, ainsi que la plus jeune cosmonaute. La deuxième femme, Svetlana Savitskaïa — également Soviétique —, suivra 19 ans plus tard, et la première Américaine, Sally Ride, 20 ans plus tard.

Terechkova, avec le dirigeant de l’Union soviétique Nikita Khrouchtchev et les cosmonautes Popovitch et Gagarine lors de la cérémonie donnée peu après son retour sur Terre sur la Place Rouge le 22 juin 1963.

Peu après son atterrissage, Terechkova est rapatriée sur Moscou où l’attend une réception triomphale. Accompagnée de Valeri Bykovski, elle participe à une cérémonie officielle donnée en leur honneur sur la place Rouge. La foule ovationne les deux cosmonautes et applaudit lorsque le dirigeant soviétique Khrouchtchev, joueur, pousse Andrian Nikolaïev dans les bras de Terechkova avec qui l’astronaute avait noué une relation d’amitié avant son vol. Terechkova et Bykovski se voient attribuer les deux plus hautes récompenses du pays : ils se voient décerner le titre de Héros de l’Union soviétique et reçoivent l’Ordre de Lénine.

Mais les rapports sur les performances de Terechkova durant son vol sont tous négatifs. Le responsable de l’entraînement des cosmonautes, Nikolaï Kamanine, note que Terechkova s’est rapidement fatiguée, a peu mangé et a dormi beaucoup. Sa capacité de travail a été inférieure à ce qui était attendu. À plusieurs reprises durant le vol elle n’a pas effectué les tâches prévues, notamment durant la phase finale où elle devait commenter le fonctionnement du système de contrôle d’attitude et indiquer ses sensations durant la rentrée atmosphérique. Le responsable médical indique dans son rapport que Terechkova a été malade durant les 32e et 42e orbite, que son appétit a diminué, qu’elle a vomi et que son activité cardiaque s’est ralentie. Boris Tchertok, adjoint de Korolev et responsable du système de contrôle d’attitude, veut déterminer pour quelle raison Terechkova n’a pas pu utiliser les commandes manuelles. Est-ce qu’il fallait être un pilote pour y arriver ? Une réunion informelle est organisée entre l’équipe d’ingénieurs de Tchertok et Terechkova pour tirer la question au clair. Mais Korolev l’interrompt dès le début et demande un entretien en tête-à-tête de 10 minutes avec la cosmonaute. Celui-ci dure 30 minutes et lorsque Terechkova réapparaît quelques minutes après le départ de Korolev, elle a les yeux larmoyants et est visiblement abattue. Tchertok, conscient qu’il n’obtiendra pas les informations attendues, renonce à poursuivre la réunion. Korolev notera par la suite que Soloviova et Ponomariova étaient bien mieux préparées pour ce vol, mais qu’aucune de ces deux femmes ne pouvait égaler Terechkova quand il s’agissait d’influencer les foules, de susciter les sympathies et de se produire devant une audience. Et c’est pour cette raison qu’elle avait été la première femme à voler dans l’espace. Terechkova niera toutes ces critiques et indiquera qu’elle a effectivement ressenti de la fatigue durant la mission mais qu’elle n’aurait pu remplir son programme si elle avait été malade. Sans nier que la mission de Terechkova est loin d’être le succès triomphal officiel, Asif A. Siddiqi, chroniqueur du programme spatial soviétique, attribue en partie ces appréciations critiques à la misogynie ambiante. Guerman Titov, qui avait été également fortement handicapé par le mal de l’espace durant sa mission, n’avait pas été pour autant blâmé par Korolev et Kamanine.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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