Tintin.

Tintin est un personnage de fiction créé par le dessinateur belge Hergé dans la série de bandes dessinées Les Aventures de Tintin, dont il est le personnage principal. Il apparaît pour la première fois dans le supplément jeunesse Le Petit Vingtième du journal belge Le Vingtième Siècle, avec les aventures de Tintin au pays des Soviets en 1929. Il est considéré comme le « descendant » de Totor, chef scout créé par Hergé en 1926 pour la revue Le Boy-Scout belge.

Tintin est un jeune reporter, toujours accompagné dans ses voyages par son fox-terrier Milou. Il est rejoint dans ses aventures par le capitaine Haddock à partir de l’album Le Crabe aux pinces d’or, puis par le Professeur Tournesol à partir de l’album Le Trésor de Rackham le Rouge. Sa route croise aussi très souvent celle des détectives Dupond et Dupont et plus épisodiquement celle de la cantatrice Bianca Castafiore, dont il fait la connaissance dans l’aventure Le Sceptre d’Ottokar.

Tintin est un grand voyageur : entre autres destinations, il se rend en URSS, au Congo belge, en Inde, en Égypte, en Chine et au Tibet, au Pérou, et il va même jusqu’à marcher sur la Lune.

Tintin, carte maximum, Belgique.

Si la belgitude de Tintin demeure, elle a depuis longtemps été transcendée par l’engouement universel pour ce héros connu de millions de lecteurs. Tintin est en effet devenu un personnage majeur de la bande dessinée dans le monde.


Tintin apparaît pour la première fois dans l’album Tintin au pays des Soviets. Ses caractéristiques physiques prennent peu à peu forme, en particulier sa houpette, relevée par le vent à la planche 8, lorsqu’il démarre en trombe dans une Mercedes décapotable, et qui ne tombera plus jamais. Hergé conserve par la suite ce trait physique qui rend son héros si reconnaissable. Dans les albums en couleur, sa teinte de cheveux varie du blond au roux, comme ceux d’un chanteur populaire célèbre et souvent imité durant la jeunesse d’Hergé, Félix Mayol, dont la figure ronde était également surmontée d’une houpette.

L’origine du personnage de Tintin peut avoir plusieurs sources. Ainsi, le dessinateur Benjamin Rabier, collaborateur du journal Le Rire, invente le personnage de Tintin-Lutin qu’il publie à partir de 1897. Rabier y met notamment en images un voyage de Tintin-Lutin à moto jusqu’à Moscou.

Le personnage de Joseph Rouletabille, créé en 1907 par Gaston Leroux, est également une figure proche de Tintin, à l’évidence, puisque, comme lui, il est très jeune et journaliste, agit en détective amateur et résout les énigmes qui lui sont présentées mieux que les inspecteurs les plus chevronnés.

En outre, la vie de Palle Huld, globe-trotter danois à la chevelure rousse, a pu inspirer Hergé. En 1928, âgé de quinze ans, ce futur acteur réalise seul un tour du monde en 44 jours, en culotte de golf comme Tintin, payé par le quotidien Politiken à la suite d’un concours. Les exploits du reporter Robert Sexé ont également pu inspirer Hergé.

Léon Degrelle, fondateur du rexisme, mouvement d’extrême droite en Belgique, ami et collègue de travail d’Hergé en 1929, déclare dans une interview en 1981 qu’il lui a inspiré le personnage de Tintin. Un ouvrage apocryphe de Degrelle, Tintin mon copain, développe cette affirmation en 2000, affirmant que la coiffure, les culottes de golf et les premiers voyages du reporter auraient été inspirés à Hergé par le personnage de Degrelle. Cela est toutefois contesté par Paul Jamin notamment, ami commun d’Hergé et de Degrelle.

Tintin emprunte en outre plusieurs caractéristiques physiques au frère cadet du dessinateur, le militaire Paul Rémi, qui reçut pour la suite de sa carrière le sobriquet de « major Tintin ». Il lui aurait également inspiré le personnage du colonel Sponsz.

L’âge de Tintin est difficile à déterminer. Sa petite taille et son aspect chétif peuvent faire croire que ce n’est pas un adulte. Dans Tintin au Pays des Soviets, la façon dont il flotte dans un imperméable de la police allemande peut laisser supposer une taille d’enfant, mais ce fait ne semble pas se reproduire par la suite.

Tintin n’est pas un adolescent, et encore moins un enfant comme le prouve, par exemple, dès sa première aventure (Tintin au pays des Soviets), sa maîtrise de la conduite de l’automobile et de l’avion. Par ailleurs, il vit seul dans son propre appartement avec son chien Milou, travaille en tant que reporter, semble subvenir seul à ses besoins et est fort physiquement. Dans un entretien, Hergé a juste répondu : « Il est jeune. » Cette ambiguïté est probablement destinée à aider le lecteur, enfant ou adulte, « de 7 à 77 ans », à s’identifier à lui. Selon Hergé, son âge physique a évolué de 14 à 17 ans et son âge moral est resté à 14 ans.

Influencé par le scoutisme, Tintin lutte contre le Mal en général, ou du moins contre tout ce qu’il estime être mal. Dans Les Cigares du pharaon, Le Lotus bleu et Le Crabe aux pinces d’or, il affronte des trafiquants de drogue. Dans Coke en Stock, il lutte contre des marchands d’esclaves. Dans L’Affaire Tournesol, il cherche à empêcher deux États fictifs, la Syldavie et la Bordurie, de s’emparer d’une arme qui pourrait se révéler encore plus destructrice que la bombe atomique.

En outre, sa curiosité le pousse à tenter d’élucider toutes sortes de mystères. Courageux, il prend toujours la défense des faibles et n’hésite jamais à défendre des enfants (Tchang, Zorrino, etc.) ou à sauver des vies au péril de la sienne. Ainsi, dans Tintin au Tibet, il se lance dans une dangereuse expédition dans les montagnes himalayennes pour retrouver et sauver son ami Tchang. Il manifeste également une grande fidélité envers ses amis et est toujours prêt à pardonner. Un côté amusant de Tintin est sa capacité à manipuler ses amis (surtout le capitaine Haddock qu’il connaît par cœur). Il n’utilise toutefois la manipulation que pour ramener ses amis sur le chemin de la morale ou pour les ramener à un but qu’ils s’étaient fixé ensemble. De plus, il est d’un tempérament calme et posé, préférant analyser la situation avant d’agir. Cependant, dans le premier album Tintin au pays des Soviets, où les traits du jeune héros ne sont pas encore bien fixés, il commet, bien qu’ingénieux, plusieurs maladresses et se ridiculise parfois. Dans les albums suivants, il n’est plus maladroit mais il lui arrive de gronder Milou pour certaines erreurs ou d’être stressé dans certaines situations, comme c’est le cas dans Le Crabe aux pinces d’or lorsqu’il conduit un avion et se trouve dérangé par le capitaine. Il est maître de soi et ne s’est réellement énervé que dans Tintin au pays des Soviets lorsqu’il se trouve enfermé dans une cage d’égout en train de jurer et de frapper du pied la cage, ou dans On a marché sur la Lune lorsque le capitaine complètement ivre décide de quitter la fusée.

Tintin est en somme un archétype du jeune héros sans défaut ni tentation. Hergé a cependant joint à son héros un personnage qui, lui, connaît les affres de la tentation : Milou, son compagnon canin.

Enfin, les travers de l’être humain, avec les erreurs et la rédemption, les rechutes et les actes de courage, les interrogations et les faiblesses sont généralement incarnés par le personnage du capitaine Haddock, lorsque ce n’est pas Milou confronté à la tentation entre le bien et le mal ou le plaisir et le devoir, tandis que Tintin reste le héros immaculé. Tintin n’a d’ailleurs jamais tué l’un de ses adversaires ; s’il fait occasionnellement usage d’armes à feu, c’est toujours pour se défendre, et il se contente de neutraliser ses ennemis en les blessant.

Le 19 septembre 2017, le philosophe Vincent Cespedes lance sur sa Page Facebook une idée saugrenue mais argumentée, clairement estampillée « Fake News » : l’idée que Tintin a toujours été envisagé comme une fille pour son créateur, Hergé. Le philosophe s’expliquera au Guardian : son objectif visait à démontrer que les médias « sérieux » avaient désormais besoin de « fake news » attractifs pour prospérer sur le Net.

Tintin n’entretient aucune liaison amoureuse. Les Aventures de Tintin sont pauvres en personnages féminins, à l’exception notable de la cantatrice Bianca Castafiore, les autres étant au mieux des personnages secondaires (Peggy, femme du général Alcazar, Irma, camériste de la Castafiore, Mme Pinson, concierge de l’immeuble de Tintin, etc.). À quelques exceptions près, elles sont d’âge mûr et sans grand charme, dessinées de manière caricaturale.

Si Hergé préfère les dessiner ainsi, c’est afin d’éviter d’avoir à développer des sentiments amoureux chez son personnage principal, mais aussi pour respecter les codes éditoriaux de l’époque. Généralement, les apparitions féminines sont mineures et ne servent qu’à enclencher l’intrigue et/ou l’action. C’est ainsi, par exemple, que l’album Les Sept Boules de cristal présente deux femmes : une jeune blonde, belle et élégante, épouse d’un cinéaste engagé dans une périlleuse expédition archéologique, et une indienne, Mme Yamilah, douée de pouvoirs de divination. L’album Coke en stock met en scène une femme arabe voilée démasquant le capitaine Haddock — lui aussi voilé, comme Tintin, pour s’enfuir d’une ville incognito — et donnant l’alerte.

À l’exception de la cantatrice Bianca Castafiore, les seuls amis de Tintin sont des hommes, à commencer par le jeune Chinois Tchang, qu’il sauve de la noyade dans l’album Le Lotus bleu. Il est également très proche du capitaine Haddock, marin solitaire et impulsif qui intervient dans toutes les aventures à partir de l’album Le Crabe aux pinces d’or et du professeur Tournesol qui apparaît dans Le Trésor de Rackham le Rouge. Il entretient aussi une bonne relation avec le général Alcazar (L’oreille cassée) et les deux Dupondt.

Différents auteurs comme Matthew Parris ont beaucoup spéculé sur l’homosexualité supposée de Tintin (arguments : pas de famille, pas d’aventure féminine, il emménage dans le château de son meilleur ami le capitaine Haddock, il protège de jeunes garçons et leur vient en aide, tels Zorrino, le petit vendeur d’oranges péruvien, Abdallah, le fils de l’émir, ou Tchang). Toutefois, selon le psychologue Serge Tisseron, Tintin n’est pas homosexuel, son orientation sexuelle n’est jamais définie et il n’est jamais question d’un « choix d’une pratique sexuelle explicite ».

Hergé, interrogé par Bernard Pivot en 1973 au sujet de son album préféré, Tintin au Tibet, et des relations entre Tintin et le jeune Tchang, a précisé qu’il s’agissait d’« une histoire simple, sans méchants, juste une histoire forte d’amitié, voire d’amour ». Tintin vit dans un univers extrêmement pudique et asexuel.

 

En fait, il faut se référer au fait que la législation d’avant-guerre – et au-delà – relative aux publications pour la jeunesse est fort stricte. Il n’y a en la matière guère de latitude laissée aux dessinateurs et scénaristes face à des comités de censure extrêmement sourcilleux. À cette époque, jeunesses masculine et féminine étaient en Europe clairement séparées tant dans la vie scolaire que dans les publications qui leur étaient destinées, comme dans le journal catholique Le Petit Vingtième qui publie Les Aventures de Tintin. Ce traitement n’est d’ailleurs pas propre à Hergé, puisque de nombreux auteurs de romans, à l’instar de William Golding dans Sa Majesté des mouches, choisissent de ne pas mettre en scène les relations entre les sexes, ceci permettant en outre à l’artiste de ne pas disperser son propos vers des problématiques plus complexes. Dès lors, la question de l’absence de relations avec des femmes dans les albums, même amicales, n’a pas de sens. Hergé obéit aux codes littéraires d’alors pour la jeunesse.

En outre, il faut également tenir compte, au-delà de la législation civile ou de la morale religieuse, des règles strictes qui s’imposaient aux journaux pour enfants avant la fin des années 1960, résultant de la pratique sociale : les personnages comme les vrais enfants évoluaient dans un monde soit masculin, soit féminin (non-mixité scolaire) et les seuls jeunes de l’autre sexe étaient le frère ou la sœur (voir Jo et Zette) ou encore le cousin ou la cousine. Ainsi, Hergé a été scout, à l’instar de Tintin, comme celui-ci le révèle indirectement dans On a marché sur la Lune après avoir emprisonné Wolf et le colonel Jorden. Les relations amicales qu’il entretint tout au long de son adolescence ne furent que masculines, ce qui là encore est le lot commun des garçons dans la première moitié du XXe siècle.

Cette pudeur et cette timidité envers les choses du sexe ont logiquement amené plusieurs auteurs et graphistes, belges surtout, à mettre en scène des récits de Tintin parodiés dans des situations scabreuses. Ont ainsi été publiés des récits de Tintin en contact avec la drogue, ou évoluant dans un milieu de travestis. La Fondation Hergé a souvent porté plainte en justice contre ces parodies ou imitations (fermetures de sites internet, saisie de parodies illicites).

Tintin est un personnage intelligent, imaginatif, qui fait usage de déduction et de ruse dans ses aventures. Il semble aussi avoir une certaine facilité avec les langues étrangères. En outre, Tintin est à l’aise dans n’importe quel déguisement, que ce soit un uniforme de général (Le Lotus bleu) ou une allure de vieillard (L’Île noire), et sait s’y montrer très convaincant. Il sait aussi bien conduire automobiles, motocyclettes, locomotives et char d’assaut que monter à cheval, tenir la barre d’un bateau ou piloter un hélicoptère ou un avion. Il indique qu’il adore les puzzles (L’Île Noire).

Bien qu’il soit d’apparence chétive, il est capable de se débarrasser d’adversaires bien plus grands et costauds que lui. L’album L’île noire apprend que Tintin pratique la savate. Il a également un coup de poing redoutable : ainsi, par exemple, dans Tintin au pays de l’or noir, il assomme d’un seul coup du poing gauche un énorme matelot. Il faut toutefois préciser qu’il utilise la plupart du temps l’esquive et/ou l’élan pour améliorer la puissance de son geste. Au corps à corps (scène cependant assez rare chez Hergé), il sort vainqueur (y compris quand il s’agit de se battre contre un ours, dans Tintin au pays des Soviets, ou contre un tigre, dans Les cigares du pharaon). Le plus souvent, c’est un mélange d’astuce et de courage qui lui permet de se tirer de situations difficiles. Il est un très bon nageur et tireur, pratique la gymnastique, comme on le voit dans Le temple du Soleil, et plus tard le yoga. Il se remet aisément de situations assez difficiles, eu égard aux nombreuses commotions cérébrales qu’il subit, le plus souvent du fait de coups de matraque, et survit même à une balle tirée d’une distance relativement courte dans L’Île Noire, ainsi qu’à une balle à la tête (qui ne fait que glisser sur la boîte crânienne) dans Objectif Lune.

Dès le premier album, Tintin au pays des Soviets, Tintin est un reporter travaillant pour Le Petit Vingtième, le journal publiant ses aventures. Dans les premiers albums, cette profession sert de motif de départ à ses voyages : dans Tintin au pays des Soviets, il va en URSS pour faire un reportage sur ce pays, et doit affronter des bolchéviques prêts à le tuer pour l’empêcher de faire connaître aux Occidentaux la réalité – selon Hergé – de l’Union soviétique de l’époque. Dans Tintin au Congo, il fait un reportage sur le Congo, alors encore colonisé par la Belgique, ce qui l’entraîne dans de multiples péripéties, et il est ensuite envoyé en mission par son journal aux États-Unis dans Tintin en Amérique. Dans L’étoile mystérieuse, Tintin est le reporter de l’expédition commandée par le capitaine Haddock sur le navire Aurore, accompagnant une équipe de scientifiques.

Dans les autres albums, Hergé ne présente plus la profession de Tintin, et on ne le voit plus exercer directement son métier pour un employeur. Toutefois, à la fin de certains albums, on voit ses découvertes écrites dans les journaux. La plupart de ses aventures partent directement de son domicile, rue du Labrador, puis du château de Moulinsart, le capitaine Haddock étant le plus souvent associé à l’histoire dès les premières planches, après son introduction dans la série. La curiosité naturelle de Tintin, déformation professionnelle du reporter, et son désir de justice suffisent à le pousser vers de nouvelles aventures. Dans la plupart des albums, la presse est montrée à un moment ou un autre, parfois sous un regard satirique, comme dans Les Bijoux de la Castafiore. Le personnage en est un lecteur assidu, mais le titre du journal est rarement montré. Parfois, la presse contribue au dénouement, comme dans Le Temple du Soleil, où un article de journal révèle au héros la proximité d’une éclipse solaire.

Dans L’Oreille cassée, Tintin décide de son propre chef de retrouver une statuette volée dans un musée. Dans Tintin en Amérique, il va à Chicago, moins pour faire un reportage que pour débarrasser la ville de ses gangsters, qui l’attendent cependant de pied ferme dès son arrivée, en raison du démantèlement de leur trafic de diamants dans l’album précédent (Tintin au Congo). Dans Le Temple du Soleil, c’est son amitié pour le professeur Tournesol – lequel a été enlevé – qui le pousse à partir à sa recherche au Pérou. Dans Tintin au Tibet, c’est après un rêve prémonitoire qu’il part au Népal à la recherche de Tchang, démontrant qu’il peut à tout moment prolonger ses vacances (qui se déroulaient jusqu’alors à Vargèse).

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.