“The rolling stones”, groupe de rock.

The Rolling Stones est un groupe rock britannique originaire de Londres, en Angleterre.

Il est formé en 1962 par le guitariste et leader original Brian Jones, le pianiste Ian Stewart, le chanteur Mick Jagger et le guitariste Keith Richards. Le bassiste Bill Wyman et le batteur Charlie Watts les rejoignent ensuite et complètent la formation originale. Ian Stewart est écarté de la formation officielle par le manager du groupe Andrew Loog Oldham dès mai 1963, mais continue à travailler (comme road manager et comme pianiste) avec le groupe jusqu’à sa mort en 1985. Jagger et Richards constituent rapidement un duo d’auteurs-compositeurs et prennent peu à peu la direction du groupe, en lieu et place d’un Brian Jones de plus en plus erratique.

Le nom du groupe vient d’une chanson de Muddy Waters, Rollin’ Stone, choisie par Brian. Le blues a toujours été la source d’inspiration principale des Stones, qui ont été l’un des principaux acteurs du retour de cette musique sur le devant de la scène, à travers le « British blues boom ». Les premiers enregistrements des Rolling Stones sont des reprises de blues et de rhythm and blues américains. Après avoir rencontré le succès au Royaume-Uni, ils deviennent populaires aux États-Unis, durant la « British Invasion » (initiée par les Beatles) du milieu des années 1960. Leur single de 1965, (I Can’t Get No) Satisfaction les fait connaître dans le monde entier.

À partir de 1966 et de l’album Aftermath, les chansons de Jagger et Richards, embellies par les expérimentations instrumentales de Brian Jones, développent une diversité stylistique qui restera présente jusqu’à nos jours.

Brian Jones meurt noyé dans sa piscine en juillet 1969, peu de temps après sa mise à pied du groupe. Il est remplacé par Mick Taylor qui participe aux tournées et à l’enregistrement de cinq albums studio avant de quitter les Stones en 1974. L’ancien guitariste des Faces, Ronnie Wood, prend alors sa place et la conserve depuis lors. Bill Wyman quitte à son tour le groupe en 1993. Le bassiste Darryl Jones rejoint alors les Stones sans en devenir un membre officiel.

Les Rolling Stones ont publié 23 albums studio au Royaume-Uni (25 aux États-Unis), tous classés dans le top 10 britannique, 32 compilations et 8 albums en concert (9 aux États-Unis). En 1971, Sticky Fingers inaugure une série de huit albums studio qui atteignent la première place des hit-parades, des deux côtés de l’Atlantique. Leur dernier disque original, A Bigger Bang, est sorti en 2005. En 2016 est sorti le 23e album studio du groupe, Blue and Lonesome, qui reprend des standards du blues. En 2019, le groupe a vendu plus de 400 millions d’albums dans le monde (dont près de 100 millions de ventes certifiés). Le groupe est le deuxième à avoir eu le plus de succès dans le Billboard Hot 100, la référence des ventes de singles aux États-Unis. Les Stones ont été classés no 4 dans la liste des 100 plus grands artistes de tous les temps du magazine Rolling Stones.

Les Rolling Stones sont entrés au Rock and Roll Hall of Fame en 1989, et Mick Jagger a été anobli par la reine du Royaume-Uni en 2002. Leur image de mauvais garçons rebelles, véhiculée dans les années 1960, est une référence majeure pour les générations de musiciens rock qui les ont suivis. Après près de soixante années de carrière, les Stones, tous septuagénaires, continuent à se produire sur scène et avec succès dans le monde entier, et ne manifestent aucune intention de mettre un terme à l’existence du groupe.


Le 17 octobre 1961, Mick Jagger et Keith Richards, deux amis d’enfance — ayant fréquenté la même école depuis la maternelle puis s’étant perdus de vue — se retrouvent par hasard sur le quai de la gare de Dartford. Mick a avec lui des disques de blues de Chuck Berry et le Best of Muddy Waters. Mick et Keith ont aussi un ami en commun, Dick Taylor, un guitariste qui joue avec Mick dans son groupe Little Boy Blue & The Blue Boys et qui étudie dans l’école de Keith, la Sidcup Art. Mick invite Keith à le rejoindre dans son groupe tout juste naissant, Little Boy Blue & The Blues Boys. Le groupe n’a cependant que le nom, puisque le seul public de leur courte carrière consistera en la mère de Dick Taylor, qui autorise le groupe à répéter chez elle.

Brian Jones, après avoir rencontré Alexis Korner, l’un des pionniers du blues britannique, lors d’un concert à Cheltenham, décide de déménager à Londres avec Pat Andrews, la mère de son enfant. Désireux de monter son propre groupe, il passe une petite annonce dans Jazz News fin 1961. Il pense appeler son groupe les Rollin’ Stone, d’après un titre de Muddy Waters. Brian Jones donne rendez-vous aux postulants au pub Bricklayers’arms sur la Berwick Street. Le pianiste Ian Stewart répond à l’annonce et lui présente d’autres musiciens dont le chanteur Andy Wren et le guitariste Geoff Bradford. Peu à peu, la première mouture des Rolling Stones se forme avec Brian Jones et Geoff Bradford aux guitares, Ian Stewart au piano, Paul Pond (qui office sous le nom de P.P. Jones) au chant. Le poste de batteur est fluctuant : plusieurs batteurs payés au concert se succèdent dont Charlie Watts et Mick Avory (futur Kinks).

En avril 1962, le Blues Incorporated, groupe monté par Alexis Korner et ouvert à de nombreux musiciens, joue ses premiers concerts. Parmi les musiciens qui montent sur scène, Jack Bruce, Ginger Baker, Charlie Watts et aussi le groupe formé par Brian Jones. Ce dernier qui se produit sous le nom d’Elmo Lewis, impressionne le public en jouant de la guitare slide (à l’époque inconnue en Angleterre). Mick Jagger, Keith Richards et Dick Taylor rejoignent le Blues Incorporated mais tendent à s’éloigner du rhythm and blues pur et dur pour jouer du rock’n’roll (notamment du Chuck Berry et Jimmy Reed). Brian Jones rencontre pour la première fois Mick Jagger, Keith Richards et Dick Taylor le 2 avril 1962 au Ealing Jazz Club.

Paul Pond ne souhaite cependant pas vraiment être le chanteur de ce qui sera les Rolling Stones et il quitte le groupe. Alexis Korner suggère à Brian Jones le chanteur Mick Jagger qui a fait sa place dans le Blues Incorporated. Ce dernier impose alors son ami Keith Richards ainsi que Dick Taylor. Geoff Bradford quitte le groupe et Ian Stewart, Brian Jones, Mick Jagger, Keith Richards et Dick Taylor forment l’ossature du groupe qui prendra en juin le nom de « Rollin’ Stones » avant de s’appeler « Rolling Stones ». Selon Keith Richards, c’est Brian Jones qui trouve le nom du groupe, alors qu’il est au téléphone en train de prospecter pour trouver des engagements pour des concerts. Alors qu’on lui demande le nom de son groupe, il cite le premier nom qu’il a sous les yeux : le titre d’un morceau de Muddy Waters, Rollin’ Stone11. Néanmoins, il semblerait que cette anecdote ne soit qu’une légende, puisque d’après Ian Stewart, dès sa première rencontre avec Brian Jones à la suite de l’annonce dans Jazz News, Brian Jones avait déjà décidé de nommer son futur groupe « Rollin’ Stones », avec une apostrophe.

Mick, Keith et Brian emménagent au 102 Edith Grove dans le quartier de Chelsea. C’est une période de vaches maigres, avec des difficultés pour se nourrir et se chauffer. Ils vivent de chapardages et des maigres cachets obtenus pour quelques petits concerts. C’est à cette période que Philip Townsend prend les photos qui circuleront à travers les plus grandes galeries du monde, comme les toutes premières des Stones. Ils habitent six mois en colocation avec James Phelge (nom qui servira de base au pseudonyme « Nanker Phelge » utilisé par les Stones à leurs débuts pour certains de leurs titres). Néanmoins, cette période est musicalement faste pour Brian et Keith, qui passent de longues journées à travailler leur jeu de guitare.

le 12 juillet 1962. Le groupe est alors composé de Brian Jones, Mick Jagger, Keith Richards, Ian Stewart au piano, Dick Taylor à la basse et Mick Avory à la batterie. Les Rolling Stones jouent comme interval band, juste une demi-heure, le temps que le groupe principal se repose. Ils interprètent Dust My Broom, Bright Lights, Big City, Ride them Down, Bad Boy, Back in the USA, et Down the Road Apiece. Ce soir-là, Keith lance à Brian cette phrase tristement célèbre : « Tu n’arriveras pas à trente ans, pas vrai ? »

Taylor partira ensuite former les Pretty Things. Le poste de batteur est toujours aléatoire, oscillant entre Tony Chapman et Mick Avory. Les Stones cherchent un bassiste. En décembre 1962, Tony Chapman leur présente Bill Wyman, au Red Lion Club qui leur plaît immédiatement, peut-être grâce à ses amplis, denrée rare à l’époque, mais aussi grâce à ses capacités : il est plus âgé de sept ans que Mick et Keith, et joue déjà depuis de nombreuses années dans son groupe les Cliftons, avec Tony Chapman, tout en étant amateur. Les batteurs des Stones étant trop instables, Charlie Watts, qui connaissait bien Mick et Brian pour avoir joué avec eux, se joindra à eux définitivement en janvier 1963, laissant sa place au sein des Blues Incorporated à Ginger Baker. Le 14 janvier 1963, les Rolling Stones jouent leur premier concert avec la formation qui persistera jusqu’à l’exclusion de Brian Jones : Mick Jagger au chant, Keith Richards et Brian Jones aux guitares, Bill Wyman à la basse, Charlie Watts à la batterie et Ian Stewart au piano, qui quittera le groupe quelques mois plus tard, sous l’impulsion d’Andrew Loog Oldham.

Le 11 mars 1963, le groupe enregistre une démo à l’IBC Studio de Portland Place, à Londres – avec comme ingénieur du son le futur mythique Glyn Johns – composée de reprises de Rythm & Blues18. Le 21 avril 1963, les Beatles rencontrent pour la première fois les Rolling Stones au club Station Hotel Richmond, club où les Stones jouaient le soir-même19. La première photo officielle du groupe en concert, prise par Dezo Hoffmann, date du 4 mai 1963 : Mick, Charlie, Brian, Bill et Keith (seuls visibles) participent à un gala de bienfaisance organisé par le journal News of the World à Battersea. Les Stones joueront régulièrement au Ealing Club, puis au Crawdaddy, club que vient d’ouvrir Giorgio Gomelsky. De quelques dizaines de spectateurs, l’audience passe rapidement à plusieurs centaines, dépassant les capacités de la salle. Les Beatles viennent de sortir leur premier single Love Me Do. Andrew Loog Oldham, jeune publicitaire de 19 ans, qui a déjà travaillé avec Brian Epstein, Bob Dylan et Little Richard, associé au manager Eric Easton, ne rêve que de rencontrer et manager « ses » Beatles. Dans son parcours des clubs de Londres, il entre un jour au Crawdaddy (sur les conseils de Peter PD Jones, journaliste qui avait chroniqué les Stones après les avoir vus au Crawdaddy Club), et voit les Stones. C’est la révélation, il sera leur manager : il signe avec eux un contrat de management dès le lendemain, le 29 avril 1963.

En janvier et février 1964, le groupe enregistre en cinq jours au Regent Sound Studios leur premier album, qui sort le 17 avril 1964, et qui connait le succès à sa sortie, avant de se lancer dans une tournée américaine où ils vont percer deux mois plus tard.

Début juin, au début de la tournée, le groupe se rend dans les fameux studios Chess à Chicago (là où sont enregistrés de nombreux standards de blues de Muddy Waters ou Chuck Berry qui les inspirent) pour une session le 10 et 11 juin 1964, où est enregistrée une série de chansons. De cette session est tiré un nouvel EP intitulé Five by Five, qui sort au Royaume-Uni en août, puis en octobre le second album américain 12 X 5, contenant les pièces de l’EP anglais, en plus de nouvelles chansons, incluant des singles. Ce sera le début de la grande disparité entre la discographie anglaise et américaine du groupe jusqu’en 1967 avec Their Satanic Majesties Request.

Alors qu’il est en tournée, le groupe organise de nouvelles sessions d’enregistrements, dont celle du 8 novembre chez Chess, pour réaliser leur second album.

À partir de novembre 1964, le groupe enregistre ses chansons aux États-Unis, principalement à Los Angeles dans les studios du label RCA, où une dizaine de sessions se déroulent jusqu’à mi-1966, calées entre les dates de concerts. Entre-temps, le groupe retourne deux fois chez Chess à Chicago pour deux nouvelles sessions en novembre 1964 et en mai 1965.

En 1965, après la sortie de leur second album britannique intitulé The Rolling Stones No. 2 (suivi de la version américaine un mois plus tard renommée The Rolling Stones, Now! reprenant une partie de l’album précédent), Mick Jagger et Keith Richards décollent enfin comme compositeurs, tout d’abord avec As Tears Go By (qu’ils n’enregistrent pas dans un premier temps et qu’Oldham offre à Marianne Faithfull), avant que The Last Time, puis (I Can’t Get No) Satisfaction atteignent toutes deux la première place des charts, suivis par Get Off of My Cloud et 19th Nervous Breakdown. Ces textes assoient la position des Stones qui arrivent désormais à évoluer au sommet comme les Beatles. Néanmoins, les textes des Stones se différencient beaucoup de ceux des Beatles par leur contenu. Si les Fab Four signent des bluettes bien sentimentales et innocentes (du moins à leurs débuts), les Stones se distinguent par leur ton ironique et sarcastique sur la société et leurs rapports aux femmes, parfois qualifiés de sexistes.

La version américaine de l’album Out of Our Heads (publiée en juillet 1965) est en tête des ventes. Il comprend sept chansons originales (quatre créditées de Nankin Phelge et trois de Jagger/Richards). À la fin du même mois, au moment de la sortie du tube (I Can’t Get No) Satisfaction, un autre évènement va changer l’histoire du groupe : le contrat entre Decca et Impact Sound – la société des producteurs Andrew Loog Oldham et son associé Eric Easton chargée de gérer l’image et les enregistrements du groupe depuis 1963 – ayant expiré en mai n’est pas renouvelée car les deux gestionnaires se sont fâchés et séparés après qu’Oldham ait découvert que son associé utilise son édition pour verser au groupe les droits d’auteurs des chansons créditées Nanker Phelge. Andrew décide de contacter l’homme d’affaire américain Allen Klein, afin de remplacer son associé et de signer un nouveau contrat avec Decca avec un plus gros cachet pour le groupe (600 000 $ d’avance et 700 000 $ par an jusqu’en 1974, fin de durée du contrat). Si les membres sont généralement enthousiastes pour ce contrat, le bassiste Bill Wyman est inquiet et regrette de ne pas avoir fait relire le contrat par un avocat avant de le signer. Cela leur portera préjudice en 1971 quand le groupe se séparera de Klein et de Decca, où ils perdent leurs droits d’auteur de leur discographie jusqu’en 1970.

En septembre, le groupe retourne au studio RCA pour enregistrer une nouvelle série de chansons qui serviront de base pour le nouvel album américain December’s Children (And Everybody’s) prévu pour décembre suivant. Plus tard dans le même mois, la version britannique de Out of Our Heads est publiée où elle atteint la seconde place des ventes juste après l’album Help! des Beatles et ne contient que six chansons sur douze en communs, et trois proviennent de la session de septembre. Leur nouveau tube, Get Off of My Cloud (n°1 des deux côtés de l’Atlantique) parait à l’automne 1965, suivi d’un autre album américain December’s Children (And Everybody’s). Entretemps, le groupe, fatigué, se lance dans une nouvelle tournée américaine durant presque cinquante jours à la fin de l’automne, qui se termine à Los Angeles le 5 décembre. Après cela, le groupe reste en ville pour travailler de nouvelles chansons une nouvelle fois au RCA, dont le temps alloué au studio s’est prolongé à trois jours d’affilée. On retrouve parmi elles principalement le nouveau single 19th Nervous Breakdown qui sort deux mois plus tard en février 1966 à la seconde place des deux côtés de l’Atlantique, et principalement des chansons pour le prochain album du groupe, Aftermath.

1968 est une année décisive pour les Stones. Musicalement, avec l’échec de Their Satanic Majesties, le groupe a perdu du terrain face à ses concurrents. Cela est d’autant plus vrai que la musique du moment subit une véritable mutation apportée par des groupes comme Jimi Hendrix Experience The Doors ou Grateful Dead, et que l’épicentre du rock s’est déplacé d’Angleterre vers la Californie. Alors que les Beatles concoctent leur Album Blanc, que The Who enregistre son opéra-rock Tommy, les Stones marquent leur grand retour en revenant aux racines du blues et du rock, d’abord avec le single Jumpin’ Jack Flash, puis avec l’album Beggars Banquet. L’album est très influencé par son époque et l’esprit de contestation qui flotte dans l’air. Des titres comme Street Fighting Man, Jigsaw Puzzle ou Sympathy for the Devil font référence aux émeutes qui éclatent un peu partout dans le monde occidental. Depuis la descente de Redlands, Mick Jagger s’est positionné dans une attitude de défiance et de rébellion vis-à-vis de l’ordre établi. Des titres comme Sympathy for the Devil témoignent aussi de l’influence de Marianne Faithfull sur Mick Jagger. Cette dernière l’a initié à une certaine culture littéraire puisque la chanson est inspirée du roman Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov.

L’album, dont toute la prise de son possède une qualité technique (Parachute Woman, No Expectations, Salt of the Earth…) supérieure encore à celle du Going Home d’Aftermath, remet les Rolling Stones en selle avec des morceaux comme Sympathy for the Devil et Street Fighting Man qui vont asseoir leur réputationde « greatest rock & roll band in the world ».

En 1968, Keith Richards découvre une façon de s’accorder (l’open tuning, en sol, et en retirant la 6e corde -la plus grave- de sa guitare) qui marque le nouveau son des Rolling Stones, pour les albums qui suivront. Cet accordage qui est utilisé par les bluesmen permet aux Stones de changer leur façon de composer et se retrouve sur des titres tels que Jumpin’ Jack Flash, Street Fighting Man, You Can’t Always Get What You Want, Honky Tonk Woman, Gimme Shelter, Happy, Start Me Up.

Brian Jones, bien que leader dès l’origine, est exclu du groupe en juin 1969. Cela faisait quelques années que le guitariste des Stones était à l’écart dans le groupe. Depuis que le duo Mick Jagger/Keith Richards s’était imposé dans la création musicale du groupe, Brian Jones avait perdu de son influence et vivait mal cette situation. L’abus de drogues et d’alcool, les diverses arrestations ainsi que le fait qu’Anita Pallenberg, son ancienne petite amie soit désormais dans les bras de Keith Richards n’avaient pas arrangé les choses et ses relations avec le reste du groupe. Les participations de Brian aux albums sont de plus en plus erratiques comme le montre une des séquences du film de Jean-Luc Godard réalisé en 1968, Sympathy for the Devil. Il a du mal à se concentrer et à jouer en studio, les techniciens du son allant jusqu’à le laisser interpréter un morceau tout en lui coupant son micro de manière à ne pas enregistrer de fausses notes sur la piste. Plus grave pour le groupe, ses problèmes judiciaires ne lui permettent plus de suivre le groupe en tournée, puisque les États-Unis ne lui délivreront pas de visa. Incapable d’assurer les enregistrements studio et les concerts, il est remplacé par Mick Taylor et se retire du groupe le 9 juin 1969. Quelques semaines plus tard, Brian Jones meurt le 3 juillet 1969, noyé dans sa piscine.

Le grand retour à la scène date du 5 juillet 1969, lors du concert gratuit à Hyde Park, devant près de 500 000 personnes, le premier depuis deux ans et demi, pour l’intronisation du nouveau guitariste Mick Taylor, qui vient de chez John Mayall (qui a fait découvrir Eric Clapton et Peter Green) et, fait non prévu, pour rendre un hommage à Brian Jones, décédé 2 jours plus tôt. Mick Jagger lira à cette occasion un poème de Percy Bysshe Shelley, Adonaïs. Mick Taylor contribuera à renforcer les racines blues des Rolling Stones et sa participation aux albums Exile on Main Street et Sticky Fingers marqueront le retour à des compositions et des productions plus épurées. Le concert d’Hyde Park est le prélude à une grande tournée américaine où ils n’ont plus joué depuis trois ans. La grande tournée qui contient vingt-trois dates et dix-sept villes, démarre le 1er novembre 1969. Le spectacle est très bien rodé et le groupe apparaît plus professionnel qu’il ne l’a jamais été. La tournée américaine de 1969 sera immortalisée par l’album en public Get Yer Ya-Ya’s Out!, où les riffs de Keith Richards et les solos de Mick Taylor sont d’une efficacité redoutable.

L’album Let It Bleed qui paraît en décembre 1969, est le dernier album auquel Brian avait participé même s’il ne s’agit que de deux morceaux. L’album se situe dans la lignée de Beggars Banquet. Il est aussi « violent » que l’album précédent avec des titres tels que Gimme Shelter, You Can’t Always Get What You Want et surtout Midnight Rambler (qui évoque Albert DeSalvo, l’étrangleur de Boston), qui deviendra un classique sur scène. Le titre Let It Bleed (Que ça saigne !) est assez représentatif de ce qui s’est passé autour des Rolling Stones lors de l’année 1969, avec notamment la mort de Brian Jones et le concert meurtrier d’Altamont (voir plus bas).

En 2002, le groupe publie pour les 40 ans la double compilation Forty Licks comportant sur le premier disque leurs chansons appartenant à ABKCO (années 1960) et le second ceux de 1971 à 2002 avec quatre inédits, dont le tube Don’t Stop. Cette sortie sera suivie d’une nouvelle tournée mondiale.

Pour fêter leurs quarante années de carrière, les Rolling Stones repartent en tournée mondiale en 2002-2003. Le groupe n’a pas d’album à promouvoir cette fois, sinon une compilation qui comporte quatre titres inédits, Forty Licks. Elle contient sur le premier disque leurs chansons appartenant à ABKCO (années 1960) et le second ceux de 1971 à 2002 avec quatre inédits, dont le tube Don’t Stop et Losing My Touch chanté par Keith. Pour cette tournée ils répètent plus de quatre-vingts chansons tirées de l’ensemble de leur répertoire (notamment des chansons jamais jouées sur scène comme Can’t You Hear Me Knockin’). Ils en profiteront aussi pour écumer un grand nombre de petites salles, dont de nouveau l’Olympia de Paris. La tournée est remarquée pour sa vigueur, le plaisir qu’ils ont à jouer ensemble, le son et l’énergie. Elle sera l’occasion du premier DVD des Rolling Stones, Four Flicks, qui reprend trois concerts (à New York au Madison Square Garden, à Paris à l’Olympia et au Stade de Twickenham) et plus de quarante chansons.

L’année 2012 est marquée par la célébration des cinquante ans de carrière des Rolling Stones. En août, le site officiel annonce la sortie pour le 13 novembre 2012 d’un coffret best of de 3 CD intitulé GRRR! avec en bonus deux nouvelles compositions enregistrées en août 2012 à Paris : One more shot et Doom and Gloom (le clip vidéo de Doom and Gloom a été tourné dans les studios de la Cité du cinéma de Luc Besson à Saint-Denis). Cinq concerts exceptionnels ont lieu en fin d’année 2012 : deux à l’O2 Arena de Londres, deux autres au Prudential Center de Newark, près de New York, et un cinquième, intercalé, au Barclays Center de Brooklyn à New York. Afin d’être prêts pour les concerts londoniens et new-yorkais, les Rolling Stones ont répété dans un studio à quelques kilomètres de Paris et ont offert un concert-surprise au Trabendo de Paris devant 700 fans le 25 octobre 2012.

Pour 2013, une tournée est confirmée par le groupe, avec neuf dates, de mai à juin, en Amérique du Nord, dans des salles de type « arena », un concert au festival de Glastonbury le 29 juin, ainsi qu’à Hyde Park à Londres le 6 juillet et le 13 juillet. L’événement marquant de cette tournée anniversaire est la participation de Mick Taylor à quelques morceaux. Durant cette tournée nord-américaine, sa participation est systématique lorsque le groupe joue Midnight Rambler, participation qui s’étendra à d’autres morceaux comme Sway, Can’t You Hear Me Knocking, et (I Can’t Get No) Satisfaction, jouée en dernier rappel lors de cette tournée.

De nombreux autres artistes rejoignent le groupe sur scène durant cette tournée : Lady Gaga, Sheryl Crow, Katy Perry, Aaron Neville, Tom Waits, Florence Welch (du groupe Florence and the Machine), Eric Clapton. Des chorales locales accompagnent le groupe sur You Can’t Always Get What You Want, comme The Crossing (Philadelphie) ou la Cawthra Park Chamber Choir (Toronto). En février 2014, le groupe entame sa nouvelle tournée, 14 on fire qui débute par Abu Dhabi. Le Japon et la Chine suivent, puis le continent européen en mai et juin 2014, avec 14 dates qui rassembleront un total de 782 000 spectateurs. La tournée se poursuivra en octobre-novembre 2014 par l’Australie et la Nouvelle-Zélande, tournée prévue initialement en mars, mais reportée à la suite du décès de la compagne de Mick Jagger.

À partir du 20 mai 2015, les Rolling Stones entament une tournée américaine de 16 dates, intitulée Zip Code, en référence à la réédition remasterisée de leur album Sticky Fingers. Cette tournée s’est clôturée le 15 juillet à Québec, ceci alors que les rumeurs concernant un nouvel album se font insistantes. Ces rumeurs se voient finalement confirmées par Keith Richards lui-même qui, à l’occasion de la sortie de son album solo le 18/09/2015, annonce que le groupe enregistrera bien un nouvel album début 2016. Du 3 février au 17 mars 2016, les Rolling Stones se produisent dans les stades d’Amérique Latine qui affichent tous complet, pour une tournée baptisée « America Latina Olé », qui démarre à Santiago du Chili et s’achève à Mexico, en passant par Buenos Aires, Montevideo, Rio de Janeiro, Sao Paulo, Porto Alegre, Lima et Bogota. Le 1er mars 2016, Les Rolling Stones annoncent qu’ils vont donner un concert gratuit le 25 mars à Cuba, à La Havane. C’est le premier grand groupe de rock à se produire dans l’île. Cela s’explique par le fait que le rock a été interdit durant de nombreuses années à Cuba. Les Stones se produisent à la « Ciudad Deportiva » de La Havane devant plus de 500000 spectateurs (la maison de disque avait annoncé 1,2 million). Un film documentant cet événement exceptionnel sort en septembre 2016 sous le titre Havana Moon.

À l’orée des cinquante-cinq ans de carrière du groupe le 6 octobre 2016, le groupe annonce sur les réseaux sociaux qu’un nouvel album enregistré en studio (le premier depuis 11 ans) sortira le 2 décembre 2016 constitué uniquement de reprises de leurs maîtres en Blues. Il s’agit de l’album Blue and Lonesome tout en humilité donc, qui connaîtra un succès commercial et sera considéré par les lecteurs du magazine Rolling Stone dès la première semaine de sa parution comme l’un des 10 meilleurs albums de l’année.

En 2017, les Rolling Stones lancent une nouvelle tournée, européenne cette fois-ci, intitulée No Filter Tour, avec un visuel rappelant légèrement le No Security Tour. Cette tournée de 14 concerts débute le 9 septembre à Hambourg pour se clôturer le 25 octobre à Paris, où le groupe se produit trois fois en inaugurant la toute nouvelle U Arena de Nanterre.

Le 7 juillet 2017 le quotidien britannique NME annonce un album retraçant les premiers passages du groupe à la BBC pour une parution le 1er décembre 2017.

Le 24 juillet 2017, d’après le magazine Rolling Stone, Keith Richards annonce que le groupe retourne en studio prochainement pour l’enregistrement d’un nouvel album, alors que la maison de disque ABKCO annonce huit jours plus tard la ressortie de l’album Their Satanic Majesties Request le 22 septembre 2017 remastérisé pour les cinquante ans de l’album.

En 2018, le groupe continue sa tournée européenne No Filter Tour entamée le 9 septembre 2017, avec 14 dates prévues entre le 17 mai (Dublin) et le 8 juillet (Varsovie). Les Rolling Stones se produisent entre autres à Londres, Manchester, Marseille et Berlin110. À la fin de l’année, ABKCO publie la version remastérisée de l’album Beggars Banquet pour ses cinquante ans.

Fin janvier 2019, Keith Richards annonce que le groupe retourne en studio pour enregistrer en une semaine un nouvel album de chansons originales toujours produits par Don Was pour une sortie vers la fin de l’année avant de retourner en tournée en Amérique à partir du 20 avril suivant. Quelques mois plus tôt, Mick Jagger et Keith Richards s’étaient retrouvés en studio avec leur producteur pour répéter les nouvelles chansons, mais préféraient prendre du recul pour voir si elles étaient bonnes. En attendant l’album, c’est une nouvelle compilation intitulée Honk reprenant les 36 meilleures chansons de Sticky FIngers (1971) à Blue and Lonesome (2016) qui sort le 19 avril 2019.

En mars 2019, le groupe doit annuler sa tournée au Canada et aux Etats-Unis, car Mick Jagger subit avec succès une intervention chirurgicale au niveau du cœur. Cette tournée, intitulée No Filter US Tour 2019 est reportée et reprend le 21 juin 2019 à Chicago pour se terminer le 31 août 2019 à Miami115. La même année, le groupe publie les concerts à Bremens (en Allemagne) et à Buenos Aires (Argentine) durant la tournée No Security sur deux albums distincts qui sortent en juin (Bridges to Bremens), puis en septembre (Bridges to Buenos Aires), pendant que le label ABKCO ressort l’album Let It Bleed en version remastérisée début novembre.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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