Taksin le Grand, roi de Thaïlande.

Taksin le Grand (thaï สมเด็จพระเจ้าตากสินมหาราช Écouter) (17 avril 1734 – 6 avril 1782), est un roi de Thaïlande, qui régna à Thonburi (Ouest de Bangkok) après la destruction du royaume d’Ayutthaya par les Birmans en 1767. Seul roi de Thonburi, il fut renversé et exécuté en 1782 par un de ses généraux (fondateur de la nouvelle dynastie Chakri sous le nom de Rama Ier). Il est considéré comme un des plus grands souverains siamois, pour ses prouesses militaires et sa capacité à réunifier le pays en seulement quinze ans.

Le gouvernement thaïlandais a déclaré le 28 décembre, jour de son couronnement, jour national d’hommage à sa mémoire. Depuis 1954, une cérémonie en son honneur a lieu annuellement à cette date place Wongwian Yai à Bangkok. Le 27 octobre 1981, le gouvernement a passé une résolution pour l’honorer sous le nom de « roi Taksin le Grand ».


Taksin est né dans la capitale Ayutthaya sous le règne de Maha  Tammaratchathirat II (Boromma Kot). Il reçut le nom de Sin (Trésor). Son père Hai-Hong, qui était collecteur d’impôts, était un Sino-Thaïlandais originaire de Chaozhou avec des racines dans le district de Chenghai, et sa mère Nok-lang était thaï. À sept ans, Sin commença son éducation dans un monastère bouddhiste. C’est là, selon la légende, qu’un chiromancien chinois lui aurait annoncé, ainsi qu’à son ami Thong Duang, qu’ils avaient des lignes de la main favorables et qu’ils deviendraient tous deux rois (Thong Duang succéda à Taksin et est connu sous le nom de Rama Ier). Après sept ans au monastère, il fut envoyé par son père pour servir comme page royal.

Sin fut d’abord vice-gouverneur, puis gouverneur de la province de Tak, où il gagna le surnom de Tak-Sin, « Trésor de Tak » (ou Trésor Exposé, dans la mesure où Tak (exposé) est exposée au danger venu de la Birmanie frontalière) ; son titre officiel était Phraya Tak.

À partir de 1764, il participa à la défense du royaume d’Ayutthaya contre les Birmans du roi Hsinbyushin. Il reçut le titre de Phraya Wachira Prakan et fut promu gouverneur de la province de Kamphaeng Phet. Les Birmans finirent par mettre le siège devant Ayutthaya. Taksin joua un rôle majeur dans la défense de la ville, qu’il réussit à quitter à la tête d’une petite armée peu avant sa chute le 7 avril 1767. Cette action ne fut jamais bien expliquée, dans la mesure où Ayutthaya se trouve sur une île : la manière dont Taksin et ses partisans échappèrent à l’encerclement birman reste un mystère.

Après la destruction d’Ayutthaya et la mort du roi Suriyamarin, le pays se trouva divisé en six, Taksin contrôlant la côte est avec Thong Duang, maintenant appelé le général Chao Phraya Chakri.

Parmi ses rivaux se trouvait le prince de Chanthaburi, qui lui avait promis son amitié mais se voyait maintenant en chef d’État. Le 15 juin 1767, Taksin s’empara de Chanthaburi, dont il fit son quartier général et son arsenal. Il obtint ensuite la soumission de Trat (près du Cambodge actuel) ; une bataille navale lui permit de s’emparer des jonques chinoises présentes dans la baie. D’autres commandants vinrent alors le rejoindre. Le plus important était Nai Sudchinda, un autre officier des pages royaux, qui devint Khrom Phra Ratchawang Bawon Sathan Monkon sous le règne de Rama Ier.

Après la saison des pluies, Taksin mena sa flotte dans le delta de la Chao Phraya. Il s’empara de Thonburi, puis attaqua les Birmans du camp de Pho Sam Ton à Ayutthaya, qu’il conquit après deux jours de combat, le 7 novembre 1767. Cette victoire représentait un symbole de la libération du pays. Taksin se consacra ensuite à la remise en ordre de celui-ci. Il établit sa capitale à Thonburi, à la fois proche de l’ancienne capitale et de la mer (pour s’échapper vers l’est en cas de besoin). La ville reçut le nom de Krung Thon Buri Si Mahasamut, Thonburi Gloire de l’Océan. Taksin s’y fit construire un palais (à proximité du fort Wichaiprasit) et y fut couronné roi le 28  décembre 1768.

En 1770, Taksin attaqua les seigneurs Nguyễn pour le contrôle du  Cambodge. Après des défaites initiales, l’armée siamoise-cambodgienne réussit à vaincre l’armée vietnamienne en 1771 et 1772. En 1773, les Nguyen conclurent un traité de paix avec Taksin, par lequel ils lui abandonnaient une partie de leurs territoires du Cambodge (Ces événements provoquèrent la rébellion des Tay Son, qui finirent par renverser les Nguyen).

Taksin prit ensuite le contrôle de la région de Chiang Mai en 1774.

En 1776, ses territoires s’étendirent dans le sud de l’actuel Laos, et les villes khmères de Surin, Sangkha et Khukhan devinrent ses vassales.

En 1778, Vientiane fut prise par le général Chakri et le Bouddha d’émeraude transporté à Thonburi. Sa rivale Luang Prabang prêta serment d’allégeance à la royauté siamoise.

L’ensemble du Cambodge devint enfin un État vassal du Siam en 1779.

Le royaume atteignait ainsi un développement qu’il n’avait jamais connu lors de la période d’Ayutthaya. Il comprenait l’ancien royaume de Lanna, les anciens royaumes de Vientiane et de Luang Prabang, le royaume de Champassak, le Cambodge, s’étendait largement sur la péninsule malaise et avait accès à l’océan Indien par Mergui et le Tenasserim.

Les historiens thaïlandais indiquent que Taksin commença à se comporter en fanatique religieux. En 1781, il montra des signes croissants de folie, se considérant comme un futur Bouddha et faisant fouetter les moines qui refusaient de le vénérer comme tel. Plusieurs historiens suggèrent que ces anecdotes ont pu être inventées pour justifier son renversement. Cependant les lettres d’un prêtre français présent à Thonburi à cette époque semblent confirmer les récits du comportement étrange du monarque.

Selon certaines sources, Taksin punit aussi de façon excessive certains abus des membres de son administration : de hauts personnages furent torturés et exécutés, sévérité qui a pu contribuer au mécontentement général. Quoi qu’il en soit, en mars 1782, il fut déclaré fou et renversé par un coup d’État conduit par Phraya San.

Bien qu’il eût demandé à se faire bonze, il fut exécuté peu après, le 6 avril 1782 : il fut enfermé dans un sac en velours et battu à mort avec un bâton de bois de santal parfumé, de manière à respecter la tradition qui voulait qu’aucune goutte de sang royal ne touchât le sol. Cette exécution fut jugée nécessaire pour éviter qu’il ne devînt le centre d’une révolte contre son successeur, comme cela était arrivé fréquemment à l’époque d’Ayutthaya. Plusieurs de ses partisans furent mis à mort les jours suivants.

Selon une version populaire, Taksin fut envoyé en secret dans les montagnes de Nakhon Si Thammarat, où il aurait vécu jusqu’en 1825, un sosie étant exécuté à sa place.

Au moment du coup d’État, le général Chao Phraya Chakri combattait au Cambodge. Il revint rapidement à la capitale, où les rebelles se soumirent et lui offrirent le trône. Selon une autre version des événements, désirant monter sur le trône, il avait accusé Taksin d’être Chinois ; cependant ceci ne prend pas en compte le fait qu’il était lui-même en partie d’origine chinoise, et qu’il avait épousé une des filles de Taksin. Toujours est-il qu’avant de revenir à Thonburi il avait convoqué le fils de Taksin au Cambodge, où il l’avait fait exécuter.

Les restes de Taksin furent enterrés au Wat Bang Yireua Tai, puis déterrés et brûlés sous l’ordre de Rama Ier en 1785. En 1921, une tombe contenant ses vêtements et un sanctuaire familial furent découverts dans le District de Chenghai, dans la préfecture chinoise de Shantou. On suppose qu’un de ses descendants y aurait envoyé ces vêtements pour qu’ils y soient brûlés selon la coutume chinoise. Cela accrédite la tradition selon laquelle cet endroit serait la ville natale de son père.

Source : Wikipédia.

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