Steven Spielberg, réalisateur, producteur et scénariste.

Steven Allan Spielberg est un réalisateur, producteur et scénariste américain, né le 18 décembre 1946 à Cincinnati en Ohio (États-Unis).

Issu de la génération du Nouvel Hollywood des années 1970, il a débuté sa carrière en réalisant des épisodes de séries télévisées et des longs métrages mineurs pour Universal Pictures. Il se révèle au grand public américain et étranger en réalisant la super-production d’horreur et à suspense Les Dents de la mer (1975), dont le succès critique et commercial lance sa carrière. Il enchaine alors les réussites, tant nationales qu’internationales, avec les œuvres de science-fiction Rencontres du troisième type (1977) et E.T., l’extra-terrestre (1982). Dans les années 1980, il a également réalisé en collaboration avec son ami George Lucas les trois premiers volets de la saga d’aventure fantastique Indiana Jones (1981, 1984, 1989) et il s’est aussi essayé au drame historique avec La Couleur pourpre (1985) et Empire du Soleil (1987).

Après un bref passage à vide, il a connu la consécration en réalisant le film de science-fiction et d’aventure Jurassic Park (le plus grand succès de sa carrière) mais aussi le drame historique La Liste de Schindler (1993). Ensuite, il a réalisé Le Monde perdu : Jurassic Park (1997), suite du premier opus puis le film de guerre Il faut sauver le soldat Ryan (1998). Dans les années 2000, il a poursuivi dans la science-fiction en réalisant A.I. Intelligence artificielle (2001), Minority Report (2002) et La Guerre des mondes (2005). Depuis, il est revenu aux films d’aventures avec le quatrième opus de la saga Indiana Jones (2008), Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne (2011) et Ready Player One (2018). En parallèle, il a réalisé plusieurs fresques historiques tels que Munich (2005), Lincoln (2012) et Le Pont des espions (2015).

Il possède ses propres sociétés de production qu’il a cofondées  respectivement en 1981 et 1994 : Amblin Entertainment et DreamWorks Pictures. À travers ces deux studios, il a produit de nombreux films à succès comme Poltergeist (1982), Gremlins (1984), les sagas Retour vers le futur (1985-1990) et Men in Black (1997-2019) ou encore Mémoire de nos pères (2006).

Il est également connu pour sa longue collaboration avec le compositeur John Williams qui a travaillé sur presque tous ses longs métrages. Il a reçu trois Oscars dont deux de la meilleure réalisation (en 1994 et 1999) et il est par ailleurs le cinéaste le plus rentable de tous les temps, ses films ayant rapporté plus de 10 milliards de dollars. Un grand nombre d’entre eux ont été des succès critiques et sept ont été sélectionnés par le National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès des États-Unis pour y être conservé, en raison de leur « importance culturelle.


Chez Universal, Spielberg se fait remarquer pour ses compétences  techniques et se forge une certaine réputation. Il dirige Joan Crawford dans The Eyes, un des trois épisodes pilotes de la série fantastique Night Gallery, créée par Rod Serling. Il enchaîne avec notamment le troisième épisode de la première saison de Columbo : Le Livre témoin (Murder by the book).

Son premier gros succès est un téléfilm, Duel, qui raconte l’histoire d’un camion dont le chauffeur reste invisible aux spectateurs et qui poursuit un voyageur de commerce sans relâche et sans motif apparent. En dépit de son budget minimal et de son tournage très court (douze jours seulement), l’œuvre fait immédiatement sensation pour l’efficacité de sa mise en scène qui rend au mieux la sensation de peur primaire propre aux situations extrêmes, lorsque la vie est subitement menacée. Le film remporte  notamment le Grand Prix du premier Festival international du film fantastique d’Avoriaz. Son succès à la télévision est tel que le film sort en version longue dans les salles de cinéma en 1973.

En 1974, Spielberg se voit confier la réalisation de son premier long métrage pour le cinéma, Sugarland Express, récompensé par le Prix du Scénario au Festival de Cannes. Le film, tiré d’une histoire vraie, raconte l’aventure de deux marginaux (interprétés par Goldie Hawn et William Atherton) et de leur otage, poursuivis par un déploiement carnavalesque de policiers et de journalistes. Cependant, ce dernier est un cuisant échec au box-office. Universal avait refusé d’en assurer la promotion, jugeant le sujet trop difficile. Selon d’autres informations[réf. nécessaire] , le studio aurait saboté sa sortie pour privilégier celle de L’Arnaque, avec Paul Newman, Robert Redford et Robert Shaw. Ce film marque aussi le début d’une collaboration unique dans les annales du cinéma : John Williams signe la première de ses vingt-deux compositions pour un film de Steven Spielberg.

Certains considéraient alors la carrière du réalisateur terminée, mais le hasard en décide autrement. Sur le bureau de ses producteurs de Sugarland Express, il est intrigué par un manuscrit portant le titre Jaws, adapté d’un roman de Peter Benchley dans lequel un requin géant terrorise une petite ville côtière des États-Unis. Une fois chez lui, il « dévore » le livre et décide d’en réaliser l’adaptation cinématographique. L’échec de son film précédent lui porte préjudice mais il parvient à réunir un budget de quatre millions de dollars pour faire son œuvre.

Ayant réuni des acteurs moins connus (Robert Shaw, Richard Dreyfuss, Roy Scheider), le tournage peut enfin commencer. Un tournage laborieux de cent-cinquante-cinq jours qui conduira à un fort dépassement de budget (estimé au final à 9 millions de dollars). Un des trois requins mécaniques ne fonctionne pas toujours très bien (c’est d’ailleurs la raison pour laquelle on ne l’aperçoit pas au début du film) et les caprices de la météo et de l’océan n’arrangent pas les choses. Une partie des acteurs et des techniciens est découragée, jusqu’à Spielberg lui-même dont la peur de l’eau se transforme en véritable phobie. Mais Jaws (en français, Les Dents de la mer) sort tout de même en salle et, contre toute attente, le film est un succès dépassant de loin les prévisions les plus optimistes des studios. En fait, pour la première fois, les recettes d’un film dépassent les cent millions de dollars pour  atteindre finalement les 470 000 000 de dollars dans le monde.

Grand admirateur d’Alfred Hitchcock, il a utilisé dans Les Dents de la mer une méthode de prise de vue utilisée par le réalisateur pour Vertigo : le travelling contrarié (aussi appelé Dolly Zoom), ayant pour principe de reculer la caméra sur un rail (le modèle du rail est une Dolly, d’où le deuxième prénom Dolly Zoom) pendant un rapide zoom avant.

Fort de ce succès, Spielberg se lance dans un autre grand projet, qu’il rêve de réaliser depuis longtemps : une histoire d’extra-terrestres pacifiques débarquant sur Terre pour y rencontrer l’homme. Scientifiquement, un tel contact est dénommé « rencontre du troisième type », expression qui donnera son nom au film sorti en 1977, dans lequel joue François Truffaut dont Spielberg est un fervent admirateur. Surfant sur la vague de Star Wars, l’œuvre est une réussite commerciale, le public se presse pour voir ce nouveau film de science fiction.

En 1977, il est président du jury du 5e Festival international du film fantastique d’Avoriaz. Son jury est notamment composé du réalisateur français Michel Audiard, de l’actrice américaine Sydne Rome et du réalisateur français Claude Sautet. Il y consacre Carrie au bal du diable (Carrie) de Brian De Palma.

En 1979, Spielberg connaît son second revers après Sugarland Express : la comédie loufoque 1941, dans laquelle jouent entre autres les deux Blues Brothers : Dan Aykroyd et John Belushi, est considérée comme un échec tant sur le plan artistique que commercial. Se déroulant pendant la Seconde Guerre mondiale, le film traite de la paranoïa qu’a connue la Californie après l’attaque de Pearl Harbor par les Japonais ; la côte Ouest pensait être elle aussi la cible d’une nouvelle attaque de leur part.

Au début des années 1980, Spielberg désire ardemment réaliser un épisode de la saga James Bond. George Lucas, fort du succès de Star Wars, revoit de son côté les films d’aventures des années trente, dont ceux de Fritz Lang. C’est ainsi que les deux amis ont l’idée de créer leur propre personnage, héros d’une grande saga, mélangeant aventures rocambolesques et personnages hauts en couleur : Indiana Jones était né. La première mission de ce héros (interprété par Harrison Ford) est de retrouver l’Arche d’alliance convoitée par les nazis. Les Aventuriers de l’arche perdue (1981) est un énorme succès. Le film contient de nombreuses références au cinéma en général mais surtout au serial : Indiana Jones n’hésite pas à reprendre des cascades fameuses d’Yakima Canutt dans des films à épisodes comme Le Retour de Zorro (gros clin d’œil dans la scène du camion).

Le film suivant de Spielberg, qui bénéficie désormais d’une renommée mondiale, est présenté en clôture du festival de Cannes 1982 : E.T., l’extra-terrestre, avec Dee Wallace, Drew Barrymore (dont il est le parrain) et Henry Thomas. L’histoire de ce petit extra-terrestre, biologiste, venu d’une  planète bienveillante, émeut des millions de spectateurs. Avec ce film, Spielberg bat le record des meilleures recettes américaines (qu’il battra en 1993 avec Jurassic Park). Ce succès lui permet également de créer, avec Kathleen Kennedy et Frank Marshall, son propre studio : Amblin Entertainment. Il produit en parallèle Poltergeist, film d’horreur  fantastique réalisé par Tobe Hooper qui connut une renommée internationale et qui est encore considéré comme un des classiques des films d’horreur de ces dernières décennies.

En 1983, Spielberg participe à un film collectif avec les réalisateurs John Landis, Joe Dante et George Miller : La Quatrième Dimension, dont il réalise le deuxième épisode : l’histoire d’une maison de retraite, dans laquelle un certain M. Bloom réapprend l’enfance aux vieillards, qui retrouvent leur apparence de jadis. Le deuxième Indiana Jones, Indiana Jones et le Temple maudit, sort en salles en 1984. Le film est un nouveau triomphe pour le couple Spielberg-Lucas, même si les fans lui reprochent un côté trop violent et trop dur : les enfants fouettés, le cœur arraché du corps vivant d’un des personnages et les soldats dévorés par des crocodiles heurtent la sensibilité d’une partie du monde. Le réalisateur dira lui-même ne pas  particulièrement apprécier cette œuvre dans sa filmographie. Néanmoins, c’est sur ce tournage qu’il rencontre sa future femme, Kate Capshaw.

En 1985, Spielberg, encore marié avec l’actrice Amy Irving, est père pour la première fois et sa filmographie aborde des sujets différents, moins orientés sur le cinéma dit « de divertissement » et plus axés sur l’Histoire : La Couleur pourpre (1985) et Empire du soleil (1987), deux œuvres qui racontent respectivement la vie d’une famille noire aux États-Unis du début au milieu du XXe siècle, et celle d’un jeune Britannique pris dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. En 1989 sort le troisième opus de la série des Indiana Jones : Indiana Jones et la Dernière Croisade. Ce volet, au rythme toujours plus effréné, raconte la croisade du célèbre archéologue, accompagné cette fois de son père (interprété par Sean Connery), pour récupérer le légendaire Graal.

Commercialement, les années 1990, contrairement aux années 1980, ne commencent pas fort pour Spielberg. En 1990 sort en salles Always, un remake du film Un nommé Joe de Victor Fleming (1944). Malgré la présence de Richard Dreyfuss et la dernière apparition d’Audrey Hepburn, l’accueil est mitigé. Dès 1991, le cinéaste se lance dans un autre projet de longue date : une adaptation de Peter Pan qu’il intitule Hook. Là encore, bénéficiant pourtant d’acteurs renommés (Robin Williams, Dustin Hoffman, Julia Roberts), le film connaît une carrière honorable auprès des spectateurs, mais la critique n’y retrouve pas le côté magique du célèbre conte.

Ne désarmant pas, Spielberg frappe un grand coup en 1993 en réalisant Jurassic Park, un film qui marque un tournant dans l’histoire des effets spéciaux (conçus par la société Industrial Light & Magic). Cette histoire de dinosaures avec Sam Neill, Laura Dern et Jeff Goldblum deviendra rapidement le plus gros succès de l’histoire du cinéma, rapportant plus de 900 millions de dollars de recette et battant ainsi le record jusque-là détenu par E.T. l’extra-terrestre.

La même année 1993, il réalise un projet beaucoup plus personnel : La Liste de Schindler. Sur fond de Shoah, le film raconte comment Oskar Schindler, un industriel allemand, membre du parti nazi, sauva un peu plus d’un millier d’êtres humains des camps de la mort. Une œuvre que l’American Film Institute classe comme le huitième plus grand film de l’histoire du cinéma dans son top 100 de 2007. À l’opposé, Jean-Luc Godard dans ses Histoire(s) du cinéma écrit qu’avec ce film le « plus jamais ça radical de l’après-guerre » (avec notamment les films de Roberto Rossellini) s’est transformé en un « c’est toujours ça » très convenu. Jouant sur la sobriété du noir et blanc et des séquences d’émotion, La Liste de Schindler remporte une multitude de prix : sept Oscars entre autres, parmi lesquels ceux du meilleur film et de la meilleure réalisation dont le cinéaste avait été jusque-là privé par l’Académie des arts et sciences du cinéma.

En 1994, lui et ses deux associés Jeffrey Katzenberg (l’ancien responsable du département animation de Walt Disney Pictures) et David Geffen (le fondateur de Geffen Records) fondent une société de production et de distribution spécialisée dans le cinéma, la musique et les programmes télévisés : DreamWorks SKG (pour Spielberg-Katzenberg-Geffen). C’est aussi en cette année qu’il crée la Shoah Foundation Institute for Visual History and Education, qui recueille les témoignages de tous les survivants de la Shoah, et les diffuse aux plus jeunes, dans le but d’éviter un nouveau génocide. La fondation a déjà recueilli 8 700 témoignages en Israël.

En 1997, Spielberg réalise la suite de Jurassic Park, peaufinant encore les effets spéciaux. Le Monde perdu : Jurassic Park est encore un succès. La même année, Amistad (avec Morgan Freeman, Anthony Hopkins et Djimon Hounsou) ne déplace en revanche pas les foules. Le sujet portant sur l’esclavage était difficile, dans le sens où il abordait sans détour un point névralgique de l’histoire des États-Unis d’Amérique, à une époque où le peuple américain semble se sentir mal à l’aise avec ce passé. Spielberg est accusé par certains historiens de déformer la vérité historique.

En 1998, sort un nouveau film historique : Il faut sauver le soldat Ryan. Tourné pour 70 millions de dollars, le film raconte l’histoire d’une unité américaine chargée de sauver un soldat au péril de sa vie, pendant l’opération Overlord. Tom Hanks, Matt Damon et Barry Pepper contribuent au succès commercial et critique du film, qui remporte plusieurs  récompenses parmi lesquelles cinq Oscars dont ceux de la meilleure réalisation et de la meilleure photographie.

En 2001, Spielberg réalise A.I. Intelligence artificielle avec l’« enfant-star » Haley Joel Osment et Jude Law, un projet repris du défunt réalisateur Stanley Kubrick. Le film connaît une belle carrière commerciale, mais ce Pinocchio futuriste reçoit un accueil critique mitigé, certains le trouvant magnifique, d’autres trop long et ennuyeux. Plus généralement, ce film constitue un retour à la science-fiction pour Spielberg, un genre qu’il avait délaissé depuis E.T. l’extra-terrestre.

Steven Spielberg poursuit sa période science-fiction en 2002, avec un film futuriste dont certains trouvent l’esthétique proche du Blade Runner de Ridley Scott : Minority Report, d’après une nouvelle du même auteur Philip K. Dick. Tom Cruise y joue un policier piégé dans la logique d’un système pénal (et politique) autorisant l’arrestation des meurtriers avant qu’ils n’aient commis leur crime. Un scénario complexe, fondé sur le recoupement des « témoignages » d’un trinôme de devins, où les thèmes de la tragédie antique (dont l’idée du fatum) trouvent un écho particulier dans la mise en scène d’un monde ultramoderne, mais pas outrancièrement futuriste. Ce film marque la première collaboration entre le réalisateur et Tom Cruise avant La Guerre des mondes en 2005.

Une nouvelle collaboration entre Tom Hanks et Spielberg doublée d’une première avec Leonardo DiCaprio : Arrête-moi si tu peux est un film humoristique et tendre. L’histoire vraie de l’imposteur Frank Abagnale Jr. (qui participa à l’écriture de cette œuvre biographique) est un succès commercial qui reçoit aussi un bon accueil auprès des critiques. Deux années plus tard, Spielberg réalise un autre film dont la jovialité et l’humour ne masquent pourtant pas le côté engagé : Terminal, l’histoire d’un immigrant coincé dans un aéroport, avec Tom Hanks et Catherine Zeta-Jones.

Le journal Le Monde décrit Spielberg comme « maniaco-dépressif »26, capable de passer en une année d’un sujet comique à un sujet difficile. Après Le Terminal en 2004, il tourne en 2005 une adaptation attendue du roman d’Herbert George Wells, La Guerre des mondes dans lequel des « êtres venus d’ailleurs » tentent purement et simplement d’exterminer la race humaine. Le film est un immense succès commercial. Spielberg y traite par extraterrestres interposés du 11 septembre, tandis qu’une mini-polémique nait à propos de la ressemblance troublante de l’affiche du film avec la couverture du livre The Invaders Plan de L. Ron Hubbard, gourou fondateur de l’Église de scientologie dont est adepte Tom Cruise, le principal acteur.

Le lendemain de la sortie américaine de l’œuvre, Steven Spielberg se lance dans la réalisation de Munich, dont le sujet éminemment polémique donne une vue subjective des opérations d’un membre des services secrets  israéliens agissant de manière autonome pour assassiner les  commanditaires de la tragique prise d’otages des JO de 1972. Ce film est un échec commercial avec 47 millions de dollars au box office américain pour un budget de 70 millions.

Steven Spielberg déclare vouloir prendre un peu de repos après avoir tourné coup sur coup La Guerre des mondes et Munich. Il aurait profité de ce répit pour développer un projet de biographie filmée d’Abraham Lincoln, projet qui lui tient à cœur depuis quelques années (et dont le personnage apparait en caméo dans Minority Report). Spielberg développa un projet, une grande aventure spatiale, scénarisée par Jonathan Nolan. Il abandonna le projet, puis le confia à Christopher Nolan, projet qui sera concrétisé fin 2014 dans Interstellar.

En 2007, il est producteur de Transformers de Michael Bay, ce sera le début d’une collaboration, il produira les autres volets de la saga tant décriée de Bay. En 2008, il réalise Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal, quatrième volet de la saga Indiana Jones en sommeil depuis 1989. L’histoire se déroule pendant la Guerre froide et l’aventurier est cette-fois confronté à un mystère extraterrestre. Le film a droit à une première dans le cadre du 61e festival de Cannes, le 18 mai 2008 où il n’était pas revenu depuis La Couleur pourpre, présenté hors-compétition en 1986. La critique n’est pas tendre avec ce quatrième opus : pour beaucoup, cet épisode est considéré comme celui de trop, beaucoup d’éléments ayant été jugés inadaptés à l’esprit de la série comme le recours aux effets spéciaux numériques et à des gags peu subtils.

En octobre 2008, Steven Spielberg se sépare des studios cinématographiques américains Paramount Pictures pour créer un nouveau studio, avec la participation à partir de 2009 du groupe de  télécommunications indien Reliance ADA Group. Cette structure, qui a l’ambition de produire au moins 35 films dans les 5 années à venir devrait être dirigée par l’ancienne directrice de DreamWorks, Stacey Snider.

En 2011, Spielberg signe son premier film en 3D : Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne, fondé sur le célèbre personnage de bande dessinée créé par Hergé. En 1983, le réalisateur américain obtint en effet l’accord du dessinateur belge, quelques mois avant son décès, pour donner vie à Tintin sur grand écran. Le projet a patienté plus de vingt ans pour finalement aboutir à une Trilogie Tintin, coproduite et coréalisée avec Peter Jackson, utilisant les dernières technologies de la capture de mouvement et des images de synthèse de Weta Digital. Le Secret de La Licorne, sorti en avant-première le 22 octobre 2011 en Belgique puis en France, a reçu des critiques très positives, tant de la part de la presse que des spectateurs et des tintinophiles. Le film est sorti le 23 décembre aux États-Unis, peu avant la sortie de Cheval de guerre (War Horse), d’après le roman-éponyme de Michael Morpurgo, qui est un hommage aux chevaux sacrifiés durant la Première Guerre mondiale.

Dans la même année, Steven Spielberg coproduit Super 8 avec son ami J. J. Abrams, film fondé sur l’ambiance années 1980 d’E.T., l’extra-terrestre. Il engage Elle Fanning, à la suite du succès de sa sœur Dakota dans le film La Guerre des mondes pour jouer l’un des rôles principaux. Le film est accueilli par des critiques positives de la presse et des spectateurs.

Steven Spielberg se consacre ensuite à un projet de longue date : Lincoln avec Daniel Day-Lewis dans le rôle-titre, Sally Field et Tommy Lee Jones. Le film, adapté de l’ouvrage Team of Rivals: The Political Genius of Abraham Lincoln de Doris Kearns Goodwin, évoque la dernière partie de la vie du 16e président américain Abraham Lincoln, lors de son combat pour l’adoption, par le Congrès, du 13e amendement permettant d’abolir l’esclavage.  L’œuvre sort aux États-Unis fin 2012 et fait l’objet d’une projection spéciale, en novembre, à la Maison-Blanche en présence du couple présidentiel Barack et Michelle Obama. Lincoln sort ensuite en France le 30 janvier 2013 et est un succès critique et public. Il reçoit douze nominations aux Oscars. Le 24 février 2013, le film remporte deux statuettes dont celle du meilleur acteur pour Day-Lewis. Ce dernier devient alors le premier interprète masculin à gagner un troisième Oscar du premier rôle. Spielberg ne remporta pas l’Oscar du meilleur film mais détient le record du plus grand nombre de nominations en tant que producteur(8 nominations, à égalité avec sa productrice Kathleen Kennedy).

Le film suivant de Steven Spielberg devait être l’adaptation du roman de science-fiction Robopocalypse. Initialement prévue pour une sortie américaine le 25 avril 2014, sa production est retardée pour une durée indéterminée car le scénario n’est pas prêt et le coût de production trop élevé. Le réalisateur décide alors d’adapter un autre livre, American Sniper: The Autobiography of the Most Lethal Sniper in U.S. Military History de Chris Kyle, ancien tireur d’élite membre des SEAL. Bradley Cooper devait tenir le rôle principal de ce film, intitulé American Sniper. Finalement, en août 2013, Steven Spielberg se retire du projet dont la réalisation est reprise par Clint Eastwood.

Spielberg s’octroie une pause en mai 2013 afin de présider le jury du 66e Festival de Cannes. Très souvent sollicité par la direction cannoise pour assurer cette fonction mais jamais disponible, le cinéaste donne un accord de principe dès 2011 et se libère spécialement pour l’édition 2013. Spielberg gagna à Cannes le prix du scénario en 1974 pour Sugarland Express mais ne fut pas souvent sélectionné. Son jury, composé de 8 personnalités du monde du cinéma : l’acteur et réalisateur français Daniel Auteuil, l’actrice indienne Vidya Balan, la réalisatrice japonaise Naomi Kawase, l’actrice australienne Nicole Kidman, le réalisateur et scénariste taiwanais Ang Lee, le réalisateur et scénariste roumain Cristian Mungiu, la réalisatrice et scénariste  britannique Lynne Ramsay et l’acteur autrichien Christoph Waltz, attribue à l’unanimité la Palme d’or à La Vie d’Adèle : Chapitres 1 et 2 d’Abdellatif Kechiche.

Dans la conférence consacrée à la Xbox One le 21 mai 2013, il a été annoncé que Steven Spielberg préparait une série basée sur la licence Halo. Il sera producteur déléguée de la série qui sera diffusée sur Showtime en 2015.

Son film suivant est Le Pont des espions (Bridge of Spies), un thriller d’espionnage sur la guerre froide, sorti à l’automne 2015, troisième film historique consécutif pour le réalisateur. Écrit par les frères Coen, il met en scène l’avocat James B. Donovan (incarné par Tom Hanks) engagé par la CIA pour libérer Francis Gary Powers lors de l’incident de l’U-2 en 1960.

Le réalisateur dirige ensuite Le Bon Gros Géant, adaptation du livre pour enfants du même nom de Roald Dahl, qui sort à l’été 2016. Le film déçoit au box-office.

Début 2018, sort sur les écrans du monde entier son long-métrage Pentagon Papers, avec Meryl Streep et Tom Hanks en têtes d’affiche. Considéré comme « un grand film sur la liberté de la presse », et une icône du journalisme d’investigation, il est nommé pour deux Oscars lors des Oscars 2018. La même année, il enchaîne avec le blockbuster Ready Player One (adapté de Player One d’Ernest Cline), qui rassemble plus de 2 millions de spectateurs dans les salles françaises.

Source : Wikipédia.

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