Snoopy et les peanuts.

Peanuts, aussi connu en version française sous les noms de Snoopy, Snoopy et les Peanuts, Snoopy et le petit monde des Peanuts ou Charlie Brown, est un comic strip (bande dessinée) écrit et dessiné quotidiennement, sans interruption et sans assistance, par l’Américain Charles M. Schulz (1922 – 2000) d’octobre 1950 jusqu’à sa mort, en février 2000. Il aura écrit au total 17 897 strips dont 2 506 pages du dimanche.

Peanuts est une série de gags qui tournent autour de deux personnages centraux, un garçon maladroit, malchanceux et dépressif, Charlie Brown et son chien, Snoopy. Le strip s’appuie sur le principe du running gag (comique de répétition) où les mêmes situations entre les personnages reviennent tout au long de la bande dessinée. De plus, chacun des personnages a ses particularités, ses obsessions et ses accessoires propres, qui reviennent chaque fois qu’ils apparaissent.

Snoopy, carte maximum, Portugal.

Peanuts a donné également naissance à des dessins animés, dont plusieurs ont reçu un Emmy Award, à des pièces de théâtre et à des comédies musicales.

Le comic a été, à partir des années 1960, un succès mondial, notamment aux États-Unis. La popularité du strip et le nombre colossal de licences pour des publicités ou produits dérivés ont fait de Charles M. Schulz une des célébrités les plus riches du monde.

À la mort de Schulz, le comic était publié dans plus de 2 600 journaux, dans 75 pays différents et dans 21 langues.


À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Schulz, dessinateur du Minnesota d’une vingtaine d’années, décide de vendre ses dessins pour divers magazines. Il postule avec succès à Timeless Topix, une maison d’édition catholique. De 1947 à 1950, il écrit sous le surnom de Sparky un strip humoristique hebdomadaire intitulé Li’l Folks, dans le journal local de sa ville natale, le Saint Paul Pioneer Press. Les protagonistes sont des enfants, on y reconnaît plusieurs personnages du futur Peanuts. Schulz, qui ne gagne que 10 $ par semaine, demande au bout de deux ans une augmentation et un meilleur emplacement du strip dans le journal. Le rédacteur refusant sa requête, il cesse alors de collaborer. Il vend également, ces mêmes années, 17 dessins au The Saturday Evening Post.

Au printemps 1950, Schulz reçoit une lettre de United Feature Syndicate, qui se dit intéressé par son strip (Li’l Folks). Il part pour New York, en juin, pour leur proposer un nouveau strip, qui reprend quelques-uns des personnages de Li’l Folks. Le strip est vendu et le 2 octobre 1950 paraît dans sept quotidiens aux États-Unis (The Washington Post, The Chicago Tribune, The Minneapolis Tribune, The Allentown Call-Chronicle, The Bethlehem Globe-Times, The Denver Post et The Seattle Times) le premier comic, sous le nom de Peanuts. Schulz aurait à l’origine préféré le nom de Good Ol’ Charlie Brown (« Bon vieux Charlie Brown ») mais United Feature qui gérait la diffusion nationale de la série insista pour que le nom de Peanuts (cacahuètes en anglais) soit retenu – nom que détestait Schulz : « … le pire nom qu’on ait donné à une bande dessinée. C’est complètement ridicule, ça n’a aucun sens, ça ne fait qu’installer de la confusion et priver le strip de toute dignité – alors que je suis convaincu que mon humour est digne. […] Donner ce nom à un travail qui allait être celui d’une vie, c’était vraiment offensant », déclare-t-il dans une interview. Le premier mois, Schulz reçoit 90 $ de la part du syndicat.

Peanuts a été influencé par les comics que lisait Schulz, étant enfant et jeune adulte : Krazy Kat, Popeye, Skippy, Lil’ Abner… Schulz explique plus tard : « après la Seconde Guerre mondiale, Krazy Kat est devenu mon héros. […] J’ai décidé de dessiner quelque chose qui aurait autant de sens et de subtilité que Krazy Kat »

Snoopy, entier postal, Japon.

Fin 1950, Charles M. Schulz attaque donc son comic strip. L’UFS le contraint à réduire ses strips à un petit format de quatre cases : « …ils se sont décidés pour un seul strip tout en prenant la décision, fatale, d’un format peu encombrant. Je leur en ai toujours voulu. […] C’était reproduit en plus petit ; quatre cases qui pouvaient être disposées verticalement ou horizontalement, ou en carré, deux par deux. […] Ils m’ont fait comprendre qu’ils étaient plus ou moins à court de papier et que c’était mieux de poursuivre les économies d’espace », indique-t-il.

Il commence l’histoire le 2 octobre 1950. avec deux garçons (Charlie Brown et Shermy) et une fille (Patty), et Snoopy qui apparaît dès le 4. Au départ, Charlie Brown est un personnage plutôt naïf et secondaire par rapport à ses deux aînés Shermy et Patty, et Snoopy est le chien de Patty. Charlie Brown acquiert fin décembre les dentelures noires de son tee-shirt qui ne le quiteront plus. Apparaîtront ensuite en 1951 Violette (7 février) et Schroeder (30 mai) qui découvre le piano très jeune (24 septembre), puis en 1952 Lucy et Linus. Il les dessine très simplement, une grosse tête ronde et un petit corps, avec des lignes uniques et épaisses (plume). La bouche et deux petits points pour les yeux suffisent pour composer leur expression. Snoopy, quant à lui, est encore un chien ordinaire, « il ne pensait pas. Il aboyait et galopait à quatre pattes. C’était un adorable petit chiot. Je ne sais pas comment il en est venu à marcher, à penser mais c’est certainement l’une des meilleures trouvailles. »

La première page dominicale des Peanuts apparaît le dimanche 6 janvier 1952, qui permet à Schulz d’avoir une moitié de page de journal pour dessiner son strip. Il en écrira au total 2 506, chaque dimanche. À ce moment, le strip est publié dans plus de 40 journaux américains. La même année, le premier livre de collection des Peanuts est édité.

Au fil des ans, Charles M. Schulz abandonne peu à peu Shermy, Patty et Violette. Au contraire, il donne beaucoup d’importance aux autres personnages. Charlie Brown devient le « loser », Schroeder le virtuose, Lucy la dominatrice… son petit frère Linus découvre sa couverture qu’il transporte constamment avec lui. Snoopy se met à penser, à marcher sur ses deux pattes arrière (1956), à faire des imitations et à dormir sur le toit de sa niche. Pour chacun d’entre eux, Schulz affine les caractères physionomiques et psychologiques.

Peu à peu, Peanuts se fait connaître du grand public. En 1955, Kodak devient le premier commanditaire du comic, en utilisant les personnages dans un manuel d’appareil photographique et Charles M. Schulz reçoit le Reuben Awards (équivalent américain du Grand prix de la ville d’Angoulême) de la National Cartoonists Society.

En 1958, Schulz est nommé par l’Université Yale dessinateur de l’année (Cartoonist of the Year). La série sort alors dans 355 journaux aux États-Unis et dans 40 journaux à l’étranger. En 1960, Sally, la petite sœur de Charlie Brown, rejoint le gang.

Au début des années 1960, Peanuts connaît un élan fulgurant et devient un véritable phénomène culturel. La National Cartoonists Society nomme les Peanuts meilleur strip humoristique de l’année en 1962 et remet à Schulz un second Reuben Awards, deux ans plus tard. Le 9 avril 1965, les Peanuts font la couverture de Time Magazine et celle du Life Magazine le 17 mars 1967. Pour la première fois, le marché de l’édition commence à vendre d’autres objets que des livres, les produits dérivés : des tasses, des bols, des figurines, des chaussettes, des pyjamas, des sweat-shirts, des peluches, etc. Peanuts devient une proie pour les publicités. Au sommet de sa popularité, le merchandising et le succès du comic strip donnent à Schulz une rémunération annuelle de plus de 30 millions de dollars

L’année 1965 marque également le premier television special des Peanuts, Joyeux Noël, Charlie Brown ! (A Charlie Brown Christmas), produit par Warner Bros et Bill Melendez. Ce dessin animé est diffusé le 9 décembre, avec plus de cinquante-cinq millions de téléspectateurs3. Il remporte cette année-là un Peabody Award et un Emmy Award pour le outstanding children’s programming (meilleur programme pour enfants). Une comédie musicale se joue également, You’re a Good man Charlie Brown, donnée en première off-broadway le 7 mars 196716. Dans le comic, Peppermint Patty (1966), Woodstock (1967), Marcie et Franklin (1968) puis Rerun (1973) rejoignent le groupe.

Schulz traverse au même moment une période assez difficile. En 1966, son père Carl meurt et un incendie détruit son studio, à Sebastopol. En 1972, il divorce de Joyce Schulz ; il explique à des journalistes quelques mois après : « étrangement, j’ai dessiné de bien meilleurs strips ces six derniers mois – du moins, les meilleurs que je puisse dessiner. C’est à se demander comment fonctionne l’esprit humain ».

En France, les premiers journaux commencent à publier le comic : Spirou (1962 – sous forme de mini-récits, avec des commentaires dispensables et des erreurs, Lucy étant présentée comme la sœur de Charlie Brown), Chouchou (1965), Charlie Mensuel (1969) puis France-Soir.

En 1973, Schulz reçoit un second Emmy Awards pour son dixième TV special, A Charlie Brown Thanksgiving (en). En 1975, Peanuts fêtent leurs 25 ans en apparaissant dans plus de 1 400 journaux américains et dans environ 175 journaux étrangers, avec 90 000 000 de lecteurs. La même année, il gagne un troisième Emmy Award, avec le TV special You’re a Good Sport, Charlie Brown, un quatrième en 1980 avec Life Is a Circus, Charlie Brown et un Peabody Award en 1983 avec What Have We Learned, Charlie Brown?. Peanuts entre dans le Guinness Book of World Records en 1984 après avoir été vendu au 2000e journal. À partir du milieu des années 1980, Peanuts se voit concurrencé par d’autres comics strips très populaires, comme Calvin et Hobbes et Garfield.

En 1987, National Cartoonist Society remet à Schulz le Golden Brick Award. Environ 300 millions d’albums du comic ont alors été vendus. En 1990, à l’occasion du quarantième anniversaire des Peanuts, une grande exposition rétrospective est consacrée, au musée des arts décoratifs de Paris dans le palais du Louvre. Schulz s’y voit remettre la médaille du Commandeur des Arts et des Lettres, par Jack Lang, alors ministre de la culture.

Alors qu’il vieillit, Charles M. Schulz résiste pour ne pas prendre de pause et continue à écrire quotidiennement. Il explique, alors qu’il a 65 ans : « … ces derniers temps, la plupart de mes amis partent à la retraite et je me  demande si je n’ai pas gâché une vie. […] Il m’est arrivé des choses que je n’avais pas osé imaginer, et je mourrai donc heureux. Mais il y a toujours ce vaste monde dehors, dont je ne connais rien et je suis marié à une femme qui adore voyager, alors je me dis “mince, il y a peut-être autre chose”. […] Comment savoir quand les artères se boucheront et exploseront, et que ce sera la fin ? Ai-je vraiment intérêt à rester assis là, à faire mon strip quotidien ? ».

En novembre 1999, juste avant ses 77 ans, Schulz est victime d’un infarctus et est conduit à l’hôpital. Les médecins lui découvrent un cancer du côlon qui s’est métastasé à l’estomac. Il subit une opération qui le débarrasse en partie des métastases. Mais il ne voit plus clair et a du mal à lire. Le 14 décembre 1999, il annonce qu’il se retire du dessin. Il déclare : « je ne pensais pas que cela pouvait m’arriver. J’ai toujours pensé rester dans la bande dessinée jusqu’à mes quatre-vingts ans environ. Mais soudain, tout a disparu. On m’a tout pris, ce n’est pas moi qui ai tout mis de côté. On m’a tout pris ». Le dernier strip quotidien est édité le 3 janvier 2000 (les strips écrits par Schulz étaient publiés quelques semaines après). Charles M. Schulz s’éteint 40 jours après, le 12 février 2000, dans son lit. Le lendemain est éditée la dernière page dominicale, où il fait ses adieux :

« Chers amis,
J’ai eu la chance de dessiner Charlie Brown et ses amis pendant près de 50 années. Cela a été le fruit de l’ambition de mon enfance.
Malheureusement, je ne suis plus en mesure de continuer le travail demandé par un comic strip quotidien. Ma famille ne souhaite pas que Peanuts soit poursuivi par quelqu’un d’autre, par conséquent j’annonce ma retraite.
Je suis très reconnaissant de la fidélité de nos éditeurs, du soutien merveilleux et de l’amour exprimé par les fans du comic strip, au cours de ces années.
Charlie Brown, Snoopy, Linus, Lucy… Comment pourrais-je jamais les oublier ? »

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

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