Shitao, peintre.

Shitao (chinois simplifié : 石涛 ; chinois traditionnel : 石濤 ; pinyin : shí tāo ; litt. « flots de pierre », 1641- vers 1719-201), également surnommé Moine Courge-amère (chinois : 苦瓜和尚 ; pinyin : kǔguā héshang ; litt. « Moine courge amère » est un artiste peintre chinois de la dynastie Qing. Il fut aussi calligraphe et poète, paysagiste tout en ayant endossé l’habit de moine chán (zen) dans sa jeunesse.

Son œuvre, composée notamment de paysages (山水, shānshuǐ) et de motifs végétaux, exprime avec simplicité des thèmes complexes, comme  l’immensité du monde ou la beauté de la vie. Son nom de naissance était Zhū Rùojí (朱若极), et son nom de moine Dàojì (道濟). Il est né en 1642 dans la province de Guangxi et est mort en 1707 à Yangzhou, dans le Jiangsu. Parfois boudé dans les milieux lettrés en Chine, Shitao est célèbre en Occident pour son traité Citations sur la peinture (chinois simplifié : 画语录 ; chinois traditionnel : 畫語錄), généralement appelé en Chine « Citations du moine Courge amère » (chinois : 苦瓜和尚语录 ; pinyin : kǔguā héshang yǔlù) et souvent traduit en français par « Les propos sur la peinture du Moine Citrouille-Amère ». La citrouille amère amère en question est la margose (Momordica charantia) également traduite gourde amère ou melon amer légume apprécié pour son amertume et ses vertus.


Né dans la période troublée de la fin de la dynastie Ming, de la révolution paysanne de Li Zicheng, puis de l’invasion mandchoue conduisant à la dynastie Qing, Zhu Ruoji (Shitao) est le fils d’un aristocrate, Zhu Hengjia, membre du clan impérial des Ming, qui est assassiné avec tout le reste de sa famille par une faction rivale après le suicide de l’empereur Chongzhen, en 1644. Zhu Ruoji, qui a alors trois ans, fut le seul survivant. Il a été sauvé par un serviteur qui le confia aux soins des moines bouddhistes du mont Xiang, près de Quanzhou.

C’est là qu’il grandit jusque vers les dix ans. Il est initié à la pensée bouddhiste, et apprend la calligraphie.

En 1651, il quitte le monastère et entame une vie de voyage, accompagné d’un serviteur du nom de Hetao, qui pourrait être celui qui l’a sauvé lors de la mort de ses parents. Il rejoint Wuchang, actuelle Wuhan, dans la province du Hubei, en passant par le Hunan et le Yangzi. Shitao y vivra dix ans. À travers les œuvres de Shitao, on voit qu’il a visité tous les environs de la ville. Plus tard, de 1662 à 1664, il est l’élève de Lü’an Benyue, son « maître en pensée chan », à Songjiang. Celui-ci l’envoie ensuite à Xuancheng où Shitao resta 14 ans, de 1666 à 1679. C’est au milieu de ces paysages montagneux qu’il a peint quelques-unes de ses œuvres majeures.

En 1679 ou 1680, il va à Nankin. La situation politique s’est stabilisée sous l’influence de la dynastie des Qing, et un nouvel empereur mandchou plus ouvert aux lettrés accède au pouvoir. À Nankin, il fréquente les milieux intellectuels, ce qui donne une nouvelle richesse à son art. Il y peint  notamment le rouleau dix mille points méchants, souvent considéré comme son œuvre la plus marquante. Son séjour à Nankin lui apporte la  reconnaissance sociale et artistique, bien que les adversaires politiques des Mandchous lui reprochent son allégeance au nouveau pouvoir. Il fait de fréquents voyages à Yangzhou durant cette période.

De 1689 à 1691 ou 1692, il vit à Pékin où il apprend à connaître les classiques chinois. Il y collabore avec d’autres peintres, d’école plus traditionnelle, notamment les Quatre Wang. Il exerce à ce moment-là également une influence décisive sur les Huit excentriques de Yangzhou. Il entretient également une correspondance soutenue avec son parent Zhu Da, échangeant lettres et tableaux. Ils collaborèrent même à distance à la réalisation d’œuvres, l’un envoyant un tableau inachevé à l’autre afin qu’il poursuive le travail. Il semble qu’une grande amitié liait les deux artistes, malgré leur différence d’âge et le fait qu’ils ne se soient sans doute jamais rencontré.

Devenu un maitre, reconnu par ses pairs, il se retire pourtant dans une simple chaumière près de Yangzhou, où il restera jusqu’à sa mort. Une lettre adressée à Zhu Da, donne à penser qu’il pourrait avoir renoncé à sa vocation de moine et avoir fondé une famille. Il vit de ses peintures, de calligraphie et de la conception de jardins. Mais une maladie diminue sa mobilité et l’empêche peu à peu de peindre. Il meurt à Yangzhou vers 1719-20.

Source : Wikipédia.

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