Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban, ingénieur, architecte militaire, urbaniste et hydraulicien.

Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban, connu généralement sous le nom de Vauban (1er mai 1633 – 30 mars 1707), est  un ingénieur, architecte militaire, urbaniste, ingénieur hydraulicien et essayiste français. Il est nommé maréchal de France par Louis XIV.

Vauban préfigure, par nombre de ses écrits, les philosophes du siècle des Lumières. Comme le souligne Fontenelle dans l’éloge funèbre prononcé devant l’Académie, Vauban a une vision scientifique, sinon mathématique de la réalité et en fait un large usage dans ses activités.

Expert en poliorcétique (c’est-à-dire en l’art d’organiser l’attaque ou la défense lors du siège d’une ville, d’un lieu ou d’une place forte), il donne au royaume de France une « ceinture de fer » pour faire de la France un pré carré — selon son expression — protégé par une ceinture de citadelles. Il conçoit ou améliore une centaine de places fortes. L’ingénieur n’a pas l’ambition de construire des forteresses inexpugnables, car la stratégie consiste alors à gagner du temps en obligeant l’assaillant à mobiliser des effectifs dix fois supérieurs à ceux de l’assiégé. Il dote la France d’un glacis qui la rend inviolée durant tout le règne de Louis XIV — à l’exception de la citadelle de Lille prise une fois — jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, période où les forteresses sont rendues obsolètes par les progrès de l’artillerie.

Vauban, carte maximum, 11/06/1955.

La fin de sa vie est marquée par l’affaire de La Dîme royale : dans cet essai, distribué sous le manteau malgré l’interdiction qui le frappe, Vauban propose un audacieux programme de réforme fiscale pour tenter de résoudre les injustices sociales et les difficultés économiques des « années de misère » de la fin du règne du Roi Soleil (1692, 1693 et 1694 sont des années de disette alimentaire épouvantables, qui font 3 millions de morts, soit un dixième de la population).

Douze ouvrages de Vauban, regroupés au sein du réseau des sites majeurs de Vauban, sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO le 7 juillet 2008.

Le musée des Plans-reliefs aux Invalides à Paris et le musée des Beaux-Arts de Lille accueillent l’essentiel des maquettes et des plans-reliefs des places ou ouvrages construits ou remaniés par Vauban.


Place assiégée par Vauban est place prise, place défendue par lui est imprenable, disait-on. En plus de cinquante ans au service du roi Louis XIV, Vauban a fait plus de 50 sièges, construit 30 places et en a réaménagé 300.

Hobereau du Morvan, Sébastien Le Prestre de Vauban finira Maréchal de France.

Entré dans l’armée à dix-huit ans, Vauban se fait rapidement remarquer par son courage, allant jusqu’à espionner derrière les lignes ennemies. Pendant ses six premières années d’ingénieur militaire, il participe à 14 sièges et est blessé plusieurs fois. Voyant mourir ses compagnons, il conçoit l’idée qui marquera son œuvre : multiplier les travaux pour économiser les vies.

Des attaques imparables, des places imprenables :

Vauban inaugure son système d’attaque en 1673 au siège de Maastricht où tombe d’Artagnan. Des tranchées en zigzag évitant les tirs en enfilade se combinent avec des parallèles concentriques se rapprochant inexorablement des assiégés. Dans des relais bien protégés, des canons couvrent l’avancée des sapeurs et affaiblissent le rempart par des impacts répétés.

Parcourant jusqu’à 4.000 km par an, en selle ou travaillant dans sa basterne portée par des chevaux, Vauban fortifie les frontières. Il améliore le système des remparts enterrés, des glacis et des bastions dans lequel toute position en défend une autre, et où les tirs croisés éliminent tout angle mort où l’ennemi pourrait se cacher.

Forteresse Vauban à Belle-Ile-en-mer, 5/05/1984.

Il ajoute une multitude d’astuces pour rendre plus difficile la tâche des assaillants et s’occupe de tout: se souciant du bien-être des hommes, calculant les matériaux, négociant les prix.

Vauban, stratège et politique au franc parler :

Vauban voyait la défense de la France autant en homme d’état qu’en militaire. Il presse Louis XIV de bien fortifier ses frontières naturelles, son “pré carré” plutôt que de s’épuiser à conquérir une galaxie de places étrangères qui éparpillent les troupes et tracent des frontières confuses difficilement défendables.

Il ose lui demander de faire la paix et de revenir sur une décision aussi importante que la Révocation de l’Edit de Nantes qui a dressé les pays protestants contre la France. Voyant dans ses voyages la misère du peuple, il témoigne.  “Il ne faut pas flatter : le dedans du Royaume est ruiné, tout souffre, tout pâtit et tout gémit,” ose-t-il écrire au roi en 1679.

Un tel langage pouvait coûter cher à Versailles, mais Louis XIV, entouré de courtisans, appréciait le franc-parler de Vauban car il le savait dévoué corps et âme. Il le remerciera tardivement, à 69 ans, par le titre de Maréchal de France.

Vauban avait un avis sur tout, de la colonisation de l’Amérique à l’élevage des cochons. Longtemps avant l’Euro, il avait imaginé une monnaie unique pour la chrétienté.

Son dernier mémoire, la Dîme royale, proposait une réforme fiscale abolissant les privilèges des puissants. Il fut interdit, le jour même de sa mort.

Vous êtes un passionné ? L’Association Vauban regroupe aujourd’hui toutes celles et ceux qui souhaitent promouvoir la connaissance de l’œuvre de Vauban et celle du patrimoine fortifié.

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Sources : montdauphin-vauban, YouTube.

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